‹ MémoiresChapitre 108 sur 168 · C'est une faute d'impression. Il faut lire Cinq-Mars · texte numérisé non relu

C'est une faute d'impression. Il faut lire Cinq-Mars

d'Alex, de Campion. 341

fort fièrement, nonobstant la qualité de prince. J'ai été témoin de tout ce procédé, que M. de Beauregard, à qui je l'ai conté, vous dira mot pour mot. La manière d'agir de ce jeune homme me fait croire qu'il est amibitieux, et que, si M. le Cardinal , qui l'établit pour en éloigner d'autres, le laissoit aller bien haut, il ne seroit pas si humble que ceux qui l'ont précédé. A tous hasards, je joue et je mange souvent avec lui, me persuadant que, si cette familiarité ne sert de rien, du moins elle ne pourra nuire. Je vous dirai demain le reste , quand j'aurai vu l'homme qui est tout à vous.

A Mouzon, ce 3 août 1639. •

AU MEME

LETTRE XLIL

M de Riquemont ' m'est venu voir au re- • tour de Saint-Germain, et m'a dit la joie que la Reine lui a témoignée d'avoir un dauphin. Elle ne doute point de la vôtre, et ses serviteurs sont dans un ravissement incroyable. Un des vôtres venoit de sortir d'auprès de mon lit, où, ayant longtemps raisonné ensemble sur cette miraculeuse naissance, qui doit réjouir tous les gens de bien , nous sommes convenus tous deux que la Reine n'aura pas plus de crédit auprès du

I. Faut-il lire d'Enriquemont, ou mieux encore d'Enrichemont? Ce seroit alors Maximilien-François de Béthune, prince d'Enrichemont , puis duc de Sully.

Roi pour cela, et que M. le Cardinal redoublera ses soins pour la rendre suspecte , joint à quelques autres raisons dont nous parlâmes le soir que je vous quittai , et dont j'ai bien appris du détail. Sitôt que ma fièvre tierce me pourra permettre de monter à cheval , j'espère vous en aller rendre compte ; mais, comme la fm de mon accès me donne quelque liberté de vous écrire , je prendrai celle de vous dire qu'encore que je sois assez bien instruit de vos intentions sur le sacrement, je ne laisse pas de témoigner à tous ceux qui m'en parlent ce que je crois conforme à leurs inclinations; et je pense que vous ne désagréerez pas, ayant l'honneur d'avoir votre secret ■ , que je laisse espérer à toutes les Princesses, et à ceux à qui elles appartiennent, que je m'imagine que votre inclination iroit pour elles si vous étiez libre : cela les conserve dans vos intérêts et leur faithair le ministre, qu'ils croient butter ailleurs à leur désavantage. Enfin vous me permettrez de vous dire qu'il faut que vous fassiez de vous comme le duc de Bourgogne faisoit de sa fille , c'est-à-dire vous faire espérer à toutes, et attendre le temps que vous pourrez

1 . Le secret de la liaison du prince avec madame de Guimené. Tallemant des Réaux raconte qu'en montrant le chevalier de Rohan, le prince de Guimené disoit : « Pour celui-là, on ne dira pas qu'il n'est pas prince. » a C'est, ajoute-t-il, qu'on trouva un billet de madame de Guimené à M. le Comte, où il y avoit : « Je vous mènerai votre fils. » ( Hlstoriettc de M. et Madame de Guimené.) La lettre soixantedixième d'Alexandre de Cam.pion est adressée à de Thou, à qui il envoie deux boîtes du comte de Boissons, contenant des lettres et un portrait de madame de Guimené.

d'Alex, de Campion. 345

parvenir à celle que vous aimez , auprès de qui vous serez fidèlement servi, sur ma parole.

A Paris, ce 8 septembre 1638 *.

Page 1