‹ Mémoires (extaits) [microforme]Chapitre 33 sur 82 · DER ET · texte numérisé non relu

DER ET

EE

Ste-Anne de Ristigouche, Co. Bonaventure,

4 février 1887.

A Sa Grandeur,

Mgr l’'Evèque de Rimouski, à Rimouski.

Monseigneur,

J'ai l'honneur d’aceuser réception de votre lettre d'hier contenant de graves accusations portées contre moi par Basile Arseneau, ancien constable sur cette Réserve.

‘Avant d'entrer en matière, je dois nier de la manière la-plus positive toutes ces accusations et chacune d'elles.

Îre AcCUSATION «Quand, j'étais constable à la mission, il a retiré

«“mon.salaire du Département, endossé mes chèques et

« donné des reçus en mon nom, sans m'en parler, et ne m'a wpayé.qu'une partie demon salaire. Il me doit encore «888.34. »

Tout.ceci n'est qu'un lissu complet de mensonges.

Je n’äi agi dans tout cela qu'en ma qualité d'agent des sauvages et je n'ai pas outre-passé mes devoirs.

Je ne dois: pus.un seul sou à Basile Arseneau, comme Votre Grandeur le verra:par un compte annexée an. dossier sous le No 1, pages 252 et 253 et que je puis assermenter au besoin. Lui et sa femme me doivent 8166.73, par conséquent je ne leur dois rien.

Tous Jus chèques me sont directement adressés, et c'est à moi à payer les employés.

Je n’ai jamais mis son nom ni sur aucun reçu, ni sur aucun chèque sans son consentement, et j'ai toujours signé et les reçus et les chèques en mon nom.

2ème AcCCUSATION

« Je pourrais aussi lui charger 884. par an pour mon « épouse qui lui a servi de secrétaire et de servante pen-

À « dant près de deux ans. »

Lorsque je suis arrivé ici en juillet 1884, Delle Her: mance Boundreau, aujourd'hui Dame Basile Arseneau, faisait l'école sur cette Réserve, et ne savait où prendre: sa pension.

Alors elle me sollicita de vouloir la prendre chez moi.

re Comme je ne pouvais me procurer une servante dans: tre le Lemps, elle s’offrit à faire le petit ménage de ma mai Ré- son avant et après ses heures d'école, pour gagner sa: pension.

bre Elle est restée chez moi faisant ainsi mon ménage, les. depuis septembre 1884 au 11 mars 1885, et cela pour ga: gner sa pension. A cette dernière date M. Honoré Guay. est venu rester avec moi et c’est lui qui me servait avec tiré une servante que j'ai toujours eue depuis juillet 1885,bien es et que Dame Basile Arsenvan soit toujours demeurée chez m'a moi jusqu’au mois de septembre dernier.

core Elle ne m'a jamais servi de servante ni de secrétaire. Je ne l'ai jamais considérée comme tel. s. Elle est restée au presbytère plus: dé deux ans, et elle gent n’a jamais payé un seul sou de pension.

Je puis facilement faire prouver tous ces faits par les me personnes de mon presbytère.

dosgser- ème ACCUSATION 6.73, « L'enquête que le Département Indien vient de faire « contre lui, prouve cela, et l'agent du Département m'a 8, et « promis loutes les pièces nécessaires pour obtenir mon Ÿ « paiement devant la cour.»

u, nl Je dois dire qu’il n’y a jamais eu d'enquête de faite ours

contre moi par le Département des Affaires des Sauvages,

comme le prouve une lettre confidentielle de Sir Hector Langevin, Ministre des Travaux-Publics, à Ollawa, produite au dossier sous le No 2, page 254.

Basile Arseneau ayant été mis à la porte de ma maison vers le milieu de septembre dernier, et déchargé de son office de constable, à cause de sa mauvaise conduite, est entré dans une grande fureur contre moi et a juré de se venger ainsi que son épouse.

C'est alors qu'ils ont écrit toutes espèces de mensonges à Ottawa, m'accusant de faux comptes et de tromper les sauvages.

Le Dépt. cependant ne m'a jamais communiqué leurs plaintes, mais je les connais d’après les indiscrétions du Réd. Oct. Drapeau, curé à St-Charles de Capelan.

Le Département a envoyé M. W. A. Austin, un des employés du bureau, à Carleton, interroger Basile Arseneau et sa femme.

Je ne connais pas quel a été son rapaort, mais voici ce que je sas : une fois le dit Austin rendu à Ottawa, le gouvernement m'a envoyé immédiatement l'argent que je reclamais pour les travaux de la chapelle 8735.50, puis ma passe gratis pour l’année sur tout l’Intercolonial.

Le Département ne m'a jamais écrit un seul mot, ni avant, ni pendant, ni après la visite du dit M. Austin à Ristigouche.

Si Basile Arseneau a des preuves que je lui dois, qu'il les montre.

Voulez-vous connaître, Monseigneur, : 1te l'affaire dans cette histoire et celui qui est au fond d. tout cela : c'est M. le curé Drapeau, de St-Charlss de Capelan. C'est lui même qui a préparé les plaintes et qui les a fait copier ensuite pour Ottawa.

Depuis son départ d'ici, il me fait la guerre. Il voudrait reveuir à Ristigouche, parcequ'il ne fait pas assez d'argent à Capelan, et est jaloux des travaux que

je fais exécuter, luiqui pendant neuf ans n'a rien fait

Je crois que ces quelques explications suflisent pour le moment.

Je demeure bien cordialement,

Monseigneur, °

De Votre Grandeur,

le tout dévoué serviteur,

(Signé) Cas Guay, Prot. Apost.

N. B.—Ci-incluse copie d’une lettre que j'adressais à maitre Basile Arseneau, à la date du 18 janvier ultimo.

Ste Aune de Ristigouche, Co. Bonaventure,

18 janvier 1887.

Monsieur,

Une assez grave indisposition m'a empèché de répondre plutôt à vos deux lettres du 9 de ce mois.

Pour votre consolation personnelle, je dois vous dire que tous mes comptes ont été trouvés corrects. et preuve c'est que le gouvernement vient de m'envoyer $735.50. Vous êtes le seul qui m’accusiez de faux comptes.

or

— MB —

Quant à l'argent que vous réclumez, je dois vous dire que je ne vous dois pas un sou.

Après votre départ d'ici, j'ai eu un autre constable qui a touché l'argent que vous avez. la ridicule prétention de demander.

Comme vous avez reçu 845.00 de plus que votre salaire, j'ai maintenant vos lettres pour en faire preuve,

vous pouvez conclure que je ne vous donnerai pas un sou. 4

Libre à vous maintenant de m'écrire des lettres d'injures, et de me citer:devant les tribunaux qu'il vous plair'a.

‘ Mes précautions sont prises, mais je crains beaucoup que vous ne dépensiez du bou argent pour en avoir du mauvais.

J'aurai moi aussi un compte à vous présenter, et la cour décidera alors de nos comptes.

Bien à vous etc.

(Signé) Cus Guay, P. A.

Carleton, 7 avril 1887.

A Sa Grandeur, Mgr Jean LanGevin, Ev. de Rimouski, Rimouski.

Le Rév. M. Blouiu, notre bon curé, nous a dit que Votre Graudeur désirait nous voir à Rimouski au sujet de notre affaire avec Mgr Guary.

Nous devons vous dire que nous n'avons pas d'argent

pour payer les dépenses que ce voyage occasionnerait. Votre Grandeur est certaine par les lettres du Départe.

ment que je lui ai envoyées, quei était mon salaire.

Je puis assermenter les comptes que je vous:ai envoyés de ce que j'avais reçu de Mgr. Guay,et je crois que cela est suffisant pour que Votre Grandeu} juge et me fasse payer.

Si Mgr Guay me charge une pension, je lui présenterai un compte pour salaire comme ayant été son serviteur pendant que j'ai été là.

Mgr Guay peut peut-ètre vous présenter un compte contre moi, et il sera peut-être marqué 845.00 qu'il m'a données en novembre dernier.

Je déclare à Votre Grandeur que si Elle n'obtient pas mon argent immédiatement, je suis décidé de passer mon affaire à uu avocat...

Je voudrais avoir le moyen d'aller voir Votre Grandeur. Elle verrait si j'ai droit de me plaindre.

Ainsi si je ue reçois pas de Votre Grandeur une réponse favorable et mon argent, je verrai un avocat, et je citerai Mgr Guay devant les tribunaux civils, car je veux

en finir, voilà assez longtemps que ie vas doucement avec Mgr Guay.

Je suis de Votre Grandeur, le tout dévoué serviteur,

(Signé) BasiLE ARSENEAU

Sainte-Anne de Ristigouche,

Co. Bonaventure, P. Q.

mn 14 avril 1887.

I A Sa Grandeur

Mgr. l'Evèque

A de Rimouski, à Rimouski.

Monseigneur,

J'ai l'honneur d'accuser réception de votre note du a 11 11 de ce mois, avec 1» lettre de Basile Arseneau que je | retourne sous ce pli à Votre Grandeur,après en avoir pri La 2! copie.

pl 11 peut me citer devant les tribunaux civils, s'il le

| désire, je suis prêt à l'y rencontrer, et là ils se feront | connaître tous deux tels qu’ils sont, lui et sa femme. Le Rév. Oct. Drapeau, curé de St-Charles de Capelan, | qui est au fond de cette histoire, leur défend de se rendre à Rimouski, car sous la foi du serment l'épouse sera obligée de dire des choses très-compromettante contre lui d'abord, ct ensuite Votre Grandeur verra que ce brave homme est au fond de toute cette affaire,

Je demeure bien respectueusement, etc.

(Signé) Cus. Guay, Prot. Apost.

e du ue je \r pri

s'il le feront e.

pelan, rendre e sera contre ce bra-

ost.

ses/ Ms des Ste-Anne de Ristigouche,

Co. Bonaventure, P. Q, 25 nov., 1887.

Au Très-Révd Tuvigncs, Archiprètre, Chanoine Honoraire, Curé, St-Bonaventure.

Mon cher Chanoine et ami,

Vous connaissez aussi bien que moi toutes les misères qu'a voulu me faire ce cher Drapeau, curé à Caplan, par Basile Arseneau et sa femme. Ils se sontenfin tournés contre lui, parcequ'ils n'ont pu avoir de moi l'argent que le cher confrère leur avait promis. Vous savez qu'il a été au fond du sac, et il était assez imbécile de croire que j'allais immédiatement donner de l'argent à ces deux individus plutôt que d'avoir un procès. Je n'ai eu ni procès, ni je leur ai donné un seul denier, parceque je ne leur devais rien.

Le dit M. Drapeau n'a jamais voulu qu'ils fussent chez l'Evèque et pour raison, bien que Sa Grandeur les ait fait mandés à deux reprises différentes.

Le plus beau de l'affaire, c'est qu'il a été obligé de leur payer 850.00 pour avoir la paix. Voici ce que le Révd Oct. Drapeau me dit dans une lettre du 22 de ce mois :

« J'ai payé $50 de ma poche, à Basile Arseneau et à « Hermarce son épouse, pour faire taire tout bruit et leur « procurer le moyen de gagner leur vie. »

N'est-ce pas, c'est fort joli ! 850 pour s'être occupé d'affaires qui ne le regardaient point.

Si du moins l'expérience pouvait le rendre plus sage, personne n’en pleurerait.

Tout de même la leçon est bonne, et espérons qu'elle produira un bon résultat.

Je vous salue, Totus tibi in rsto.

Cus Guay, Prot. Apost.

No!

Ste-Anne de Ristigouche, Co. Bonaventure, 13 déc. 1886.

Basile Arsenault a été employé comme constable sur la Réserve de Ristigouche, depuis le 11 mai jusqu’au 7 sept. 1886 inclusivement, en tout 121 jours, à $1.23...................,....,,, 8151.25

BAsILE ARSENAULT, Dt à Mgr Chs Guay,

Mai 23 — Argent prêté... 8 120 Juin 4— Payé le marchand Venner, de Campbellton, pour Basile Arsenault... 24.24 6 11 — Prèté en argent... ses 5.00 17 — Payé chez le marchand Venner, de Campbellton,pour Bas. Arsenault 2.00 “ 17 — Payé pour Basile Arsenault, entre les mains d'Etienne Stephens, constable de Campbellton pour M. S. Stuart... terne sensor

Montant rapporté...

juin 27 — Payé à Basile Arsenault, jour du Pi Bisnsresossisetenentessroinnenese 5.00

juil. 9 — Payé à Basile Arsenault, allant se promener à Bathurst, dans sa fa-

4 22 — Payé à Basile Arsenault.............… 0.24 Aoùût1l— s NL 'hhsaets po 5.00 Nov. 13— # M haut 45.00 A déduire l’habit du constable, fourni par le Dépt. 18.00

8 123.98 Pension de Basile Arsenault, son logement et son lavage, 4 mois à 81€.00..............,,....,, . 72.00

Total... 195.98

BASILE ARSENAULT

À Mgr Che Guay......sssossgérenonbrer cocsecerdee000f

A Basile Arsenault................,..., Balance à moi due par Basile Arsenault......…... 44.73 MADAME BASILE ARSENAULT Dt

A Mgr Chs Guay, !1 mois de pension, Août, Septembre, Octobre, Novembre et Décembre 1885. Février, Mars, Avril, Mai, Juin, Août, et 12 jours dans le mois de Septembre 1886, à 88.00 par mois... 92.00 Quête par Dame Basil: Arsenault, dont elle n'a jamais rendue compte...

Dù par Basile Arsenault.........

Balance à moi due...

No 2 M win Québec 14 décembre 1886.

Mon cher Seigneur,

. Votre lettre privée et confidentielle m'est arrivée à Ottawa. Avant de descendre j'ai vu M. Vankoughnet, qui m'a dit que le but qu'il a en vue est de s'assurer de certaines dépenses en rapport avec la bâtisse (maison d'école je crois} Dans tous les cas, je verrai le rapport, s'il en a l'ait un, à mon retour à Ottawa, jeudi soir.

Bien à vous,

Hecron L. LAxGEvIN Mgr. Guay, Ristigouche.

Ste-Anne de Ristigouche,

Co. Bonaventure,

10 mars 1887.

A l'Hon. Sir H. LanGevix, C.B., C. C. M.G., Ministre des Travaux Publics,

Ottawa, Monsieur le Ministre,

J'ai eu l'honneur, il y a quelques semaines, de vous adresser quelques papiers en vous demandantde vouloir bien faîre reconnaitre de nouveau, par qui de droit, Polycarpe Martin, comme chef de mes Sauvages à Ristigouche.

Je comprends que vu vos nombreuses occupations,

surtout pendant les électinns, vous n'avez eu guère lé temps de vous occuper de ma demande.

Cette nouvelle reconnaissance de notre chef par le gouvernement est absolument nécessaire pour rétablir la paix et le bon ordre sur cette Réserve.

Plusieurs sauvages ont déjà fait cinq assemblées et ont nommé trois chefs, et ces trois nouveaux chefs se préparent à aller à Ottawa, afin de se faire reconnaitre et disent à leurs constituants que le gouvernement leur doit 82,000 par année ;

Que le gouvernement les a toujours volé jusqu'à ce jour, etc.

Tout ceci a causé beaucoup de trouble et en cause encore beaucoup.

Il m'est impossible de maintenir le bon ordre, puisque je n'ai pas de constable durant l'hiver, et on ne veut pas m'en donner.

Quand une fois les sauvages auront connu par un document que je leur lirai que le gouvernement ne reconnait qu’un seul premier chef, Polycarpe Martin, ils se tiendront tranquilles, j'en suis sûr. Polycarpe Martin, est certainement le chef le plus intelligent que nous puissions avoir. Îl sait signer son nom, et jouit d’une grande probité parmi les siens et tous ceux qui le connaissent.

Tous les sauvages qui aiment l’ordre et la paix désirent qu'il conserve sa position.

Vous voyez que j'ai grandement raison d’'insister pour obtenir au plus tôt la confirmation de sa nomination.

J'ai connu confidentiellement un certain rapport de M. Austin. J'attends que le Département des Affaires des Sauvages me l'envoie pour y répondre, Presque toutes mes pièces justificatives sont prètes.

Dans ce rapport, il y a autant de calomnies que

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