‹ Mémoires et souvenirs du comte Lavallette, aide-de-camp du général Bonaparte, conseiller-d'étatChapitre 1 sur 47 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Sensation prodaite par la révolution du i8 brumaire. — Le premier consul m'envoie en mission à Dresde. — Mon voyage à Berlin en xSoi.-^ Le* premier consul me rappelle à Paris. — La machine infernale. — Conspiration de Georges et Pichegru. Jugement du duc d*Eoghien.

L'sxpuLSioxr de l'ancieD gouvernement ne causa aucun regret. Les formes de cette expulsion donnèrent de l'inquiétude ; la nation ne s'y était pas encore accoutumée, malgré toutes les

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violences des gouTernemefis précédens. Elle ne {jerdit pas de vue le but auquel tous ses efforts tendaient depuis douze ans: l'établissement de la liberté , fondée sur des lois solides et respectées. Elle ne trouvait dans la nouvelle constitution aucune des garanties qu'elle cherchait; et quoique le premier consul la couvrît de sa gloire et la rassurât sur son indépendance par son génie y elle désirait que la victoire eût pour résultat tous les avantages de la paix, et toutes les richesses de l'industrie et du commerce. Aussi y quand les journaux furent consultés sur le contât à vie , fimn^^nse majorité des citoyens manifesta son approbation d'une ma*nière plus éclatante , parce que le magistrat à vie offrait une plus longue sécurité.

Une des pramières opérations du pi*eiiiier consul fut* d'envoyer de nouveaux agens diplomatiques à l'étranger. Il me confia le poste de Dresde *, avec ordre , aussitôt mon arrivée , d'écrire à Vienne que j'avais des pouvoirs de traiter d'un armistice, s'il paraissait plus convenable ML cabinet de Yi^ne de s'adresser à moi. Les tM>Qditions de cet armistice avaient ia forme de

* Voir aux pièces jasti^ciiUTes les »*• ï el a.

BU COMTE I^iyVALLSTTE. 3

préfiminaives dcpak. On sait quêtes érénemeofr de là guerre sur le Rhin* la filment sig^r après 1» bataille d'Hohenlinden gagnée par Moreaa.

Ma mission en Saxe n'avait pour objet appa*> rent que d'entretenir la bonne intelligence entre la Saxe et la France. Je remplaçais un homme de mérite : mais il était agent du Directoire , et cette qualité suffisait seule pour le placer dansi une position embarraesée et peu agréable. Elle fut peu changée pour moi : l'électeur était en-« core; officiellement en guerre avec la France^ parce qu'il était membre de L'Empire, quoiqu'il eut depuis long«temps rappelé ses troupes. Il aurait feUu forcer les portes , et donner de Fbumeur. J'en avais l'autorisation : mais cette manière de procéder ne me convenait point; et j'avais un tel respect pour le prince qui a rendu le tr^e si vénérd>le par ses: vertus que je n'aurais jamais pu vaincre ma repu*gnance à lui causer le plus léger embarras : je ne le vis même pas. Je vivais dans un grand isole** ment à Dresde. Le climat ne convenait pas à la santé de mafemme, et cette inactivité medéplair sait; et quand je reçus la nouvelle de la bataille de Marengo , à la joie qu'elle me causa y, se mêla une profonde tristesse , en réfléchissant, que la

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