‹ Mémoires (extaits) [microforme]Chapitre 20 sur 82 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Documents présentés à Monseigneur Smeulders, Déléqué Apostolique au Canada, réfutant les accusations pcitées contre Monseigneur Charles Guay,

Protonotaire Apostolique ad instar, pur ses adversaires,

(Strictement confidentiel.)

A Son Excellence | Monseigneur Smeulders, Commissaire Apostolique, Québec.

Excellence, |

C'est un bien sensible plaisir pour moi d'offrir au Représentant du Saint-Siège l'hommage de ma profonde vénération et de ma pleine et entière soumission.

J'ai été honoré par le Suint Père, dans une'andience privée, le 6 mai 1879, du titre de Protonotaire-Apostolique ad instar, et j'ai reçu mes Brefs malgré l'opposition acharnée de certains adversaires de Québec.

Je prie mon Evêque, Monseigueur de St-Germain de Rimouski, de communiquer à Votre Excellence les dits Brefs et le certificat de la prestation de mon serment et . aussi de Lui faire connaître en détail l’inqualifiable conduite de mes adversaires, qui, depuis quatre ans, essaient par tous les moyens possibles, à me perdre de réputation et parmi le clergé et parmi les laïques.

Je suis informé que ces mêmes adversaires veulent encore tenter un suprême effort à Rome pour me faire enlever mes brefs, et cela par haine et par pure jalousie.

Je me propose, dans quelque temps, d'aller rencontrer Votre Excellence, si Elle me le permet, pour porter me plaintes.

Votre excellence me permettra de former les vœux les

plus ardents pour le succès de Sa dificile mission, et ur séjour agréable au milieu de nous,

Je demeure avec des sentiments de haute considération, Excellence, Votre tout dévoué et très-humble serviteur en J,-Ch.

(Signé) CHS. GUAY, Prot, Ap.

ad instar.

New-York, 30 Oct. 1883,

A Son Excellence Monseigneur Dom. Henri Smeulders, Commissaire. Apostolique, Montréal,

Excellence,

Je crois qu’il est de mon devoir de porter à votre connaissance les faits suivants jour que justice me soit rendug,

Comme il y a déjà eu malheureusement trop de scandalesen, Canada. jusqu'à ce jour, je n'ai point voulu, rendre publics les documents suivants, ayec plusieurs, autres que j'ai en ma possession, aimant mieux souffrir dans le silence ét l'exil la plus noire des persécutions, attendant avec patience et résignation à la volonté divine une occasion favorable, afin dé me fire entendre par qui de dtoit; par ‘la plusihaute.autorité. déléguée du:Saint:Siège pour: rétablir la: paix religieuse dans notre chière patrié.

Je viens aujourd’hui devant Votre Excellenee pléin .. de. confiance. et,en toute-humilité Lui exposer. brièvement

mes plaintes contre Sa Grarderr Monseigneur Dominique Racine, Evêque de Chicoutimi et quelques prêtres ‘du Séminaire de Québec.

Dans l'été de 1881 et 1882, j'étais délégué par mon Evéque, Monseigneur Jenn Langesin, de St-Gérmain de Rimouski, your aller administrer le sacrement de Confirmation, d'après des pouvoirs spéciaux de Rome, sur les côtes lointuines et brumeuses du Labrador et des Iles adjacentes comme en font foi les deux documents annexés au dossier sous les Nos 1 et 2, p. 161 et 162.

Quelque wmps ayrès le retour de cette lointaine et périlleuse mission, lors de mon premier Voynge, Monseigneur Dominique Racine, Evêque de Chicoutimi, tint une enquête sur mon compte, le 26 du mois de janviet 1882, et cela à l'insu de mon Evêque et à mon propre insu.

Je fus informé du fait par monsieur le juge O'Brien, Magistrat Stipendiaire comme en fait foi la lettre filée au dossier No 3, p. 163. |

J'écrivis de suite à Monseigneur l’Archevêque de Québec dans les termes suivants :

À Sa Grandeur,

Monseigneur l’Archevêque de Québec, Québec, Monseigneur,

Je viens d'apprendre de M. le juge O'Brien, de Chicoutimi, par une lettre du 30 ultimo, reçue hier, que des plaintes très-graves étaient portées contré moi devant Vôtre Grandeur,

Que les dites plaintes étaient déférées à Monséigtieur l'Évêque de Chicontimii.

Je n’y œmprends rien du tout,

ME

Veuillez donc, Monseigreur, être assez hon de me dire ce qu'il ya etc.

Je suis le plus étonné des hommes. Mau conscience heureusement ne me reproche rixn.

Je demeure toujours, avec la plus haute considération,

Monseigneur, De Votre Grandeur, le tout dévoué serviteur,

(Signé) CHS. GUAY, Prot. Apost.,

Curé.

Notre-Dame de Rimouski, 5 février 1882.

Monseigneur l’Archevêque eut la bonté de m'adresser la lettre ci-incluse :

“ Archevêché de Québec, 8 février 1882,

“ Mgr Ch. Guay, Prot. Apos., curé, . “ Notre-Dame du Sacré-Cœur,

“ Monscigneur,

‘“ En réponse à votre lettre du 5 courant, je dois vous “ dire qu'ayant eu connaissance de certains bruits, j'ai “ voulu de suite en avoir le cœur net et j'ai prié Mgr de “ Chicoutimi de s’en informer auprès de M. O’Brien, qu’on « disait avoir eu connaissance de quelques faits. J'ai été “ heureux d'apprendre que ce Monsieur vous avait rendu ‘ bon témoignage.

“ Veuillez agréer, Monseigueur, l'assurance de mon .“ dévoûment. R : Ha (Sigué) E.-A. Arch. de Québec.

4 dues « |

Quel droit Monseigneur l’Evê jue de Chicoutimi gvaitil, de tenir une enquête sur mon compte à l'insu de mon propre évêque et à mon insu ? :

S'il y avait des plaintes devant Sa Grandeur à mon sujet, son devoir n'était-il jas de les défirer à mon évêque ?

Est-ce qu’un évêque, d'après les règles canoniques, doit tenir une enquête d'après “ de certains bruits,” sur le compte d'un prêtre qui n'appartient point à son diocèse ?

T1 faut bien remarquer que ce ne sont pas de simple: informations que Sa Graudeur de Chicoutimi a demandées à M. le jnge O'Brien:

Elle le somme de comparaître devant Son trihpnal, gt là Elle écrit tout au long sa déclaration solennelle qui, ay pays est considérée comme un vai serment, (O'est donc une véritable enquête que Mgr de Chicoutimi a tenue sur ma conduite sans aucun droit quelconque.

On a répandu partout Je bruit que l'Evêque de Chicoutimi avait tenu une enquête sur moi, mais mes calowuiateurs opt caché avec un religieux silence ses résultats qui étaient tout en ma faveur,

Pourquoi ont-ils agi ainsi ?

C'est parce qu'elle ne favorisait pas leurs perfides desseins.

Voilà quatre ans qu’ils essaient par d’infâmes intrigues et de noires calomnies à me perdre de réputation aux yeux du clergé et des laïques de la province de Québec.

Cette enquête de Mgr de Chicoutimi a eu pour copsf-

quence de me faire passer pour un ivrogne de la pire

espèce. Ces bruits se sons répandus un peu partout comme eu font foi les attestations suivantes :

“ St-Joseyh de Lévis 24 juillet 1883.

“ Sur la demande que vous me faites au sujet des “ discours rapportés à moi-même par Messire Ferdinand “ Audet, prêtre du diocèse de Rimouski.

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“ Que vous êtes un ivrogne de la première espèce, “ que quand vous êtes allé sur les côtes du Nord le capi- ‘“ taine a été obligé de mettre les boissons sous clef, que “ vous étiez toujours ivre,

“ Sur cela je lui ai dit que je n’entreyrendrai pas de * plaider votre cause, qu'il avait l'air au fait des chosés “ plus que moi, là dessus il m'a répondu, mon cker mon- “ sieur, on a en mains, montrant l'épaisseur de trois doigts, “ des enquêtes contre lui...

“ Je lui demandai qui lui avait appris ces choses. Il “ m'a répondu que c'était Monseigneur Racine de Chicou- “ timi.

“ (Signé) CASIMIR BOURASSA.

“ M. Casimir Bourassa, du Village de Lauzon, P. Q. “ étant assermenté sur les Saints FEvangiles dépose et dit “ que tout le contenu de cette lettre est vraie et ne dit ‘ rien de plus et a signé. |

“ (Signé) CASIMIR BOURASSA.

“ Assermenté devant moiau Village de Lauzon ce 25

“ juillet 1883.

« (Signé) M. BOURGET, C. C. P.

“ Je certifie que le Révd, Ferdinand Audet, curé de “ Cascapédiac, diocèse de St-Germain de Rimouski, m'a “ dit ces choses le dix-huit mai de la présente année,

Signé) CASIMIR BOURASSA.

Votre Excellence voit jusqu'à l'évidence quels ont été les résultats de cette enquête. Ces bruits se sont répandus partout et circulent encore aujourd’hui, et pour preuve de cet avancé, permettez-moi de reproduire ici à ss extraits d’une lettre de mon Evêque.

ns

Evêché de S. Germain de Rimouski, 20 mars 1883.

Mon cher Seigneur,

“ Mais il se répète dans d’autres endroits du pays cer- “ taines choses qui peuvent beaucoup nuire à votre répu- “ tation :

“ Ainsi vous auriez bu tout ce qu’il y avait de cognac ‘à bord de ce yacht ; puis vous auriez pris dans les “ armoires une certoine quantité de l’esprit de vin destiné “ à l'entretien de la lampe. Un des hommes de l'équipage “ paraît-il, vous a vu prendre dix-sept verres de boisson “ alcooliques dans une même journée.

“ Vos mauïères, durant ce voyage, et surtout vos con- “ versations auraient souvent été plns qu’inconvenantes. ‘“ A la Rivière Godbont, vous auriez été confié à la garde “ de M. Comeau, afin que vous eussiez cinq ou six jours “ pour vous dégriser.

“ Tous ces faits auraient été à la connaissence des

= ta$ —

« fomitnes de l'équipage. Ces termes sont ceux-méines qui “ sont employés dans le récit de ces prétendas faits,

(Signé) % JEAN, Ev. dé St.G. de Rimouski.

Je tépbnäis de süite à Sa Grätideur de St-Germain par cette lettre datée du 26 mars 1883.

#4 A Sa Grandeut, “ Môhseigneut de Rimouski, à Rimouski.

“ Monseigneur,

“ J'ai l'honneur d’acuser réception de votre lettre du # 20 courant.

« Pérmièttes-ttoi de vous témoigner ma surprise en “ voyant que Votre Grandeur n’a pas jugé à propos de me “ faire connaître les noms de mes accusateurs.

“ Quelques-unes des accusations contenues dans votre “lettre sont graves. Ma patience, après quatre ans “ d'épreuve est à bout.

“ Je suis décidé d’en finir avec mes calomniateurs, et “ ils auront bientôt à répondre de leurs calomnies devant “ un tribunal compétent.

“ Votre Grandeur n’a pu recevoir de telles accusations “ que sous des noms responsables, en conséquence, je La ‘“ prie bien respectueusement de daigner me faire connaître “ les auteurs de ces viles calomnies.

“ Je demeure très-respectueusement, “ le tout dévoué set viteur,

CHS. GUAY; Biot. Ap.

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