‹ MémoiresChapitre 22 sur 23 · SEIGICEUR DE TAY AUNES · texte numérisé non relu

SEIGICEUR DE TAY AUNES

querelle, et que nulle des quatre ne doit estre levée, ny retardée en façon que ce soit, si ce n'est paFla force ou par la voye amiable, aussi pour éviter la defiaveur que la moindre apporteroit si elle estoit abandonnée. Voilà quant à l'entrepil-ise qu'ils^ient estre si mal oonsidérée. ^ . , .

Et si cependant ceux de dehors (il s'entend les protestans) vouloient encores envoyer quelques secours. Sa Majesté, avec ce qu'elle aura peu arrester deTopces en Allemagne, aussi la gendarmerie qui repose ^ quelque renfort de Suisses, et ce qui se pourra tirer des susdicts quatre endroicts, se trouvera au pis aller une belle et grande armée de bonne heure debout pour les aller combattre jusqiles près le Rhin, ou sur l'advenue qu'ils prendront. Et semble, sauf meilleur advis, que les choses sont peu à craindre, si ce n'est que le duc d'Albe vienne à faire la paix, d'autant que la faveur du prince d'Orange pourra porter partie de ses forces en France, lesquelles ne sont assez suffisantes pour les se* parer en France et Flandres s'ils ne veulent estre batus.

Si toutes leurs forces vont audict Flandres, comme il est à présumer, le duc d'Albe et les Pays-Bas ne peuvent estre vaincus ny conquis en une saison durant laquelle Sa AJajesté fera ses affaires. Aussi s'il leur faict teste, et qu'il les contraigne, comme il a accoustumé, sortir hors dudict pays, et ils prennent le chemin de France, la susdicte armée du* Boy les pourra aller rencontrer; et, les trouvant jà harassez, il y a grande apparence de leur ruine. Aussi est nécessaire que Sa Majesté poursuive de nettoyer son Estatpèndant qu'ils seront occupez ailleurs. Et si le duc d'Albe faict la paix, faudra aussi regarder de prendre party.

4^8 GUIL» DE SAULX, SEIGNEUR DE TÀVANlfES.

Cependant Ton en peut tousjours bien parler, d'autant que si lesdicts rebelles vouloient venir à la raison Sa Majesté demeuras! le maistre, sans toutefois perdre une seule heure de temps à s'aider de la force, ayec toutes les diligences extrêmes dequoy l'on se pourra adviser, attendant sçavoir les deportemens du dehors; car aussi bien est-ce tousjours tenir gens ensemble, et prests; où neantmoins il ne faut oublier de négocier vifvement, afin de leur oster l'impression et divertir leurs mauvaises entreprises, mesme de l'Allemagne^ si faire se peut.

FIN DES MÉMOIRES DE GUILLAUME DE TAYAlfUTES.

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