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donnés avec le sang-froid du vieux temps (Australian Gazette du 25 mars 1854). »
Quoi qu'il en soit de ces affligeantes récidives, nous estimons que lelivre du R. P. Salvado doit suffire comme énergique protestation contre tous ces crimes de lèse-humanité. La cause de la race aus< tralienne est assez éloquemment plaidée par les Mémoires.
A ce mérite fondamendal qui caractérise la principale intention de l'auteur, ce livre réunit bon nombre de mérites accessoires. Ceux qui ne recherchent qu'une récréation honnête dans leurs lectures pourront tout à la fois et se distraire et s'édifier. Ceux qui aiment les contrastes saisissants et les nouveautés paradoxales, en rencontreront presque à chaque page. Surtout on ne devra pas assimiler le livre du R. P. Salvado à ces relations de voyageurs français et anglais qui n'ont vu de l'Australie que les côtes, et des naturels australiens que les malheureuses victimes de la dépravation européenne. Le R. P. Salvado parle de ce qu'il a vu et observé. Il n'a pas eu besoin de recourir au fabuleux pour aviver l'intérêt. Les amateurs de la faune et de \Si flore australienne trouveront de quoi satisfaire leurs goûts, quoique le R. P. Salvado ait dû parler presque exclusivement de l'Australie occidentale.
Plus d'un savant chrétien puisera dans ce livre de solides réponses à de frivoles hypothèses. Il sera permis de rire, et le rire sera de bon goût, aux dépens des naturalistes qui, comme Rlumenbach, frappés des anomalies et des bizarreries apparentes que présentent divers phénomènes de la nature en Australie, ne purent se persuader que la formation de cette terre dût remonter à la création du globe , et crurent nécessaire pour expliquer son existence de recourir à la supposition de quelque comète égarée qui serait venue se perdre dans les mers du sud. On s'étonnera de voir un homme aussi intelligent que l'ornithologiste anglais M. Gould chercher dans la géologie et dans la faune de l'Australie, de prétendues preuves à l'appui d'une sorte de création successive et du développement progressif des organisations animales et botaniques. Les vrais savants ne chercheront qu'à compléter le riche inventaire des merveilles de la nature, et à constater, ici comme partout, la variété dans l'unité.
Rien ne les forcera de regarder les animaux de l'Australie, comme placés à un degré plus bas dans l'échelle de la création. Ils pourront même soupçonner qu'il y a connivence entre ceux qui imaginent d'après leurs courtes vues des créations multiples, et ceux qui ne
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reconnaissent pas aux malheureux indigènes les mêmes droits qu*à des Européens.
Terminons, de peur d'être diffus. Peut-être avons-nous dépassé déjà les bornes assignées à un traducteur dans une simple préface. Nous devrions avoir hâte de présenter quelque apologie en faveur d'une sorte d'usurpation qui nous a été conseillée.
Voici le fait : Nous avons renvoyé à la fin du volume, sous le titre d' Appendice, sept chapitres que l'auteur avait placés en tête de son livre. Nous avons supprimé une esquisse préliminaire sur l'Océanie en général ; nous n'en avons retenu que quelques détails géographiques, et nous les avons annexés au chapitre de l'appendice sur la géographie. Nous avons aussi supprimé dans le cours de l'ouvrage quelques courts paragraphes qui faisaient double emploi. Sauf ces légères modifications, nous nous sommes partout renfermés dans la fidélité rigoureuse de la traduction littérale. Nous croyons même pouvoir dire, sans amour-propre, que nous avons fait pour remplir le devoir de traducteur scrupuleux, des efforts dont les hommes du métier pourront nous tenir compte. Quant à V Histoire de la découverte de l'or, qu'il nous a semblé indispensable d'ajouter au livre dans les circonstances présentes, nous avons droit à quelque indulgence; aucune histoire de ce genre n'a encore été publiée dans la langue de notre pays, et nous avions à parler de choses qui ne. nous sont connues que par des récits non encore suffisamment pesés au tribunal de la critique.
Nota. Nous n'avons eu aucune nouvelle directe du R. P. Salvado depuis l'époque où en novembre 1852 il se disposait à repartir d'Europe pour l'Australie. Nous avons su depuis qu'il a été longtemps arrêté dans son voyage par diverses causes et surtout par les temps contraires, en sorte qu'après avoir séjourné à Cadix plusieurs mois, il n'a pu arriver dans la colonie de Swan-River qu'en octobre 1 853. Nous avons su par les journaux de Perth qu'il y était arrivé avec plus de quarante prêtres ou religieux et novices. La mission de la Nouvelle-Nursie a donc été pendant près de deux ans dirigée seulement par un prêtre accompagné de cinq ou six frères bénédictins. La petite colonie n'a pas cessé de s'occuper d'agriculture ^ d'élève du bétail, au profit des sauvages. En sorte qu'avec le supplément de secours qu'a dû amener le R. P. Salvado, et grâce aussi aux allocations de l'œuvre de la Propagation de la foi, il y a tout lieu d'espérer que le monde austral possédera un nouveau Paraguay. La