PAR M. CH. LYELL
M. Lyell a commencé une publication fort intéressante ^r sa nature particulière et par les aperçus variés qu'elle Teoferme. On croyait généralement que ce savant allait auginenter simplement le nombre des traités systématiques de «géologie, or ce n'était nullement son but : doué d'un esprit ;aimant la controverse et sachant étayer les opinions les plus jiaradoxales d'argumens spécieux , il a entrepris de nous <lonner un Traité philosophique de géogénie.
Tout le monde est d'accord que le temps des anciennes ifaéories de la terre ou des pures hypothèses est passé , la géologie a enfin , comme la physique et la chimie , ses parles positives et ses théories. Dans tout traité de géologie , il faudra donc séparer soigneusement ces deux genres de recherches y comme M. d'Omalius d'Halloy en a déjà bien ^racé le plan. >
' Présenter un résumé de nos connaissances actuelles sur la succession des terrains etleurs dépouilles fossiles, est un travail -dans ce moment assez difficile , mais néanmoins d'une exécu* 'tion moins précaire qu'une géogénie philosophique.
M, Lyell a été frappé de cette idée qu'il ne fallait recouihr qu'aux phénomènes déjà connus pour expliquer ceux que il géologie nous laisse entrevoir à chaque pas. I vfl a voulu poursuivre cette comparaison dans tous ses détails, ^dis que MM. Hutton, Maclure ( Trans. of the Amcrîc. phiL l8aô. V. I.), Prévost {Mém. dhist. nat. de Paris, v. III.) ne Savaient fait que pour certaines parties, et que je n'avais pu t^'effleurer ce' vaste sujet à la fin de mon Essai géologique
Lorsque tout son ouvrage aura paru., il faudra voir s*îl n* négligé aucune partie d'un problème si compliqué et si ficile vu rétat encore peu avancé des sciences chimiques physiques. Maintenant il me suffit de dpuQer un {aible a du plan adopté par cet auteur, afin de faire mieux saisir la ponse pleine de saine critique que M. Conybeare a faite aux doctrines contenues dans son premier volume. Quoique je ne puisse pas admettre toutes les idées de M. Conybeare , ce géologue se montrant consciencieux , j'ai cru utile pour la science de donner une plus grande publicité à ses observations critiques, d'autant plus qu'elles ont rapport à desques- tions fondamentales de la géogénie. Plus tard j'y joindrai pro- ' bablement un mémoire où M. Daubeny combat les idées de : MM. Lyell etScrope sur la théorie diluvienne et 1 origine de^ vallées de l'Auvergne {Netv. Edinb. pItiL JQurn.» avril i8Sl)* i
M. Lyell entre en matière par l'historique de la science, ce j qui le force à parler de toutes les principales théories de latene , et des progrès récens de la géologie. Âpres cette espèce d'id- ! troduction , on aurait pensé qu'il était logique de commencer par Texamen des phénomènes géologiquç^ le^ plus siaiples qui ont lieu journellement sous nos yeux ; ML Lyell n'en a pas jugé ainsi , car de prime abord il a traité la grande question de la température jadis plus grande dan3 notre zone tempérée et glaciale. Ce n'est point par le refroidissement graduel du globe incandescent que l'auteur cherche à rendre compte de ce changement de température ; mais il combine pour cela toutes les données fournies par 1a série des restes organiques, par les causes àe la diver^té de^ climaU, et par la distribution géographique des coptînen^ aux diverses époques géologiques. Si l'hémisphère septentrional pouvait être replacé de nouveau dans les mèm^% <^onstances particulières, qu'à une ou l'autre période géologigue sous considération, il reprendrait une température plus devée qu'actuellement.
De ce problème , le plus compliqué de la géologie, l'auteur passe à la considération du développement successif de la vie organique sur le globe depuis les temps anciens jusqu'à l'époque actuelle. Il n*a pas de peine à ipontrer que les w» I
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Vogues ont Voulu tirer trop souvent des conclusions générales de faits encore peu nombreux ou mal saisis. Si on aime à leconnaître dans cette discussion un homme ne cherchant ne la vérité , les observations de nos descendans montre- ^nt s*il faut absolument rejeter avec lui comme imagipaire eette succession de créations toujours plus parfaites. Bans les mémoires qui précèdent celui-ci , j'ai déjà çà et là combattu pour les mêmes doctrines sans oser m'aventurer si loin.
Le reste de son premier volume est entièrement consacré à Fexamen des phénomènes volcaniques de tous genres et à ceux produits par les eaux fluviatiles, lacustres et marines : ces derfiiefs lui semblent fournir des moyens puissans de destruction et de reproduction des continens , et il s'efforce d'établir qu'ils ont tellemM^ de force , que toutes les grandes vallées actuelles ont pu oBriver de l'action des eaux courantes. D'une autre part , il cherche à prouver que les effets de Teau et des agens volcaniques n'ont point ditpinu.é depuis les temps géologiques les plus anciens jusqu'à l'époque aç* tUelle» La nature serait restée toujours la même.
Son second volume est une compilation judicieuse sur les questions générales d'histoire naturelle qui ont rapport à la
J[éologie. Il définit l'espèce, ses variétés individuelles et es hyl)rides , et donne les notiohs générales sur la distribution géographique des plantes et des diverses classes dani-' maux et sur ses causes probables.
Tout en admettant différens centres de créations, il pense
que dans «tous les lieux du globe de pareilles générations
spontanées ont pu avoir lieu, et modifier ainsi la distribution
4es espèces parties originairement d'un centre commun.
Il s'occupe plus loin des effets de la vie végétale et api-
fale sur le globe et de leur influence , ainsi que (Je celle de lomme sur les dépôts qui se forment encore actuellement, cette occasion , il parle des certains modes de pétrifiçattons, et surtout de la formation des récifs ou îles de cal- Caire à polypiers. Ces petits zoophytes ne sécréteraient pas la matière calcaire , mais la soutireraient de la croûte fpfé-
8^0 PH]£|^0MÈ5ES DB GÉoiiOGIS.
rîeure du globe, d'oii la chaleur souterraîhéia ferait cesse monter sous la forme de gaz:
Le troisième volume de cet ouvtagè sera consacre partie , dit-on , aux effets produits sur le globe par les ■ lusques , et contiendra les tableaux conchiliogîques dre par M. Deshayes à Tappui de sa nouvelle doctrine conceh nant l'origine des terrains tertiaires.