‹ Mémoires géologiques et paléontologiquesChapitre 44 sur 47 · IDEES THÉORIQUES · texte numérisé non relu

IDEES THÉORIQUES

PAR M. W. D. C^BEARÉ (i).

En géologie , on peut suivre deux méthodes. On peut commencer par l'observation des effets des causes actuellement agissantes » et passer ensuite à la considération des changemens géologiques qui ont eu lieu aux périodes plus anciennes, espérant éclàircir ces derniers par les connaissances acquises dans cette marche du connu a l'inconnu. D'une autre part, on peut aussi passer en revue les phénomènes géologiques dans leur ordre chronologique, en commençant par les plus anciens, et en classant, aussi bien que possible, les effets observés dans les diverses époques, jusqu'aux temps actuels , et en comparant ensuite tous ces phénomènes, pour voir s'ils indiquent une opération uniforme et constante des mêmes causes , agissant avec la même intensité , et sous les mêmes circonstances, ou bien s'il y a eu un changement graduel sur tous ces points , et si les périodes successives ont fait surgir des circonstances qui ont modifié considérablement lés forces primitives. C'est cette dernière méthode (pe je préfère.

Les phénomènes de la géologie se divisent en deux espè-

(i)ExU*aît des Annaîs of philos.^ noverab.'et dëcemb. Mo^t janv. -— avril 1 83 1.

sir RAPPORT AVEC LES ID^SS THIBORIQVSS. Sfil

:es; ceux qui indiquent une action ignëe , et lopération des boulèvemens et des dislocations , et ceux qui font présumer J'action de Veau, et l'opération des forces d'excavation. Sur ces deux points , je suis en désaccord avec M. Lyell , qui pense que les forces agissant sur notre planète ont été tou < lourset inyariablement les mêmes, de manière que les dislocations des couches , et tous les produits pyrogènes seraient le résultat d'actions volcaniques ayant eu lieu avec la même «nergie, et sous les mêmes circonstances qu'actuellement, ce cpii tendrait à rendre encore possible le renouvellement de tous les phénomènes observés. Je pense tout le contraire, c'est-àdre que les forces ont diminué insensiblement des temps anciens aux temps modernes , et que l'état actuel de notre flanète est comparativement un temps de repos (i).

PAEIIIERE PARTIE.

1* Lôphénotnènô qui doit d'abord attirer notre attention, c*ett la forme générale du globe terrestre et aqueux, qui est celle d*un sphéroïde de rotation, ce qui montre que cette masse a dû être en grande partie fluide avant de prendre cette forme.

Il en résulte que le globe est encore fluide ou a cessé de l'être* Si on accorde la première supposition , on reconnaît que les causes qui ont produit les bouleversemens géologi* ques ont agi sous des circonstances différentes de celles actuellement existantes, car rien n'est plus différent qu'un globe fluide comparé à un globe soUde.

Mais on pourrait se rejeter sur la fluidité delà masse centrale actuelle sur laquelle flotterait la surface terrestre, et s'étayer de ses oscillations ou des tremblemens de terre. Dans cette hypothèse, je demanderais si on suppose une fluidité ignée ou aqueuse* Le dernier cas est démontré impossible par la pesanteur spécifique de notre planète ; donc, la

(i) Il nous semble qu'on ne peut pas se refuser de croire que les forces inhérentes au globe sont toujours les mêmes , mais les circonstances qui ont modifié sa surface ^ ont altéré ou rendu moins sensible la manifestatiQn de ces forces dans la crpû^e ^rreslre. ( A. fi. )

ai

3sa MiltOMÈNBS DE GÉOLOGtS

première supposition est U vérité. Oii aura donc ira noyau igné , qui s'est couvert de diverses couches pendant une succession d*âges. Mais si cela a été ainsi , les circonstances physiques sont donc maintenant bien différentes de ca qu'elles étaient avant que le premier dépôt eût encroûté la masse ignée, car actuellement une croûte ttè& épdi&sé oppose une résistance à toute action du fluide igné^^dttsjacent , et les effets du refroidissement ont agi pendallf tout le temps de la formation des dépôts de la surface.

2" Par tes restes organiques nous sômmèi èûrÉ qiiè tàplus grande proportion (peut-être les neuf dixièmes) des todus stratifiées» depuis la couche intermédiaire Ut plus infêrUUtt Jusquà la surface de nos continens, a été déposée sOiiê làtntt graduellement , et lentement pendant un Umg eSpacé db temps , et à fortiori, les roches inférieures à ces dépôts ont dû être situées sous la m>er; donc , toute la m.asse de nos continens a été sous ce liquide.

5^ On trouveplacé entre les couches, et au traverê dCêlleij des masses non stratifiées que leurs accidens fhnt regarder généralement com,mè d^ùrigine volcanique ancienme.

4** Les dérangem^ns dans les couches j postérieure/ment à leur formation , tels que les failles, l'inclinaison^ et lecôH" tournèrent des couches montrent quelles ont subi deé dislocations mécaniques très considérables.

Ces causes sont celles qui ont soulevé les continens et ont fait sortir ces derniers de Tocéan , et nous trouvons dan» les éruptions volcaniques mentionnées une cause capable de produire des dislocations. Il est clair que cette action volcanique a aifectsé la surface avec plus ou moins de violence à différentes périodes, en proportion des plus ou moins grandes dislocations observées pendant ces époques.

5^ Dans toutes les contrées examinées, nous trouvons que ces dislocations ont agi sur les formations anciennes , avec le plus de violence , et même à un degré infiniment plus grand que sur les terrains plus récens. Ainsi , les formations intermédiaires sont partout, et très fortement dérangées j la série carbonifère est bouleversée très généralement et con*" dérablementj^ et lé gtès bigarré et ainsi que toutes lé& €K)d-'

3SN KÀPI^liT ATSC lÈS IbÈÈS râÉDRIQUES. St5

%bèâ SQpérieures dans la plupart des contrées , sont^ coitiparâtitement, très peu dérangées, quoique des failles^ ete.3 B*y rencontrent aussi , et prouvent que les mômes causes perturbatrices agissaient encore , quoique avec une énergie fort dimitiiîée. Néanmoins, dans quelques localités restreintes, eu égard aux surfaces des continens , ces dérangemens s*étendent jus- ^é daris le sol tertiaire.

En général (1), il parait que ces localités sont dans le voisinage de très hautes chaînes^ Il semble reconnu que la hauteur de ces chaînes est en proportion de Tépoque géologique j^lsndahl laquelle les couches voisines paraissent avoir été sOunâisès à Taction violente des forces perturbçitrices. Enfin , dàiid là pjériode géologique actuelle, coitiprenant tout le tëtnps écoulé depuis que les continens ont pris leur forme générale actuelle , lacti^ii violemte des forces perturbatrices a été confinée dans les districts des soupiraux volcaniques ètt dciîvité. Sî ces contrées sont étendues; cbrisidéréies à part, eWèê hë sont en slucune proportion rationnelle ayec la pré» dôlAkiance universelle de ses forces, au miliett des formations les plus anciennes. De même, vuës isolément,' les: p'er-

(0 Je cHâ en général , pnrce^què la côte sud de l'iie de Wight et du Dorsetshîre présçDte une eicc^tion ou un. derai»gerneDt,.dfins la craie et le sol tertiaire, inférieur $an§. production dcroonlag^es. J^avais publié la loi précédente sur la hauteur des chaînes, relativeihent aux périodes dé boûlevérsémèns en i823, dans le cahier de janvier clés Aiinatesdë philosophie , él J'àvaîs dWé c&ttiiùe exefnplesî les Alpes et les Pyrénées. C'est cette idée, peut-ébrfe hffuve poin* le temps où i^écrivais, qiiv M. £-. de Bcaumont panait avoir reproduite Féçemrâent. . ■

Il me semble que les déductions de M. Conybeare ne correspondent pas entièrement av£c celles de M. de Bejiumont ou les miexines, car nous admettons tous deux qite , sî les soulévèmens ont ambrasse xtté plliS grande étendue dé pays dans les temps anciens que dans hfs modernes , et sî leurs effets ont été ert décrorîssaht , néanmoins il n'en a point été ainsi de la hauteur des montagnes fonnées aux diverses époques de bouleversemens , puisque tous deux nous reconnaissons que pendant l'époque alluviale quel(}ues unes des plus hautes chaînes de la terre ont été formées; nous voulons parler ici du Ihlnt-Blahc. Il semble que ce fait est en désaccord avec ropînion de K. Oenybearé. (A. B.)

5a4 PHlÉKOSUàNES DE GÉOLOGIB

tuibationa les plus considérables qui aient lieu actuellemen disparaissent malgré leur étendue souvent grande , lorsiju' les compare avec les boulcTersemens éprouvés par les plu anciens dépôts.

Je vais examiner plus en détail les principes énoncés pourrai montrer ce qu'on peut considérer comme déjàproi par des observations certaines, et indiquer jusqu'où ces d nières peuvent s'étendre, vers quels buts elles doiveiit éln dirigées, avant que nous possédions un jour des données sut- j] fisantes pour une théorie géogénique complète.

D'abord, pour le principe général de la recherche, j'a suppose un nombre quelconque de couches stratifiées, A, B, C, D, placées les unes sur les autres dans l'ordre précédent, A^ étant la plus inférieure, etdérangées par des forces pertn*« batrices. Je suppose encore qu'elles indiquent tous les e£EeU de ces forces.

Il est évident que cela pourra résulter de deux différem modes d'opération de ces forces, où elles auront agi fréquemment pendant la formation de chacune des couches dérui* gées , ou seulement une fois postérieurement au dépôt de toutes. Il faut d'abord déterminer le premier point, La seule méthode pour y parvenir, c'est de voir si les couches sont conformes ou non conformes j si elles sont conformes, elles ^ n'ont pu subir qu'un bouleversement ; si, au contraire, lacouche A a été redressée avant la formation de la couche B, eic, il est évident que la dernière ne pouvait pas se conformer aui dislocations de la première.

Reconnaître la concordance ou la discordance de couches, est de la première importance pour établir des théories SUT les âges des dérangemens géologiques. On a fait cette rech»che jusqu'à nn cei-tain degré pour les grandes formations af gregees ; maïs il reste encore beaucoup à faire pour pouvatt pousser cette étude jusqu'aux couches , ce qui seul nous do» nera les limites exactes des perturbations éprouvées.

Les dérangemens paraissent être universels dans le soliotermédiaire, comme on le voit sur les côtes du DevonsbiK| du Cornouailles, du Berwicksliire en Ecosse, etc. Je n'ai ja* mais TU ces roches non dérangées, ni lu une description «à

ES BAPPOBT ATEC les ToéxS TH1É0BIQDBS. SsS

J'on ait rapporté qu'elles nauraicnt pas subi les bouleversemens les plus violens ( i ).

La période d'une grande partie de ces dérang emens paraît avoir précédé la formation carbonifère, quoique les roches intermédiairas ont dûêtre affectées par les perturbations sui- Tantes; ainsi, nous trouvonsun manque de concordance entre ces deux dépôts , et les plans de stratification des roches d6 transition ont été fortement contournés avant d'être recou verts par ceux de la série carbonifère. 11 y a même quelques difficultés â taire les observations nécessaires, car la grauwacke a ordinairement un faux clivage non parallèle aux plans -véritables de stratification, qui ne peuvent être observés que par le tracé du contact de couches hétérogènes, comme celui des grauwactes et des calcaires , etc. Ainsi on s'est assuré de la position transgressive des roches intermédiaires du nord-ouest de l'Angleterre , et des couches carbonifères supérieures de la chaîne de Crossfell, On observe la même discordance des roches carbonifères et intermédiaires dans la partie méridionale dupays deGalles, le long dubord nord du bassin houiller.

Dans le Sommersetshire, le contact en question est caché par le grès bigarré. En Ecosse et sur le continent, on Reparaît pas avoir encore fait des observations semblables (2). En Irlande, les roches carbonifères des districts houillers de Connaught et de Leinster reposent d'une manière transgressive sur des formations plus anciennes. M, Wenver a détaillé

(1) Je pense que M. Conybeare va trop loin , car d^jà en Europe

cent est horizontnl et doo durangé ; dans ce cas est le calcaire à or- •Iiocàreset le grès rouge de k Podolie; celui des bords russes de la Baltique offre çà et là cette particularité; et ne revoit-on pas la inâme chose prés des grands lacs de l'Amérique seplcnlrionale ? (A. B. )

(2) En Europe , on a bien observd la position des ddpâts houillers Bur le sol intermédiaire, et on les a vus sur lui enstratiHcationlransjressive comme en SaiOj ou lié à ces dépôts comme en Westphalio «t en Belgique ; mais la série carbonifère des Anglais n'étant bien développée que dans ces derniers pays , on n'a pas, il est vrai , des <lonnées exactes sur son gisement à l'égard des grauwackes du Hari et d'autres contrées. (A. B. )

ce fail dans ses beaux Mémoires sur le sq} de Vlrlupj^, Les couches carbonifères sont dérangées coqsidérablen)fn( et généralement,, mais beaucoup moins qiie le sol interovédiaire inférieur. Ainsi, les couches de Grossfell» et du ])^^ bouiller de Ourham ont rarement une inolinaisan de plus dH lo*, quoiqu'elles présentent souvent des failles très coQsid^T râbles, et produisent des dislocations de prèa de: i,Q(M:i pied» (i). Les mêmes remarques s'a ppliquent.au base^p; bpwtj 1er du Derbyshire. Celui du pays de Galles méridioi^al esl bouleversé très inégalement; rien ne peut surpasser let» ié". rangemens d'une portion du Pembrokeshîre. (Voy. Tratu^ ^éo/., deuxième Sér., vol. I. ) Dans le'Glamorganshire, U partie nord du terrain charboneux n offre génér{|leaieQt que de petits angles d'^inciinaison d'environ' i a^ ; mais il y a là plusieurs faiHes considérables, et liées à des cduches verticales et très contournées. Dans la portion sud du même pays^ le dérangement est plus général , et Tangle d'inclinaison varie de 4fi à 70®.

Dans le terraiu bouiller du Sommersetshire , la dislocation est très considérable, surtout vers la chaîne de Meudip, ouïe calcaire est souvent presque vertical, et les couches de houille sont recourbées sur elles-mêmes et plissées en zigzag. Près de Clevedon, une grande étendue de calcaire, couvert de couches charboneuses paraît s'être affaissé, de manière que la ligne de fracture des couches abaissées ressort à 3 milles à l'ouest de la chaîne principale avec laquelle elles ont ai former jadis une masse continue.

Sur le continent, les couches houillères autour de Valen-

(i) Peut-on aire que des couches ont été redressdes, lorsqu'elles ne sont inclinées que de lo*" et même 20 à 25**, telle est la questioni résoudre avant de vouloir trouver des soulévemçns dans tant et lieux, où souvent les sédimens sont encore dans leur position ongtnaire^ Les géologues paraissent encore très partagés sur les limitflS d'inclinaison que.peut prendre naturellement un dépôt. Il y a mtafi dès hommes émiuens qui s'appuient sur ce qui a eu lieu jouroellemeot dans les ajluvions pour prétendre qu'un sédiment peut, sous certaines circonstances , former des lits très inclinés de 45 à 5o% et même verticaux. (A. B.)

EN BAPPOBT ^VEC LES JJ>i^$ THEORIQUES. St^

(jlSDpes, et dans le district de la Meu^e, offrent les contoiqr* semens et les dérangemens les plus remarquables, et c'est /Ui^i le cas en Allemagne ( Voy. la Richesse minérale de jK.46 Villefosse).

JH? Jjes bouleversemens des couches carbonifères se rapportent évidemment à une seule période géologique , savoir, à celLe ^e 1^ formation de ces dépôts , car ils pe s'étendent pas yux terrains supérieurs, savoir: au calcaire' magnésien et ftu grès bigarré qui reposent presque horizontalement sur les j»p^j3giéres rophes (i). Il y a, il est vrai, des failles qui s'ép^n^ent dans les roches houillères et dans les couches supérieures ; mais ces dislocations ne sont aux autres que dans la proportion de i à 1,000.

De pl^s , je ne puis considérer la période principale de J3ip^lev|[^rs43ment comme ayant duré pendant tout le temps de la formation des dépôts carbonifères , mais je me vois pbligjé fie la restreindre dans des limites beaucoup plus étroites jet de }a placer vers la fin de fépoque en question, puisque tpill^ le^ couches charbonneuses même les plus récentes ont subi ces mouvemens.

La période géologique ainsi limitée ne peut certainement pas êtfe changée en une série indéfinie d'âges. En compaf^f^i^t ces efièts prodigieux et si universels dans les bassins J^uiUers ^ peu^ produits depuis trois mille ans par les forces volcaniques actuelles, on trouve qu'il n y a entre eux aucune proportion. Si on voulait supposer que les forces perturbatripes jigissept epc^re avec la même énergie qu'autrefois, onserait obligé d'accorder un espace de temps immepse pour que la firéquente répétition de petites dislocations puisse produire des résultats comparables aux plus grands effets qu*on ait çbservés. Ainsi, les bouleversemens actuels sont à ceux ^^i jteirrain houiller comme zéro est à l'infini, pu^cômme ies trois mille ans de la période historique actuelle sont à une jeule époque géologique de la fin de la formation charrbontaeuse. Je n'ai pas assez d'imagination pour pouvoir supposer

(i) £At-çe qu'ijfi dëpôt ne pppt pas quelquefois étr^ dérange sans ^e cejioi qui le recouvre n'en soît pas fendillé ni redress.é ? (A. B.)

*4Êt

^ ES happout Avec les inéxs théoriques.

couches contournées, elc, comme je l'ai dit dans mon Ménioire sur les liouillères du sud-ouest de l'Angleterre, La coupe de East-Cliff offre des exemples de plus petites failles ; sur la côte du Glamorganshire , le lias sur le grès bigïrré forme la cime du Pennarlh Point, et se trouve, vers le centre Je ce promontoire, abaissé de ino pieds jusqu'au niveau de la nier par une faille compliquée. Sur le côté nord de l'île de Barry, il y a une faille d'environ aoo pieds qui dé- JGtte le lias et produit une fente courbe et des couches verticales. Cette faille affecte les hords voisins du continent et orcupe un mille d'étendue. Plusieurs autres failles existent dans le lias de la côte, toutes montrent évidemment l'énergie décroissante des forces de dislocation pendant cette période comparée aux précédentes ; ainsi le calcaire carbonifère offre souvent au bas des escarpemens des couches inclinées de 70", sur lesquelles gisent horizontalement du grès bigarré cl du lias. La côte du Yorkshire présente des dérangemens dans le lias, et il y en a aussi dans les dépôts semblables de 1 Ecosse et de Brora. Les rapports de ces derniers avec les montagnes primaires rendent même probable que quelques unes d'elles ont été soulevées à celte période.

Ou a moins examiné sous ce rapport les oolites. Néanmoins, près de Bristol, dans les montagnes au-dessus de Bittiin, l'oolite inférieur est affecté par une faille se continuant dans le lias et déjetant les couches d'environ aoo pieds. Dans les escarpemens à l'ouest de Bridport , sur la cdte du Dorsetshire, il y a une faille considérable accompagnée de ^'Couches verticales. Les dérangemens dans les oolites du dis- '"trict de Weymouth et de l'île de Purbeck doivent être rap- 'portés à la grande perturbation qui a agi sur toute cette ' partie des côtes de l'Angleterre et de l'île de Wight, et qui I est postérieure au dépôt de la craie et contemporaine de la ipériode tertiaire. Les' formations analogues du Jura sont 'très dérangées, toute la chaîne formant çà et là une coupe arquée j mais ces dérangemens doivent être attribués aux forces qui ont soulevé les Alpes, et qui ont certainement continué d'agir jusqu'au milieu de l'époque tertiaire. Les observations laites snr cette grande chaîne ne sont guère suf-

$59 JPHÉI70MBNES QB çéçLOGU

fisaptes ou assez précises pour déterminer si Iç soulèvepenl a été produit dans une seule période pu plusieurs époquç^ successives. Il faudrait examiner soigneusement le conta<^ des^di£rérens dépôts de ces montagnes (i]«

En Angleterre , le soulèvement de la partie ce|itra}e d^l^ craie de l'île de Wight et de celle de Purbeck doif é^e rapporté à la même période. Si , en examinait Içs pç^atiops dç formations contiguês , cet accident paraît résulter d*ui^e seulj^ perturbation limitée à une période postérieure aux dépôts jtertiaires inférieurs et antt^rieurs , aux supérieure , il n ei^ reste pas moins certain qu'un district de plus de 6q milles de longueur (depuis l'île de Wight à Whitenore-Point, à l'est de Weymouth ) en a souffert. D'après répaijsseï^ 4*^ couches et l'étendue de la dislocation y cette dernière ^ 4^ produire un mouvement angulaire sur un espace de plu§ de 1^000 pieds. Je désirerais que les partisans des effets de^ causes actuelles puissent nous citer un exemple d'un ^ffet jusqu'à un certain point comparable à une parejm c^a^ trophe.

6^ Les roches analogue^ appartenanp çt 4pff^rpntp9 fitt' mations successives offrent une gradati(m régulièrp (j^ns Ipur textufe et leur CQnsolidation; les plus a]fçififines sont les plus crystdlline^ et compactes y et ces cc^raçt^rcs dirninuent régulièrement dans les dépots suççe^ifs, ^ fnes^rc que ces derniers sont plus récens. JYous trauvpns que Us effets ctnçf^logues à ceux qui caractér^spV't le^ rgphes le$pl\jfi (anciennes peuvent être produits par l'action ignip*

Toutes les roches sédiment^ires peuvent êtr^ çla^s^^ llans les trois genres dps roches calcaires , quar^pi^es pt arjjleuses. La classe calcaire est un marbre ^accharin dans 1^ dépôts les plus anciens, compacte et demi-cryst^ljjne dans la série intermiédiaire , et carbonifère , et terreuse f)^s 1^ cra}e fX le sol tertiaire. La série quarzeuse offre de même 4u

(i) Si notre savant gdologue connaissait les Alpes comme son pays, il me semble qu^il se serait hasardé à aller plus loin dans ues conjectures sur les soulévemens qui ont eu lieu dans le^ À^pes ( Voyez ma pote sur les ^oulèyemens ^prouyésf par les Haut^s-Alp^^.

SN RAPPORT ATRC LES IBEBS TB^QRIQITES. 35 1

ifsîle cryslallin , puis du grès compacte , ensuite des grès tggrégés , et enfin du sable. La série argileuse présente même du schiste argileui^ compacte inférieurement , des ftrgiles schisteuses semi-endurcies dans le groupe carboni- Are« et de largile dans les dépôts plus récens. ' Les e^ériences de sir J. Hall ont prouvé que la chaux orbonatée fondue sous une certaine pression produisait 4u marbre crystallin , et tout le monde sait que les filons tEappéens occasionent des changemens de ce genre , comme par exemple certains filons dans la craie d'Irlande.

L^a. marnes du lias sont transformées çà et là , en Angle-^ terre et en Ecosse , par le contact du trap, en schistes jas* poides et des grès désaggrégés en masses compactes et crystillines. M. le professeur Henslow a décrit une localité d'Anglesea , où le grès devient par la même raison granitoïde. Dans le Comouailles et dans le sud-ouest de TEcosse (comme au Harz et en Bretagne) , lorsque le granité traverse la grauwacke, il se forme autour de la masse ignée une zone de roches, dont les caractères approchent du gneiss, et qui ne sont cependant que des portions altérées de grauwacke. M. Boue a même étendu cette idée à tous les gneiss et les micaschistes (voyez Ann. des seienc natur,, 182^, ¥.8, p. 417).

Au premier aspect , les Alpes sont une exception à la loi générale énoncée ; mais au fond ce cas exceptionnel en est encore une preuve. Les calcaires des oolites 7 on^ une nature très compacte, etcrystalline. Si le soulèvement de ces montagnes doit être attribué à une force volcanique ayant agi sur ces contrées plus tard que sur le reste de la sur&ce des contitiens , le caractère des roches est exactement celui qu'on devait attendre, puisqu'elles ont du éprouver à une période très récente les effets d'une action ignée intense.

D*après cela^ si l'examen des dislocations des couches m'a semblé indiquer une diminution graduelle dans les forces probablement volcaniques, depuis les temps anciens aux temps nfpderpes, je trouve aussi dans la texturç ^es roçhe§ les ^ndjqs^tions ^'xv^c din^lom^ipn sem))Ial|}p dans l'action igi:iée pendant }es péijiodes successives de formation.

Ai"

539 PnÉiTOMÈNES DB GÉOLOGIE

7* La série des reaies organiques du règne végétal et mal trouvés dans les divers terrains, démontre une diminution de température des temps anciens aux périodes modernes.

M. Ad. Brongniart a mis ce faithors de doute pour lesTégétaus, et j'avais tâché de le fairepour le règne minimal. M. Lyell a cherche à expliquer d'une nianiùre iugénieuse le changement de température, par l'accroissement graduel des contineDS, et le soulèvement des chaînes des montagnes. Je doute que cette cause soit suffisante pour la grandeur des lésullat^ en outre, l'analogie générale des phénomènes indiqués précédemment, et convergeant tous vers un point, semblent plutôt démontrer un refroidissement lent de la surface d'une masse primitivement incandescente, comme l'ont adraisLeibnitz et tant d'autres géologues , et ce refroidissement doit avoir accompagné nécessairement la formation graduelle de la croûte solide (i).

8° La distribution particulière des rockes ignées, dani différentes formations , indique la grande prédominance d» L'action volcanique pendant les périodes anciennes, et tes rapports des soupiraux volcaniques actuels sont tels qu'iU ne paraissent être que les restes d'un beaucoup plus grarid nombre de soupiraux qui ont existé dans les époques antérieures à la nàtre.

Les niasses volcaniques ayant été injectées entre les coU' ches, l'âge exact de ces dépôts est difËcile à déterminer.!! faut tâcher de voir si ces roches ignées se continuent dans les terrains voisins , ou si elles sont limitées à une formation., , Ainsi, si un filon de trap, poupant le terrain houiller, se ter^ mine contre le calcaire magnésien , nous pouvons être suis

(i) Tai proposa, on se rappelle , comme cause de la diminulioil

de la température du globe , le refioidissem on lient des masses ignto ou volcanÎBécs , tels que les achistes crystaltins, l'élendue plus grande par conséqueul les soulévemens des conlineos, l'^poration plus forte et coasidërée sous le point de vue de son influenM sur le poids de la colonne aérienne, sur la chaleur des rayons solaires, comme aussi sous celui de conducteur de la chaleur. (Vojn page m), .: ■ ^ ■; ■ ■.■ (

r.(Vt.J« r,

Et BAFPOST ATIC LES IDEES TB^OHIQCES.

î cette injection ignée a eu lieu ayant le dép^ de « r (i). Nous n'avons jusqu'ici que peu d'obsCTraiifjti» iblables; mais ou peut arrivera un à peu prèsj car je KuTe que les caractères des roches ignées varient ordinsi. ment dans les différentes formations; le granile est le plut meralement associe aux roches primaires; certains j^runjarphyres aux roches intermédiaires, et d'autres piétés aux basaltes des houillères. Lorsque jevoia dtis roche» liculîères, toujours associées avec une seule formation , fi exclues des terrains voisins plus récens, je puis en déduire Hellessont d'un âge contemporain avec celui des formationi pi les renferment; néanmoins, il peut rester des doutes à I égard, puisque les diiférentes variétés de trapp passent 1 unes aux autres (2).

(Sans l'époque primaire , je trouve une très grande propor- ] de roches distribuées partout , et attribuées au domaine hitonique. Ce sont les roches granitiques , et même feldspathiques et amphibohques. D'après leurs rapports généraux, je crois probable que ces roches ont été formées avant

a pei

riode intermédiai

Néanmoins, loin de vouloir les Hpense que plusieurs roches granit

miter a celte epoqui

tiques, et surtout celles qui passentauxsiénites, appartiennent

r(i) Je me permets de révoquer en doute l'eiaititude logique de ■nia déduction , car il semble aia^ de supposer qu'une fente produits un dêpàt soit arrêtée par le gisement Iransgre — ''' -"-- - -• -

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encore se tromper

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. le temps de 1

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bi) D'après as que j'ai publié sur les roches ignées , on doit com- ' suis loin de partager l'opinion de notre savant. Les ^sESEs ÎDJcctces ne peuvent jamais élie contemporaines d'un dépdt , «uoiqu'on puisse dire que certains gneiss graniloïdes ont été produits ma niSme temps que le gneiss ou scfaisle alléré qui les renferme, etc. Xans l'dtude des l'oches ignées , on arrive à d'autres résultats , lorftr ^u'on confond sous des noms propres des produits qui n'en sont ^Uedes dépendances éloignées. Les noms de granités, de trapp, de «rnnstein , etc. , ont donné lieu trop souvent à ces équivoques.

854 tkiiHOMiifss db i&i&oLoaix

If^éûéràXemetït à la période intermédiaire , et qiielctaês inéme à des époques plus modernes (i).

La période intermédiaire comprend aussi ntle tirés proportion de roches , tels que des grumieins , dfss si( tes^ etc.| en apparence d'origine ignée, quoiquon rencofll ici la même difficulté pour limiter leur âge exact. Aitisij le Pembrokeshire , la grauwacke est associée avec du gHtn*! tuifiy qui, lorsqu'il approche du calcaire carbonifère^ le Voe'^ verse et montre son origine récente. Les roches igttfês ftol intermédiaire n'y forment guère qu'un cint|uièthè de là masse ; si on compare cette proportion h celle bien pins pc^ tite de ces roches au milieu des dépôts pltls t^eiîs bu ihtti & leut absence dans ces derniers , on ne pourra s*eknpéchèr fe' de reconnaître que les causes créatrices de dès rôches'Ohtété J plus actives dans les périodes anciennes.

La série carbonifère contient beaucoup de taches trà'p^ péénnes, quoique en moindre proportiort et plus parlbcâlité t^U paquet; ainsi elles abondent eh Ecosse, et elles iont

(i) On ne peut être trop re'servé en se prononçant sur l'âge des roches ignëes anciennes, et même sur celui des schistes crystallîns; éti effet , nous savons maintenant que le plus grand nombre des serpentines, jadis primaires ou intermédiaires, sont tertiaires ou tout au plus de l'âge de la craie à silex ; un grand nombre , si ce n'est pas toutes les diorites , et les t'oches de pyroxénes en roche , sont dans cette ni^mo catégorie ; leS porphyres aurifères, jadis înternitfdi aires, paraissent maintenant aussi tertiaires que le pbrph jre pyroii^nîqae et tes roches grànîtoïdes de Predazzo ; un bon hohibt'è de granités (bavého , Mitteïwald en ïyrol ), et de sie'nites (Sky) sont au môink postërieûî'S au terrain houiller ou même au lias; les rdches staUlit^ fères de Saxe sont passées du sol primaire dans l'époque secondaire Jes distinctions du trapp primitif et intermédiaire ont fait place à une keule classe de produits récens , de même que certaines dëpèndatices du domaine primaire, comme les gypses, certains sels, ct?Hàmes corgne«/(^j ( Rauchwackes ) , certaines roches schisteuses crystallîrtes, qui étaient distribués contre nature dans diverses époques. Aînsî donc, si M. Marzari n'a pas encore pu prouver la superposition da gneiss bu du micaschiste sur des dépôts modernes , la formatioit récente de pareilles roches devient tous les joursplus probable, témoin les observations faites dans les Al^es par MM. Hiigi, de BeâUtùonii Brochant et Dufrenoy. ( A. B. )

fréquentes dans le Northumberland et le Duitiâm , et aisseht dans le Derbyshire , à Texception de Tamyg* le du calcaire. Nous les trouvons en masses superposées ihîll, et à Dudley dans le Staffbrdshire ; mais il n'y en a de traces dans les bsissins houillers da Sommefsetsliire pays de Galles méridional^ à l'exception d*un point dans lie occidentale du Pembrokeshire , car lé trap de Tortdans le Gloucestersliire, quoique voisin des houillères istol, semble limité au groupe de transition, is les districts carbonifères nous avons les marnes difis pour limiter Tâge du trapp. Dans un cas le filon trap-^ le Cteaveland, dans le nord du Yorkshire , traverse non aent le sol houiller, mais encore le grès bigarré, le lias ilite inférieur. Néanmoins la plupart des filons dé ce ont d& être produits avant ces derniers dépôts, car on rait sans cela s'expliquer leur absence absolue dans ces is d'Angleterre, à une exception près. Nous avons donc is la série carbonifère un groupe intermédiaire conté- )eaucoup moins de roches ignées que les précédentes lions , et beaucoup plus que celles qui les suivent (i). is les formations oolitiqués et plus récentes dé l'Anre, il n'y a pas de trapp, excepté à Cleaveland. Sur le lent, au contraire, M. dé Beaumont a indiqué une rôché yroïde, amphibolique , associée aU lias des montagnes ardonnet , et dans le Vicentin et le Tyrol méridional lé lyre'pyroxénique traverse la formation jurassique, ir la période tertiaire, le ndrd dé l'Irlande offre une ue basaltique Considérable sur là cfaîë, et les mêmes s avec lè trkchyté se voient dans le Vicehtîn. Lé tràèt les laves pltiâ récentes que des dépôts tertiaires là- ;s abondent éA Auvergne , le sud d^ la France , sur les

!^ette déduction ne me paraît pas toQt-à-fail juste, car les phéles volcaniques ont diminué des temps anciens aux temps mo- I ; tek ëruptious ignées ont eu leurs grands et petits paroxysmes, t les localités et non d'après Tépoque où elles ont eu lieu , et le sont qu'un pur accident des phénomènes volcaniques, rcoDStance non essentielle et souvent non arrivée.

lassel Et M roches (sM

536 PHÉHOMÈITES DS GEOLOGIE

bords inférieurs du Rhin , etc. , et les basaltes de Gassel la Suxe peuvent bien avoir cet âge. Ces dernières ractérisent donc l'époque volcanique moderne.

M. Brongniait pense que la période d'activité des volcani éteints de l'Auvergne a précédé l'époque alluviale ancienne, et il pense qu'on a pris des lits de fragniens volcaniques pool les cailloux roulés (i).

Si je compare ensuite ta quantité actuelle des sonpiraui volcaniques avec celle de ceux qui ont dû exister pendant lei périodes primaire et intermédiaire, je trouve qu'il n'y a aucune proportion entre ces deux quantités. On pourrait objecter que dansâtes formations anciennes, on a l'acciiniitlation des produits volcaniques d'un grand nombre d'âges, et qu'une petite partie de ces résultats appartient seule i chacune de ces périodes ; ainsi les soupiraux volcaniques actuels pourraient bien être aussi nombreux qu'autrefois. Slair alors je répondrai que les cheminées volcaniques actuelles ne sont que sur la place de volcans éteints, et elles n'occupent qu'un petit espace des districts volcanisés très étendus produits d'après leurs roches en même temps que ceui de l'Auvergne, des bords du Rhin, etc. Ainsi l'Islande entièrement volcanique n'offre qu'un seul volcan actif, l'Hécla [i en Italie, le Vésuve n'occupe qu'une petite partie des chanipi phlégréens, etc. M. Brongniart est tout-à-fait de celte opinion, il ne reconnaît même pas dans les laves modernes tous les minéraux et toutes les roches des masses ignéei anciennes, et il ne trouve pas que les roches calcaires ou liceuses, se formant actuellement par la voie aqueuse dans les districts volcaniques, soient comparables aux dépôts a* logues des anciennes éruptions basaltiques et trachytique* MM, Herschell et Lyell paraissent , au contraire, croire l'activité volcanique est restée la même.

([} Je ne puis adopter cette idée, car je croi emas de cailloux roulés, composés uniquement de galets, soili les basaltes de quelques vallées du Vivorais , comme prés de ïfn pczal , soîl sous de plus anciennes coulées démantelées du Monl-d'Ofi entre B esse et Pardines, soit dans le PuyenVelay. (A, B, )

(3) U me semble que l'auteur est ici dans l'erreur, (A. B.)

SX RAPPORT AYRG tSS IDEfiS THEORIQUES. SS]f

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