LETTRE LXXXV
Si je n^ai point recherché d'avoir commerce avec vous depuis mes disgrâces, je ne doute point que vous n'ayez attribué mon silence à la peur de vous embarrasser dans mes désordres , et non à la diminution du service et de l'amitié que je vous ai voués par inclination , et que je vous dois par reconnoissance ; du moins je me suis flatté jusqu'au point de me persuader d'être assez connu de vous pour en espérer cette justice. Mais à présent que les affaires ont changé de face , j'ai cru vous devoir renouveler les assurances de mon obéissance , et vous demander la continuation de l'amitié que vous m'avez fait l'honneur de me promettre ; de plus, comme j'ai la dernière confiance en votre sagesse et en votre bonté pour moi, j'ai été bien aise de vous écrire par une voie sûre, pour vous rendre compte de mes malheurs , et vous supplier de me mander vos sentimens , et de ne me pas dénier votre assistance pour m'en tirer. Vous en verrez le récit par un mémoire particulier que je vous envoie, sur lequel, Monsieur, je vous