MUSIQUE ET DANSE
lemeut employées à cet usage sont le miro et le cale dont je parlerai ailleurs. Ils prennent le cale par le milieu, et en en frappant les extrémités contre le miro^ ils savent en tirer une série de coups fréquemment répétés, avec lesquels ils accompagnent assez agréablement leurs chants et règlent le pas des danses.
1 1 ; U Australien aime la danse à F égal de la musique, et il est bien rare qu'en chantant une chanson il ne la termine pas par la danse, surtout lorsqu'ils se trouvent plusieurs ensemble. A certaines époques ils annoncent à jour fixe, et en un lieu désigné, une grande danse à laquelle se rendent les sauvages des forêts les plus éloignées. Une fois réunis au lieu indiqué, en certains cas au nombre de trois ou quatre cents, la fête commence par une bruyante chasse au kanguroo: après cette chasse, lorsqu'ils ont fait un repas en commun avec la chair du kanguroo et autres gibiers, ils se décorent la peau de diverses couleurs, ils ornent leur tête avec des plumes de perroquets de différentes espèces , des plumes d'émou, des queues de dingo et autres ornements de ce genre. Le lieu de la fête, qui est choisi par le directeur ou chorégraphe, doit être un terrain égal, non pierreux: et toute herbe, toute racine qui s'y trouve, est soigneusement arrachée et jetée au loin. On allume des feux tout autour, parce que la danse a lieu de nuit. Lorsque tout est prêt, le directeur avec tous les danseurs, se dirige vers le lieu indiqué, et là il donne connaissance des opérations ou figures à exécuter. Rangés sur une seule ligne, le directeur en tête, alors que celui-ci commence ses mouvements avec différents gestes des bras, des jambes et diverses contorsions de corps, tous les autres décrivant un cercle ou autre figure, imitent exactement le chorégraphe. Ils marquent la mesure , en frappant la terre du pied , et à chaque second coup de pied^ qu'ils battent plus for-
tement , ils font entendre avec la voix des sons entrecoupés et fortement accentués, comme a, ay a, a, iy i, /, ifCjej e, ô, et ainsi de suite, jusqu'à ce que la danse soit terminée par un o bas et prolongé , suivi d'un i trèsaigu. Après quelque repos ils se rangent de nouveau dans le même ordre pour la seconde, la troisième, la quatrième figure, ete. , et ces figures consistent dans les diverses positions du corps, car ils dansent quelquefois le corps droit, d'autres fois courbés, d'autres fois agenouillés. Les mouvements des bras sont assez variés , et tous à point nommé exécutent identiquement les mêmes. Souvent ils portent en main des rameaux verts, les agitant et décrivant en l'air diverses figures ; ou bien tenant ime de leurs armes, particulièrement le ghiciy et imitant les mouvements de la chasse ou de la guerre, tantôt se prenant par la main et formant des cercles, tantôt se rencontrant pour s'entrefrapper dans la paume de la main.
Les femmes n'ont jamais aucune part à la danse ; elles y assistent seulement comme spectatrices et prennent soin des feux. Néanmoins à environ 60 milles, vers l'est de la mission , ils ont coutume de placer au milieu du cercle de danse de jeunes filles , qui tantôt se tiennent embrassées les unes les autres, tantôt se tiennent à genoux et courbées vers la terre.
La danse terminée chacun se retire à son feu, et louant ou blâmant le succès du spectacle , ils prolongent leurs entretiens jusqu'à ce que le sommeil les [prenne. Ainsi, chassant le jour, dansant la nuit, ils passent six et même huit jours. Mais il est très-rare que dans ces circonstances il ne s'élève pas parmi eux quelque contestation et quelque rixe : aussi presque toujours ces fêtes se terminentrcUes par un dénoûment lugubre. Dans une de ces fêtes fut tué en trahison un pauvre sauvage, qui, fuyant toutes les occasions