‹ Mémoires (extaits) [microforme]Chapitre 49 sur 82 · PEER IE AM SE · texte numérisé non relu

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« tourbé: le logement du missionnaire de Ste-Anne de.Ris

«tigonche, nous,-permetltons l'érection d'un nouveau «presbytère sur le terrain de la chapelle des Sauvages, «en avant de la dite chapelle, de 28 pieds sur 36, avec eure cuisine de 16 pieds sur, 20, le out à un sent étage, et «celle d'une grange de.30 pieds sur 50 et d'un hangard

de 20 sur 20. » +

IL est évident que Sa Grandeur a reconnu le besoin d'uu nouveau logement pour le inissionnaire, Les dimensions fixées par Elle ont été strictement observées en tous points.

La lettre continue ainsi: « Nous autorisons Mon- «seigneur Charles Guay, Pratonotaire Apostolique ad «instar, missionnaire actuel, à fixer le site de cesédifices «en notre nom, et à en surveiller la construction ».

C'est ce que j'ai fait.

Sa Grandeur continue : « Nous permettons au dit «missionnaire de contracter à cet effet un emprunt n'ex- «cédant pas 8500.00, à un intérèt ne dépassant pas « cinq par cent annuellement, remboursable sur l'octroi « du Parlement, le produit de billets d'affiliation et autres « dous et collectes en faveur de la dite œuvre, mais sans « que la corporation épiscopale catholique romaine de « StGermain de Rimouski en soit aucunemrnt respon- « sable, ni que le dit terrain, ou les édifices puissent être « h'ypothéqués. Ces édifices seront construits. d’après un « plan approuvé de Nous ». :

Jd'observe, premièrement, que je n'ai pas emprunté un seul denier, mais que j'ai moi-mème fourni l'argent nécessaire pour ces diverses constructions ; deuxième. ment, que le dit Evèque.de Rimouski n'a jamais voulu approuver les billets d'affiliation dont il parle. dans sa lettre ; troisièémement, que j'ai reçu du Parlement. Provincial, par l'entremise de l'Honorable Honoré Mercier, Premier Ministre de la Province de Québec, la somme

de 82,000.00 pour m'aider à la construction des dits édifices; quatrièémement, que Sa Grandeur en approuvant un plant dont l'exécution devait coûter 85,600.00 n'a jamais eu la pensée que je pouvais hâtir avec la somme qu'il m'autorise d'emprunter, 8500.00. Il n'y avait alors aucun octroi de promis par Les gonvernements.

Mouseigneur de Rimouski, par une lettre à moi adressée, en date du 29 septembre dernier, dit : : «Je «proteste en même temps contre la dépense que vous « avez faite pour la construction d'un presbytère à Ste « Anne de Ristigouche contrairement aux conditions et «restrictions que j'avais apposées,, et aux défenses qne « je vous avais faites et dont vous w’avez tenu aucun « compte.

Je proteste inoi-mème contre cette protestation en disant, lo que les dépenses faites pour la construetion des différents édifices à Ste-Anue de Ristigouche ont été autorisées par Sa Grandeur,lorsqu'Elle a approuvé le plan de M. l'architecte Ouellet, le 9 avril 1885 ; 20 que Sa Grandeur ne m'a jamais fait aucune défense quelconque, ni verbalement, ni par écrit au sujet de dépenses encournes pour la ronstruction de ces différents édifices. Ilest évident que Sa Grandeur n’a plus le souvenir de ce qui s'est passé.

Sa lettre du 29 septembre dernier se termine ainsi : «Je proteste également contre la prolongation de votre «séjour dans le dit presbytère. »

Si Monseigneur l'Evèque de Rimouski désire que je laisse Le presbytère de Ristigouche, je désire, moi ‘aussi, le laisser dès que Sa Griuideur n'aura remboursé la somine $82,200.0Ù, avec les intérèts à ciu j par cent sur la dite somme,depuis Le premier janvier 1883, jusqu'au jour du remboursement.

Il faut bien remarquer que l'Evèque de Rimouski ne m'a jamais donné un seul sou pour la construction de ces différents édifice :.

Le coût total des édifices est de..........…..…. vessss 84,980.41 Reçu du Gouvernement Provincial......?,000.00

Coupe de bois sur la réserve des

Sauvages de Ristigouche............…. “ses 200.00

Balance qui m'est due...................…. vos 82,780.41

Je réclame seulement 82,500.00, plus les intérèts.

Je prie Votre Eminence de vouloir bien me rendre justice dans cette aftaire en obligeant l'Evêque de Rimouski à me payer la somme que je réclame, et si Votre Eminence, pour une raison ou pour une autre, ne peut régler cette affaire, je Liv prie respectueusement de daigner envoyer tous les papiers qui accompagnent la présente, avec les plans du presbytère en question, à Son Eminenve le Cardinal Simvoui, Préfet de la Propagande à Rome.

Pourqoi l'Evèque de Rimouski ne m'a-til pas protesté pendant la construction du ces différents travaux qui ont été exécutés à sa pleine et entière connaissance ? Pourquoi vient il protester aujourd'hui après quatre ans ? C'est parce que je ne veux pas lui livrer ces édifices sans remboursement de ines deniers.

Je demeure, avec la plus haute considération, Eninentissime Prince, De Votre Eminence, Le très-humble et tout dévoué serviteur, [Signé] Cus Guay, P'rot. Apost.

[Vraie copie] Québer, 3 Novembre 1890

[Signé] Mgr Clis Guay, Prot A post,

P.S. Pendant mes six années de séjour à Ristigouche, j'ai dépensé 811,741.35, pour constructions, réparations d'église, achats d'ornements et de linge pour la messe, comme il appert par les comptes de la dite mission tenus par moi. Sur cette somme, je ne réclame que 82,500. 11 n'y a aucune autre dette que la somme que je réclame sur les édifiies religieux.

Québec, 15 octobre 1890.

A Son Eminence Révérendissime, Monsieur le Cardinal A. E. TAsCHEREAU, Archevèque de Québec, à Québec.

Eminentissime Prince,

Le 4 septembre 1890, je recevais une lettre de Monsieur le Chancelier Simard, du diocèse de Rimouski, m'informant que je devais changer de cure. Je répondis le 7 du mème mois, à la dite lettre en disant: “ Soyez assez bon de dire à Sa Grandeur Monseigneur Jean Lan- “ gevin, évêque de Rimouski, que je ne puis accepter la ‘“ cure de St-Mathieu.”

Le 12 du mème mois, je recevais pour réponse à la susdite note, mes lettres me nommant curé à St-Mathieu ;

Le 15 du mème mois [1890], je demandais à Monseigneur de Rimouski, ce qui suit: “ Je prie très respec- “ tueusement Votre Grandeur de me faire connaître les “ raisons canoniques de ce changement si subit et si

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inattendu.” Monseigneur me répondit le 13 septembre dernier : ‘ En réponse à votre derniere lettre, j'ai à vous ‘“ dire que je vous retire de votre poste actuel unique- “ meut pour la plus grande gloire de Dien et le bien spirituel de vos pauvres Sauvages. De plus, je remplace ‘ votre mission assez pauvre par une mission donnant “ des revenus plus considérables, avec un presbytère ‘* neuf,”

J'observe, lo que mon évèque n'a pas connu ce que j'ai pu faire à Ristigouche pondant mes six an 1ées, parce qu'il n'y est jamais venu et n'a jamais délégué personne à ce sujet; 20 la mission de Ristigouche me donnait beaucoup plus de revenus, que la cure de St-Mathieu n’en donne à son curé.

Le 23 septembre de cette année, j'écrivais à Sa Grandeur de Rimouski : ‘“ J'ai l'honneur d'accuser réception “ de votre lettre du 18 de ce mois, reçue seulement hier. “ J'informe respertueusement Votre Grandeur qu'adve- “ nant le ler octobre prochain, je me retire de l'exercice ‘“ du Saint-Ministère et cela pour différentes raisons que “ je Lui ferai connaitre, si Elle le désire.”

Monseigneur me repoudit, le 29 du mème mois:

“J'ai reçu votre lettre, datée du 93 de ce mois, par “ Jaquelle vous m'informez qu'advenant le ler octobre “ prochain, vous vous retirez de l'exercice du Saint Mimsière. J'accepte votre démission ainsi formulée, ‘‘etje révoque par la présente lettre toute juridiction que je vous avais accordée. et cela à partir du fer “ octobre prochain, c'est-à-dire après demain.”

J'observe, lo Que Monseigneur de Rimouski accepte ma démission ; 20 En reconnaissance des services que je lui ai rendus pendant vingt ans, il m'ôte toute juriction dans sou diocèse,

Je répondis à cette lettre de l'évèque par la suivante :

Ste-Anne de Ristigonche, Co. Bonaventure,

30 septembre 1890, A Sa Grandeur,

Mgr l'Evèque,

de St-Germain de Rimouski,

à Rimouski

Monseigneur,

6 J'ai l'honneur d'accuser réception de votre lettre, * datée d'hier, et reçue ce matin, Je baise respertueuse- ‘ ment la main qui me frappe après vingt longues an- ‘nées d'un ministère des plus pénibles dans votre diocèse ‘et sous votre juridiction, Si nomen Domini benedietum.”

Votre très humble serviteur en NS.

(Signé) Cus Guay, Prot. Apost.

Voici maintenant les raisons qui m'ont engagé à douner ma démission :

lo Attendu qu'il y a vingt ans que je suis prètre, exerçant le Saint-Ministère dans le diocèse de Rimouski sous la juridiction de Monseigneur Langevin ;

20 Attendu que Sa Grandeur m'a confié plusieurs missions importantes, telles que quêtes aux Etats-Unis et en Europe en faveur de son Séminaire diocésain, et cela sendant plus de cinq ans ;

Jo Attendu qu'ayant été nommé premier curé à Notre-Dame du Sacré Cœur, paroisse voisine de Rimous. ki, où j'ai tout fait, où il n'y avait pas d'église pour le

Service Divin, ni maison pour loger le curé, ni un seul ornement pour célébrer l'Office Divin ;

40 Attendu qu'il m'a fallu construire une église et la pourvoir d'ornements nécessaires ; construire un presbytère avec ses dépendances, et cela avec assez de difficultés ;

50 Attendu qu'en 1881 et 1882, Sa Grandeur Mouseigneur de Rimouski me confla la pénible mission d'aller donner la confirmation sur les Côte lointaines et brùmeuses du Labrador, et cela sans jamais m'avoir donné un seul centin pour mes deux voyages qui m'ont coûté plus de 8600.00 ;

60 Attendu que Sa Grandeur a bouleversé une grande partie de son diocèse l'automne dernier par les changements des Curés et Missiounaires ;

70 Attendu qu'un grand nombre de ces changements ont été faits contre les règles canoniques, et seulement pour punir les curés et missionnaires d'avoir été favorables à l'élection de l'Honorable Honoré Mercier, Premier Ministre de la Province de Québec, qui à été élu par acclamation, le 10 de juiu dernier, dans le Comté Bonaventure ;

8o Attendu que Son Séminaire diocésain doit au-de. là de $830,000.00, vu la mauvaise administration qui a eu lieu, parce que Sa Grandeur ne suit aucune des règles du Concile de Trente et Canoniques à ce sujet ;

90 Attendu que dans l'évêché de Rimouski, il n'y a aucune administration, et qu'il est un goutlre béant

où lout disparait :

100 Attendu qu'une rumeur fort accréditée tend à

dire qu'il y a 85,000.00 de déficit dans l'argent des messes basses reçues à l'évêché de Rimouski ;

1lo Attendu que l'administration de l'évèque est devenue impossible pour tout son clergé, vu le caractère capricieux et bizarre de Sa Grandeur ;

120 Attendu q'un changement d'administration est devenu absolument nécessaire et désiré par tout le clergé de Rimouski ;

130 Atwndu qu'il n'y a pas un seul prêtre dans le dit diocèse exerçant le Saint-Ministère qui n'ait pas eu de difficultés avec Sa Grandeur ;

140 Attendu que j'ai vu Sa Grandeur un grand nombre de fois, et que je lui ai écrit un mémoire le 21 août 18N9, lequel eat joint à la présente, pour l'engager à donner à la mission des Sauvages de Ste-Anne de Ristigouvhe, des Religieuses enseignantes, afin de conserver la foi catholique chez ces pauvres enfants des bois ;

150 Attendu que j'ai demandé plusieurs lois, et ver balement et par écrit, à Sa Graudeur d'autoriser un cimetière neuf, ou d'agrandir le cimetière actuel, vu qu'il n'y avait plus de terrain pour les sépultures ;

160 Attendu que Sa Grandeur n'a jamais répondu à ces demandes, et qu'Elle ne s'est jamais occupée des Sauvages de Ristigouche, pendant les six ans, que j'ai passés au milieu d'eux ;

170 Pour toutes les raisons ci-dessus mentionnées, j'ai donné à Sa Grandeur Monseigneur de Rimouski ma démission comme missionnaire des Sauvages de Ste- Aune de Ristigouche, ne voulant plus exercer le Saint- Ministère sous sa juridiction.

Je demeure, avec la plus haute considération, Eminentissime Prince, de Votre Eminence, le très-humble et très-dévoué serviteur,

(Signé) Cus Guay, Prot. Apost.

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