I. De woXùç plusieurs, et <le crypte
■1. De j'âxpu larme.
Dans la peau interne nous avons à constater aussi l’absence d’un exhème analogue aux larmes, puisqu’il n’y a point d’organes de vision. Mais nous remarquons les sept produits glandulaires dont les trois premiers sont groupés et réunis comme servant à la digestion. Le second, ou le fluide de la dépuration urinaire, est distinct du précédent et des trois suivants qui sont de même rapprochés, parce qu’ils sont tous employés pour la génération.
Les noms de ces exhèmes entériels que nous avons substitués aux anciens termes , sont plus brefs et ont une même désinence que ceux adoptés précédemment. Les mots sialéon , pancréon , choléon^uréon^ spcrmèori, oon et galéon^, ont remplacé les anciennes dénominations (salive , suc pancréatique, bile , urine, sperme, œuf ou germe, et lait).
Les exhèmes monohistiels forment un groupe de produits émanés du sang, qui sont versés aux surfaces ou dans l’intérieur des monohistes. Ils ont été aussi divisés en deux sections. La première renferme ceux qui, exhalés dans le tissu muqueux, y remplissent des fonctions mécaniques, et rentrent ensuite dans le sang pour servir à l’assimilation. Ces exhèmes sont au nombre de trois, et connus
1. De ataXov salive, -^oXti bile, oupov urine, ampiia. sperme , ààv œuf, -jâxa lait.
Pancréon, de irayicpsa; , est employé comme signifiant fluide pancréati(|ue.
dans le langage usuel sous les noms de sérosité, synovie eX graisse. Pour leui‘ donner les noms dont la terminaison fût semblable à celle des divers exhèmes que nous venons d’énumérer, nous avons adopté les mots nouveaux orron, sjnoon. et stéaréon^ . Les deux premiers sont purement grecs, et nous proposons de les transporter dans le langage anatomique sans y rien changer. Nous avons formé le 3^ en ajoutant à la racine, la terminaison que nous avons choisie pour tous les exhémes indiqués jusqu’à présent , et cette terminaison nous était imposée par les mots oon, orron eXsynoon que nous n’avons pu changer en les introduisant dans notre langue.
La seconde section des exhémes rnonohistiels comprend les matières nutritives des tissus simples pour lesquelles nous avons proposé un nom générique, celui d' histogenes'^ , qui exprime exactement cette propriété caractéristique. Ces substances, dont la chimie animale a en partie signalé la présence dans le sang , sont désignées dans cette sciences sous des noms très-inexacts; tels que gélatine, albumine, fibrine, cérébrine, auxquels nous proposons d’en substituer d’autres qui indiquent leinpropriété d’engendrer telle ou telle autre espèce de tissu. TjCS termes mucogène , sclérogène , sarcogéne
1 . De èppôç sérosité, oùv' ùov synovie , a-s'ap graisse. i. De t<T iOî, tela , tissu , et de y£tvop.ai j’engendre.
el neurogène, ont une uniibnnité de composition qui indique leur caractère commun de former les tissus, et chaque premier radical employé pour désigner l’espèce du tissu, la différencie et les caractérise de manière à prévenir et à éviter toute équivoque, ce qui n’a point lieu dans le laiigage chimique. Nous avons prévenu au reste que notre intention est de faire servir ces termes nouveaux à signifier les produits de la vie, tels qu’elle les crée, quelle que soit leur nature chimique qu’il serait très-difficile de déterminer, et non les produits que les procédés de cette science ont dû altérer probablement.
Il ne sera pas inutile de faire remarquer que la désinence des termes choisis pour dénommer les quatre exhèmes nutritifs des rnonohistes , n’est plus la même que nous avions suivie jusqu’à présent pour les exhèmes périériels et j)our ceux de la première section des monohistiels. La raison de cette différence est que les exhèmes histogènes vont passer à l’état de solides ou tissus vivants, et vont foimer les rnonohistes, à l’étude desquels nous devons passer immédiatement.
L’ordre suivi dans le tableau marque la transition naturelle de l’étude d’une partie à celle d’une autre. Ce but que nous nous sommes proposé, nous paraît très- utile, surtout c[uand il faut se rappeler les faits sans les confondre, apercevoir d’un coup d’œil leurs véritables rapports, et bien indiquer leur liaison naturelle. Tels sont les motifs qui ont déterminé notre nouvelle nomenclature, et la
distribution de ces termes techniques dans le tableau synoptique.
Les histes forment la seconde classe des parties du corps humain. Ils se divisent en deux ordres. Le premier comprend les monokistes, et le second les polyhistes.
L’étude des monohisles doit donc suivre immédiatement celle des exhèmes monohistiels de la seconde section. Ici, comme précédemment, nous n’aurons qu’à nous occuper de la nomenclature et de la classification. Dans l’intention de simplifier l’iine et l’autre, et nous étayant de l’opinion de Haller et de celle de Chaussier sur les éléments organiques, opinions que nous avons dû rapprocher et combiner, nous avons admis quatre tissus primitifs qu’on peut rigoureusement réduire à trois qui sont d’après Haller, le tissu cellulaire ou muqueux, le musculaire et le nerveux. Ces quatre éléments ou solides organiques primordiaux doivent être désignés dans l’état actuel de la science sous le nom de tissussimples par opposition aux tissus complexes qui résultent de leur combinaison. Les termes monohistes et polyhistes qui leur correspondent, sont équivalents, plus euphoniques, et ont une origine grecque tout comme les noms des parties anhistes que nous venons d’étudier. Ici la désinence des termes doit changer encore. Nous aurons à conserver des noms anciens auxquels nous avons reconnu une grande valeur.Nous en créeronsdeuxnouveaux, et il nous suffira d’ajouter aux dénominations
anciennes et aux nouvelles, les modificatifs déjà reçus dans le langage chimique pour pouvoir exprimer les divers genres de tissus vivants admis de nos jours. Nous opposerons toujours les termes nouveaux aux anciens, afin de constater le vague, l’inexactitude de ceux-ci, et de faire ressortir la précision et la clarté que promettent les noms de la nouvelle nomenclature histologique.
Nous avons déjà dit que les anciens anatomistes avaient distingué les solides organiques 'en parties similaires et en dissimilaires, et qu’ils attachaient à ces expressions le même sens que nous avons donné aux mots tissus simples et tissus complexes. Les histologistes et tous les auteurs qui ont écrit sur l’anatomie générale, ont proposé plusieurs classifications des tissus. Le nombre de ces derniers a été diversement estimé, il a été réduit par nous .à quatre, qui correspondent aux fibres animales admises par Chanssier, et aux éléments organiques de Haller. *
Chacun de ces quatre tissus, qui entrent dans la composition des organes, se présente sous trois modifications principales. Nous avons indiqué ces dernières par des noms propres à marquer la gradation des unes aux autres, et les transitions normales qui doivent fixer l’attention des observateurs, et t|ui nousparaissentdemandei des recherches spéciales.
Quant aux modifications secondaii es des tissus simples qui constituent leurs transitions plus on tnoins sensibles, on seul que le langage scientifique
le plus riche et le plus précis en même temps, ne pourrait les indiquer. 11 faudra donc se résoudre à observer, à marquer ces nuances, ces gradations de texture, et renoncer à les exprimer par des mots qui ne peuvent peindre qu’à grands traits et toujours incomplètement les variétés infinies de la nature organique. Heureux! si nous pouvons parvenir à ajouter quelques faits, et à les présenter de manière à confirmer la découverte des lois générales quelle paraît suivre avec une grande constance, et dont elle ne s’écarte que dans quelques cas rares.
Nous avons abandonné les mots éléments organiques et fibres employés par Haller et Chaussier, et nous leur préférons le terme tissu adopté généralement.
Les quatre tissus admis d’après les deux grands physiologistes auxquels nous avons emprunté la fertile idée des monohistes, bâse de notre classification , sont dans l’ancien langage, le cellulaire ou muqueux^ Xalbuginé^ le musculaire et le nerveux. Nous avons rejeté les mots cellulaire., albuginé et musculaire. Le premier servirait à consacrer une erreur, puisque la cellulosité n’existe qu’accidentellement dans ce tissu. Le second n’est point exact puisque la couleur est un caractère très-variable. Le troisième enfin , quoique consacré par un long usage , ne nous a point paru mériter d’étre conservé à cause de la différence de sa terminaison d’avec celle des autres termes conservés ou créés par nous.
Nous avons rendu au tissu cellulaire, sa dénomination ancienne plus exacte de tissu muqueux (de au^a mucus} fondé sur sa consistance intermédiaire entre le liquide et le solide vivant.Ce mot heureux adopté par Bordeu, indique mieux sa nature, et mérite en effet la préférence. Nous ferons la même remarque sur les parties formées par la fibre la plus sensible, et nous pensons que le nom de tissu nerveuxf de veupov nerf) doit aussi être conservé, et qu’on chercherait envain dans le grec un terme préférable. Mais nous avons dû abandonner les mots fibre albuginée ^ dont nous avons critiqué le sens. Pour désigner tous les tissus formés par cette fibre qui sont tous remarquables par leur densité, nous proposons le nom nouveau tissu scléreux (de (j5<,>.y)poç, dense, dur, d’où dérive aussi le nom ancien sclérotique). Ce mot présente le même nombre de syllabes et la même désinence que les deux termes anciens que nous avons conservés, c’est-à-dire les mots tissu muqueux, tissu nerveux, dont la valeur est fixée depuis long-temps. Enfin, il nous a fallu rejeter le mot musculaire et recourir pour le remplacer à un terme nouveau qui pût réunir les mêmes avantages , les mêmes conditions que les trois précédents. A cet effet nous avons créé le mot sarceux (de oràp^ , chair) et nous avons pu compléter la série des termes anciens ou nouveaux qui dans l’ordre tracé sur le tableau des monobistes, sont disposés d’après leurs affinités réciproques; ce qui nous a donné les tissus muqueux , scléreux ,
y s arceiix, 4“ nerveux^ correspondant aux quatre fibres animales de Ghaussier, c’est-à-dire, la cellulaire, Xalbuginée, la musculaire et la nerveuse, dont la désinence n’est point uniforme , inconvénient ma jeur pour la mnémonique dans l’étude des sciences.
D’après ce que nous avons dit en traitant des anhistes , il est évident qu’on ne doit point faire figurer parmi les tissus vivants, les faux tissus, l’épidermique, le corné ou pileux, et nous verrons en étudiant les polyhistes, que les tissus dits parenchymateux, glanduleux, érectiles, ne sont point des tissus simples. Il en sera de même des tissus ou membranes cutanées dites dermoïdes , muqueuses, etc. Cette explication doit suffire pour le moment. Il nous importe maintenant de fixer les modifications principales des quatre tissus simples ou monohistes.
L’espèce de tissu muqueux qui se présente la première aux yeux de l’observateur avec tous les caractères de l’élément organique fondamental, est le tissu intermédiaire aux organes , celui qui en remplit les intervalles et qui a été le premier tissu cellulaire connu. 11 présente une consistance moyenne. Nous le regardons comme notre point de départ dans la détermination des modifications du tissu muqueux, et nous lui donnons à cet effet, le nom de^w5« protomuqiieux .
T^a seconde modification du tissu muqueux caractérisée par une consistance inoiuflre que celle du précédent, nous a fait admetlre un tissu
hyponiuqueux. C’est le nom que nous avons cru devoir donner au tissu-cellulaire parenchyraal ou organique, unissant entre elles les molécules primitives des rnonohistes^ c’est-à-dire, les parties les plus tenues de nos organes fibreux.
La troisième modification du même tissu consiste dans une densité croissante qui est très-marquée dans le tissu cellulaire méningoïde ou membraneux. D’après ce caractère très-saillant, nous l’avons désigné sous le nom de tissu scléro - muqueux, qui comprend la tunique interne des vaisseaux, les membranes séreuses, et les synoviales. Comme ces trois modifications du tissu muqueux sont rangées dans le tableau , suivant l’ordre de leur densité, la seconde est placée avant celle que nous avons prise pour type, et la troisième suit immédiatement celle-ci. Nous en userons de même à l’égard de celles des tissus qui nous restent à examiner.
Les histologistes ont jusqu’à ce jour regardé comme trois tissus différents et bien distincts ceux qui sont connus sous les noms de tissu fibreux ou ligamenteux, cartilagineux , osseux. Haller et Chaussier nous paraissent avoir pressenti leur identité en les regardant tous comme formés par la fibre cellulaire et l’albuginée. Cette vérité vaguement énoncée nous paraît susceptible d’une démonstration que réclame l’état actuel de la science; et ici les faits se présentent en foule pour établir |l identité de ces trois tissus, identité que nous
croyons devoir admettre malgré les légères différences que les chimistes ont reconnu dans leur nature chimique.
L’état cartilagineux normal d’un organe qui tend {dIus ou moins rapidement à devenir très-dur, est pour nous le premier degré de la dureté qu’on observe dans les tissus vivants. Nous désignons cetl<; première modification (lu tissu scléreux prise comme notre point de départ dans la détermination de la sclérosité. Nous la désignons, dis-je, sous le nom de tissu prolo-scléreux correspondant au cartilage. î
Nous observons de même ici une espèce de tissu ' scléreux inférieure en densité à la précédente. Nous | lui donnons le nom de tissu hjpo-scléreux correspondant dans l’ancienne nomenclature aux tissus fibreux, ligamenteux, desmeux , aponévjotique . Le fibro-cartilage n’est qu’une nuance intermédiaire entre la première et la seconde modification du tissu seléreux.
Enfin le troisième état sous lequel se présente ce monohiste est caractérisé par une densité supérieure à celle du cartilage. Cette modification du ^ tissu dense reçoit le nom de tissu deulo - scléreux
correspondant à l’os ou tissu osseux.
Un même organe scléreux parcourant les phases , de la vie dans l’état hygide ou morbide se présente successivement dans ces trois états, de la sclérosité ou texture scléreuse. Enfin dans les différents points de l’organisme, une portion de ti.ssu muqueux venant à se condenser, passe souvent à l’état fibreux
et peut parcourir ensuite les autres degrés de la sclérosité: ce qui justifie les grandes vues de Haller sur l’organisation. On peut donc réduire à trois les éléments organiques dont le primitif ou fondamental forme à lui seul les monohistes muqueux et scléreux que nous avons dù rapprocher dans le tableau, en ayant soin de ranger leurs modifications principales dans l’ordre de l’accroissement progressif de leur densité, et de les indiquer par les termes nouveaux que nous avons créés en ajoutant aux noms des monohistes , des noms propres à exprimer les gradations que nous devions signaler.
Les deux tissus suivants diffèrent beaucoup des précédents et entre eux sous le rapport de la nature de leur fibre.
Le sarceux ou musculaire n’a présenté jusqu’à ce jour au plus grand nombre d’bistologistes, que deux modifications principales. Il en est une cependant que les uns regardent trop exclusivement comme musculaire et qui suivant les autres est formée d’une fibre particulière , spéciale , dont la nature chimique est encore inconnue à cause de sa grande résistance aux plus puissants réactifs. C’est celle qu’on nomme tissu jaune, fibreux élastique. On verra quelle place nous avons cru devoir lui assigner parmi les monohistes, d’après ses affinités avec les antres tissus, affinités qui ont été assez bien déterminées pour qu’il soit possible de les indiquer d’une manière suffisamment exacte dans l’état actuel de la science.
Procédant comirie ci-dessus, nous avons regardé j le tissu des muscles dits involontaires ou de la vie I organique, comme le premier degré de la sarcosité, ! ou muscularité non douteuse et bien évidente. Nous j avons adopté dans ce sens l’adjectif proto-sarceux i pour le désigner. Il nous a fallu d’après les prin- 1 cipes que nous avons suivis jusqu’à présent, nommer le tissu des muscles volontaires ou de la vie j animale , tissu deuto-sarceux.
Quoique des faits nombreux puisés dans l’anatomie physiologique de l’homme et des animaux, nous forcent d’admettre qu’un tissu évidemment musculaire soit susceptible de se convertir en tissu élastique et vice-versâ , ce que nous pourrons démontrer dans les mémoires suivants , nous ne voulons point anticiper ici sur des détails qui trouveront naturellement leur place ailleurs; et nous J nous bornerons à dire qu’au lieu de nommer le tissu élastique hjpo-sarceux ^ nous préférons l’épiihète de scléro-sarceux : elle indique une nature qui participe à la fois du ligament et du muscle, c’est-à-dire du tissu scléreux et du sarceux.
Les modifications du tissu nerveux admises par tous les anatomistes, sont au nombre de deux seulement qui forment le tissu nerveux de la vie organique et celui de la vie animale. Les noms non- ' veaux que nous avons substitués à ceux que l’on a j adoptés jusqu’à ce jour sont conformes aux précédents; ces tissus sont àSx.?> pj'oto- nerveux eX. deutoneivenx. Mais il est encore une modification admise
par M. üiitrochet, c’est celle que nous avons cru devoir indiquer dans le tableau , pour marquer la fusion du tissu nerveux dans le tissu muqueux. On pourrait l’admettre dans l’homme et tous les animaux pourvus d’un système excitateur, à fortiori que dans les animaux et les plantes, où l’on a cru en apercevoir les premiers rudiments. Mais ce ne serait là qu’une véritable fusion, qu’une disparition ou si l’on veut une transition de tissu , ou mieux encore une combinaison de molécules nerveuses avec celles du tissu muqueux ou fondamental.
Les annotations que nous avons mises dans le tableau des monohistes à coté de chaque tissu et de chaque modification principale de tissu, nous dispensent d’insister plus long-temps sur les explications relatives à la nomenclature des monohistes lou tissus simples, qui, d’après l’exposé que nous venons d’en faire, comprennent quatre tissus primitifs et douze tissus secondaires ou modifications i principales.
î Nous avons déjà dit que les anatomistes avaient i désigné sous le nom de parties dissimilaires , celles I qui résultaient de la combinaison des parties simi- I laires entr’elles, et qui par conséquent étaient comi posées de plusieurs tissus de nature différente. Ce •sont celles auxquelles nous avons donné, le nom ule Poljhistes, dont la significatioTi ne nous paraît I point vague, et indique bien mieux son objet.
J^a combinaison des tissus simples ou monohistes, fit de leurs principales modifications, pouvant être binaire, ternaire, quaternaire, etc., nous crûmes
(l’abord que nous aurions à distinguer les poljhis- Les entr’eux, sous le rapport du nombre des tissus entrant dans leur composition, et que les uns seraient , trihistes , tètrahistes ^ etc. Mais nous
reconnûmes bientôt qu’il ne suffisait pas d’indiquer le nombre des tissus, et qu’il était indispensable d’établir les dénominations d’après leur nature. Cette nomenclature , qui se serait rapprochée de celle qui est usitée en chimie, devait présenter de grands avantages. Mais les termes nouveaux qu’il nous fallut créer en réunissant les radicaux que nous avions adoptés, formaient des mot«^ composés tellement longs, tellement cacophoniques, que nous dûmes les abandonner pour rechercher un caractère plus valable et plus fixe, qui se prêtât à fournir des noms à la fois courts et très significatifs.
En méditant sur la valeur des divers caractères anatomiques , nous reconnûmes que la situation des organes ou polyhistes était le moins variable de tous , et qu’elle avait dû nécessairement servir de base aux anciens anatomistes pour créer des noms qui avaient dû rester dans la langue médicale, et en effet, le mot entente signifie clairement et sans équivoque inflammation de Ventère ou intestin; nous crûmes pouvoir adopter provisoirement le mot entère^ pour signifier toute partie formée par la peau interne , et non pas simple- / ment et exclusivement le tube digestif.
Nous devons faire remarquer que la nécessité de faire connaître comment nous avons été amenés à trouver les noms nouveaux des polyhistes.
nous oblige à nous éloigner de l’ordre indiqué dans le tableau, auquel il faut cependant se conformer dans l’étude d’après des motifs que nous exposerons plus bas.
Le mot entère signifiant donc pour nous un intestin quelconque, c’est-à-dire, une portion quelconque de la peau interne , on toute la peau interne même; pour obtenir les noms des divers appareils organiques formés par les diverses portions de celleci, nous n’eûmes qu’à ajouter les noms des corps en relation normale avec les divers intestins ou membranes muqueuses qu’on observe dans les animaux supérieurs, et c’est ainsi que nous fûmes naturellement conduit à créer les mots aérentère (intestin pour l’air, ou voies aériennes) broinentère ( intestin pour l’aliment, ou voies alimentaires ) urentère (intestin pour l’urine, ou voies urinaires); pèdentere (intestin pour l’enfant, ou voies génitales) subdivisible en (intestin pour le
sperme, ou voies spermatiques), ooneiitere (intestin pour l’oeuf, ou voies ooniques) et galentère (\ntestin pour le lait, ou voies lactaires ). Ces quatre entères correspondent aux muqueuses de Bichat. Les deux premiers ( aérentere et bromentère ) forment celle dite muqueuse gastro- pulmonaire; les deux derniers ( urentère et pédentère) la muqueuse génito-urinaire. La première servant à l’assimilation forme ï intestin supérieur., c’est-à-dire, ouvert en haut chez l’homme et les singes, et en avant dans les animaux à station horizontale. Nous l’avons
nommé épenière {i\^ etti sur, en liautj,dans le premier cas, et proentere (de -repo en avant) dans le second. La seconde, c’est-à-dire, la muqueuse génito-urinaire servant à la désassimilation, formant l’intestin inférieur, c’est-à-dire, ouvert en bas, au dessous ou en arrière , a reçu les noms iXhypentère (deÙTTosous, en bas) ou àe inétentère (de p-eTà après, en arrière ). Le premier nom est applicable à l’homme, le second' aux animaux à station hori zontale.
Mais, avant d’aller plus loin et de poursuivre nos recherches dans la direction que nous venons de prendre, nous devons faire remarquer que la base que nous avons choisie pour dénommer les polyhistes^ ne se prête guère à des noms particuliers d’organes, qu’elle sert au contraire à les grouper, et que ces groupes naturels forment les appareils organiques admis depuis les premiers temps de la science , si la situation nous promet d’avance • ' de bonnes dénominations anatomiques pour les ap- j pareils ou ensembles des parties polyhistes servant ’ ' à un but commun, de même aussi les noms des
corps en relation normale avec ces divers appareils j joints aux dénominations anatomiques, marquent le point de vue physiologique sous lequel on doit étudier les parties, et font prévoir les modifications de la structure primordiale. Nous n’aurons plus
appareils organiques, et leur imposer des noms nouveaux préférables aux anciens.
Puisque nous avons pu nous servir du mot entère pour signifier la peau interne , nous pourrons employer le terme extère pour désigner la peau externe. Sous le nom de peau, ou tégument externe, nous comprenons non-seulement ce que les anatomistes anciens et les modernes entendent par peau, c’est-à-dire, une membrane composée i° de muscles dits peauciers, 2® d’un derme, 3** d’un réseau vasculaire, 4° fi’tin corps papillaire, 5° d’un corps muqueux renfermant le pigmentum , recouvert par l’épiderme, 6" de cryptes sébacés, de poils et d’ongles ; mais encore nous croyons devoir y rapporter la couche subjacente composée de muscles détachés , et d’os sur lesquels ceux-ci sont implantés. Cette détermination nouvelle, qu’on doit à Blainville, nous paraît très-exacte , puisque, quelle que soit la profondeur des couches d’une peau ainsi conçue, et parvenue à son summum de développement, son action se rapporte le plus souvent * aux surfaces externes de l’animal, et s’exerce sur les corps extérieurs.
D’après les principes que nous avons adoptés pour la classification et la nomenclature des polyhistes , nous devons donner le nom de somextère à la couche superficielle de la peau externe , qui répond à la peau ou tégument externe des anthropotomistes. Elle mérite ce nom composé de corps et à' extère ou peau externe. En effet, celle-ci forme en général l’appareil en relation normale avec un très -grand nombre de corps extérieurs,
et cet appareil comprend à la fois celui du tact général ou passif, celui du tact spécial ou actif, et ceux de la vision et de l’audition qui complètent le nombre des sens siégeants à la peau externe , lesquels doivent, dans l’ordre anatomique, être étudiés séparément des sens du goût et de l’odorat qui appartiennent évidemment à la peau interne, ' La couche profonde de la peau externe, composée de muscles détachés, et des os du squelette, doit, d’après les mêmes raisons, être désignée sous le nom de mésextère. Cette couche , en effet , est une portion de la peau externe. Elle forme l’appareil qu’on nomme locomoteur, et celui-ci est évidemment destiné à agir, à exercer son ac- ; tion sur le milieu dans lequel vit l’animal; milieu qui comprend à la fois le sol ou l’appui sur lequel il se meut , et l’atmosphère gazeuse ou liquide qui i se prête aux mouvements de la locomotion. En adoptant donc le mot milieu ((xêcrov) comme signifiant le corps en relation normale avec l’appareil locomoteur, celui sur lequel l’action de l’appareil doit se passer, on ne trouve point d’inconvénients à introduire dans la nouvelle nomenclature le mot ' mésextère qui présente les mêmes avantages que tous ceux que nous avons cru pouvoir admettre.
Au sujet du mot mésextère, nous aurons à faire | remarquer aux critiques combien la signification i j du mot ancien mésentère doit paraître impropre et éloignée du sens clair et précis que nous voulons ‘ , assigner au mot mésextère. Le nom de mésentère a |
cté donné anciennenaent à la portion du péritoine replié plusieurs fois sur lui -même, qui fixe au milieu du corps l’entère ou intestin. Mais on a admis très - improprement encore des mésocolons lombaires, l’un droit, l’autre gauche, qui ne fixent point le colon au milieu, comme le fait le mésentère. Enfin on a donné le nom de ligaments larges aux replis du péritoine qui fixent l’utérus sur les côtés du bassin, et on eût pu, avec autant de raison que pour l’utérus, appeler desmentére (de §é(7p,a, ligament), et desmocolons les portions du péritoine c[ui ont reçu les noms très-impropres de mésentère et de mésocolons qui lient l’intestin et le colon aux parois de l’abdomen , comme les ligaments larges de l’utérus servent à le fixer aux parois du bassin. Cette digression ne paraîtra pas étrangère à notre sujet aux yeux des personnes habituées à apprécier la véritable valeur des termes usités dans les sciences d’observation. U y a longtemps que l’on sait et que l’on dit que leurs véritables progrès doivent nécessairement amener la réforme de leur langue. Le moment de tenter celle du langage anatomique nous paraît être arrivé, et nous devons poursuivre nos recherches tant que nous ne nous égarerons point dans la route où nous nous sommes engagés.
Nous devons faire connaître ici par anticipation les noms nouveaux que nous avons aussi créés imur désigner les appareils secondaires qui entrent
clans la composition du somextère ou ’ appareil des sens de la peau externe. Ces noms sont pour l’appareil du tact, Xaptextere (de awTO) , tango, je touche) ; pour celui de la vision, le photextère (de <pcôç, lux, lumière); pour celui de l’audition, le phonextère ( de cpcovri, vox, sonus, son.) Il est bien entendu que l’œil et l’oreille doivent être regardés comme des phanères, c’est-à-dire comme des dépendances de la peau externe, d’après les vues de Blainville, qui nous ont si bien guidé dans nos recherches. On doit aussi considérer comme des dépendances du bromentere, 1° les voies salivaires, pancréatiques et biliaires que les termes nouveaux sialentère, pancréentère et choléentère mettent en rapport de signification avec Vurentère, le spermentère, , etc. Enfin les organes du goût et de l’odorat ou portions de la peau interne en rapport avec les corps sapides et odorants doivent encore être désignés sous des noms analogues , tels que geusentère ( de ysuciç , gustus) , et osmentère (de o(7[/.ri , odor.) Le premier est une dépendance du bromentere ; le second appartient à Xaérentère plus spécialement.
Pour compléter l’énumération des organes qui sont des dépendances de la peau externe et de l’interne , il nous reste à indiquer ceux qui sont connus sous le nom de glandes , pour lesquels nous proposons le nom de polycrjptes. Cette dénomi- , nation est fondée sur l’opinion de Malpighi ,
reproduite avec raison par Blaiuville. Nousi’adoptons comme plus conforme à la vérité que celle de Kuiscli.
Notre manière de voir n’est point cependant exclusive. Les glandes ou polycrjptes sont bien à nos yeux des organes résultant de l’agglomération dans un très-petit espace d’un très- grand nombre de cryptes. Mais nous ne pouvons nier que quelques-unes, telles que le foie, les reins, reçoivent un si grand nombre de vaisseaux accompagnés de nerfs, qu’on peut aussi les regarder comme des dépendances des deux grands appareils, le vasculaire et le nerveux, ce qui concilierait l’opinion de Malpighi avec celle de Ruisch. Mais ces agglomérations de cryptes formant des organes volumineux et saillants, peuvent aussi être disposées sous forme de couches placées dans l’épaisseur de celles, de la peau ; et on peut même observer leur dissémination sur la peau interne dans les poissons.
Ces données fournies par la zootomie à l’anatomie humaine, nous paraissent très-propres à jeter un grand jour sur les grandes questions de cette science.
La peau externe et l’interne forment un tout continu dans toutes ses parties qu’on désigne sous le nom d’enveloppe générale du corps, auquel nous avons substitué celui de périère (de irepi, autour), parce que la peau est en effet appliquée sur les appareils profonds que nous allons examiner bientôt, les environne de toutes parts et leur forme
un tégument protecteur. Cet office appartient surtout à là peau externe, tandis que l’interne ' comprend les quatre grands appareils, ou intestins que nous avons suffisamment indiqués. C’est dans la duplicature de ces deux peaux, entre ces deux portions, l’externe et l’interne, de l’espèce de manchon qu’elle forme, que se trouvent placées les parties centrales et axiales de l’appareil vasculaire et du nerveux, dont les rayons ( vaisseaux et nerfs ) vont en divergeant, et se ramifient en pénétrant toutes les couches du périèie ou enveloppe générale . du corps.
De même que nous avons réuni sous le nom de : périère la peau externe et l’interne pour en for- ■ mer un seul grand groupe de parties, de même . aussi, nous avons cru pouvoir grouper ensemble ' l’appareil vasculaire et le nerveux , qui présentent , des caractères communs. Cet autre grand groupe ; de parties poljhistes ^ qui comprend les deux appareils à la fois profonds et généralement répandus, prend le nom à'Endère (de ev^ov, intus, en dedans) , fondé sur la situation en dedans ou profonde de leurs parties centrales ou axiales.
^dendère est le grand appareil des parties enveloppées et protégées. Le périère est le grand appareil des parties enveloppantes et protectrices, dites vulgairement tégumentaires. La seconde portion du périère ou ïentère ressemble un peu sous ce rapport à Vendère^ et réclame aussi la protection du tégument externe. Mais elle forme aussi aux
surfaces de l’intérieur de l’animal, la barrière que les corps extérieurs ou ceux qui viennent du dedans , ne peuvent traverser sans lésion , que sous forme moléculaire. Elle contribue donc peu à la protection du centre vasculaire et du nerveux. Mais elle ny est point étrangère, puisque c’est elle qui les recouvre en dedans de l’animal.
\Jendère étant un des deux grands groupes d’appareils organiques que nous avons formés pour la méthode ^ à suivre dans l’étude des poljhistes et comprenant l’appareil vasculaire et le nerveux réunis; nous l’avons divisé en deux portions. La première est l’ensemble de tous les vaisseaux qui contiennent les hèmes ou fluides dits circulatoires. Elle reçoit dans notre nomenclature deux noms.
Le premier tiré de la situation du cœur en avant du tube digestif ou au-dessous de l’axe fictif du corps; c’est le mot proendère ou hypendère c’està-dire endère^ dont la partie centrale est située en avant chez l’homme , en dessous dans les animaux à station horizontale. Le deuxième nom donné à l’appareil vasculaire est fondé sur la nature des
I. II est facile de reconnaître que cette classification diffère très-peu de celle de M. de Blainville. Ce professeur distingué admet dans ses cours, à la faculté des sciences, deux grandes classes ou divisions d’appareils. La première est pour lui l’ensemble des organes qui se rapportent à l’enveloppe générale du corps, de laquelle il fait naître l’appareil vasculaire. La seconde ne renferme que l’appareil nerveux ou système incitateur.
'corps en relation avec ses surfaces, c’est le mot kémendère, c’est-à-clire endère pou?' le sang. Nous rapportons à l’appareil vasculaire ou hémendère., non-seulement tous les vaisseaux contenant les diverses espèces de sang , mais encore ces organes volumineux, érectiles ou non érectiles, auxquels, dans ces derniers temps, on a donné, avec beaucoup de raison, le nom de ganglions vasculaires bien propre à désigner soit les organes érectiles dits corps caverneux, iris, mamelon, rate, soit d’autres non érectiles très-développés chez le fœtus, et connus sous les noms de thymus, corps surrénaux, corps thyroïde.
La seconde portion de Xendère est l’ensemble de tous les organes nerveux , auquel nous avons aussi donné deux noms analogues aux précédents. Le premier est métendére ( de [Aexà, après, en arrière) ou épendère (delm sur, en dessus) c’est-àdire endère dont la partie axiale est située dans l’homme et les singes en ari ière , et dans tous les autres vertébrés au-dessus du tube digestif ou de l’axe fictif du corps. Le deuxième nom est le mot neurendère, c’est-à-dire endère dans lequel se meut, s’accumule, s’irradie l’agent de la force nerveuse, que nous désignons sous le nom Ae. neuron (veCpùv robur); ce mot signifie ordinairement neiÿ, mais ici il est pris dans l’acception de robur, force nerveuse ou fluide nerveux. T^e neurendère est donc Xendère pour le fluide nerveux, de même que Xhèmendère est Xendère pour le sang, de même enfin
qu’un entèî'e ou un extère quelconque se trouve spécifié par le nom du corps qui se trouve en relation normale avec lui ; on reconnaît facilement
Ique les principes que nous avons adoptés dans cette nomenclature ne varient point, n’admettent point jusqu’ici d’exception , et ont dû nous fournir des dénominations uniformes , très-brèves et en même temps très-significatives.
On pourrait bien nous objecter que si le mot endère^ terme générique de l’appareil vasculaire et du nerveux , exprime exactement la situation intérieure et profonde de leurs parties centrales et axiales (cœur, axe nerveux), cependant il n’indique point que leurs rayons vont se répandre généralement dans tout le corps, et pénétrer l’épaisseur des couches de la peau externe et de l’interne. Nous avons tenté de former un nom propre à signifier ce double objet; mais il eût été trop long. Cet inconvénient nous le fit rejeter avec d’autant plus de raison que nous eussions été forcés de le joindre à d’autres radicaux pour créer les mots composés dont nous avions besoin. Ces dénominations nouvelles n’auraient plus présenté l’uniformité des précédentes, et auraient cessé d’y correspondre sous le rapport du nombre des syllabes et de la désinence. Nous dûmes donc y renoncer. Le mot endère est d’ailleurs établi sur la situaj tion des parties les plus saillantes, les plus actives de l’appareil vasculaire et du nerveux, et cette explication nous paraît suffi.sante pour prévenir toute
équivoque. Si les petits vaisseaux et les filets nerveux se rapprochent des surfaces , si les vaisseaux et les nerfs moyens sont placés dans l’épaisseur
même des couches de la peau, on peut faire re- IJ marquer que les gros, troncs nerveux et les grands i’ vaisseaux sont situés aussi profondément que les J' parties centrales, et participent à ce caractère es- T sentiel qui disparaît ensuite progressivement dans les rayons des endères. 1
Les explications placées dans le tableau des polyhistes^ à côté de chaque appareil d’organes, jointes I à celles dans lesquelles nous venons d’entrer, nous |j paraissent suffisantes pour démontrer la préférence Jj que les dénominations nouvelles devraient obtenir 1;
sur les anciennes. j
Voulant soumettre l’exposition successive des I
parties de l’organisme humain à un ordre qui pût *1 être le moins arbitraire et le moins variable pos- 1 sible, nous nous sommes déterminés à suivre celui I de l’origine des parties, celui de leur génération I réciproque , celui enfin que leurs rapports naturels 1 paraissent prescrire. 1
Nous avons commencé par les anhistes ou par- ! ties sans texture, parce que tous les solides vivants ou histes naissent des hèmes ou ont existé à ce premier état. Les sangs ou les hèmes se sont pré- j sentés les premiers à l’étude , comme source de ' tous les exhèmes et des parties histes. '
Dans l’examen des diverses espèces de sang, nous avons débuté par le chyle ou sang protachrome ,
parce qu’il est le fluide nutritif qui, venant du dehors, arrive pour la première fois dans le sang pour le renouveler. Nous avons indiqué ensuite la lymphe , comme le deuxième sang achrôme , puisqu’elle émane du sang chrome vers lequel elle retourne.
Le sang dit improprement veineux ou noir, a été placé immédiatement après la lymphe et avant le sang dit artériel. Le sang veineux est en effet, comme l’indique le mot protochromème^ un premier sang chrome, un sang dont la couleur est moins vive. Il concourt avec le chyle et la lymphe à l’hématose, c’est-à-dire, à la formation du sang artériel ou deutochromème.
Le sang artériel deutochromème étant d’une part l’aboutissant des trois précédents , ayant une couleur beaucoup plus prononcée que celle du protochromème ou sang veineux, a été placé à la suite des trois autres. Mais il est aussi le fluide d’où sortent la lymphe et le sang rouge brun, ce que nous avons déjà indiqué. Il est enfin la source d’où émanent tous les Telle est du moins l’opinion du plus grand nombre des physiologistes.
Il pouvait paraître indifférent dans l’étude des exhèrnes, de commencer par tel ou tel autre. Mais le parallèle que nous avons établi entre les exhèmes extériels et les entériels , nous a fait trouver des subdivisions assez naturelles. Nous avons pensé aussi qu’il n’était point indifférent de finir cette étude par les exhèmes qui ont le plus d’affinité avec les divisions de la colonne suivante. C’est
pourquoi nous avons dû placer en première ligne les exhèmes périériels^ et à la suite les monohistiels ; et nous avons dû finir par les exhèmes hislogènes^ c’est-à-dire les matières nutritives des monohistes.
La marche à suivre dans l’étude de ces derniers était tracée par Haller et Chaussier. Le tissu muqueux et fondamental devait figurer le premier, et être suivi du tissu scléreux^ qui paraît résulter delà condensation du muqueux. Le tissu sarceux devait aussi venir naturellement à la suite du scléreux., sur lequel il s’implante. Enfin le tissu nerveux devait terminer la série des monohistes , puisqu’il anime, vivifie tous les précédens, et préside à leurs actions. La gradation des modifications principales des quatre tissus simples nous traçait aussi l’ordre de leur exposition. ,
Les poljhistes devaient être rapprochés des mo- j nohistes , et ces derniers devaient les précéder,! puisque ce sont eux qui les forment en se combinant. i
Uendère nous a paru devoir être placé avant le i pèrière. JJhémendère ( appareil vasculaire ) méri- ' tait la priorité dans l’étude, parce que , constitué ■ d’abord par la masse muqueuse du germe qui forme alors tout l’animal , il est le premier développé , et doit être considéré comme le créateur et le formateur de tous les autres appareils. Il est en effet ce- , lui qui joue le plus grand rôle dans les premiers j temps de l’existence. Le neurendère (appareil ner- j veux) devait le suivre immédiatement à cause de
l’influence qu’il étend comme lui dans tout l’organisme, par ce qu’enfin tous ses caractères anatomiques le rapprochent naturellement de lui.
Dans l’exposition des appareils nombreux qui forment le périère , ceux qui appartiennent à la peau externe doivent être étudiés les premiers, à cause de leurs rapports plus immédiats avec l’appareil nerveux et avec le vasculaire, dont ils traduisent même plus ou moins fidèlement les formes à l’extérieur. En effet la couche j'c/érewi'e ,'( osseuse , etc.), du mèsextère ou partie passive de l’appareil locomoteur^ protège les parties centrales de ces deux appareils, et la couche sarceuse de cet appareil (muscles du squelette) obéit d’une manière manifeste à l’influence nerveuse sous l’empire de la volonté.
Après la couche profonde de Vextère ou peau externe, celle qui la recouvre immédiatement, et que nous avons dit former l’appareil des sens de la peau externe, se présente naturellement dans l’ordre anatomique et physiologique.
Les appareils organiques, formés par la peau interne, doivent être décrits les derniers. Vaérentere et le hromentère ^ comme groupe d’organes assimilateurs, précèdent Vurentère et le pédentere^ c’est-àdire les ensembles des parties servant à la désassimilation. U aérentère^ agissant le premier au moment delà naissance , ayant une action plus continue que celle du hromentère , devait être en première ligne. Vurentère^ servant non-seulement à la dépuration du sang, mais encore à l’expulsion de l’excrément
liquide, a été mis à la suite du bromentère^ qui, après avoir assimilé une portion de l’aliment, en expulse l’excrément solide.
Enfin le pédentère^ considéré comme l’appareil dont l’action commence le plus tard, constitue la vie des espèces , présente les plus grandes intermittences et finit le plutôt; dont les actes plus rapprochés accélèrent le cours de la vie et sont suivis plus ou moins immédiatement de la mort ; le pédentère ^ dis-je, doit terminer la série des appareils nombreux du périère^ qui sont tous soumis à l’influence de Xendhre.
De ce que nous venons de dire sur les parties poljhislesy nous devons conclure que, pour les ^ étudier avec régularité, il faut en dernier résultat ’ les rapporter toutes à deux grands groupes d’ensembles organiques.
Le premier {endere) comprend les deux appa-., reils dont les formes sont créatrices de celles des autres parties de l’animal et sont répétées plus ou moins fidèlement à l’extérieur et à l’intérieur, dont l’action préside à la formation et aux fonctions de tous les autres, et dont la structure réclame la protection du suivant. ,
Le second (^é;vè/e) est formé par les appareils tégumentaires, il traduit les formes du précédent, et forme deux groupes secondaires bien distincts. Le premier ( extère ) est le grand appareil des parties contenantes et essentiellement protectrices. JjC deuxième ( e/irère), réuni aux parties centrales.
des endères^ forme avec elles l’ensemble des part ies contenues dans les grandes cavités splanchniques.
Après avoir fait connaître l’ordre successif qui nous a paru convenable dans l’exposition des parties, nous devons faire remarquer que le cadre resserré, formé par le tableau, permet de saisir leur liaison, leur enchaînement réciproque. Ainsi les sangs ou hèrnës sont les parties contenues dans ['hémendère. Le neurendère est aussi parcouru par un fluide excitateur pour lequel nous avons adopté le mot neuron. C’est l’agent de la force nerveuse ou influx nerveux, dont la source inconnue jusqu’à présent paraît être dans la portion de l’air qui se combine avec le sang artériel { deutochromeme) , > et qui est ensuite dégagé de sa combinaison par I l’action vitale. Les exhèmes sont versés , les uns I aux surfaces du périère pour y remplir des fonc- : tions très-variées ; les autres , dans l’intérieur des I' monohistes ^ pour favoriser les fonctions des orj: ganes, servir à la nutrition des tissus simples dont I les combinaisons forment les poLjhisies. On peut I donc apercevoir, d’un coup-d’œil rapide, la coordi- V nation de toutes les parties d’un vaste ensemble et {! en déduire l’harmonie dans la succession et la sit multanéité de sa structure et de ses actions.
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