‹ MémoiresChapitre 84 sur 168 · LETTRE XV · texte numérisé non relu

LETTRE XV

Après la prise de la Capelle 2 les ennemis investirent Guise, comme on se l'étoit imaginé; mais le voyant muni d'une partie de notre infanterie, ils eurent peur que cette place, quoique mauvaise, ne les arrêtât trop longtemps, de sorte qu^ils furent droit au Câtelet, qu'ils ont assiégé : M. le Comte ayant été en personne avec ce qu^il avoit de troupes munir Saint-Quentin , qu'on craignoit qu'ils ne voulussent attaquer, il avoit

1 . Oaave Piccolomini , général en chef des armées espagnoles en 1643 et feld-m.aréchal de l'Empire en 1648.

2. Investie à la fin de juin, La Capelle fut prise le 9 juillet.

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résolu de séjourner encore ici quelque temps , pour rassembler toutes les troupes et pour aller dans huit jours à Péronne , afm d'observer la marche des ennemis après la prise du Càtelet, qu'on ne croit pas devoir tenir longtemps ' ; mais M. de Voisinet , un des gentilshommes de M. d'Elbeuf, ayant été pris avec un parti des ennemis, a été amené ici, où M. de Bellejambe, intendant de justice, lui fait son procès par ordre de M. le Cardinal. M. delà Frette m'a écrit pressamment, comme à son proche parent et à son bon ami, pour contribuera le tirer de cette méchante affaire, s'il y a moyen ; à quoi je travaille de tout mon cœur, tant pour l'amour de lui qu'à cause qu'il y a grand plaisir à obliger un brave homme comme celui-là : nous en conférâmes hier, M. de Saint-Ybalt et moi, avec M. le maréchal de Brezay, qui nous dit que ses sollicitations n'y feroient rien : de sorte que nous conclûmes qu'il falloit faire déloger l'armée et emmener M. de Bellejambe, sans l'avertir qu'une heure auparavant ; ce que M. le Comte nous vient de promettre bien obligeamment, disant qu'il aurait joie de sauver la vie à ce gentilhomme , quoiqu'il fût à M. d'Elbeuf, qu'il tenoit pour son ennemi. De sorte que nous irons aujourd'hui coucher à Rouy, près Nesle. A La Fère, ce 17 juillet 1636.

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