MOEURS DOMESTIQUES
Tenfant qui présente quelque défectuosité est mis à mort aussitôt après sa naissance, comme c'était autrefois l'usage chez les Spartiates. Quant aux aliénés, sHls ne sont pas tués au moment de leur naissance, c'est par l'impossibilité de les reconnaître à cette époque, mais ils le seront plus tard, parce que leurs extravagances ne pourraient être souffertes de ceux qui ne comprennent pas cette infirmité.
La terrible destinée de la troisième fille est de périr de la main de sa propre mère^ et ils en donnent pour raison qu^il ne convient pas de laisser se multiplier les femmes. La seconde fille elle-même est mise à mort, si l'enfantement a été laborieux^ ou si l'enfant donne trop de mal à apaiser. Les mères consomment ces actes de barbarie ou en compagnie^ ou seules, et, souvent après qu'elles ont tué une seconde fille, elles disent qu'elle a été tuée par un BogUa et lai donnent tranquillement la sépulture. Lorsqu'elles manifestent rintention de la tuer en présence de plusieurs au*tres femmes , il arrive plus d'une fois que quelqu'une de celles-'ci, plutôt que de laisser commettre Finfanticide, adopte Tenfant. J'ai connu plus d'une de ces femmes ati cœur plein de bonté et de philanthropie, et aussi plusieurs petites filles sauvées par elles d'une mort certaine. La mère d'Upuméra est du a^nbre des premières^ et Cùchina, dont j'ai eu occasion de parler dans la deuxième partie, est du nombre des secondes.
4. Elles aiment d'ailleurs éperdûment leurs fils et aussi celles de leurs filles qui ont échappé à la mort* S'il arrive que quelqu'un de leurs enfants s'éveille en sursaut ou se fasse du mal, ses gémissements sont couverts par ceux de la mère, qui ne se donne aucun repos jusqu'à ce qu'elle ait trouvé le moyen de guérison, q^telqu^ fatigue quMl doive lui en coûter. Elles nourrissent avec soin leurs petits enfants et les veulent toujours propres et bien
tenus, autant que le permet leur position. Elles les allaitent pendant plus de quatre ans; aussi n'esl-il pas rare de voir de petits garçons jouer et faire des armes avec leurs petits ghicisj et puis courir se restaurer au sein de leur mère, qui souvent allaite ainsi deux enfants à la fois. J'ai vu des enfants de six ans prendre encore le sein, et les mères non-seulement s'y prêter, mais les caresser et se priver des meilleurs morceaux pour les leur donner. De là vient que les enfants, tant de l'un que de l'autre sexe, sont bien nourris , forts , robustes et bien conformés de tous leurs membres.
5. On ne peut s'empêcher de déclarer blâmable la déférence des pères pour les enfants. Quelque faute que les enfants commettent , ils ne les châtient jamais, déclarant qu'ils ne comprennent pas pour quelle raison il conviendrait de les châtier à cet âge. Si un petit garçon veut obtenir quelque chose du père ou de la mère , il se met à pleurer, à les mordre, à les battre, jusqu'à ce qu'il obtienne ce qu'il veut. Toute la punition que les pères infligent à leurs enfants désobéissants , c'est une fâcherie plus ou moins remarquée par eux, et cela encore après leur avoir accordé tout ce qu'ils demandent. Ne semble-t-il pas que ce soit absolument la même éducation que donnent les pères à leurs enfants dans certaines sociétés qui se glorifient de leur haute civilisation? J'en fais juge le lecteur.
D'ailleurs c'est le père qui prépare pour son fils des armes proportionnées à son âge ; il se plaît à lui en apprendre le maniement ; il le baise avec tendresse , mais au rebours des Européens , c'est-à-dire en exsufflant au lieu d'aspirer l'air. Pour tout l'or du monde un sauvage ne donnerait pas son fils n'importe à qui que ce soit.
Quelques-uns font un reproche aux Australiens de ce qu'ils ne confient pas leurs enfants aux colons, pour être