PREFACE T
peso à rétablissement de ces espèces de biographies de familles, c'est le défaut d'instruction, le manque de temps et surtout Tabsence de moyens pécuniaires; toutes ces raisons sont autant d'obstacles insurmontablc^s pour la masse des ti-avaiU leurs.
Malgré cela, je crois qu'il serait bon que les prolétaires écrivissent des Mémoires pour leurs familles. Ces Mémoires, transmis de père en fils, aufînientés par chaque génération et conservés précieusement, devieiKlraient ainsi Thistoire et le fonds des archives de chaque famille d'ouvriors. Il est rare aujourd'hui qu'un ouvrier connaisse riiistoire de sa famille au delà de trois ou quatre générations.
Quant a moi, bien que connaissant toute mon insufiisance pourcMitroprendro une pareille tache,
je Tai fait néanmoins pour les miens. Les événe-
ments politiques de mon pays auxquels j'ai été mêlé plus ou moins activement m'ont condatnné longtemps à un célibat forcé. Rendu à la liberté après une détention de dix années, je me suis ma-
VI PREFACK
rie et je me trouve cUavoir dos enfants très jeunes, bien que je sois arrivé à Tàge des cheveux blancs. Aurai-jo le Ixmheur do les voir grandir ? C'est le secret de l'avenir* Si je meurs bientôt, mes onfimts ne me connaîtront pas ; c'est une dos raisons qui nfS)nt dêcidô à éeriiv pour eux un abiegê ih riiistoiro do ma vie ; ils api>rendront on le lisant combien la vie a été rude pour moi.
Mui 1S74.