‹ Mémoires et souvenirs du comte Lavallette, aide-de-camp du général Bonaparte, conseiller-d'état (volume 2)Chapitre 9 sur 33 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Organisation de la garde nationale.— Lafayette.—Baîlly.— Journées des 5 et 6 octobre à Versailles. — Retour du roi à Paris.

Ce qui n'était le i4 qu'un soulèvement devint le lendemain une véritable révolution , dont les conséquences furent incalculables. La prise de la Bastille avait exalté toutes les têtes; trois mille soldats disciplinés (les gardes françaises) formaient l'avant-garde d'un« armée qui s'élevait à plus de cent mille hommes j parmi lesquels trente mille au moins étaient armés de fusils; attaquer cette armée , ou la dissoudre, était

MEMOIRES ET SeUTEHlBS DV G. LAVALLETTE. Si

chose impossible. Le gouvernement, pris au dépourvu, £ut donc obligé de consentir à son organisation et de confirmer le choix de M. de I^£siyettepour son commandant-général. Le prévôt des marchands et les corps de ville avaient fui; on les remplaça par un conseil de la commune et par une mairie, magistrature depuis en usage dans plusieurs villes de France. M. Bailly fut élu. C'était un célèbre astronome et un habile écrivain. Les états -généraux Pavaient choisi pour leur président. Toute cette organisation fut terminée en trois jours , et le roi vint k Paris lé 17 légitimer tous les excès par sa présence et ses paroles. Cette démarche fit connaître à ses amis ce qu'ils devaient en attendre, et à ceux de la révolution tout ce qu'ils pouvaient oser. La révolte avait été à son comble: des militaires , des hommes non jugés avaient péri dans l'exercice de leurs fonctions, et ce ne fut qu'en tremblanit que le souverain s'expliqua sur de tels crimes.

I^es provinces encouragées par cette démarche s'empressèrent d'imiter la capitale. Les courriers qui avaient porté la nouvelle de la révojutionde Paris, annonçaient à leur retour celles de tous les pays qu'ils avaient pascourus. Les étatsgénéraux, qui avaient imprimé le mouvement le

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reçurent à leur tour. Les deux premiers ordres fjurept pbligé^ 4e se réunir au tiers-état. Les é^f s prirent le iiom d'Assemblée constituante , et cette assemblée commença dès lors à trairaiiller àréreclipn d'ime monarchie dans laquellela nation serait représentée par ses députés. Ainsi s'établit cette Jppgne lutte entre de nouveaux intérêts et dés pps^ipns sans frdn. Toutes ces idées qui circu- UÎQnt depuis trente ans dans k nation étaient étr^figères au roi. Élevé dans les maximes et les habitudes de la monarchie absolue, il ne put yqir sans effroi la marche di^ l'Assemblée; et s'il repoussa lep mesi^res de violence qu'on le près* s^ijt d*adQf>itfir> il faut l'attribuer plus à la faiblpsse de SQn cdcactére qu'au désir d'épargner du sang et à l'espérance que des chances plus favorables remettraient entre ses mains une autorité que des factieux venaient de lui arracher. Le seul perti raisonnable à prendre était de dominer l'Assemblée j qu'il ne pouvait plus dissoudre san^ de graves inconvéniens , en allant plqs loin qu'elle , et en donnant lui-même une constitution f qui aurait conservé une partie^es privilège dé la noblesse et consacré les ^rcits du peuple. M. tfeckér le lui pm^cwa; il le rejeta, et tout fot perdu.

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ï^e pFqJet de quittai* Ywft«Ue$ et 4e n'^t^yii; dans, une place for^e parut ^14 roi plus ava,i;itar geux; mais ce pvojet fut prprpptement coimu^^ et les pfitriotes s'en alarmèrent. I^es babit^Q^ de Paris ne s'étaien^ pas seulement donné une organisation militaire, iU s'étaient aussi dpnnç une organisation politique. Les soixante quartiers-généraux de bataillon étaient aussi soixante chefs-Ueux de district qui avaient chacun son président, ses secrétaires et ses bureaux. L^, tous les oisifs de la bourgeoisie et de la populace allaient y écouter dçss orateurs qui s'y formaienf à cette manie de bavardage dont les effets fureiit si funeste, trpis années plus tard. I^ i^ouycUe du projet de la fuite d^ roi s'y répsindit r^ipidfment. La population dil fs^ubpurg Saint- Antoine fut hienlot miseeil mouvement, une masse immense ^e peuple s^ rassembls^ dev^rit l'HotelT de-ViIl0, disant qu'elle vo^l^it marcher sur Versailles, et ramener le rpj. M. de Lafayette refusa lQng-temp$ de^ se mettre ^ s^ tête; î^ai^ ^nfiq , réfléchissant qu'fAle pourrait bien fe passer de lui , il fit préveniir les chçfs de la garde nationale , et 1^ engagea à ççn* duire à Versailles tpu? le^ citoyen? raisqjçinables, ppur s'pppp^r au désprdre ^ojiX il ne

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prévoyait que trop les suites funestes. Beaucoup d e gardes nationales, parmi lesquelles se trouvaient quelques compagnies incomplètes de mon baf aillon^ se rendirent à TEptel-de-Ville, et je m'empressai de les joindre^ Nous y trouvâmes une populace furieuse qui criait à la trahison et qui s'excitait à tous les excès de la rage et du meurtre. Ce torrent se mit enfin en mouvement et grossissait en avançant. Le commandant général le précédait, suivi de canons et de caissons, montés par des femmes ivres , rebut de Tespèce humaine . La garde nationale marchait ensuite, et les pelotons étaienjt sans cesse traversés par ces furieux. Nous avions de Thumeur dans ma compagnie, et nous traitâmes si sévèrement ceux qui vinrent au milieu de nous, qu'ils n'osèrent plus nous approcher. La marche dura huit heures , et l'on n'arriva dans l'avenue de Versailles qu'à la nuit fermée. Si la cour avait voulu se décider à prendre un parti violent, le succès en était infaillible. La garde nationale ne s'élevait pas à plus de six mille hommes. Les bandits qui la précédaient et Fentouraient , étaient environ huit à dix mille, mais dans un tel désordre, qu'une charge de quelques escadrons aurait suffi pour tout dissiper, et quelques volées de canon

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leur aurait ôté le goût d'y revenir; mais la cour manqua de courage /et le roi crut sa famille plus en sûreté dans un châtelau mal gardé ^ que sur une grande route, entouré de troupes fidèles. L'arrivée de cette multitude épouvanta le château, fit chanceler la troupe de ligne et satisfit TAssemblée. Les membres qui avaient de l'in* fluence sur ses décisions n^ignoraient pas les injures qu'on leur prodiguait à la cour, et le sort qui leur était réservé si le roi pouvait s'échapper. Les courtisans ne cachaient pas que le supplice le plus ignominieux attendait les membres qui commençaient à se distinguer dans cette lutte. Le séjour et la détention du roi à Paris furent donc résolus; mais probablement on ne s'attendait pas au cortège qui arrivait et surtout aux excès dont il se rendrait coupable. Nous fîmes halte sur la grande place en face du château. Le régiment de Flandre y était en ba^ taille, la populace l'entoura; les femmes, le verre en main, aniusèrent les soldats par ces propos grivois et ce langage des halles, dont la bonne compagnie ne sVst pas toujours montrée assez révoltée. La séduction était trop forte pour des soldats qui n'entendaient rien aux discussions politiques, et déjà trop d'exemples d'indiscipline avaient été

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donnés pour qu'ils pussent résister; aussi les officiers firent de vains efforts pour les contenir. Le colonel ne sut ou ne put prendre un parti , car il n'avait point d'ordres précis. M. de Lusi* gnan, qui les commandait^ et que j'ai connu depuis, était un hon[ime d'honneur; mais com* ment se tirer d'une position si délicate , quand., à cinquante pas de liii, le roi lui-même né aavait que fair^e. Le régiment fut donc entraipé et il ae resta plus au monarque que les gardesndu?çorps, les Cent-Suisses et son inutile cour. La gfrde nationale resta sous les armes jusqu'à une.hçure du matin y qu'on lui permit de chercher da repos avec ordre de se préparer au premier rappel. M. de Lafayette était monté au château et avait cherché à rassurer la fsimiUe royale; il fut reçu avec une défiance et une froideur qui étaient bien permises, car, puisqu'il arrivait à la tête d'une troupe de bandits furieux , on poutait croire qu'il était leur commandant. Ilqe ppurait cacher que la population de Paris et même l'Assemblée constituante voulaient que le roi vint s'établir à Paris. La cour devait donc se décider ou à partir, ou à résister , ou enfin à chercher 4in (isile loin de la capitale. La discussion Siur le parti à prendre s'établit-elle? je l'igqore. U pa-

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rait que le roi attendait ou 'dies aecaurs olilil^ires^ ou une réfoluliou forte de TAssembléé qui pût imposer à la ipuUitùde. Ijes secours que M« de Lafayette lui proposa pour le défendre, furent repouj^s^s; il déclara que ses gardes lui sBlfi«> saient pwr le protéger, et loin d'aooepter les services de la garde nationale de Paris, qui était trè^'dévpuéë, il ne vbUlut pas même rassôstanoe de celle de Versailles, que coinmandait en second Ale^ndre fieptbiisr (dépuÎ3 le maHdaal prinoe djQ Neufc^âtel). Celui?oi m'a raoopté qu'il àvnit été fort maltraité par les courtisans , çt que, quoi* qu'il fût trèsndévèué au rei, on pe voulut plœ entendre parier de lui, dè& le moment où il eut accepté le commandement de la garde ua* tionale,

Noua reçuipes à une heure l'autorisation ^aU 1er nous reposer. Je me réfugiai c^ez up bouf^ geois qui m'ouvrit une chambre pour mon argent) cet homme était attaohéà la maison dti roi , je ne sais pllis en (|uelie qualité ; il se disait ch^ud patriote; et, si j'avais touIu croire tout ce qu'il me dit des habitans du château et même dis la reine, je n'aucais eu rien de mieux à faire qii'à me mêler aux séditieux. Je lui demandai froidement d'où il tei^ait toutes ces infamies.

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Ma question le déconcerta d'abord , puis il me répondit avec emportement : Ce que je vous dis est le bruit de tout Versailles; cependant, si les Parisiens les enlèvent , nous voilà tous à l'aumône. Je lui tournai le dos , et je m'endormis jusqu'à six heures, où les tambours, battant la générale ,. me firent courir sur la place. Déjà le crime avait été consommé dans l'ombre; les brigands étaient entrés, dit-on , par une porte secrète et faiblement gardée; ils avaient tué les gàrdes-du-corps qui la défendaient, et poursuivi la reine jusque dans son lit, d'où elle n'avait eu que le temp$ de se sauver chez le roi. J'avoue que, dans ce moment de surprise et d'indignation , je me joignis à quelques-uns de mes camarades pour accuser hautement le marquis de Lafayette; nous étions venus, d'après son invitation , pour protéger la famille royale et assurer l'ordre public; conmient nous rend-on spectateiu*s de crimes affreux ? Comment ne nous a-t*6n pas employés ? Pouvait - on douter de notre dévouement? Certes, sur six mille que nous étions, la moitié au moins était suffisante pour défendre le château, et ce n'était pas cette canaille mal armée, fatiguée par la route et par l'ivresse , qui nous en aurait im-

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posé; mais il n'était plus temps^ les victimes étaient immolées y et celles qui d'abord avaient été désignées étaient, pour ce jour, hors de leurs atteintes. Les gardes-du-corps s'étaient barricadés autour de Tappartement du roi; leur résistance avait découragé les assassins et donné le temps au général La£ayette d'arriver; il prit tous les militaires qui lui tombèrent sous la main , et les brigands remplirent la cour dé marbre en faisant retentir l'air de leurs cris sauvages. Je suis resté long-temps indécis sur l'opinion que je devais avoir de sa conduite pendant cette nuit funeste. Tous les détails du procès qui a été in* tenté , peu de temps après , contre beaucoup de gens qui n'étaient peut-être pas coupables , ne m'avaient point satisfait. J'ai su la vérité plus tard, et madame de Staël l'a dite dans ses mémoires. Tout le malheur vient de la haine qu'on portait au marquis de Lafayette , de cette opi* niou stupide qu'on avait encore que la famille royale était sacrée pour la multitude , et qu'elle n'oserait la regarder en face , et surtout de cette présomption niaise de la noblesse, qui voulait conserver le privilège de défendre sleule son souverain. M. de Ijafayette avait offert avec chaleur de faire garder le château par des troupes

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fidèles; je le dis avec confiance» ilatait ameaé aTec lai tout ce qui, dans la gat^e ndtkmalé, avait de Famé, du courage et du déVonement pour le roi ; mais il filt refusé froidement et arec ironie. Malgré ce refus et les insultes dolit on l'avait accompagné 9 il ne s'abandonna pas à une sécurité criminelle : il visita les postes, ât se montra partout jusqu'à minuit Tout alors était tranquille; les hommes de la populace ét&iéïit répandus partout et endormis; k deut hetn^e^ du matin, le plus profimd silence régnait dans les cours, sur la grande place et dàn^ lëi^ rues de la ville, et rien n'annonçait les crimes de la nuit; l'irruption dans le château a eu lieu un peii avant la pointe du jour. Toutes les dépo^ sitions établissent que les brigands sont entrés par une des portes de commimieatidn, qui était ouverte; les infortunés ga^deS'^du-co^))s qui la défendaient ont fiaiit leur deVoîi^, puisqu'ils ont été tués à leur poste. Mai^ pourquoi cette pot*te ouverte, surtout si pires de l'appartement dé la reine ? Le château est d'une étendue immense , les gardes-du^^orps n'étaient pas assee nombreux pour le protéger efficaceâfieiit; pourquoi donc n'en pas feririei* toutes les issues? Enfin, pourquoi n'avoir pai augftfienté la gai*dè de

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Mmt ce (fui était dévoué ? GonaJaieiit dix milte épées b'ont-ellM pas été tirées, fau fnoineutde Tatlaquey par cette noble^é^si bruyante en paroles ^ et qui n'a jamais su défendre sdn roi, qfn'elle regrette avec des {Plaintes si amères? L'é^ migration n'avait point ehcore commencé : il y avait à Paris, à Versailles et dans les eu virons ^ pius de vingt mille gentilshommes, dévoués d'honneur et d'intérêt au soutien du trône et à ta Vie du hionarqUe^ et cependant Lotlis XVI fut abandonné par eux dans cette journée annoncée depuis long -temps, combinée ptibliquement, disent-ils, et dont le but était, assuret-on, le massacre delafomille royale. Je n'ai pas fini avec cette noblesse, et je la retrouverai encore à d'anti^s époques plus koilteuses peur eU^« La populace, pressée dans la tout dé marbre et vagabonde dans toutes les parties extérieures du château , recommença à expi^imer sa volonté par des burleociens effroyables ; à Paris ! à Paris ! furent les prémieis cris. On leur promit leur pK>ie, tet bientôt les cri^ ordonnèrent l'appari* tion de l'ibfortanée famille sur le balcon ; la téine s'y présenta accompagnée de ses enftins ; mais des mensces la forcèrent à les éloigiier. Je m'étais glisèé dans la foule, et pour la pi^e-

mière fois je vis celte infortunée princesse; elle était vêtue de blanc, la tête découverte et ornée de beaux cheveux blonds; immobile, et dans une attitude modeste et noble » elle me semblait une victime sous la hache. Le malheur dans toute sa majesté ne toucha pas les furieux; les malédictions redoublèrent, et l'infortunée ne put même trouver un appui dans son époux , car la présence du roi ne fit qu'ajouter à la rage qui possédait toute cette multitude. Enfin, les préparatifs du départ l'apaisèrent plus que les protestations; et, vers midi, cet effroyable cortège se mit en marche. On ne verra plus, j'espère, un tel spectacle. Je me suis demandé sou« vent comment la capitale d'un peuple si célèbre par la douceur et Télégance de ses mœurs, comment la brillante ville de Paris pouvait renfermer la horde sauvage que j'ai vue ce jour-là , et qui a dominé si long-temps. Quand on parcourt P^s, on ne trouve pas, même dans les classes les plus |[rossières et les plus malheureuses, au* cun trait, ce me semble, qui peigne la férocité et les plus viles passions dans leur hideuse énergie. Ces passions altèrent-elles les traits au point de leur ôter la physionomie humaine ? ou bien l'effroi qu'inspire le criminel fait*il illusion au

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peint de n^ plus^ voir que le masque de la bétë féroce. Tou& ces. furieux, dausàftidaus la boue et couverts de. fange , entouraient la voitnre du roii Les groupes qui le précédaient portaient au bout de longues piques les têtes sanglantes et édaevelées des gardes-du-corps égorgés le matin. L'enfer seul peut avoir imaginé de placer une tète humaine au bout d'une lance : ces traits défigurés et pâl^s, les cheveux épars tout dégouttans de sang; cette bouche entr'ouverte , ces yeux fermés , image de la mort, et ce mouvement y ces salutations que les bourreaux leur imprimaient y horrible ironie de la vie , présentaient le spectacle le plus épouvantable que la rage ait jamais pu inventer. Un troupeau de femmes, laides comme le crime, importunes comme des insectes, parcouraient la foulé en hurlant des chants barbares , et les gardes-ducerps, coiffés de bonnets de grenadiers , étaient embiassés et insultés par ces furies. Ce fut après huit heures de ce supplice que la famille royale arriva à la place de Grève, pour monter à t^ôtebdç-Yille; première station de la longue agoni^ qui devait se terminer, quelques années plus tard, par un horrible supplice.

Ainsi finit cette journée du 6 octobre, dans I. 3

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laquelle on ne sail ce que Ton doit le plot éé*plorer, ou de rimprévoyante faiblesse du roi, ou de la terrible nécessité qui força les repré«> seatans d'une grande nation à fouler aux piede ce qu'il y a de plus sacré, les droits de rhumantté et la majesté du trfrne , pour accomplir ses grands desseins.

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