Nicolas de Campion
414 Lettres
de la prison de MM. les Princes' , qui vous aura fort surpris, je suis bien aise de vous dire en peu de mots l'état de l'affaire que vous savez , sur laquelle ayant entretenu madame de Chevreuse à fond, elle est demeurée d'accord du tort de *''*2' mais elle a souhaité accommoder tout, et qu'il n'en fût plus parlé à l'avenir; ce qui a été promis de part et d'autre : de sorte que, cela étant réglé, vous pouvez songer à vos intérêts, et en user comme il vous plaira?. Quant à la prison de MM. les Princes, je vous dirai qu'elle ne m'a point surpris, et que j'avois donné des avis à M. de Longueville qui dévoient le faire songer à lui. Cependant j'en suis tout à fait fâché, tant par le service que je lui avois voué que par l'embarras où je me suis trouvé, n'y ayant à prendre que de deux partis l'un , celui de me remettre tout de bon auprès de la Reine, ou celui d'aller trouver madame de Longueville en Normandie, où elle s'est retirée. Le premier me sembloit plus utile , et l'autre plus honorable ; par l'un je voyois quelque jour à rétablir mes affaires et peut-être ma fortune , et par l'autre j'agissois en homme d'honneur et faisois voir la reconnoissance que j'avois des bontés que M. et madame de Longueville avoient eues pour moi; enfm je ne me trouvois obligé au premier que par la considération de mon intérêt, qui ne m'a
1. Le prince de Condé, le prince de Conti et le duc de Longueville furent arrêtés le i8 janvier 1650.