EN RAPPORT AVEC LES IDEES THEORIQUES
rieures forment des pentes douces le long de la partie postérieure des couches, et leur terminaison contre les roches inférieures présente au contraire un escarpement abrupte traversant les couches. Sous ces escarpemens il y a pour cela des vallées étendues dirigées parallèlement aux couches; ce sont les vallées longitudinales» En outre d'autres systèmes de vallées coupent les crêtes offertes par les escarpemens inférieurs sous des angles presque droits; or, comme ordinairement ces couches se terminent, du moins par une de leyrs extrémités, sur le bord dun bassin océanique, les vallées longitudinales paraissent naturellement offrir une ligne d'écoulement ; néanmoins le canal des rivières actuelles se trouve ordinairement dans les vallées transversales.
Dans mon mémoire sur la vallée de la Tamise, j*ai montré <Tue ce fleuve coupe trois chaînes ou barrières, quoique les vallées longitudinales à la base de ces digues lui offrent des canaux d'écoulement plus facile. Depuis l'existence de ces dernières vallées , il est manifeste que les eaux de cette rivière n'ont pas pu s'élever à plusieurs centaines de pieds vers la cime des chaînes par-dessus lesquelles elles auraient coulé d'après l'hypothèse fluviatile. On doit en déduire qu*il n'a pas existé d'abord de vallées longitudinales, que les couches ne se terminaient pas comme à présent en escarpemens inférieurs" abruptes, mais que leurs plans se prolongeaient de manière à finir insensiblement contre la portion plus élevée des couches sous-jacentes , qui, en ressortant, atteignent ordinairement de plus hauts niveaux ; de manière que toute la surfacp' présentait au premier coup-d'œil une pente uniforme presque sans interruption. Les partisans du système fluviatile doivent supposer que l'écoulement des eaux à travers là pérrte à creusé les vallées transversales aussi bien que le canal prîmcipaV tandis que l'écoulement latéral dans ce derniçr a creusé les vallées longitudinales. Mais pour former la peuté primitive tiniforme supposée, la masse de matière complant jadis tout^ cet e&paçe^j et enlevée postérieurement, paraît immepse; car ces vallées longitudinales présentent ordinairement de, vastes plaines au pied des escarpemens inférieurs, tandis que les vallées transversales ne sont comparativement que des déÇlës'
344 ïHÉiroMÈirss be giboiogib
étroits. Si j'attribue les dernières à raction principale de lë^te^ coulement des eaux, les premières à la même action agissant p latéralement , j'attribue un effet inférieur à ce qui doit être, certes, considéré comme la ligne d'action la plus favorable, et un effet très supérieur à la ligne la moins favorablement située.
M. Sedgwick , frappé de même de ce raisonnement , a trouvé des faits semblables dans presque toutes les grandes vallées d'Angleterre, et il conclut que Térosîon fluviatile n'a produit isolément que de petits effets dans la modification de la surface de l'Angleterre. M. Lyell, au contraire, a objecté qu'on ne devait pas raisonner d'après la forme actuelle de la surface d'un pays quelconque sur ce qui avait eu lieu relativement à l'écoulement des eaux, lorsque cette contrée avait encore sa configuration primitive ; les effets pouvaient alors être différens. Je répondrai que les formes /extérieures actuelles ont dû résulter en grande partie de celles qui ont jadis existé. M. Lyell suppose que l'érosion fluviatile a changé cette configuration , tandis que j'ai voulu prouver qu*on ne pouvait imaginer aucime forme originaire de surface avec laquelle l'érosion fluviatile aurait pu produire le relief actuel.
Elaguant le cas de la Tamise comme tout-à-fait particulier, je vais examiner les différentes rivières qui traversent les couches les plus horizontales de l'Angleterre , et dont les vallées peuvent plutôt avoir été excavées que produites par des dislocations. Ces districts s'étendent à travers l'Angleterre depuis la partie sud du Durham jusqu'à la portion orientale du Devonshire; les formations horizontales occupent tout le pays au sud-est de cette diagonale. La Rye formerait un lac s'écoulant par la vallée de Pickering , à la base de l'escarpement crayeux, dans la baie de Filey ou de Scarborough, si une vallée transversale n'occupait pas la chaîne oolitique des monts Howard.
Si la grande coupure transversale entre les hauteurs crétacées du Lincolnshire et du Yorkshîre ne donnaient pas issue à l'Humber, tous les pays plats entre la jonction de la Trent et du Derwent constitueraient un lac immense , dont les eaux seraient retenues de manière à inonder toutes les parties in-
Eir RÂPt^OAT i.VCC LES IDEES THEORIQUES. 345
*rieures de TOuse et du Swale, et à se décharger par l'emouchure de la Tee^. En effet, avant la formation des vallées ransversales 5 les escarpemens crayeux, et plus loin les pays Durbeux à Test, aumient présenté un obstacle insurmontable t auraient barré le chemin de la mer, excepté par la vallée e la Tees. Pour surmonter cette difficulté, les amateurs de i théorie fluvialile doivent supposer que lorsque leurs cours eau ont commencé leurs opérations, les escarpemens en uestion ne formaient pas des barrières , toutes les vallées lus à l'ouest devant avoir été remplies à cette époque de maères enlevées depuis lors, et tellement considérables qu'elles teignaient un niveau supérieur à celui des hauteurs crayeuses t oolitiques; en effet cette configuration du sol aurait seule ermis aux cours d'eau d'attaquer ces digues de manière aies juper en travers.
Admettant un moment cette réédification de la contrée îlle qu'on veut la supposer, je demanderai ensuite quelle )rce il faudrait pour la réduire de la forme qu'elle avait , il y a ix millions d'années, à sa configuration actuelle? Quels agens e faudrait -il pas pour produire dans les vallées remplies e Lincoln et de York, formant un district de loo milles. e long sur plus de 1 5 de large, une excavation de 700 pieds u-dessous de leur niveau originaire supposé ? Combien faurait-il de temps pour que cet effet fût produit par l'écouïment des eaux pluviales ? Je puis le calculer approximatiement en voyant que depuis l'occupation d'Eboracum par 5S Romains , il y a dix-sept cents ans , cette action n'a pas roduit une dégradation de 7 pouces sur aucun des remparts e leur camp. Mes adversaires pourront approfondir la queson à loisir;pour moi je ne proposerai, en attendant, comme ne simple approximation qu'un laps de temps infini élevé à i puissance d'n (1).
(i)T\l. Conyheare nie semble toujours oublier que l'Angleterre rait jadis un climat e'quatorial , ce qui devait modifier sfngulièrelent les effets des cours d'eau.
Je crois que le creusement d!une infin^'të de vallées date non pas e la pe'riode alluviale , même la plus ancienne, mais d'une ou pluicurs y ou même quelquefois de toutes les époques ge'ologiques con-
546 PHENOMENES DE GEOLOGIE
Je passe maintenant à la coupure faite par la rivière Withara à travers la chaîne oolitique à Lincoln , où une digue peu élevée l'obligerait de se je»er dans le Trent.
Au sud de ce point la chaîne oolitique est divisée par les vallées transversales du Welland et du Nen ; mais comme les sources de ces cours d'eau commencent presque dans les limites de ces vallées, je n'insisterai pas sur eux; néanmoins comme les'coupures traversent toute la chaîne, je ne vois pas comment M. Lyell pourrait les expliquer sans supposer remplies les plaines sous-jacentes au nord-ouest^ comme dans le cas précédent.
Tarrive maintenant à mon ancien terrain, le district comprenant le Ciierwell et les autres sources de la Tamise, et je renvoie à mes observations précédentes.
La chaîne crétacée est fracturée non seulement par la Tamise, mais encore par un nombre très grand de vallées, puisqu à presque chaque dix milles on y rencontre un vallon complètement transversal. Beaucoup de ces coupures servent de débouché à des cours d'eau, et beaucoup d autres également nombreuses n'offrent pas de rivières, quoiqu'elles portent toutes les traces des véritables vallées d'excavation. En effet la craie abonde en vallons sans eaux, la couche pierreuse étant si absorbante que l'eau atmosphérique n'a pas le temps de se réunir en cours ré<;uliers. Comment est-ce que M. Lyell suppose la formation de ces cavités par l'érosion de l'eau, puisqu'elles n'offrent pas et n'ont jamais eu de rivières ?
Les vallées d'excavation , à l'extrémité sud-ouest de notre district dansleDorsetshirc et le Devonshire, ont été décrites suffisamment par M. Buckland. Je passe donc à l'extrémité sud-est ou au Weald du Kent.
On sait que l'axe et le dos d'âne de ce district consistent en
nues. Cette ide'e nous conduit h un laps de temps très grand. D'une autre part, exclure, comme M. Lyell, de la formation des vallées les déchiremens volcaniques^ les débâcles des lacs et les grands meuvemens de la mer ou des mers intérieures, produits par des soulévemens de chaînes , cela me paraît peu logique. L'Angleterre ëtanl très prés de la mer, il y a beaucoup de coupures qui dérivent essentieilemeot des mouvemens extraordinaires de la raer. ( A. B« )
EN RAPPORT ATSG LES IDISES THÉORIQUES* 547
grès de Hasting , autour desquels il y a en forme de manteau du grès vert ferrugineux et de la craie. Au nord les deux terrains forment des séries d'escarpemens considérables, séparés de Taxe central et entre eux par des vallées longitudinales profondes; nr\aisausud le sable se dégradant généralement, la craie constitue seule des rochers réguliers. La plupart des principaux cours d'eau de ce district ont leurs sources sur Taxe central , tandis que ceux courant au nord dans la Tamise ont à couper par des vallées transversales les deux barrières des montagnes du Kentisli Rag et les hauteurs septentrionales de la craie ; or une digue d'une hauteur moindre que 100 pieds, établie dans une de ces coupures d'environ 6od pieds de hauteur , ferait déverser les eaux dans la Manche; dans ce cas seraient le Wey, le Mole et le Medway, le Durent et le Slour, prenant leurs sources presque dans les limites des montagnes du Ktntisk Rag, Ces cours d'eau peuvent à peine être considérés comme faisant rupture à travers plus d'une de ces barrières , savoir, à travers la craie. Sur le côté sud, je trouve FArun, l'Ader, UOuse et le Cuckmère, qui traversent de même la seule barrière crayeuse de South Downs.
Il est impossible de concevoir que l'érosion fluviatile a pu produire une telle configuration , à moins de supposer que la surface présentait originairement, et avant le commencement de lecoulement des eaux, des pentes uniformes de l'axe central au lit de la Tamise d'un côté, et à la mer de l'autre. Les vallées longitudinales intermédiaires auraient alors été remplies , et tandis que l'écoulement direct excavait les vallées transversales , l'écoulement latéral aurait fait la même opération sur les autres. Or, dans ce cas, je demanderai d'a-^ bord, comment ce dernier mode de creusement a produit plus d'effets que l'autre ? ensuite comment s'est-il fait que l'écoulement latéral, dans tant de canaux principaux distincts, a coïncidé de manière à former une vallée longitudinale uniforme, au lieu des ramifications > d'un cours d'eau principal sans aucune relation avec celles du cours principal voisin ? Pendant que le géologue étudie les vallées , l'amateur d'ani;iquités observe dans tout ce pays, sur les escarpemens
548 PHENOMENES BE GEOLOGIE
les plus marqués, des anciens édifices en terre, qui, malgré "'^ leur situation très exposée , ont résisté à l'action des causes atmosphériques depuis plus de vingt siècles 5 F un convaincra difficilement l'autre que ces profonds défilés ont été creusés par une action que les observations faites en place porteat ll'un d'entre eux à regarder égal à zéro.
En attaquant ainsi la théorie (luviatile comme partisan du diluvium,je dois donner aussi mou explication. Je ne propose mon opinion que comme plus probable que celle de mes ad- ^ yersaires ; si d'autres la trouvent mal fondée, cela ne démoD- : trera pas la vérité de celle de M. Lyel!. Je reconnais avoir besoin quelquefois qu'on corrige mes idées, et surtout qu'on les développe mieux que moi.
D'abord, quant aux vallées longitudinales et aux escarpemens qui les bordent , il paraît très probable que cette configuration du sol n'est pas uniquement im effet de creusement, quoique les contours aient été fortement modifiés ou rendus plus saillans par cette opération. On peut aisément concevoir des forces en action pendant la période du dépôt originaire descoucheS; qui auront pu obliger ces dernières à prepdre des extrémités tronquées, et faisant face aux crêtes élevées des roches anciennes contre lesquelles et sur lesquelles elles furent déposées. Dans d'autres cas , au contraire , les couches auront eu la facilité de s'étendre jusqu'au pied des sommités plus anciennes; en effet les océans qui ont déposé les couches battaient des rivages qui nous sont indiqués par les aspérités les plus hautes des chaînes anciennes ; des courans ont probablement travaillé ces lignes de côtes. Ainsi pendant que les dépôts se faisaient tranquillement dans les eaux plus profondes et plus tranquilles, elles auraient été interrompues dans les lieux occupés par ces courans littoraux. Est-ce que les vallées longitudinales n'ont pas pu être formées de cette manière? J^a disposition ordinaire des bancs sous-marins existant encore est analogue à cela, ils sont séparés des côtes par des canaux profonds, au-delà desquels ils s'élèvent avec des pentes souvent très rapides (1).
(i) Ceci rentre tout-à-faît dans mes idées sur la formation de beau*
EU RAP^OtlT AVEC LES IDÉES THEORIQUES. 349
Poar examiner les causes qui ont pu modifier et augmenter es vallées longitudinales, et produire les défilés transversaux, lous devons d'abord rechercher Faction probablement exercée »ar les eaux dans leur retraite graduelle depuis les sommies des couches formées originairement au-dessous d'elles jusu'à leur niveau actuel. Dans le cas actuel des couches les lus horizontales, la conformité de stratification et l'absence e dislocation me portent à croire que les forces de soulève* lent ont dû agir uniformément et graduellement, et par 3nsëquent la retraite de la mer et la dépression relative de >n niveau auront été aussi graduelles. Des lignes indiquent t direction générale dans laquelle les eaux dans leur retraite nt dû se porter ; or, comme elles coïncidentavec l'inclinaison es couches sur le dos desquelles les eaux sont descendues, ces gnes ont dû être transversales à la position de ces couches. insi, les courans généraux de ces eaux descendantes auront ^ndu naturellement à produire des sillons transversaux dans s couches , d'où seront résultées les vallées transversales ; ans le même temps, les vallées longitudinales auront été latériellement modifiées ; les courans descendans se portant jntre les esparpemens des couches , auront été occupés à îs miner, et par suite de la direction de l'inclinaison du
Hip de vallées ; mais je distingue dans les vallées longitudinales iUes formées par suite des soulévemens des terrains et celles pro* aites par les causes c'nume're'es par M. Conybeare. J'ai déjà appuyé Heurs (Voyez Bulletin de la Société géologique de France , vol. 1 , 117) sur la formation toute naturelle de certaines vallées circuires ou alongëes ou tortueuses. J'ai dit qu'il y a des cavités qui aient dues à la distribution particulière et primitive des dépôts, ayant jamais été remplies, il n'y a pas besoin pour les expliquer î recourir à des crcusemens par des cours d'eau , des débâcles^ des osions de sources minérales ou des fendillemens volcaniques. Or, y a beaucoup de causes très diverses qui ont pu priver certains Mix de dépôts qui se formaient dans leur voisinage. Tout limon une rivière présente naturellement des cavités ou des vallons. • Conybeare indique l'action des courans ; on peut y ajouter, entre lires, la structure particulière des bancs coquiJliers ou des récifs î polypiers , et la proximité des bouches volcaniques qui pouvaient tercer une influence destructrice sur les matières organisées et int'gauiques. (Ai ^' )
S5o vniixouàvES db géoloôib
plan des couches Tauront fait aisément^ parce qu'on tronya ordinairement les vallées longitudinales établies sur les assiiei les moins dures, comme Targile et le sable, et bordées d'escarpemens formés des roches les plus dures. Il en résulte que Taction destructive des vagues, opérant avec facilité siir des matières si tendres, a dû augmenter considérablement k \ largeur des vallées longitudinales , et rendre les escarpemeDi plus considérables et plus abruptes. La dépression du niveau des mers étant proportionnellement graduelle, les mêmes districts ont pu être balayés pendant long-temps par le moU" vement régulier du flux et du reflux des eaux marines»
Xai à présent sous les yeux un exemple des effets de Tac* tion du flux de la mer sur des couches inclinées insensiblement , car je réside à quelques toises d'une côte formée de pareilles assises du calcaire magnésien ; ces dernières indi* nent vers la mer sous un angle très petit, savoir, environ ^^ La marée descendante en expose une bande considérable jCl plus large qu un stade ; toute cette zone a été corrodée par le flot , et présente sur une petite échelle tous les phénomènes décrits, savoir, des escarpemens surplombant^ des dépressions longitudinales, des coupures transversales , etc., etc. h puis ajouter que , très souvent , Faction du flot produit véri* tablement ce que MM. Lyell et Scrope s'imaginent résulter seulement de l'action fluviatile , savoir, des sillons plus oa moins ondulés , souvent fort larges et longs. J'ai été surpris qu'un argument pareil ait pu être présenté par de tels géologues, car il m'a toujours paru évident qu'en supposant un courant diluvien , exravant les couches sur lesquelles il passe, il ne peut continuer cette action sur une ligne droiw qu'autant que la constitution des couches oppose une résistance uniforme. Quand une circonstance fait varier la résisr tance, comme des couches tendres devenant dures, d* filons ou des failles, il en doit résulier une ondulation correspondante dans la direction du courant.
On doit rapporter l'origine des vallées d'excavation * partie aux courans de l'océan dans lesquels leurs roches furerf
^ eposees,en partie àceuxqui ont accompajH
la retraite graduelle de l'océan. Puisque nous ayons d*
XH HiPIPO&T AVEC LBS ID^fiS TBÉORlQtTtiS, SSl
«euves suffisantes que pendant Tépoque diluvienne des perrbations postérieures , telles que le soulèvement de l'île de f^ight, etc., ont dû modifier le niveau océanique suffisamment >ur faire passer à plusieurs reprises les eaux de la mer sur îs terres qui étaient déjà émergées, nous avons donc une oisième classe de courans , qui certainement ont dû modiîr beaucoup les résultats des deux premiers (i).
Est>ce que je refuse de reconnaître pour cela que rérosion iviatile ait pu produire des vallées? je nie seulement que •utes les vallées ont été produites par cette cause; je nie i*elle en ait produit beaucoup, et je prétends qu aucune na é formée ainsi , excepté sous des circonstances extraordi dres. Quant aux exemples donnés par mes adversaires, i se rapportent à des districts où ces accidens singuliers it existé sans aucun doute; dans ce cas sont les régions itlcanisees de l'Auvergne et de TEtna. Je ne puis admettre ^mine un exemple de Faction ordinaire des cçurs d'eau îlle des torrens produits par ces phénomènes volcaniques ,
les accompagnant à Tordinaire; mais je ne nie point que iction fluviatile puisse produire des effets considérables us de telles circonstances exceptionnelles, et même à la ite d'autres accidens plus communs, quoique comparativeent rares , tels que les dernières inondations de certaines ^ièMp de rÉcosse centrale (Voy. Relation of the great ^adin the Gratnpians\ par Dick Lauderdale, 183b (2).
(i) Si M. GoBjbeare restreint son diiuvium aux effet3 ^e ces trois Uses, plus les débâcles aqueuses de riatérieur ducontiuent, je îs toul-à-fait de son avis, et je dirai comme lui que TAngleterre , surtout ses cotes, offrent de nombreuses traces des érpsious proitespar la troisième classe de courans. D'une autre part^ pour les Uvions anciennes de Tinlérieur de l'Europe, la première cause, 1 courans marins, ne paraît pas avoir elè agissante. (A. B.) Ja) M. Cou)^l)eare oublie idc nouveau que le climat d'Angleterre hangé; et supposant même tontes choses dans le même état, je use qu'il va trop loin^ et sans aimer les extrêmes, comme M. Ljell, Crois que si M. Conybeare avait étudié les eiTels des eaux couran- ► sur le continent européen , et même en général sur les pays très >nlagneux, il n'aurait pas tellement rapetissé l'effet destructeur Seaux courantes. 11 me semble généraliser trop des points de vue
S^B l^HENOMSNES DE GEOLOCIÊ
Art. 3. Les phénomènes des cataractes ne concordent fi avec C hypothèse fluviatile.
L'hypothèse fluviatile exige la supposilion que depuis 1' mersion des continens récoulement des eaux atmosphéi ques y a creusé des vallées de plusieurs centaines de niill de longueur et de plusieurs centaines de pieds de profo deur« La Tamise aurait, par exemple, produit cet efft mais si ce sont là les résultats de Faction de cours d'eau co; parativement tranquilles, quels effets ne doit avoir pi duit un volume d'eau, tel que celui du Niagara, se préci tant dans son lit avec une vitesse immense ! J'admets , il « vrai , que la Tamise et le Niagara ont agi sur la surface t restre à la même période , car si l'on ne veut pas m'accorc cela, je demande qu'on me prouve d'abord le contrai Poursuivant mon raisonnement , je demanderai comment rendra compte des effets prodigieux attribués à la Tani pendant une période où le Niagara n'est parvenu , malj tous ses efforts, qu'à détruire sur un espace de 7 milles digue de laquelle il se précipite. En effet, la chaîne princip des montagnes produisant cette cataracte s'étend seulemi à cette distance à l'est du point actuel de la chute; p loin , les hauteurs se perdent dans le pays plat des bords
pris seulement en Angleterre. En Auvergne, le peu de soliaite de'pôts lacustres, et TaheVation de certains granités de'saggrëges nëcessairement dû aider le travail des eaux. S'il allait dans le Yi rais , les coulëes basaltiques morcele'es par les rivières lui piou raient que les eaux courantes actuelles peuvent de'truire des roc très dures, surtout lorsque leur base est facilement minée. Un' pas là de diluvium sur les coule'es , et tout au plus si l'on peut don ce nom à ces graviers de rivières, qui supportent les colonnades saltiques du fond des valle'es. Si dans ce pays les actions des vole semblent avoir contribué peu à ces creusemens récens par les d( ges d'eau qui les accompagnent ordinairement; en Auvergne, cela paraîtavoir été très souvent le cas, et je me plaisàm'expliquer cnp tie ainsi les morcellemcns si extraordinaires de ces si anciennes c lées du Mont-d'Or, qui maintenant ne dominent plus qu'en bu élevées le sol lacustre si profondément entaillé, soit par les nici causes, soit par les effets fluviatiles qui se co^tinuent encore aujc d'Jbui. (A, B.)
Slf RAPPORT JLTBC US IBESS ÏHJSORIQIÎES. $&S
tariO) ainsi la position ancienne de la cascade ne is avoir été au-delà de l'extrémité de Tescarpement de ntagnes.
ijell admettant que la cataracte a reculé d*enTiron 9 5 en quarante ans , calcule qu'il a fallu dix mille ans pour er de son ancienne place à celle qu'elle occupe aujouret qu'il faudra encore trente mille ans pour qu'elle at* le lac Érié. Mais si la Tamise et le Niagara ont agi en temps, ce dernier fleuve n*aurait*îl pas complété cette ^tion, long-temps avant que la Tamise n'aurait pu pro* une excavation égale seulement au tiers de la vallée e de cette rivière ? Supposant que les déterminations Lyell sont justes , je ne vois pas d'exemple plus frap« e la puissance comparative si petite de l'érosion Auagissant sous des circonstances qui doivent lui donner cimum d'intensité ; mais j'avoue mes doutes sur le fait
cataracte recule en réalité autant que M. Lyell le ;e, et je soupçonne qu'on a pris quelques dégradations les des couches pour un changement de place gêné* )ici mes raisons : la chute est divisée au centre par un itit îlot ; mais depuis le temps des premières relations , nier a toujours occupé la même place relativement à la ;te qu'actuellement; on en acquiert la certitude par tails de l'histoire célèbre d'un Indien porté dans un
il y a un siècle, contre cette île, où il fut sauvé nûra- .ement (i).
e suis fâche de ne pouvoir pas me ranger de l'avis de M. Coe, car il compare deux choses qui ne doivent pas l'être. £n le creusement de la yallëe de la Tamise et de ses sillons laa commencé non seulement depuis l'époque tertiaire « mais fort antérieurement à cette époque, puisque ces vallées traver- ;s formations très diverses. Au contraire , la chute du Niagara t formée que dans l'époque alluviale moderne ou jovienne de «Dgniart.Il a fallu pour cela que des phénomènes volcaniques » t-étre des creusemens , aient fait baisser beaucoup le niveau ux des grands lacs de l'Amérique septentrionale , qui dans ue alluviale ancienne ou saturnienne déversaient leurs eaux en 1 en partie dans le Mississipi. C'est alors que d'immenses fentes ; faites dans les provinces de la partie nord«est des Etats-Unis et le
1^4 talENOMÊKES GÉOtbGIQVBé
Les cataractes paraissent en général n'avoir éprouva ^*eittèàiéttiéni peu de changemens depuis les périodes les p\ùi anciennes. Ainsi , celles du Nil , au-dessus de Syène , eiâihinééi l^àr le^ savans de l'expédition française d'Egypte, coiièordaienC éhtièrement avec les descriptions données par tiérodote pour les localités , leurs accidens et leur étendue. J'ai toujours cru que les cascades de Tivoli offraient une preuyè du même genre. Néanmoins , les remarques de M. Lyell sur de dernier lieu méritent d'être considérées, (Juoiqu'elleiï n'aieiit pas changé mon opinion. Toutes les particularités de ce lieu me semblent encore les mêmes qu'il y à dix-htiit siècles, lors des chants d'Horace et deStatius; l'entrée dekSibylle,lec domusAlbuneœ resonantus • servent d'échos aù&àéii de la cascade. Si les rivières changeaient de place cômniè lé voudraient mes adversaires, la chute en question se ttouye- ;i^ait bien loin de la demeure de la Sibylle. M. LyeU appuie stir la chute d'une petite partie d'un escarpement vertical de iS pas de largeur et de quelques verges de longueur, accldèiit qui fut produit par l'inondation de I826; mais là des* tniction d'un pareil rocher miné par l'eau n'a rîèn de commun avec le creusement d'une vallée dénudée. Si Vesta a dû f' trembler, selon M. Lyell , dans son temple pour la durée de sa planète, la Sibylle voisine aurait pu, selon moi, lui dire ''^ que ces terribles pronostics sont aussi peu fondés qme les éCbnges avec lesquels les nuages , les patrons de toutes les , théories fluviîitiles , ont inspiré les sophistes d'Aristophane.
N'ayant jamais visité Tivoli, je vais parler d'après les ren-
(r tu
n el
Canada ; une immensité de blocs ont été disperses et pousses dans ces lioùvelies vallées; leurs flancs ont été balayés^ sillonnés et dénudés par des courans épouvantables , comme l'ont décrit très bien plu* sieîirs géologues de ce pays. Ce n'est qu'après ces événemeDS^et même seulement après des abaissemens moins considérables du niveau dès eaux lacustres ^ et indiqués par les bancs coquillîers pea élevés dés bords de ces lacs j que la cascade du Niagara a commencé, l^^ Oh ne peut donc raisonnablement comparer le déplacement éprouva jj par celte chute , qu'avec le creusement du lit de la i?amise et de sa | àfflùens dépuis l'époque actuelle ou même historique; or unepareilb y ééuiniXioii mé paraît bien difficile. (A. B. )
it;
^If RAPPORT ATEC X^BS IPÇES THBORIQI^StU f §|
&!çign^inens d'un ami éclairé. Les phénomènes naturel^ jj^ ieu tendent à prouver que la place de la grande cascade est Te^fée statippnaire ou à peu près depuis le moment qt|ç la 'îvîèfe a commencé à traverser la vallée d'excavation, fracé^ lup^ravs^nt par des causes différentes de lactio^ fluvji^(île|. Li'Anio, au-dessus de Tivoli, coule vers le précipice à travers ine gorge du calcaire jurassique des Apennins; près de Tivoli ine digue artificielle détourne une partie de ses eaux sur le ;ôté sud, et donne lieu ainsi aux cascattUi au-dessous de la réritable cataracte , celle de la grotte de Neptune. Un des uiscatôlU fait tourner les machines d'une fonderie étab^ sur es ruines d'une villa de Mécène. Cette branche n'a produit lans sa descente aucun changement , si ce n'est un dépôt de travertin, comme l'Anio en a toujours formé, et comme il y m a aussi à la grande cascade : ce travertin a servi à conser* ver intact le calcaire secondaire sous-jacent. Cette formation le travertin a lieu plus abondamment dans les eaux tranquil- .es au-dessus de la chute que dans celles qui sont agitées aulessous d'elle ; il en résulte qu'il s'en détache de temps à autre 3es portions se trouvant sans support. D'un autre côté , ce manque d'appui n'affecte pas la croûte inférieure du traveridn. De la base de la cascade à la plaine de Rome il y a envi« ron un mille; la rivière descend cet espace par une vallée Stroite à sa base et bordée des deux côtés de pentes médiocrement inclinées, et plus fortes à gauche et à droite des ^ascatôUu
Si cette cascade s'était toujours portée plus loin en arrière pendant cette éternité supposée parla théorie fluviatile, elle aurait dû déposer du travertin tout le long de l'étranglement qu'elle occupait pendant un certain temps à chaque station successive, comme elle le fallà la station actuelle de la grotte de Neptune. D'après cela chaque partie de cette gorge devrait être une ravine escarpée incrustée de travertin comme le site actuel de la cascade; au lieu de cela, on n'y Iprouve qu'une vallée entourée de pentes douces, excepté dans son extrémité supérieure , où ses côtes sont plus raides pendant un court espace , mais où il n'y a pas une particule
556 TwkvovAms giêologiquss sk rapport , fixe.
de travertin» qui aurait cependant dû, d'après la théorie, exister partout, excepté près des caacattUi artificiels.
Ayant ainsi achevé mon long article de controverse géologique, et espérant de n'être pas obligé d'y revenir de sitôt, je crois pouvoir dire avec les copistes du moyen âge : t Expli' eUg expliceat ; luderc scriptor eat. »