Le combat de Poligny fut livré le 18 juin i6j
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avoient fui se furent ralliées, la nuit vint, et obligea chacun de se tenir dans son poste , les deux armées croyant avoir eu du pire ; nous à cause que la plupart de notre aile droite avoit été en déroute , et les ennemis parce que nous avions emporté les retranchemens de la leur et pris trois pièces de canon. La nuit, il arriva une chose qui n'a guère d'exemple : c'est que le duc de Lorraine, faisant prendre les devants à son artillerie, car il n'avoit point amené de bagage non plus que nous, se retira à Salins, et que le duc de Longueville, en même temps, faisant repasser les bois à son armée, retournoit au lieu d'où il étoit venu ; les deux généraux pensoient avoir eu du désavantage. Le lendemain le reste de nos troupes arriva, et nous eûmes l'avis de la retraite des ennemis; ce qui nous fit retourner au champ de bataille, et nous rendit maître des morts , montant de notre côté à cinq ou six cents, et de celui des ennemis à près de mille. Ce retour, joint aux trois pièces de canon que nous avions gagnées, nous donna l'honneur du combat.
Le duc de Longueville , se voyant fortifié de trois mille hommes , alla assiéger Poligni , où l'on fit brèche au bout de quatre jours. Les assiégés attendirent l'assaut à leur ordinaire. Troisville, notre major, monta le premier à la brèche, qui fut forcée. Renti', capitaine dans notre régiment , y eut une mousquetade dans le corps, et la Fonds-, lieutenant, une dans l'épaule.
1 . La Gazette le nomme parmi ceux qui se distinguèrent au siège de Tortone en 1642.