‹ Mémoires et souvenirs d'un pair de france-- (volume 2)Chapitre 48 sur 54 · Tome il aQ · texte numérisé non relu

Tome il aQ

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SOUS le commandement du baron Rougé, se former en bataille presque sous les murs de Toulouse. Ils composaient un corps de plusieurs mille hommes , et ^ à onze heures précises dans la nuit indiquée , ils se trouvèrent tous au poste qu'on leur avait désigné ^ et où ils attendaient le signal ; ils attendirent en vain^ on ne le donna pas. Quel que soit le motif qu'allégueront pour se justifier ceux que leur conduite accuse, ils ne sauront contester un fait, c'est que les autorités de Toulouse , qu'ils se figurèrent instruites du complot y restèrent néanmoins toute cette nuit dans une inaction complète ; et en supposant même que le projet des autorités ait été connu, il est certain qu'elles n'avaient pris aucune mesure propre à le déjouer.

Dans la ville les simples soldats se rendirent aussi à leurs postes respectifs^ mais les chefs principaux n'y parurent pas; on murmura, le mot de trahison , fut prononcé; on accusa peu1>-£tre à tort^ dit le général Rougé , le sieur de Launay d'avoir été dans cette circonstance moins le commissaire de Louis XYIII , que l'agent du directoire pour surprendre le secret des conjurés. La terreur saisit ceux-ci , chacun se cacha ; nul, selon l'ei« pression de l'avocat Gez, plus brave qne les

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autres j ne trouva une cave asses profonde ^ ni un g^nier assez élevé pour se sowtndire à la yedf geance des jacobins. Cette lâche désertion i^eriût vraiment inexplicable | si oa iie* «atVait les efiforts que fit Fabbé de Môni^aiUard pour 4nti-« mider ses compatriotes. La pros^imité âask jour fixé pour TinsurrectioMi était vetaue metlare mi obstacle à ce que la municipalité, qu'il prévenait de tout , pût prendrèl des moyens i^gburèâai pour comprimer une révolte aussi rapide que dangereuse. . " r-

La ville de Toulouse avait alors pour clie£ar de son administration ^partementaley •Caissèl^ homme de petite capacité et d'jailltUn^tout} justse assez jacobin pour u^étrQ pMs signalé coi9une royat liste; il aimait en appareotoelé nouveau çystèmo*^ et au fond il regrettait la tranquillité de Taoïcieiii non toutefois que dans la circonstance il comptât parmi les modérés; car il avait fait comme Isi gens faibles, il a'était monté à un tQ^bj^^iam gération qui ne lui était pap 9^1|$ifel , 9uts| le jugeait-on sur les apparenoea,' et. les ^regards superficiels ne voyaient pas :qne>'80i«S' cette exaltation de commai^dô^ il y levait toi|t»]a WMw chalance de la nullitë.-Les autfeftliMnahrest (dm département avaient presque^touti deiffaesAts

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intentions ; quelques-uns même, tels que le sieur Pont-cie-Viés^ possédaient des connaissances administratives j aucun, toutefois, n'était pourvu de cette impétuosité de cœur qui pousse les citoyens à la guerre civile,

Paul Yaïsse, président de Tadministration de la commune, était une bète féroce dans toute Ja force du terme; terroriste, sot, méchant et stu-pide , il était capable de faire beaucoup de mal; au demeurant, c'était aussi une ame molle, sans vigueur réelle , trouvant de la force dans sa rage jacobine, mais rien dans son esprit; il au« rait marché au hasard au milieu des torrents de sang , et il lui eût été impossible d'inventer les ressorts habiles d'un massacre savamment organisé. Plus tard cet imbécille furieux , mis de côté aprës le i8 brumaire , entra dans une conspiration d^agents provocateurs, et y dévcMla toute sa fanatique stupidité.

Certes , ce n'étaient pas de pareils personnages qu'il fallait redouter les mesures. Mais l'abbé Roque deMongaillard sut faire si bien par ses intrigues qu'il épouvanta les chefiidaconseil royaliste; tous se dispersèrent, aucun ne se montra à l'heure du danger ; et là se manifesta dans tout son éclat cette lâche incapacité , cette &i-

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blesse morale qui s^'est fait voir presque toujours dans les prétendus amis de la monarchie; choisie dans la foule des nobles du Midi, la masse était bonne ^ mais elle n'a jamais pu se montrer avec gloire ; ceux appelés à la diriger, furent constamment des poltrons de la première classe, et c'est surtout en i8i5 qu'ils en donnèrent des preuves frappantes. Aucun ue se; i](ioii.tra que lorsque tout danger fut passé, et hors, je crois^ l'intrépide Liéopold de R%aud , pour, qui le péril était un jeu, les auti^es ne surent l'envisager qu'en tremblant.

L'abbé de MontgaiUard , dis-je, et M. de Launay d'une autre part, n'eurent pas grande peine à faire peur a dés gens naturellement épouvantés ,- ceux qui avaient fait les plus beaux discours, MM. de Vaure, de Villeneuve Beauville, furent ceux qui cherchèrent /a cave la plus profonde ou le grenier le plus élevé y ils ne trouvèrent en eux aucune étincelle de courage, le moment du danger venu; les officiers et les soldats dont ils devaient prendre le comman-* dcment et diriger l'enthousiasme, se voyant abandonnés, se retirèrent en les chargeant de malédictions. Rien ne fut plus funeste à la cause royale que l'énormité de cette couardise.

Les autorités ^ averties par l'abbé de Mont» gaillard , furent tellement prises aa dépourvu , qu'en efFet comme je l'ai dit elles n'earent recours la même nuit à aucune mesure répressive ; il eut été bien facile de les surprendre et de les traquer dans la maison commune, si les che£s deFinsunrection intérieure n'avaient pas eu de reaug;laGée dans les veines au lieu de sang; mais, grâce à eux tout fut perdu y et tout le serait encore dans les mêmes circonstances , s'il feUait avoir recours à de pareilles gens. L'abbé de Montgaillard a^ant joué son rôle, et au lieu d'être arrêté comme il eût dû l'être, s'il avait agi franchement , prit un passeport pour Paris. Quelques jours apiès le mouvement insurrectionnel, on le plaça dans un hôpital militaire; j'adjure le baron de Pnymaurin d'affirmer ou de nier si ce que j'avance à cet égard n'est pas conforme à la plus exacte vérité. Il a connu comme moi toutes ces turpituded, et il en sait à fond le fort et le faible. M. deLaunay fo.t arrêté un instant, mais il parait qu'il était porteur d'un sauf-conduit du directoire, car on le relâcha tout de suite, et il s*évada atoride Toulouse , on il laissa son honneur, si ^es-accn» sations que l'on porte contre lui sont eaLaetaSi

Cependant le général Rongé , qui n'avait

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garde d'imiter ses collègues dans leîir polûronnerie^ demeura dans une pénible attente, jù9>i qu'à trois heures du matin y aousr les mûrs de Toulouse 9 avec le calme du courage et l'impa«« tience de l'indignation. Ne voyant* rien. venir ^ n'entendant aucun bruit f «'apercevant pas lea trois fusées , il jugea convenable de ae replier avec son corps d'armée sur l^canal du midi* Là^ de tous les Toulousains qwi lui ayaient bit de si belles promesses , il fut rejoint par fuit en£Éint nommé Pujol, maintenant chapelier dans cette ville^ établi dans la rue Sainl>-Rome; ce jeune royaliste, qui représentait seul tous ses concitoyens, vint le prévenir quis tout ayaJA manqué, dit-il , par la trahiscm de M^ de Laimay et de l'abbé de Afontgaillard. Etait-ce v??ai,.rela« tivement au premier ? quoi qu'il en soit, il parait certain qu'aux approches de la nuit on avait vu.oe personnage entrer dans une des salles de la maint rie, où s'assemblait l'administration communale, voilà du moins toutce que le nK>nde raoonta.ToQi* tefoisson arrestation etsa prompte mise en Ubertésont encore plus c^taines. D est possible que M. de Launay fut un fidèle seryiteur du roi, mais mt serviteur sans énergie,- et qui , de même que ses coopérateurs, n'aura pas. trouyé en lûcQ'Çûiiiage

moral, le plus rare sans doute chez les hommes , et si supérieur au courage physique.

Malgré ce contre-temps, c'était peut-être en« core rheure fiivorable à s'emparer de Toulousç de vive force j et on aurait pu le tenter. Souvent un coup désespéré srssure la victoire ; le général Rougé ne le fit pas , ignorant d'ailleurs qudles mesures pouvaient avoir été prises dans l'intérieur pour lui résister avec succès. On vit bientôt arriver sous le commandement de M. EMpiirol, qui ne reculait pas à l'appel de l'honneur, de nonveaux détachements des cantons de Montaston et de Castanet qui venaient se réunir i la petite armée; le général Rougé instruit que le canton de Lanta avait pris les armes ainsi que le reste de l'a banlieue, il se flatta de rassembler avant peu une force assez considérable pour contraindre les an* torités de Toulouse à une capitulation. En conséquence , il se dirigea à la tête de trois miUe hommes environ ^ armés d'un petit nombre de fusils de chasse ou de munition , de feulx, de fourches , d'aiguillons et de toutes sortes d'instruments aratoires; il se dirigea ^ dis-je , vers les coteaux de Pech-David qui ^ au midi y s'a» vancent vers la ville ; placés entre la Garonne à l'ouest, et le canal du midi à l'est , ces coteaux

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OÙ commencent les Pyrénées et* q[ai longent là route de Montpellier , Tontpar-derriëre s'unir* à ceux de l'Ârriëge. Le général étendit m %ne^ depuis la rive de la Garonne josqn'an canal ; et là il attendit de pied ferme q[uè les ennemte vinssent à lui.

Tout était en confusion dans TotQouse ^ oâr Ton craignait un soulèvement en faveur des' insurgés. On avait peu d'hoikmïM de' guerre & opposer à la révolte, et Ton doutait dé l'hiâ>i«' leté des généraux appelés à les commander. Géff troupes avaient à leur tète le général Âubugès,' véritable enfant de la révolution , fou-, brâqiie,' hardi, mais sans talens inilitaires, non plus <|iie son coUëgue Gomme, quoique ce dernier fttt mieux en apparence. Cependant et 'attendu qu'une trop longue hésitation devenait dahge<> reuse, les troupes répubhcaines , soutenues par quelques piëces d'artiUerie et par la quatorziëme demi-brigade de chasseurs à cheval, s'avancërent vers les trois heures de l'aprës-midi contre leba> ron Rougé. Ce premier engagement fut favorable aux royalistes , qui contraignirent leurs adverU saires à rentrer honteusement dans la ville.

M. Rougé, pour iMrofiter de cet àvaiitage» expédia sur-le-champ 4es ordres à toils léf bfll'«>

ciers supérieurs des cantons enYironnamts^ afin que y ramassant leur monde y ils vinssent entourer Toulouse de toutes parts , et coopérer à une attaque générale. Ses ordres étaient précis et détaillés ; mais , soit inexpérience , soit crainte ^ soit tout autre motif ^ on ne les exécuta pas; la nuit s'écoula dans une vaine attente, et le 8 au matin , les républicains voyant que le nombre des royalistes n'était pas augmenté^ et que les campagnes du nord et de l'onest restaient tranquilles ; reprirent courage et tentèrent un nouvel efibrt^ que cette fois lesaocks couronna.

Le général fut attaqué avec opmiâtreté sur toute la ligne dans sa forte position y et sa droite fut rompue à la suite d'un combat, prolongé ; il se vit des ce moment obligé de quitter la plaine et d'efiFectuer sa retraite sur le$ hauteurs de Peçh-David ; puis la continuant sans être inquiété^ tant il était encore redoutaUe 9 il parvînt dans Auterive, commune importante;^ sttuéesqr la rive droite de l'Àrriëge ; là il fut reofomé ppr le bataillon que commandait M. de Gilède pèfe^ composé des gens d'Âuteri ve même ; il se diriges ensuite sur Sainte-Gabelle y où il e^Bectua sa jonction avec le comte Jules de Paulpj céder»

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nier amenait avec lui les <x>inpagiiie8 formées autour de son château de Terraqueuse, que les républicains inc^idièrent peu de jours aprë»|^ dans les communes voisines ; il avait pour adjoint M. Yalmalette.

L'armée royale ainsi renforcée, partit pour Saverdun , dans le département de rArriëge^ où de nouvelles troupes , sous les ordres de MM. d'Ârlingue et de MarveiUes se réunirent à elles ; on fit halte sur la route, dans une maiso^ appartenant à M. d'Ounous , membre aujour» d'hui de la chambre des députés ; il était absent alors ; mais sa femme prodigua aux royalistes, dont elle partageait les sentiments , des rafraW chissements de toutes espèces , et cette copf duite ne laissa pas que de lui valoir plus tardd^^ persécutions de la part des républicains. Je ferdi ici la remarque , que la famille d'Ounous , aussi respectable par ses vertus que par son dévouement à la cause royale y est protestante ; je dois dire ce sujet, que les membres de la religion réformée ont toujours été portés, dans le haut Languedoc, pour la maison de Bourbon , et qu'on ne trouve pas dans cette partie de la France ces haines religieuses si fbnestes à la tranquillité publique dans le Gard ; les deux

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cultes vivent dans la meilleure intelligence , et les événements politiques , les articles des gazettes fanatiques n'ont pu encore troubler cette heureuse union.

L'armée filait vers Pamiers^ lorsqu'elle fit la rencontre de deux colonnes de républicains, qui s'avançaient pour la combattre ; le général Rougé , quoique surpris à l'improviste ^ fit ses dispositions; mais tel était encore le peu d'expérience des insurgés , que ^ parvenus i la portée du canon , ils ne purent essuyer que la pre» miëre décharge, et entrèrent aussitôt en pleine déroute ; les e^rts de leurs officiers fiinmt inutiles y tout se dispersa , chacun chercha son salât dans la fuite ^ sans songer qu'il y a -souvent moins de péril à combattre qu'à reculer.

Le baron Rougé, dans ce moment critique , resta seul sur le champ de bataille^ avec un canonnier et une pièce de canon qui fîit démontée du premier coup ; il calcula aussitôt toute l'écen* due de ce désastre, qui ne lui ôta riennéanmoias de sa fermeté ; il prit le parti de se retirer y non pour chercher un asile, mais pour se procurer les moyens de combattre encore ; il savait qu'on nombre considérable d'insurgés s'était réoni à Muret , où on avait arboré les couleurs royales,

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et oÀ un clei^é édifiant s'empretôait de i^ever les autels renversés , et de chanter de nonveati la {^['and'messe avec toute la pompe |de VlSiffÊÈe. On ne pouvait sans doute qu'applaudir a ces actes de piété ; mais l'essentiel était d'accommoder les choses de manière qu'on ne put les discontinuer dorénavant : ce fut à quoi tendit le baron Rougé. Son armée se renforça de tous les fuyards de Sa Verdun qui, revenus de leur terreur pâ** nique , promirent de feire merveille; il apprit que des soulèvements avaient eu lien dans trois cantons du département du Grers, à Lonibës, Mauvesain et 111e-en-Jourdain ; que leè troupes royales , commandées sur ce point par MM. de Belloc, de Laurat, Lassalfè^ Béchon, Oûrchein et dTIzech , avaient été délaites , la ville ' de l'He-en-Jourdain pillée et partie de ses habi« tants massacrés par les républicains. Le chevalier d'Albis commandait les royalistes à cette époque fatale ; vainqueur d'abord à Qermont, il fut défait plus tard. M. Rougé sut enfin la dispet*sion du corps mis en mouvement dans le Tarn et aux environs de Mdntauban^ par les ordres de M. de Termes , aide-de-camp de M. de Guintran; on lui raconta aussi la funeste déroute de Lanta , où les royalistes avaient aban-

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donné le champ de bataille jonché de leurs morts ^ après une vaillante résistance.

Ces nouvelles qui venaient coup sur coup étaient peu rassurantes , et ne promettaient pas un heureux avenir à la cause royale. La seule armée qui existât encore , manquait d'argent , de munitions et d'armes , peut-être aussi étaitrelle agitée par les divisions de ses che&^ par leurs prétentions rivales ; tous voulaient commander et nul ne voulait obéir, chacun proposait on plan et mettait son amour-propre à le faire prévalrâr ; c'était la confusion de la tour de Babel. Néan^ moins douze mille homn^es campaient à Muret, ville bâtie à trois lieues de Toulouse, sur la rive gauche de la Garonne, et à mesure qu'on remon» tait le cours du fleuve ; leur nombre augmentait à toute heure. Il y avait pour briser le joug dii directoire un tel élan , qu'on avait plutôt peine â retenir l'impétuosité des troupes que besoin de l'exciter; le baron Rougé, jugeant des autres d'aprës lui , se flattait d'apprendre à dbaqott mif , nute la nouvelle de la levée en masse dfes trûe départements , et pour lui , c'était beaucoup de prolonger la guerre jusque-là.

n passa en revue les divers corps de l'armée royale y voici leur organisation : le général

baron Rougé, eommandaut en chef, ayant pour principal aide-d&-camp M. de Murtos^^, ex garde du corps; M. Duiaur d'Ëncuns, chef d'éM" major; de Beyne Reissac^Courtade, d'Axizielle, de LaboucheroUes , Latour y Brunet, officiers déiat-inajor ; d'Ëfltadens^ comrmssmre ordonm nateur; de BerdoUe Grondourville y contmissaire des guêtres; Gasc^ trésorier; le chevalier de La*i burthe, adjoint; le bataillon de Muret ^ak commandé par MM. Gralias «t Fraiche; celui de Lavernose par M. de Sirgan ; celui de Longage par M. de Sainte^Marie ; celui de Rieumes par M. de Papus-Parade; celui de Sainte-Foiz par M. de Puntous; celui de Seisse par M. d'Dguin, (ils d'un président au parlement de Toulouse, et Tune des victimes de la révolution ; celui de Frouzens, par M. Marin aîné, qu'on appelait le beau Marin; habile joueur de harpe, il avaitconsacré son épéeà la cause du roi, et, en troubadour chevalier, employa son talent admirable à secourirdansrémigrationsescompagnonsd'inibrtune; le bataillon de Plaisance avait à sa tête M. Bou« tonnier; celui deCazëres M. de^ Villeneuve; celui dcCarbonneMM. Boussac etdeMontgazin;celui de Toulouse était commandé parMM« Tourreil Pratviel, ce dernier ex garde du corps , homme

brave et tout à la ibis cher aux darnes^ royaliste de corps et d'ame^ et n'ayantjamais dévié dans ses sentiments; celui de Castanet^par MM. de La* croix et de Roquemaurel; celui de Montgiscard par MM. Ësquirol et Delpy ; celui de Nailhoux par M» Ârmain; celui de Yillefranche de Lanragais^parM. Cayla; celui de Lanta par M* de Gilëde, celui de Caraman par M. de Saintf^Félix; celui deFrontonparM. Vaquier; celui deLeguevinpar M. Desegaults^ chevalier de Saint-Louis, ex ofw ficier d'artillerie , et qui avait servi dans le même régiment que Napoléon Bonaparte^ celui de L^ vignac par M. de Fleyre; celui de Colomiers par M. Lesplanne-'Granedel; et enfin la cava* lerie , assez mal montée , et encore plus mal équipée^ reconnaissait pour chef ^ M. de Marin ^ ex officier des carabiniers.

Le comte Jules de Paulo élevait déjà des prétentions funestes ^ il voulait marcher seul^ et il parvint à entraîner plusieurs compagnies dont il forma un corps séparé; son bouillant courage lui laissait croire qu'il suppléerait rexpérience par des coups de sabre ^ et que pour saisir la victoire il suffisait de le vouloir.

Les républicains ne s'endormaient cependant pas , ils firent leurs dispositions ^ soit du côté de

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l'Ârriége , soit du côté du Gers , pour prendre en flanc l'armée royale , et ils venaient en outre droit à elle, par la route de Toulouse; ces divers mouvements , propres à jeter la confusion dans une armée encore mal organisée, et plus encore l'espérance de recevoir des secours du roi d'Espagne^ que l'on se flattait de compter au premier rang des soutiens de l'insurrection, décidèrent le général Rongé à s'éloigner de Toulouse, qu'il n'était plus possible de surprendre, pour se poiter sur Saint-Graudens , position militaire très importante et où l'on pouvait se défendre avec avantage; on quitta donc Muret*

Aux approches du pont de Carbonne, jeté sur la Garonne, on rencontra un premier corps de républicains^ qui fut dispersé ; l'armée s'arrêta à Carbonne , elle y apprit que l'ennemi venait de s'emparer du château et du parc de la Terrasse appartenant à M. d'Hautpoul , et qu'il se préparait^ non-seulement à disputer le passage , mais même à cerner les royalistes. Le général Rougé, sans perdre de temps, fit dire à rofficier qui commandait l'avant-garde , de tenir bon, puis à la suite d'un conseil de guerre tenu chez M. Boussac, et après avoir reconnu la position des républicains , il donna le signal

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