‹ MémoiresChapitre 65 sur 168 · Charles-Henri Du Tôt, lieutenant général du 10 juillet · texte numérisé non relu

Charles-Henri Du Tôt, lieutenant général du 10 juillet

Année 1652. 257

Vaches ', pour empêcher les secours, qui nepouvoient venir que du côté de Sainte-Ménehould. Le maréchal de la Ferté demeura pour commander au siège, qui dura quinze jours. J'entroisen garde avec notre régiment tous les quatre jours. Nous n'eûmes qu'un enseigne blessé et quelques soldats tués , les ennemis ne faisant nulles sorties. Sitôt qu'il y eut brèche raisonnable, ils capitulèrent, et rendirent la place.

Pendant ce siège, le cardinal Mazarin, qui ètoit sorti de France pour la seconde fois afin de faire cesser le prétexte des révoltes , que l'on publioit n'être que pour l'ôter du ministère ', sachant le prince de Condé hors du royaume , se rendit avec ses nièces à Sedan, oh le sieur de Fabert y, sa créature et gouverneur, le reçut comme il y étoit obligé ; mais lorsqu'il apprit que nous étions maîtres de la campagne , il résolut de venir à l'armée, afin d'avoir la gloire de la reprise de toutes les places que l'on attaqueroit. Il arriva au commencement du siège de Bar, et tous les commandans des corps le furent saluer à un château où il s'étoit logé, à demi-lieue de la ville. J'allai le voir, accompagné de la plupart des capitaines de notre régiment; il me reçut avec des civilités non pareilles pour le duc de Longueville, pour le corps et pour moi, sans témoigner s'il me reconnoissoit pour celui qu'il avoit eu autrefois tant d'envie de faire prendre. Il avoit

1 . village de la Franche-Comté , au diocèse de Besançon , aujourd'hui canton deConliège, arrond. de Lons-le-Saulnier.

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