‹ Mémoires géologiques et paléontologiquesChapitre 47 sur 47 · SUR LES SOULÈVEMENS · texte numérisé non relu

SUR LES SOULÈVEMENS

EPROUVES PAR LES HÀUTBS-ALPSS.

Dès long-temps les hautes Alpes de la Suisse et de la Savoie »iit paru une anomalie dans la formation de cette chaîne* il, de Raumer avait prétendu déduire de leur stratification , omparée à celle des dépots des contrées voisines, que ces mon* agnes étaient composées deterrains plus récens que la série se* :oDdaire (Geognostische Fragmente, 1817). On sait combien kl. Brochant a contribué à rajeunir les dépôts cristallins des Upes (Ann. des Mines, 1819), et que M. Marzari-Pencati L accumulé les observations et les citations pour prouver que :es colosses étaient des espèces de laves récentes et des pro* luits de soulèvemens très modernes ( Lettera geologica al ig. Dembsher, dans la Gazetta Fenitiana, i825). Dès iSaS, VI. Gonybeare admit dans les Alpes, comme dans les Pjre* lées, des boule versemens pendant Tépoque tertiaire. D une lutre part la dispersion des blocs des Alpes sur le sol ter- :iaire tout-à-fait supérieur de la Suisse montrait déjà| quil ^ a eu des dislocations pendant Fépoque alluviale ancienne. Fout le monde connaît les travaux de MM. de Saussure y Escher et de Buch > sur ces témoins des grands soulèveraeos ies Alpes de la Savoie, et tout le monde a été toujours d*ao-> :^ord pour admettre ces perturbations si récentes. MM. de Buch, de Lu^c, de Beaumont et moi, nous avons sp^ifié explicitement que répoquç de la dispersion des blocs avait eu ieu après la formation du sol tertiaire. M. de Buch a le premier publié cette opinion , et il a ajouté que cet événement correspondait avec les soulèvçmens » les fendilleoien^ et les altérations que des gaz ont fait, éprouver aux Alpes (Voyeix Mém. de CAcad. de Berlin pour 1 8 1 1 , ou le Taschenb. de Leonhard pour 181 3 , et le cahier d avril pour 18217 des An^

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dates de physique et de chimie de Poggend^rf, on BuUtU fies se. nat., mai ^828, pag. 6). m. André de Luc a déve- ^ loppé presqu*à la même époque des idées semblables dans une intéressante notice, publiée dans le troisième volume des Mémoires de la Société de physique et d'histoire naXunIk de Genève (voyez Bull, univ., mai 1828, pag. 3). Dans son beau mémoire sur les Vosges, M. de Beaumont parle «desp

> causes perturbatrices qui dans quelques chaînes, et notam-

> ment dans toute l'étendue du système des Alpes , ont pro- a duit à une époque postérieure ^ même aux dépôts tertiaires, • des dérangemens de stratification frappans. > (^Ann. eu JUineê, 1827, a* livraison, pag. 4o5.) Les blocs errati|aei de la Suisse et de la Savoie ne s étendant pas au-delà dî( la }« Tallée du Rhin , il était facile^d'en déduire qu'ils n indiquaient un soulèvement considérable que dans les montagnes de ces deux pays.

D'une autre part , depuis que la géologie est une véritable seience, et remontant même au siècle de Sténon {De ê(h iido, etc., 1669) , les dépots en stratification discordante,!» les hauteurs composées de couches redressées à côté des assises horiiontales des plaines , ont été Tindication dun boaleversement éprouvé par le dépôt plus ancien ou déplacé. Combinant toutes ces données avec celles fournies par les rapports entre les éruptions ignées et la formation des sédimens neptuniens, jai été amené naturellement, dès i8«9,à exposer, dans mon mémoire sur l'origine et la distributioii «des terrains de TËurope, que la chaîne des Alpes était due non pas à un seul soulèvement , mais à une succession de soulèvemens s'étendant jusqu'au milieu de l'époque alluviale, l'ai pu indiquer ainsi six grandes époques principales de souèvenîens; car si ces actions m'ont paru avoir toujours eu Ken, leurs effets ont été les plus considérables dans' ces périodes. (Voyez le premier mémoire dé cd recueil, pag. 5.) •' Si plusieurs personnes avaient émis l'idée de soulèvemeDS Méeessifs , personne avant moi, que je ne sache, n'avait précisé leurs dates j aussi M. de Beautnont ma-t-il fait Thonneurde consigner textuellement comme importantes mes observa-

EPROtTVEâ PAR L£S HAUTES- ALPES*

lions dans son grand mémoire sur les soulèvemens {Ann. des se, nat , décembre 1829, pag. SgS).

Dans mon mémoire sur TEurope, devenu maintenant accessible au public français, je n'ai nullement employé la direction des couches ou des chaînes pour déterminer les époques des soulèvemens, mais j'ai eu recours, comme M. de Beaumont) ElUK discordances de stratification des dépôts. 4^insi on trouve k la page 6 de ce mémoire l'observation que les dépôts tertiaires n'entrent dans aucune vallée transversale , du mpins des hautes Alpes (p. 7). Dans les pages 8 et 56, je cite les Alpes et les Pyrénées comme preuves du soulèvement considérabl$î^ éprouvé dans quelques points par les dépôts jurassiques e^ crayeux de ces chaînes ; et à la page 75, je spécifie que les feudillemens, et par conséquent les soulèvemens des Alpes méridionales n'ont pu avoir lieu qu'après l'époque tertiaire. En 182g, M. de Beaumont est arrivé à des résultats, sinon idei)tiques , du moins assez analogues aux miens , en combinant les observations sur la stratification avec celles sur la direction générale des couches et des chaînes ; comme il l'a lui-même fait observer ( BulL de la Soc. géoL, vol. a, p. 124), Sténon avait aussi parlé des directions différentes des portions sou* levées du globe ou des chaînes des montagnes. Depuis lors plusieurs géographes et naturalistes , en particulier MM. dç Humboldt ( Jahrb, , etc. , de MolL)^ Haussmann {^Denksehrder Munchner Acadetn,, pour 1808, pag. i47) > ^^ Buch (Taschenb* f. Mineralog. , 1822, etc. ) , ont étudié les directions diverses des aspérités du globe^et se sont même efforcés de faire concorder les stratifications variées des couches des montagnes avec la direction des chaînes.

Si; en utiHsant ce mode de recherches, M. de Beaumont a réussi à préciser ainsi davantage certaines époques de soulèvemens, j'ai déjà dit ailleurs [Journ, de géoL, mai i83l) qu'il en avait restreint beaucoup trop le nombre , et que je croyais apercevoir quelques erreurs dans ses résultats. Pe plus , peu de géologues paraissent enclins à lui accorder ses déductions à priori tirées du tracé des chaînes sur les cartes 1 et de leur parallélisme véritable ou imaginaire. ' AL de Beaumont semble creire que j'ai fftit de û^ef ob*-

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j'ections contre sa théorie; personne n'étant infaillible^ ce n'est pas moi qui réclame ce privilège ; mais j'attends avec impatience , et je provoque même les réponses satisfaisantes que M. de Beaumont veut bien me promettre, d'autant plus que ma notice sur sa théorie {^Jovltu. de géoL , mai i85i) est loin d'épuiser les objections qu'on peut lui faire. Si j'avais seul la fantaisie de ne pas vouloir croire entièrement toutes les paroles théoriques de M. de Beaumont, je dirais que les probabilités sont contre moi; mais lorsque je vois de sein» blables doutes émis par des géologues éminens dans diven pays, savoir, en Angleterre, par MM. Sedgwick, Lyell, Daubeny, Cônybeare et Buckland; en Allemagne, par M. Referstein; en Suisse, par M. Studer; en Italie, par MM. Pareto et Pasini; ne me dois-je pas croire fondé, jusqu'à un certam point, à persister dans ma manière de voir? Aussi m'occuperai-je peut-être plus tard de la discussion raisonnée de tous ces documens sur les bouleversemens des chaînes , et en particulier de ceux offerts par M. Sedgwick; aujourd'hui il me suffit d'avoir mentionné le fait. Maintenant, que cette controverse entre M. de Beaumont et moi se vide en sa faveur ou en ma faveur , qu'il soit prouvé que nous avons tous deux tort sur certains points et chacun raison sur d'autres, le grand mérite d'observation de M. de Beaumont est trop incontestablement établi pour en être affecté ; il serait seulement à désirer pour les progrès de la science que son relevé de la carte géologique de la France lui permît d'accélérer la publication de ses importans travaux, dont l'un offrant, dit-on, une description très curieuse des montagnes de l'Oisans , est malheureusement sous les scellés d'une faillite de libraire.

Il ne me reste plus qu'à lever un scrupule qui m'est venu relativement à l'époque où je prétends que mon mémoire sur l'Europe fîit composé (voyez page 89 de ce recueil). On voit journellement tant de personnes s'approprier les idées des autres , et leur donner soit volontairement , soit par simple manque de mémoire , une date factice , que des assertions ' comme la mienne sembleraient au premier aperçu avoir peu de valeur.

Or voici les faits : mon mémoire fut composé en iSaa J0

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d le publier avec mes tableaux synoptiques dans les Aiu des sciences naturelles où j'avais consigné d autres lotices. Mon mémoire n'étant que Texplication raisonnée de Éies tableaux synoptiques ( voyez Mém, de la Soc. Unn, du 94Uvados, in>4% v. i , 1 85o) Je commençai à le présenter aux ré« bcteurs de ce journal, mais j'eus le déplaisir le voir repoussé; m qui ne serait pas arrivé, si ces messieurs avaient pu néroir le jugement vraiment trop flatteur qu'en porterait [uelques années plus tard M. Brongniart ( Yoy. Tableau tes terrains qui composent Céoorce du globe, p. 94)«

A cette époque, je l'avais déjà communiqué ^^n manuscrit L H» de Humboldt, qui imprimait alors son bel ouvrage sur m gisement des roches dans les deux hémisphères.

Je possède encore plusieurs lettres de ce grand homme [ni font foi autant de l'élévation de son esprit que de l'attention qu'il a bien voulu donner à mon manuscrit.

Ce n'est pas à moi à rapporter textuellement ses expresions; il me suffît qu'il y ait trouvé des idées nouvelles, et |u'il en ait désiré vivement la publication. De plus, il y a même LJouté une ou deux notes à la main, comme, par exemple , la lauteur des houilles de Ghipo (p. i5). Enfin, voici ce qu'il ne marque le 3 février i83a :

cJe me souviens très bien que vous avez eu l'extrême » bonté de me communiquer en iSsS votre intéressant TjlLé* * moire sur l'origine des terrains de l'Europe , en manuscrit , lie même qui a paru plu^ tard dans le Journal de M. de iLéonhard. Je crois que j'en possède'^des extraits à Berlin, et imon ouvrage sur le gisement des roches publié en iSsS i en offre peut-être même des traces. »

Cette lettre de M. de Humboldt est déposée dans la collection d'autographes de la Société géologique de France, afin cpe tout le monde puisse s'assurer du fait.

Me voyant dans l'impossibilité de faire paraître mon travail & Paris, et ne voulant pas l'imprimer moi-même, je l'en- Toyai, vers la fin de 1820, à M, Noggerath de Bonn, et j*en remis une copie à M. Waldauf , qui habite Vienne, et la possède encore*

M» Nogg^rath ^vait eu TinteiitioD de publier c^ Jflipix^ avec celui sur l'AUeinagne, impriiné dans le /piçfmfj i physique en 189^ ; ses grandes occupations firent ëchggfr^ projet, et M, de Léonhard le réalisa ep^, en pul^iypt^ juillet et fkoùx de l'année 1^27 mon Mémoire ^ur ("Sipipp et ma f^bl^ synoptique, et en 169g mon travail ^ur V4Hsni gne, que j'avais augmenté et corrigé. Les retards appgit^l cette publication ont été exposés par l^I. 4e Léonhaifd 4lPf 1 préface de inpn Tableau géologique sur VA)leffKignf ,.|m| rapport avec }a constitution géoguo^tîqufs 4^9 p#Jf Tgw| {Gêognoêti^iff^es Genu^UU, etc.).

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