‹ MémoiresChapitre 130 sur 168 · LETTRE LXVII · texte numérisé non relu

LETTRE LXVII

J'ai reçu votre lettre datée du 1 6 août du camp devant Aire ■ ; je vous suis bien obligé de la continuation de vos bontés, et du déplaisir que vous témoignez de n'avoir pu venir à Lille afin que j'eusse l'honneur d'y recevoir vos commandements. Vous pouvez croire, Monseigneur, que, si j'avois pu aller au camp, je l'aurois fait; mais la nouvelle qu'apportèrent MM. de Valliquerville et de Saint-Ybalt du traité de M. de Bouillon avec le Roi me mit bientôt hors d'état d'y pouvoir penser, ayant été contraint de reprendre le chemin de Sedan, pour retourner en France en cas que je fusse compris dans le traité, ou pour ramener mon équipage s'il en étoit autrement. A présent que je prends le premier parti, je vous proteste. Monseigneur, que j'ai un extrême déplaisir que vous n'êtes pas de la partie, et de vous laisser dans le lieu où vous êtes, où j'ai peur que vous ne trouviez pas

I . Le duc de Guise étoit dans le camp des Espagnols qui assiégeoient Aire, et qui le reprirent peu de temps après.

^j6 Lettres

toute la satisfaction que vous méritez et que vous désire votre.

A Sedan, ce 22 août 1641.

Page 1