‹ Mémoires et souvenirs de Sébastien CommissaireChapitre 85 sur 89 · COUP D*ÉTAT DU 2 DÉCEMBRE · texte numérisé non relu

COUP D*ÉTAT DU 2 DÉCEMBRE

Les petites tables que nous avions fait faire, mes amis et moi, fournirent au directeur l'occasion de faire sentir son autorité. Voici à quel propos :

Parmi les détenus, \\ \ ^nvx\\. m\\ \^^\\\i\<v!st 555^1

ja^ MEMOIRKS ET SOUVKNIRS

confectionnait et vendait à ses codétenus différents objets en bois, caisses, coffrets et tables. Cet homme, au lieu d'acheter tout le bois qu'il débitait, eut Tin- (lôlicatesse d'employer des planches provenant de vieux lits militaires qui étaient en réserve dans une chambre, ce qui n'empêchait pas cet individu de faire payer très cher tout ce qu'il fabriquait. Les gardiens s'aperçurent do la disparition dos planches et en prévinrent leur supérieur. Lo directeur crut ou feignit i\() croire que nos tables avaient été faites avec du bois apparlena!it îi l'administration . Il savait que nous los avions payées et que dans le cas où l'on aurait fait entrer du bois des lits militaires dans leur confection, il devait s'adresser au coupable et non à nous qui ignorions absolument si l'ouvrier achetait fout son l)()is (m s'il n'en achetait qu'une partie. Nos tables nous avaient été vendues pour du bois neuf et nous l'avions toujours cru neuf.

Le 14 mai, le directeur voulut nous faire enlever nos tables, sous le prétexte qu'elles étaient faites, en partie, avec du bois de l'administration. Nous refusâmes do les laisser enlever; nous expliquâmes au gardion-chof que ncms les avions payées, que nous prétendions les garder, que nous ne les donnerions pas volontairement, et que nous considérions comme injurieux les soupçons de M. le directeur.

Le gardien- chef alla porter notre réponse à son supérieur, puis il revint avec l'ordre de nous enfermer dans notre chambre et de verrouiller notre porte. Cette mesure naît en émoi les détenus; nos amis voulaient prendre fait et cause ^omy w^m^.

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