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SUITE DE LA CAMPAONE DE LOMBARDIE

Garibâidi marchait, comme je l'ai dit, sur Luino; mais, avant d'y arriver, il reçut la nouvelle que Luino était déjà occupé par les Autrichiens, en môme temps que la colonne d'Aspre, après sa grande victoire sur nous, s'emparait d'Arcisate.

La retraite de Garibaldi sur la Suisse devenait dès lors très-difficile. U se décida donc à marcher droit àMorazzone, position très-forte et, par conséquent, très-avantageuse.

I D'ailleurs, le bruit du canon qu'il avait entendu lui avait fait venir l'eau à la bouche.

A peine y fut-il campé, qu'il se vit complètement entouré par cinq mille Autrichiens.

n avait cinq cents hommes avec lui.

Pendant toute une journée, avec ses cinq cents hommes, il soutint l'attaque des cinq mille Autrichiens. La nuit venue, il forma ses hommes en colonnes serrées, et s'élança sur l'ennemi à la baïonnette,

Favorisé par l'obscurité, il fit une sanglante trouée, et se retrouva en rase campagne.

A une lieue de Morazzone, il licencia ses hommes, leur donna rendez-vous à Lugano, et, à pied, avec un guide déguisé en paysan, il partit pour la Suisse.

Un matin, j'appris à Lugano que Garibaldi, que Ton disait tué, ou tout au moins pris à Morazzone, était arrivé dans un village voisin.

Alors les paroles prophétiques d'Anzani me revinrent à la mémoire.

Je courus à Garibaldi ; je le trouvai dans son lit, brisé, moulu, parlant à peine. Il venait de faire une marche de seize heures, et n'avait échappé aux Autrichiens que par miracle.

Sa première question en me voyant fut :

— As-tu ta compagnie prête?

— Oui, lui répondis-je.

— Eh bien, laisse-moi dormir cette nuit; demain, nous rallierons nos hommes et nous recommencerons.

Je ne pus m'empécher de rire ; il était évident que, le lendemain, il serait courbaturé à ne pas remuer une jambe.

Le lendemain, à mon grand étonnement, Garibaldi était sur pied ; Tâme et le corps sont de pair chez cet homme, tous deux sont de bronze, u, 6.

lOS MÉMOIRES

Bfais il n'y avait plus rien à faire; la campagne de Garibaidi en Lombardie était finie.

Alors Q^ribaldi rentra çn Piémont, et revint à Gôjies,

Ï.Ji, i} reçiit les propositions que lui apportait une Réputation sicilienne.

Ces propositions étaient de s'embarquer pour la Sicile et d*y soutenir la c^use de lîi Révolution.

Il les accepta d'abord et se rendit avec trois cents hommes h Livourne; mais, 1^, apprepant ce qui se passait à Rome, il abandonna Tidée de son expédition de Sicile, et partit pour Ron^e.

C'ert là que nous le retrouverons bientôt.

Quant à moi, resté à Lngano Qvec ma compagnie, qui, ayant rallié quelques déserteurs, se trouvait ôtre'de quatre-vingts hon^mes, il me fut permis de me tenir avec eux dans up dépôt.

Nos armes étaient toujours cachées et à portée dQ notre main.

Pendant ce moment de repos, nous organisjlmes, ppur ne pas perdre notre temps, ppe iusurfection $p Lombardie.

Le gouvernement suisse en fut prévenu, et fit occuper le canton duTessin par les contîpgepts fédéraux.

On résolut alors de m'interner.

Je ft^^i ^vec deux cçnti? hommes, i^ plupart jiijrant

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servi sous Garibaldi, les autres ayant servi avec moi, envoyé à Bellinzona, où Ton nous garda dans une caserne, comme dangereux et pouvant violer la frontière.

Le projet ne continua pas moins d« marcher.

Les généraux Ascioni et d'Apice devaient partir de Lugâno, et se diriger surComo par la vallée dlntelvi.

Quant à moi, je devais pj^rtir de Bellinzona, traverser le passage du Jorio, un des plus élevés et des plus difflciles de }a ffontière, descendre sur le lac de Como et appeler les habitants aux armes. Après quoi, avec ma troupe, je me réunirais au^ deux généraux.

Comme nous étions gardés à vue, la chose était assez difflcile à exécuter.

Sur une hauteur dominant Bellinzona sont les ruines d*un vieux château ayant, autrefois, appartenu auxViseonti.

C'est là que j'avais fait déposer nos armes et les munitions que j'avais pu me procurer depuis.

J'avais en tout denx cent cinquante hommes. Je les divisai en huit ou dix bandes qui devaient, par plusieurs roules, et en évitant la surveillance des troupes, se réunir au château.

Contre toute attente, la chose réussit cpnaplétement.

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Chacun se trouva au rendez-vous sans avoir rencontré aucun empêchement; j'armai tout mon monde et me trouvai prêt à partir pour la montagne, c'est-à-dire à traverser la frontière.

Tout à coup, j'entendis battre la générale; les troupes se disposaient à marcher à ma poursuite.

Mais alors les habitants, qui m'avaient pris en grande amitié, se soulevèrent en ma faveur et menacèrent, si le tambour ne se taisait pas, de sonner le tocsin et de faire des barricades.

Délivré de ce souci, je donnai à mes hommes l'ordre de se mettre en marche; nous étions à la fin d'octobre, la bise soufflait et nous promettait une nuit de tempête.

Nous marcBàmes toute la nuit contre le vent, le visage fouetté par la neige. Le jour vint, et nous marchâmes tout le jour; il fallait traverser la cime couverte de neige du Jorio; l'hiver avait rendu les passages impraticables; nous les franchîmes cependant, avec la neige presque toujours jusqu'au-dessus des genoux, souvent jusqu'aux aisselles.

Après des peines infinies, nous arrivâmes enfin au sommet; mais, là, un ennemi plus terrible que tous ceux que nous avions vaincus jusqu'alors nous attendait : la tourmente.

£n un instant, nous fûmes complètement aveu-

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glés et nous ne vîmes plus à dix pas autour de nous. f

Je dis alors à mes hommes de se serrer les uns contl^e les autres, de marcher sur une seule file et de me suivre en avançant le plus vite possible. Trois restent en arrière, tombent pour ne plus se relever, sont ensevelis sous la neige et dorment, ou veillent peut-^tre, au sommet du Jorio.

Je marchais le premier, sans suivre aucune route tradée^ sans savoir où j'allais, me fiant à notre bonne fortune, quand tout à coup je m'arrête; le rocher manquait sous mes pieds; un pas de plus, je tombais dans le précipice I

Je fis faire halte, ordonnant que chacun restât à sa place jusqu'au jour.

Seul alors, avec un guide, je cherchai un chemin toute la nuit; à chaque instant, la terre, ou plutôt la neige, manquait sous nous, ou bien le pied nous glissait. C'est par miracle que ni l'un ni l'autre de nous deux ne fut enseveli — ou tué dans sa chute.

Enfin, au point du jour, nous arrivâmes près de quelques cabanes abandonnées. Cependant, comme elles offraient un abri, je voulus retourner vers mes hommes.

Mais alors les forces me manquèrent, et je tombai brisé par la fatigue et roidi par le froid.

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Moi) guide me ports^ dans un,e des cabanes, parvint à allumer du feu et me fit revenir à moi.

Pendant ce temps, |e bonheur voulut qup mes hommes suivissent le ïnôme chemii^ que j'avais ^uivi, de sorte que, deux heures s^près, ils D[i'avaieat rejoint.

Nous nous remtmes en routç et descendîmes à Gravedona, sur le lac de Como.

Arrivé % je pae mis, après une halte d'une demijournée, en marche pour rejoindre les deux génél*auî avec lesquels j'avais rende?- vous, et qui, pendant mon passage, avaient dû faire un soulèvement.

Mais les deux généraux, au lieu de battre les Autrichiens, avaient été battus, et j'allai donner de la tête contre la division Wohlgemulh, qui occupait déjà le val d'Intelvi, et contre des bateaux à yapeur pleins d'Autrichiens,

Alors, je pris un chemin de traverse, j'entrai dans le val Menaggio et j'occupai, à sqn extrépité, Portezzo, sur le lac de Lugar^o, me réservant, pour nia retraite, le val Cavarnia, qui aboutissait à la frontière suisse.

La pQsition était magnifique; j'étais en communication avec Lugano, d'où je pouvais recevoir des hommes et des munitions; mais personne ne vint me rejoindre, et j'y restai huit jours inutilement»

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AU bout de ce temps, les Àuirichlen^ If^oncentrèrent leurs forces et marchèrent Sur Portezzo. Je me i*etirai dans ie val Gayarnia^ et fis halte dans la montagne de San-Lucio, qui sépare la Lombardie de la Suisse. Je coinptais, si i*on m'attaquait, en faire autant qu*à San-Maffeo.

Mais il n'y eut que quelques cout)S de fusil échangés.

Deux de mes hommes moururent de leurs blessures.

Il n'y avait rien à faire; tous les passagfes étaient couverts de neige; Thiver devenait de plus en plus rigpureux; je rentrai en Suisse; je cachai mes fusils» et me cachai ensuite moi-môme.

Par malheur, j*élaîs plus difficile à cacher qu'un fusil, et, comme j'étais fort compromis, il s'agissait pour moi, non plus d'un sîtîiple internement, mais de la prison ; trop heureux si, une fois arrêté, les autorités suisses ne me livraient pas aux Autri* chiens.

Je résolus donc de faire tout ce que je pourtais pour rentrer en Piémont.

On me prêta une voiture pour sortir de Lùgano, Une fois sorti, j'eusse gagné Magadino; dé Magadino, je passais & Gênes, et, de Oênes, Dieu sait où.

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Je traversais donc Lugano en voiture, lorsqu'un chariot chargé de bois, qui obstruait la rue, m'ar- , réta. li fallait attendre qu'il fût déchaîné. J'attendis i en rongeant mon frein; mais, en ce moment, le commandant du bataillon fédéral passa. Il me reconnut, appela la garde, et me fit arrêter.

On me conduisit en prison; c'était le moins que je devais attendre.

Cependant il m'arrima mieux encore. Comme les principaux habitants de Lugano étaient tous mes amis, ils obtinrent que, au lieu de rester en prison, je serais conduit aux frontières sardes.

Je ne fis que traverser le Piémont. La Toscane était en république; je m'embarquai à Gènes, et je partis pour Florence. A Livourne, une dépêche télégraphique nous apprit que le grand-duc, trompant Montanelli par une maladie, venait de s'enfuir de Sienne et s'était réfugié à Porto-Ferrajo.

Aussitôt Guerazzi ordonna à la garde nationale de Livourne de s'embarquer, de poursuivre le duc et de l'arrêter.

Comme il signait cet ordre, on lui dit que j'étais arrivé à Livourne.

— Offrez-lui le commandement de l'expédition dit Guerazzi, et tâchez qu'il accepte.

Comme on le comprend bien, il ne fallut pas me

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prier fort ni longtemps; je me mis immédiatement aux ordres du gouvernement provisoire.

Nous nous embarquâmes à bord du Giglio et flmes voile pour 111e d'Elbe.

A peine élions-nous en mer, qu'on signala une frégate à vapeur. Était-elle française, anglaise, autrichienne? Nous n'en savions rien; mais la prudence défendait d'en approcher de trop près.

Je fis donc faire un détour au Giglio^ et, an lieu d'aborder directementà Livourne, j'abordai à Golfodi-Campo; je traversai l'île d'une traite, et j'arrivai à Porto-Ferrajo.

On n'avait pas vu le grand-duc.

L'expédition était finie.

Alors je revins k Florence, et j'y réorganisai librement les débris de ma colonne, que je renforçai de nouveaux volontaires ; car tout ce qui était réfugié à Florence voulait venir avec moi.

Pendant mon séjour à Florence, deux essais de réaction furent tentés, et je les comprimai.

Ua matin, le bruit se répandit que les Autrichiens entraient par la frontière de Modène; j'y courus avec mes hommes.

Il n'y avait rien.

Une troisième tentative de réaction réussit; le gouvernement du grand-duc fut rétabli, et, moi qui n. 7

avais été chargé de Tarrôter, je fas naturellement contraint de partir.

Outre ma légion, il y avait à Florence une légion polonaise parfaitement organisée; je lai ûs appel, elle me suivit.

Je traversai les Apennins, et descendis à Bologne.

J'y fus assez mai reçu par le gouvernement républicain, qui me traita de déserteur.

Le général Mezzacapo formait, à Bologne, une division destinée à marcher au secours de Rome. Il nous passe en revue, reconnaît que nous ne sommes pas des déserteurs, et fait de nous son avant-gardé.

Nous suivions la route de Foligno, de Narni et de Civita-Castellana. Arrivés là, nous appuyâmes sur la Sabine pour éviter les Français.

Nous entrâmes à Rome parla porte Sao-Giotanni.

Disons où en était Rome.

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Dans la matinée du 24 avril, Pavant-garde de la division française était arrivée devant le port de Civita-Vecchîa, et un aide de camp du général Oudinot était descendu à terre pour parlementer avec le préfet de la république romaine, Manucci. II lui dit que le but de Tînlervenlion française était de sauvegarder les intérêts matériels et moraux de la population romaine; que la France voulait, ennemie qu'elle était du despotisme et de l'anarchie, assurer àlltalieune sage liberté; qu'elle espérait trouver dans le peupie romain l'antique sympathie qui l'avait uni au peuple français, mais qu'en attendant, comme la flotte ne pouvait tenir la mer sans danger, un prompt permis de débarquement était nécessaire; dans le cas où ce permis serait refusé, le général français, à son grand regret, serait contraint d'employer la force. En outre, il devait prévenir la ville dé Civita-Yécchia que, dans le cas où un seul

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coup de fasil serait tiré , elle serait imposée à un million.

'. Et, ce disant, sans attendre de réponse do gouvernement de Rome, auquel Manucci voulait en référer, le général Oudinot désarmait le bataillon Metara, occupait le fort, fermait rimprimerie de la ville, mettait une sentinelle à la porte, et s'opposait au débarquement d'un corps de cinq cents Lombards.

Ces cinq cents Lombards étaient le bataillon de bersaglieri commandé par Manara, lequel, chassé de sa patrie, repoussé du Piémont, venait demander un tombeau à Rome.

Ce bataillon se composait de l'aristocratie lombarde, et venait se joindre aux défenseurs de la République.

Dandolo l'avoue lui-môme, dans son livre des Voloniaires et des Bersaglieri : ce n'était point par sympathie pour la cause des Romains, mais parce qu'il ne savciit plus à quel autre lieu du monde demander un asile. /

Les bersaglieri étaient arrivés deux jours après le général Oudinot; c'était alors le général qui donnait les permis de débarquement dont il s'était passé.

Henri Dandolo, descendant du doge du môme nom, portant comme l'historien, fils du célèbre

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vainqueur de Constantinople, le prénom de Henri, descendit deux fois à terre pour demander au général cette permission ; non-seulement elle lui fut refusée , mais Tordre positif lui fut donné de retourner en arrière.

H vint rapporter cette réponse à Manara, qui descendit à son tour pour voir s'il serait plus heureux • que son lieutenant.

Mais Manara ne fut pas plus heureux que Henri Dandolo.

— Vous êtes Lombard? lui demanda le général.

— Sans doute, répondit Manara.

— Eh bien, répliqua Oudinot, d*où vient que, étant Lombard, vous vous mêlez des affaires daRome?

— Vous vous en môlez bien, vous qui êtes Français, répondit Manara.

Puis, tournant le dos au général, il revint à bord.

Mais, lorsqu'on sut à bord que le général français s'opposait à la descente, l'exaspération fut à son comble.

On avait beaucoup souffert de la mer mauvaise et de l'entassement, depuis le départ de Gênes; bersaglieri et volontaires voulaient sauter à l'eau etgagner la côte à la nage, au risque de ce qui pourrait arriver.

Lorsque Manara vit que ses hommes étaient bien

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décidés à recourir à cette extrémité, il retourjEU^ m^ seconde fois près du général Oiidinot, jet, après une longue insistance, il obtint que le bataillon dé|)aiy puerait à Porto-d'Anzio.

Le général français exigeait d*abord que Maoara se tint loin de Rome, et tout à fait neutre jusqu'au 4 mai, époque où, disait-il, tout serait fini.

Mais Manara refusa.

— Général, répondit-il, je ne suis qu'un major au service de la république romaine, subordonné moi-môme au ministre et à mon général. Dépendant d'eux, je ne puis prendre un tel engagement.

M. Manucci crut alors, au nom du ministre de la guerre, devoir obtempérer aux conditions posées par le général Oudinot, et, moyennant cette promesse, les volontaires et les bersaglieri lombards purent le lendemain, 27 avril, au matin, débarquer à Porto-d'Anzio; ils partirent, le 28, pour Albano, et bivaquèrent dans la campagne de Rome.

. Pendant la nuit , arriva un ordre du général Joseph Avezzana, ministre de la guerre, qui, soit qu'il ignorât rengagement pris par M. Manucci au nom de Manara, soit qu'il n'en tînt pas compte, enjoignait aux bersaglieri de se mettre h l'instant môme en marche pour Rome.

Pendant la matinée du 29, au milieu des applaa-

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dissements d'une foule innombrable, ils firent leur entrée à Rome.

A la nouvelle de Tarrivée des Français à Givita- Vecchia, l'assemblée romaine s'était déclarée en permanence.

Alors, cette grave question s'agita :

Ouvrira-t-on les portes aux Français, ouopposerat-on la force à la force?

Le triumvir Armellini et beaucoup d'autres étaient d'avis que l'on reçût les Français en amis.

Mazzini, Cernuschi, Sterbini et la majorité voulaient qu'on se défendît énergiquement et jusqu'à la derpière extrémité.

Il fallait; avant tout, sauver l'bonneur, di^ saient-ilSf

L'Assemblée n'hésita point : le 26 avril, à deux heures de l'après-midi, le décret suivant fut voté ^ux applaudissements de Rome tout entière :

« Au nom de Dieu et du peuple,

» L'Assemblée , d'après la communication reçue par le triumvirat, lui remet entre les mains l'honneur de la République et le charge de repousser la force par la force. »

La résistance décrétée, Cernuschi, qui avait fait

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