AUG.—-PYRAMUS DE CANDOLLE A SA FEMME
Paris 1 (mai 1819).
—— M. Cuvier m'a donné des nouvelles de Montpellier fort inquiétantes pour l'Ecole : il paraît qu'elle est tout à fait sens dessus dessous, et j'ai peur qu'on ne destitue Prunelle et Broussonet de leurs places de professeurs : le dernier l’est déjà de celle de doyen. Dans ce gâchis, Cuvier prend cependant de l'intérêt à Dunal ; il m'a conseillé de l'emmener avec moi à Londres pour que la fusée se démêne en son absence. En sortant de là, j'ai été chez Deleuze où j'ai trouvé Dunal : je lui ai appris qu'il partait pour l'Angleterre et qu'il fallait de suite aller s'occuper de ses passe-ports ; il y est allé aussitôt, sans s'informer seulement de mes motifs, ce qui a fait un vrai coup de théâtre pour Deleuze?. J’ai vu M. Desfontaines, M. Thouin, toujours les mêmes pour moi ; M. Chaptal, qui voulait me renvoyer à Montpellier! Plus je vois les détails de cette affaire plus je suis heureux de m'être décidé à temps de les quitter.
BERTHOLLET © (COMTE, ANCIEN SÉNATEUR, ETC.), A AUG.-PYR. DE CAN- DOLLE, À GENEVE.
| 25 janvier 18920.
Monsieur et cher confrère,
Je voudrais ne pas perdre ce titre de votre confrère : c’est l’objet de cette lettre.
Nous venons de perdre Palissot de Beauvois et par conséquent nous
Allant en Angleterre pour la seconde fois. Voyez page 371. (Aïlph. de C.)
2? Voir la note sur Dunal, page 282. Vis-a-vis de son maître il était comme un enfant, tant il l’aimait, tant il avait confiance dans son jugement et ses intentions à son égard, (Alph. de C.)
3 Mon père ne parle pas dans ses Mémoires de cette dernière tentative faite
avons une place vacante dans la section de botanique. Ne pourriez-vous pas allier cette place avec les fonctions que vous avez à remplir à Genève, et votre patrie ne se préterait-elle pas à cet arrangement ? Je suis persuadé que notre académie serait três-empressée de vous acquérir, quoiqu'il n’y ait qu'un petit nombre de nos amis avec lesquels j'aie concerté de vous écrire. Ayez la bonté de me faire connaître promptement vos dispositions et de m'écrire clairement si vous ne rejetez pas ma proposition, en m'autorisant à faire connaître votre acceptation au moment de la nomination.
En attendant, et en tout cas, conservez-moi votre bienveillance et agréez mes sentiments affectueux.