‹ MémoiresChapitre 148 sur 168 · LETTRE LXXXIV · texte numérisé non relu

LETTRE LXXXIV

Les divers témoignages que j'ai reçus de la bonté que vous avez eue pour moi depuis mes malheurs , et le dernier souvenir que vous en eûtes à Trye , qui me fut fidèlement rapporté par la Dame à qui vous l'adressâtes , me donnent la liberté de vous importuner de mes affaires , et me font espérer que vous n'aurez pas désagréable que je vous en entretienne. Vous verrez une amitié mal payée , et des patiences qui méritoient plus de reconnoissance ; mais je ne vous ennuierai pas du récit d'une chose de laquelle vous serez éclairci en partie par la copie d'une lettre tjue je vous envoie , et du reste par M. de la Pihalière ', auquel vous n'aurez pas de regret d'avoir donné créance quand vous saurez ce qu'il vaut. J'ose espérer de votre générosité que vous ne me dénierez ni votre conseil ni votre protection, avec celle de vos amis à la Cour, où j'aurois tort d'en espérer de grandes , après avoir perdu la plupart de celles que j'avois droit d'y prétendre pour l'amour d'une personne de qui le procédé me réduit au point d'en avoir besoin. Enfm, Monseigneur, vous ne sauriez obliger un homme plus injustement persécuté , ni plus reconnoissant ; que si votre générosité s'emploie pour moi , il me reste

I , Capitaine des gardes du maréchal de la Meilleraie.

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encore quelques amis qui vous seconderont lorsque vous prendrez les intérêts de votre. A Vert, ce 8 novembre 1648.

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