LETTRE LXXXIII
J'ai reçu la lettre que vous m'avez fait ThoRneur de m'écrire , datée du 19 juillet de Fribourg en Suisse, avec une autre pour mon frère, que je ne manquerai pas de lui faire tenir à Pile de Gersey. Je vous proteste, Monseigneur, que rien ne me pouvoit tant réjouir que la continuation des bontés que vous me témoignez. J'avois toujours bien cru que vous étiez incapable de parler au désavantage d'un homme qui a toujours eu un zèle très-particulier pour vous et pour toute votre maison , et qui n'a jamais fait que les actions d'un homme d'honneur; même que vous étiez trop généreux pour me dénier la même part que vous m'avez fait l'honneur de me promettre dans votre estime. Je sais bien. Monseigneur, que ce seroit trop demander si je ne regardois que le peu que je vaux; mais si je considère votre parole, à quoi vous êtes incapable de manquer, j'ose me le promettre certainement, outre les assurances que vous me faites la grâce de m'en donner par votre lettre, dont j'ai tout le ressentiment possible , et tel que le doit avoir votre.
A Vert, ce 17 d'août 1644.
I . Cette lettre et les six qui suivent se rapportent à l'accusation de trahison que la maison de Vendôme faisoit peser sur Alexandre de Campion à l'occasion de l'arrestation du duc de Beaufo?!.
d'Alex, de Campion. 599
a m. le duc de retz.