‹ MémoiresChapitre 109 sur 168 · LETTRE XLIV · texte numérisé non relu

LETTRE XLIV

M Le Grand est fort satisfait de ce que j'ai • joint les compliments de M. de Bouillon aux vôtres. Il m'a chargé de lui en faire beaucoup de sa part, et surtout de vous assurer qu'en temps et lieu vous verrez des marques que c'est tout de bon quand il vous a protesté par moi qu'il étoit votre très-humble serviteur. Il est assuré maintenant du dessein que M. le Cardinal a eu de le perdre ; vous devez juger par là de ses intentions. Il se ménage fort avec la Reine , Monsieur et vous, et en use adroitement. Personne ne sait que je le vois; et, si la prospérité ne l'aveugle point, il est capable d'entreprendre quelque chose d'important. En tout cas, si l'on vous poursuit et que vous fussiez nécessité de vous défendre pour ne vous laisser pas opprimer, il est bon d'avoir un protecteur auprès du Roi , et un esprit ulcéré, qui pour son propre intérêt ne perdra pas d'occasion de détruire celui qui le veut perdre. Je sais bien que ceux qui ne l'aiment pas blâmeront son ingratitude, à cause que M. le Cardinal est son bienfaiteur; mais cela ne

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