MONSEIGNEUR GUAY
(Signé; X. MURRAY.
St-Anne of Ristigouche, 7 september 1890,
To His Lordship, Bishop Jean Langevin of Rimouski, At Rimouski.
My Lord,
The Right Rev. Monseigneur Chs. Guay, our Missionnary, Who is in our midst since six years has announced to us to day from the altar that he ought to be removed by the bishop of Rimouski as missionnary from this place,
ist This announcement has surprised us very much because we like Monseigneur Guay.
24 No priest has done more for us than Monseigneur Guay since his arrival here,
3rd He has repaired our Church perfectly well interiorly and exteriorby and that without any taxes whatever and has furnished very fine ornaments,
4h And he is actually building a tower to place our three beautiful bells that come from France and which have not cust us a cetit.
5h When the ligt.-Rev. Monseigneur (Œuay arrived hure, there was great disorder in the Mission, which has disappeared, thauks to his great energy.
6th Siuce his arrival here the Mission is completely changed.
7th We energetically protest against the bad will of some Indians, who are never satisfied with any priests.
8th We ask your Lordship, to kcep in our midst Monseigneur Guay, Because he is the priest we want.
9:h Sometimes Monseigneur Guay is very severe with us, but this is necessary preserve good order among us.
10th We invite your Lordship to come here to see all things completed by Monseigneur Guay and you will be satisfied as well as ourselves — it is six years since you come,
The Mission has never been as quiet and as peaceful as it is to day.
1ith The Right Reverend Monseigneur Guay has built with his own money a very fine Presbytery with his surroundings, and this did not cost us a penny.
All the Irish, Canadians and Indians belonging
to this Mission are well satisfied with Monseigneur Guay and ask for him to remain.
12th Monseigneur Guay has a great number of friends among the Protestants and who help us much with our Church.
(Signé) { POLYCARIE MARTIN, ler chef.
NOEL BASQUE, 2ème chef.
Cette requête adressée à l'Evêque de Rimouski a été signée par les principaux sauvages de l'endroit, chefs de famille, au nombre de 53, et par 80 blancs appartenant à ka mission de Ristigouche.
Québec, 6 février 1891.
Vraie Copie certifiée par ACHILLE LARUE, Avocat,
N.-B.— Cette requête n'a jamais reçu de réponse de du dit Seigneur Evêque.
(Traduction. ) Ste-Anne de Ristigouche, 7 septembre, 1890.
À Monseigneur l'Evêque, Jean Langevin de Rimouski, à Rimouski.
Monseigneur,
Son Excellence Monseigneur Chs. Guay, notre missionnaire qui demeure au miii:a de nous depuis six ans, nous à annoncé aujourd'hui à son prône qu’il devait être transféré par l'Evèjue de Rimouski, comme missionnaire de ect endroit,
1° Cette annonce nous a beaucoup surpris, parce que nous aimons Monseigneur Guay.
2° Aucun prêtre n’a fait plus pour nous que Monseigneur Guay depuis son arrivée.
3° Il a parfaitement bien réparé notre église tant à l'intérieur qu’à l'extérieur et cela sans aucune charge que ce soit, et acquit de très-beaux ornements.
4° Actuellement, il est à bâtir une tour pour placer trois belles cloches qui viennent de Fran, et qui ne nous ont pas coûté un centin.
5° Lorsque Monseigneur Guay est arrivé ici, il y avait de grands désordres dans la mission, lesquels ont disparu, grâce à sa grande énergie.
6° Depuis son arrivée ici la mission est complètement changée,
7° Nous protestons énergiquement contre la mauvaise volonté de quelques sauvages qui ne sont jamais satisfaits d'aucun prêtre.
8” Nous demandons à Votre Grandeur, de laisser au milieu de nous Monseigneur Guay, parce qu’il est le prêtre qu’il nous faut,
9° Quelquefois, Monseigneur Guay est sévère mais cela est nécessaire, afin de maintenir l’ordre au milieu de nous, |
10° Nous invitons Votre Grandeur à venir ici, afin de voir toutes les choses accomplies par Monseigneur Guay, et vous serez satisfait aussi bien que nous: — voilà six ans que vous n'êtes pas venu,
La mission n'a jamais été aussi tranquille et aussi paisible qu’elle l’est aujourd’hui,
11° Monseigneur Guay a bâti de ses propres deniers, nn joli presbytère, ainsi qne ses dépendances, ct cela ne nous à pas coûté un seul sou.
Tous les Irlandais, les Canadiens et les Sauvages, appartenant à cette mission sont très-satisfaits de Monseigneur Guay, et demandent à le garder.
12° Monseigneur Guay a un grand nombre d'umis parmi les protestants qui aident beaucoup à notre église.
(Signé) POLYCARPE MARTIN, ler chef, 8 NOEL BASQUE, 2ème chef.
JEAN LANGEVIN, Par la Grâce de Dieu et du St-Siège Apostolique, Evêque de St-Germain de Rimouski.
A notre bien-aimé eu Jésus-Christ,
Monseigneur Charles Guay, Protonotaire Apostolique ad instar, missionnaire de Ristigouche,
Salut en Notre-Seigneur.
Nous vous confions par les présentes lettres, jusqu’à révocation de Notre part ou de celle de Nos sueczsseurs, le soin de la paroisse de St. Mathieu.
Vous y exercerez les pouvoirs ordinaires des curés du Diocèse, et vous percevrez des fidèles les dîmes et oblations aceoutumées, de plus le supplément qui comprend le foin à la cinquantième botte, les patates au vingt-sixième
tinot et le sucre (pour ceux qui en font), à raison de dix livres ou soixante-dix centins par chaque cultivateur. Vous aurez aussi l'usage de la terre de la fabrique.
En vertu d’un Induï, en date du 17 octobre 1886, valable pour cinq ans, Nous voñs autorisons à appliquer aux malades l'Indulgence plénière in articulo mortis suivant Ja formule du Rituel.
Vous vous rendrez à votre nouveau poste pour ke premier dimanche en octobre prochain.
Ce jour là vous donnerez lecture au prône des parties de cette lettre qui intéressent les fidèles, et vous l'enrégistrerez ensuite dans le livre destiné à cette fin.
Nous prions le Seigneur de bénir votre ministère au milieu des fidèles qui vous sont confiés par les présentes.
Donné à St-Germain de Rimouski, sous Notre seing et sceau et le contre-seiug de notre secrétaire, ce douze septembre mil huit cent quatre-vingt-dix.
(Signé) *k JEAN, . de St-G. de Rimouski, Par Monseigneur,
».-9. SIMARD, Ptre., Secrét,
Evêché de St-Germain de Rimouski, 13 sept, 1890, Mgr Charles Guay, Miss.
Ste-Anne de Ristigouche,
Monseigneur,
Je vous ai informé que je vous destinais la cure de St-Mathieu, à votre départ de votre mission actuelle de . Ristigouche, veuillez donc bien tunir ce dernier poste à la disposition de votre successeur, M. Théodule Smith, pour le premier dimanche en octobre prochain, et vous rendre à St-Mathieu pour la même époque.
Je me flatte que vous vous y trouverez heureux et que vous y ferez beaucoup de bien, étant où votre évêque vous appelle,
Votre tout dévoué en N.S.
(Signé) JEAN, Ev. de St-G. de Rimouski,
Ste-A nne de Ristigouche, Comté Bonaventure, 15 septembre 1890.
A Sa Grandeur, Monseigneur Jean Langevin, Evêque de St-Germain de Rimouski, A Rimouski.
Monseigneur,
J'ai l'honneur d’accuser réception d’une lettre datée du 12 de ce mois de Votre demeure Episcopale, signée, le même jour, par Votre Seigneurie, me nommant à la cure de St-Mathieu, dans Votre Diocèse, comté Rimouski,
Je yprie très-respectueusement Votre Grandeur de dâignèr me faire connaître les raisons canoniques de ce changement si subit et si inattendu.
J'ose espérer que Votré Seigneurie, Monseigneur, sera assez biénveillanté pour se rendre à l’hamble prière de
Sou très-dévoué et très-obéissant Serviteur en N.-8S.
(Signé) CHS, GUAY, Prot, Apost.
Miss.
Ste-Anne de Ristigouche, Cemté Bonaventure, 17 septembre, 1890.
À Sa Grandeur, Monseigneur Jean Langevin, Evêque de St-Germain de Rimouski, A Rimouski.
Monseigneur,
Je regrette que Vous n'ayez pas daigné répondre à ma lettre du 15 de ce mois, et je dois informer de nouveau Votre Seigneurie, qu'il m'est impossible d'accepter St- Mathieu, et cela pour différentes bnhnes raisons que je Lui communiquerai si Elle le désire.
Votre très-humble serviteur en N.-S.,
(Signé) CHS. GUAY, Prot, Apost, Miss.
Ste-Anne de Ristigonche, Comté Bonaventure, 18 septembre, 1890.
A Sa Grandeur, Monseigneur Jean Langevin, Evêque de St-Germain de Rimouski, A Rimouski.
Monse'gneur,
En réponse à votre lettre du 13 de ce mois, je dois informer bien respeetueusement Votre Grandeur de ce qui suit :
1° La maison que j'ai construite en grande partie de mes ] ropres deniers et que j'habite actuellement, deviendra avec ses dépendances la propriété de la Corporation Episcopale Catholique Romaine de St-Germain de Rimouski, lorsqu'on m'aura remboursé la somme de $2,500.00, argent déboursé par moi, sans compter les intérêts.
2° Je laisserai cette maison, avec ses dépendances dès que la dite somme n'aura été payée, et que mes affaires à Ristigouche seront réglées.
3° Si Votre Seigneurie n’a pas pour agréable cette proposition, nous soumettrons le présent cas à la Sacrée Congrégation de la Propagande à Rome.
En justice vous ne pouvez vous opposer que nous fassions décider la question par Rome, puisque la Sacrée Congrégation de la Propagande doit être notre juge en chaque difficulté,
De Votre Seigneurie, Monseigneur, Votre très-humble et dévoué serviteur en N.-S.,
(Signé) CHS. GUAY, Prot. Apost., Miss.
18 sept. 1890.
Mgr Charles Guay, Miss.
Ste- Anne de Ristigouche,
En réponse à votre deuxième lettre, j'ai à vous dire que je vous retire'de votre poste actuel uniquement pour la plus grande gloire de Dieu et le bien spirituel de vos pauvres sauvages.
De plus, je remplace votre mission assez pauvre par une paroisse donnant des revenus plus considérables avec un presbytère neuf.
Que Dieu vous inspire les sentiments de soumission qui doivent animer un bon prêtre envers son Evêque,
surtout dans la position que vous occupez dans le diocèse, et que vous me devez principalement,
Bien à vous en N..S.,
(Signé) JEAN, Ev. de St-G. de Rimouski,
Ste-Anne de Ristigouche, Comté Bonaventure, 23 septembre 1890, À Sa Grandeur, Monéeigneur Jcan Langevin, Evêaque de St-Germain de Rimouski,
À Rimouski, Monseigneur,
J’ai l'honneur d’accuser réception de votre lettre du 18 de ce mois, reçue seulement hier.
J'informe respectueusement Votre Giandeur qu’'advenant le premier octobre prochain je me retire de l’exer-
eice du saint Mivistère et cela pour différentes raisons que: je lui ferai connaître si Elle le désire.
Votre très-humble serviteur en N.-S.,
(Signé) CHS. GUAX, Prot. Apost.
| Miss.
29 septembre, 1890.
Mgr Chs. Guay, Prot. Apost., Miss.
Ste-Anne de Ristigouche.
Monseigneur,
J'ai reçu votre lettre, datée du 23 de ce mois, par laquelle vous m'’informez “ qu'advenant le premier octobre “ prochain, vous vous retirez de l’exercice du saint Minis- HAT 666,080”
J'accepte votre démission ainsi formulée, et je révoque par la préseute lettre toute juridiction que je vous avais accordée, et ce à partir du premier octobre prockmin, c’est-ùdire après demain.
Je proteste en même temps contre les dépenses que vous avez faites pour la construction d’un presbytère à Ste-Anne de Ristigonche contrairement aux conditions et instructions que j'avais appoées et aux défenses que je vous avais faites, et dont vous n'avez tenu aucun compte. —dJe proteste également contre la prolongation de votre
séjour dans le dit presbytère après la date du premier octobre prachain.
Que Dieu vous bénisse et vous pardonne, !
(Signé) dEAN, Ev. de St-G. de Rimonski.
P.-S.—1Tl va sans dire que veus pouvez continuer à dire la messe.
A Sa Graudeur, Monseigneur Jean Langevin, Evêque de St-Germain de Rimouski, A Rimouski.
Monseigneur,
J'ai l'honneur d’accuser réception de votre lettre datée d'hier et reçue ce inatin. Je baise respectnenusement la main qui me frappe après vingt longues années d’un ministère des plus pénible dans Votre Diocèse sous votre juridiction.
Sit nomen Domini benedictum !
Votre très-humhle serviteur en N.-S.
(Signé) CHS. GUAY, Prot. Apost.
1 Jugement dans cette question a été porté par Son Eminence le Cardinal Archevêque de Québec, en faveur de Mgr Chs. Guay, le 5 décembre 1890.
Lettre de Mgr Blais, Evêiue de St-Germain de Rimouski, à Mgr Guay.
Rimouski, le 2 mars 1891.
X Monseigneur Chs. Guay, Prot. Apost., A St-Joseph. de Lévis, A Lévis, Monscigneur,
J'ai parfaitement reçu en leur temps votre bonne: Jettre du 26 février dernier et votre pévenant télégramme:de la veille.
Je regrette beaucoup de n'avoir pas eu Île temps de:
vous remercier plus tôt pour ces deux murques de votre attention à mon égard. Mais vous savez tout le surcroit
d'occupations variées et imprévues auxquelles il me faut. actuellement faire face.
Votre difficulté au sujet de la tenue de vos comptes: et de la possession du presbytère à la mission de Ristigouche est donc terminée. Deo gratias !
Soumise à la judicieuse censidération de l’Eminentissime Métropolitain de Québhec, cette difficulté ne pouvait pas manquer d’être bien réglée. (C’est bien là du reste ce que prouve votre empressement à me dire votre pleine satisfaction : veuillez bien croire à la mienne aussi.
Et en autant que vous avez contribué à ménager ce dénoûment par vos bonnes dispositions, je suis heureux de vousen féliciter ; et Dieu vous bénira pour les salutaires intentions dont vous avez su faire preuve en cette circonstance.
Pour ma part, je n’en perdrai point l'agréable sonwenir.
Dans ces dispositions, je vous prie d’agréer, Monseigneur, L'assurance de mon parfait dévoûment en N.-$., (Signé) ANDRÉ ALBERT, Ev. de St-Germain de Rimouski.
P.S. —J'’ai reçu les cahiers et la liasse des reçus de la msssion de Ristigouche que Son Erminence vous « chargé de m'adresser. Merci.
ts
Ste-Anne de Ristigouche, Comté Bonaventure, 1 mai 1891.
A Sa Grandeur
Monseigneur Jean Langevin, :
Archevêque de Léontopolis, A Rimouski.
Monseigneur,
Permettez-moi de vous adresser sous ce pli une col: lection de ‘“ CENT VINGT SIX LETTRES.” Après une lecture attentive, Votre Grandeur se convaincra facilement du peu de reconnaissance qu’Elle a eu : à mon égard, malgré tout mon dévouement, pendant plus de vingt ans, pour Ses œuvres diocésaines, par mes quêtes, mes voyages, mes missions et mes sacrifices de tous genres. Un grand nombre de mes confrères dans le sacerdoce m'ont dit à plusieurs reprises différentes : “ Vous ne serez
técompensé par Monseigneur Jean Langevin que par l'ingratitude de ce que vous entreprenez et faites pour Lui ; c'est un Evêque incapable d’un seul acte de reconnaissance sincère, ”
Voilà des paroles fort dures qui, dans le temps, me pataissaient exagérées, mais malheureusement votre inqualifiable manière d'agir de l'automne dernier ma prouvé que ees confrères ne s’étuient pas trompés.
En effet, pas un prêtre dans votre diocèse ne s’est. plus dévoué qüe moi à Votre Persouné et à Vos œuvres, et pas un aussi n’a été payé aves attant d'ingratitude,
N'a-ton pas vu Votre Grandeur, en septembre dernier, vouloir me dépouiller injustement d’une propriété eonstruite en grande partie de mes propres deniers et s r laquelle il m'était dû, capital et intérêt, $3,000.00,—(Jugement de Son Eminenee le Cardinal Archevêque de Québec,
5 dée. 1890),— uniquement pour satisfaire une vengeance ersonnelle et me punir d’uvoir été favorable à l'élection par acclamation de l’Honerable Honoré Mereier, Premier Miuistre de la Province de Québec !
Sont-ce là, la reconnaissance et la justice que j'étais en droit d'attendre de mon Evêque ?
Est-ce qu’un Evêque ne doit pas être un père pour ses j'rêtres, et non un dominateur ?
Votre Grandeur verra dans la dernière lettre qui termine cette collection de quelle manière a été réglée cette difficulté.
Mes droits ont été reconnus par le tribunal métropolitain, On m'a demandé ensuite de donner cette somme ; je l’ai fait avec plaisir, et je vous aurais fait volontiers le même
cadeau, si votre conduite à mon égard eût été plus reconnaissante et plis juste.
N'’a-t on jas vu ce panvre abb: Ulfranc St-Laurent sur vos ordres, parcourirlesm iasins de Carnpbelltou, réunir quelques Sauvages à Ristigo ivhe, au nombre de 10 à 12, pour les interroger sur mes comptes, avec un zèle et une prudence qui laissaient beaucoup à désirer.
Maintenant que Votre Grandeur « donné une démission demandée par l'autorité compétente et ardemment désirée, depuis longtemiis, par Son clergé, Elle pourra faire, dans le silence et la retraite, un sérieux retour sur le passé et se préparer, avec fruits, aux années éternelles. |
Je termine en adressant au Ciel cette prière :
“ Et dimitte nobis debita nostra, sieut et nos dimittimus debitoribus nostris.”
Je demeure respectueusement, Monseigneur, de Votre Grandeur, le très-humble serviteur en N.S.
(Signé) CHS. GUAY, Prot. Ap.
ad instar.
pre pa fut ARBRE PT 1e DS DE TRE D
TR a RE DES