‹ Mémoires (extaits) [microforme]Chapitre 50 sur 82 · EE PRE · texte numérisé non relu

EE PRE

esse

Séminaire de Rimouski, (1) 21 août 1889,

Mgr Jean LaxGevix,

Evèque de St Germain de Rimouski,

à Rimouski.

Monseigneur,

Après avoir consulté, je me crois obligé en conscience d'exposer de nouveau à Votre Grandeur le pressant besoin, qu'il y à pour la mission de Ste-Anne de Ristigouche, d'avoir des Religieuses enseignantes et cela pour les raisons suivantes :

lo Les Sauvages de Ristigouche, les hommes, passent la plus grande partie de la belle saison à la pêche avec les touristes Américains ; tous ceux ci, à peu d'exceptions près, sont protestants ;

20 Durant la saison de l'hiver, ils sont dans les chantiers où les protestants sont en grande majorité ; ainsi ces Sauvages se trouvent donc au contact des protestants dix mois sur douze, et pendant ces” dix mois, ils n’assistent point rux offices de l'Eglise à cause de leur éloignement.

Aucun prètre ne lès visite dans les chantiers durant l'hiver ;

3o Ces Sauvages perdent peu à peu leur langue pour n'apprendre que la langue anglaise, et vivent dans une grande ignorance religieuse ;

40 Le missionnaire ne peut les instruire, parce qu'il ne peut les rencontrer que très-rarement.

Ainsi je connais des Sanvages qui ne sont venus à la messe que trois fois dans une année ;

() Cette lettre était adressée à l'Evêque pendant la retraite ecclésiastique.

5a Les parents sont très-négligents à envoyer leurs enfants au cathéchisme, les dimanches. Pendant l'hiver, ils prétendent que leurs enfants ne sont pas habillés ; par conséquent je ne puis faire de cathéchisme ;

60 [l arrivera de tout cela que lus Sauvages perdront dans un avenir prochain leur langue, et leur langue une fois perdue, vivant dans une grande ignorance religieuse, ils duviendront protestants ;

70 La seule et unique chose à faire pour prévenir ce malheur, dans mon humble opinion, serait d'avoir des religieuses enseignantes, qui apprend:aient d'abord la langue sauvage, et l'enseigneraient eusuite aux enfants.

Il y a déjà vingt ans que Ristigouche aurait dû avoir des Religieuses, mais mieux vaut turd que jamais.

Le temps presse si nous voulons conserver ces Sauvages dans la foi catholique.

Ce court exposé mérite, je crois, Monseigneur, toute votre attention.

Le tout est respectueusement soumis au jugement de Votre Grandeur.

Bien respectueusement, etc.,

(Signé) Cus Guay. Prot. Apost.

(Vraie copie)

Québec, 5 novembre 1890

(Signé) Cus Guay, P. A.

Québec, ler octobre 1890.

Mgr Chs Guay, Prot. Apost.

Québec.

Monseigneur,

J'ai examiné avec soiu les documents que vous

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