CHAPITRE PREMIER
4 . Entre rAmérique méridionale et l'Afrique, entre TAsie et l'océan (jrlacial du sud ou antarctique, est située VOcéanie. C'est le géographe Malte-Brun qui le premier désigna sous ce nom la cinquième partie du monde. Elle comprend une multitude presque innombrable d'Iles éparses dans cet espace immense de mers que Ton désigne sous le titre d'océan Indien, ou mer des Indes, et d'océan Pacifique.
Lalargeur derOcéanieestde2,375lieues,calculées à raison de 25 au degré; sa longueur est de 4,650. Les géographes ont évalué sa superficie à huit millions de milles carrés» c'est-à-dire au double de la superficie de rfeurope.
Les Français divisent cette vaste région en quatre parties, savoir : la Polynésie, la Micronésie, la Malaisie et la Mélanésie. Mais nous suivrons les Anglais^ et nous la diviserons en trois groupes, savoir : Yarchipel IndieUf VAustralasie et la Polynésie.
L'archipel Indien se compose des lies de la Sonde, c'est-à-dire Sumatra, Java et Bornéo ; des Moluques, parmi lesquelles il faut compter les Célèbes, Céram et autres lies voisines ; enfin des Philippines.
L'AusTRALASiE comprend TAustralie ou Nouvelle-Hollande, l'Ue de Van-Diéipen ou Tasmanie, la Nouvelle-Zélande, la Nouvelle-Bretagne, la Nouvelle-Irlande, la Nouvelle-Calédonie, les Nouvelles-Hébrides, les îles de Salomon, Tlle de Norfolk, et beaucoup d'autres de moindre importance éparses parmi celles que nous venons de nommer*
Enfin, la Polynésie renferme les lies de Pelew, les lies Carolines, les lies Mariannes, les lies de Sandwich, les Marquises, celles de la Société, des Navigateurs, des Amis, et un nombre infini d'Ilots entremêlés et semés au milieu des principaux groupes.
2. L'Australie ou Nouvelle-Hollande est, à raison de sa grande étendue, considérée par les géographes comme le continent de la cinquième partie du monde ou de l'Océanie.
Les limites de l'Australie sont entre les 11** et 39° de latitude méridionale, et entre les MS*» et 154" de longitude est, à partir du méridien de Oreenwich, en Angleterre.
Du nord au sud, elle a 1,680 milleà de largeur (environ 'ÎOO lieues); de
Test à l'ouest , elle a 2,460 milles de longueur (environ 1 ,000 lieues) et 8,000 milles de circuit (environ 3,333 lieues). Sa superficie n'est guère moindre que celle de l'Europe et peut aller à trois millions de millos carrés (plus de 640,000 lieues)
3. L'Australie est baignée à l'est par l'océan Pacifique, dans lequel, à une distance de 900 milles (environ 375 lieues), se trouve la Nouvelle- Calédonie (a), et un peu plus loin, vers le sud, la Nouvelle-Zélande.
La distance qui la sépare de l'Angleterre est de \ 6,000 milles. On met un peu moins de quatre mois dans la traversée avec des bâtiments voiliers, vu que la longueur du trajet ne permet pas l'emploi des vapeurs (6).
A l'ouest, se déroule l'océan Indien, jusqu'aux rivages de T Afrique. La traversée entre cette dernière et l'Australie, pourvu qu'elle soit heureuse, est de quarante jours. Du côté du nord se trouve l'archipel Indien, et ensuite les lies de l'empire du Japon ainsi que de la Chine. Au sud, se présente le Grand-Océan austral , qui s'étend jusqu'au pôle antarctique, et depuis l'Afrique jusqu'à l'Amérique.
4. L'Australie est entourée d'une multitude d'îles de diverses dimeii* sions qui sont considérées comme ses dépendances. Les plus importantes sont celles de Galles-Wellesley, Groote , Melville , Bathurst au nord; de Dampier, Barrow, Dirk-Hartog, Abrolhos, Rottenest et
(a) Un intérêt particulier se rattache maintenant pour la France à la Nouvelle- Calédonie, depuis que le 23 septembre i 853 Tamiral Fabvier-Despointes, monté sur le steamer de guerre /e Phoque ^ en a pris possession au nom du gouvernement français. La Nouvelle-Calédonie est un groupe d*iles situées eutre le 22^ et le Sd'^de latitude sud. L'île principale a environ 70 lieues de long sur 1 5 de large. Des missionnaires fran* çais y sont établis depuis plusieurs années. Les naturels étaient cannibales et le sont encore là où ne peut s'étendre Tinfluence des missionnaires. ]je sol de la Nouvelle- Calédonie offre, dit-on, plus de ressources que celui de T Australie. On y a le yam en abondance, le cocotier, des racines, des canards et des oiseaux plus variés. Le pays est montagneux et divisé en vallées d*une fertilité étonnante. On assure qu'il y existe des mines d'or ; du moins on le conclut de ce que l'on y découvre de laràet régions granitiques accompagnées de terrains quartzeux et micacés. Mais les mis voient dans cette éventualité un heureux augure, les autres y ont vu un désastre, et on a énergiquement formulé ce vœu : « Fasse le ciel que la Nouvelle-Calédonie soit veuve de ce métal qui fait pencher les fronts sur le sol avec une avidité déln Tante I » Nous remarquerons que la distance indiquée par l'auteur entre la Nouvelle- Calédonie et l'Australie est sans doute la distance par rapport à Sydney, En ligne directe la Nouvelle-Calédonie n'est qu'à environ 250 lieues des côtes australiennes.
{b) Les choses sont bien changées depuis l'époque où le R. P. Salvado termi-^ naît ses mémoires en 1850. Avant la fin de l'année 1858, le bâtiment le Marco-- Polo avait, eu 12 mois, effectué quatre traversées, deux fois l'aller et le retour, ce qui ne s'était pas vu jusque-là. Enfin nous apprenons en 1854 que les vapeurs le Grtal Biitain, VJrgo et^Ie f^ictoria ont fait la traversée eu G j jouis.
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Garden à l'ouest ; de là Recherche, de Nuyts, des Kanguroos, du Roi ou King, de Furneaux, de Van-Diétnen ouTasmanie au sud; enfin, à Test, celles de Northumberland/.Gumberland, Sandy, Morelon, Stradbroke et Albion.
5. L'Australie est séparée au nord d*ayec la Nouvelle-Guinée par le détroit de Torrès, qui a une étendue de plus de 400 milles, et au sud, d*avec rile de Van-Diémen, par le détroit de Bass, dont on évalue la largeur à 420 milles.
6. Les golfes les plus remarquables sont, au nord, ceux de Cambridge, de TAmirauté, de Van-Diémen, et surtout celui de Garpentarie, qui a 390 milles de longueur sur une largeur de 4 30 milles ; au sud, ceux de Spencer et de Saint-Vincent. A Fouest, se trouvent les baies connues sous les noms deScharks-Bay, de Champion, de Jurien et du Géographe ; au sud, celles de Steaford» d*Encounter et Portland ; enfin, à Test, celles qui portent les noms de Botany-Bay, Glass-House et Hervey.
7. Le long des côtes s'ouvrent aux navigateurs un grand nombre de ports naturels des plus sûrs. Au premier rang est le port Jackson, qui est celui de la capitale, Sydney. Il pourrait contenir et abriter, contre la furie des vents et des tempêtes, les flottes du monde entier. Les ports de Macquarie et de Stéphen sont comme celui de Jackson sur la côte orientale. Au sud, on trouve ceux qui portent les noms de Port-Phillip, Western, Faire, Gower et King-George's -Sound; enfin, au nord, Essington ou Port-Victoria.
8. On regarde comme les principaux caps ceux de York, Talbot et rÉvèque au nord ; ceux de Nord- West, du Naturaliste et de Leeuwin à l'ouest; ceux de Knab, de Catastrophe, de Nelson et de Liptrap au sud; enfin, les caps Howe, Byron, Sandy, Flaltery et Tribulation à l'est.
9. L'Australie sur les côtes méridionales ne présente qu'un seul promontoire, celui de Wilson, à l' opposite de l'île de Van-Diémen.
40. Les montagnes de l'Australie, inférieures en hauteur à celles de l'Asie et à celles qui tiennent le premier rang en Europe, forment plusieurs chaînes. Les plus considérables connues jusqu'à présent, sont d'abord la chaîne des montagnes occidentales, ou de Darling, qui court du nord au sud, dans une étendue de 400 milles. Dans cette chaîne aucune montagne ne s'élève généralement à plus de 4 500 pieds, excepté pourtant le sommet des monts Wilham et Keat , qui atteignent une hauteur de 3500 pieds. Se dirigeant du nord au sud, elle suit les côtes en ligne parallèle, à la distance d'environ tO milles. La chaîne orientale dite des Montagnes- Bleues, s'élève rarement de plus de 6700 pieds au-dessus du niveau de la mer. Comme celle de Darling à l'ouest , la chaîne orientale domine parallèlement les côtes, à la dislance de 30 milles, ou peut-être d'un peu moins.
Les montagnes dites les Pyrénées australes , forment au sud une chaîne considérable dont les sommets sont visibles en mer à une distance d'environ 90 milles ; ce qui ferait supposer que leur plus grande hauteur ne devrait pas être de moins de 8000 pieds. Ces montagnes , dont la croupe toujours couverte de neige est d*une blancheur éclatante, se lient à une autre chaîne de montagnes , dites les Alpes australiennes , qui courent dans la direction du nord-est pour aller rejoindre les Montagnes-Bleues et compléter à Test le système orographique de TAustralie.
44. Quoiqu'on ait recueilli des pierres ponces en assez grande quantité sur divers points de TAustralie , qu'on y ait observé des montagnes volcaniques, et qu*on y ait même découvert de grands courants de lave, il n'est pourtant pas constaté jusqu'ici qu'il y ait dans tout ce vaste continent un seul volcan en activité. En 4848, on découvrit dans le voisinage du fleuve Hunter, par 34<>54' de latitude sud , et par 448o36' de longitude est, la colline ardente appelée par les sauvages wigbn , mot qui en leur langue veut dire peu. La combustion de cette colline s'étend sur un espace as^ peu considérable. La flamme bleuâtre et légère sort par des trous et des crevasses dont la plus grande largeur est de trois pieds anglais. Des flammes rouges apparaissent à une profondeur d'environ vingt pieds; on n'aperçoit aucune trace d'altération notable vers l'orifice de ces fissures flamboyantes ; et comme on trouve beaucoup de grands arbres qui prospèrent sur le versant opposé où l'on peut constater que l'incendie a aussi existé autrefois, c'est une preuve que ce feu y exerça son activité à une époque assez éloignée.
Il est remarquable que la colline la plus rapprochée de celle qui vomit des flammes , est formée d'une sorte de basalte dont les grains ont de la ressemblance avec l'olivine ; et sur une colline encore plus élevée on trouve des roches de pierres ferrugineuses. Un petit monticule qui unit les deux collines les plus élevées, et dans le voisinage de l'endroit où existe l'incendie, semble formé de roches de trapp, et est comme parsemé d'agathes.
Plusieurs ont pensé que le feu de la colline de Wigen était l'effet d'un volcan ; mais cette combustion parait ôtre l'effet de toute autre cause que d'aucune action volcanique ; et elle n'en est que plus extraordinaire. Ce phénomène semble être du même genre que celui de Holwort, colline située dans le voisinage de Weymouth, et dont Buckland et de la Bêche ont dit : « Il est probable que dans chacun de ces « cas l'eau de pluie agissant sur les pirites ferrugineuses, a mis le feu « à la couche de bitume ; laquelle ainsi enflammée à continué de brûler « jusqu'à présent et peut brûler encore pendant une longue série d'années. > On peut expliquer de la même manière le feu de la colline de Wigen.
\ 2. On a cru pendant longtemps que T Australie ne possédait pas de rivières proprement dites , parce que après en avoir exploré les côtes on Q'y avait découvert que le lit de quelques cours d*eau assez chétifs, bientôt absorbés par les sables brûlants dans les piois d'éié. Cette idée était epppre confirmée par le caractère singulier de ces cours d'eau, l^squdç descendant avec rapidité des montagnes où Us prennent leurs sources, versf une contrée basse et en plaine, et n'y étant point grossis par des tributaires capables de leur donner plus de force et de volume, vont se perdre tout d'un coup dans les sables, ou forment des marais, à l'exemple des ççurs d'eau du nord de l'Afrique. Mais de plus récentes découvertes ont fait connaître l'existence de fleuves assez remarquables, quoique de beaucoup inférieurs au Mississipi de l'Amérique septentrionale , et au fleuve des Amazones, ou même encore aux plus grands fleuves d'Europe. Je cite- T9\ seulement parmi les principaux, le Murray, qui est le plus grand de tous, le Morrumbidgee , le Darling, le Hunter, le Clarence, F Avon qui avant d'arriver à la mer prend le nom de Swan (a).
4 3. On trouve eu Australie un bon nombre de lacs de différentes dimensions; quelques-uns d'eau salée, et d'autres d'eau douce. Le Brown et YÀl^andrina sont les deux plus considérables. Le premier est situé à Touest , à environ SOO milles de la mer ; et le second au sud près de I9
(a) Il ne faut pas prendre ici le nom de fleuce dans le sens rigoureux auquel le restreignent d'ordinaire les géographes français ; avec Tauteur, nous le donnons au Morrumbidgee et au Darling, affluents du Murray. L'importance relative qu'ont les rivières en Australie, et les proportions grandioses qu'elles acquièrent par moments, autorisent quelque emphase. Quant au Murray, il mériterait le nom de roi des fleuves d'Australie. Un fait d'une immense portée est annoncé par les journaux australiens. Le steamer Lady Augusta^ capitaine Cadell , parti le 36 août 1853 de l'embouchure du Murray, a pu remonter ce fleuve jusqu'à Swan-Uill , 1000 milles au-dessus de son embouchure. Et l'on espère pouvoir le remonter bien plus haut, sa* voir jusqu'à Albury. Bientôt ce sera une voie de communication active entre l'intérieur des terres de trois colonies et la mer. Le Murray part du pied des Alpes australiennes , dont les neiges perpétuelles lui fournissent dès sa source des eaux abondantes. Il sert de limite naturelle entre la colonie de la Nouvelle-Galles du Sud et la colonie de Victoria ou Port-Phillip (Australia Félix), passe ensuite dans l'Australie méridionale ; et là, après avoir longtemps coulé vers l'ouest forme un coude pour tourner vers le sud et va porter ses eaux à la mer par le lac Alexandrina (aujourd'hui Victoria), Il a pour affluents, du côté de V Australia Felixy de petites rivières devenues assez célèbres depuis la découverte de l'or ; savoir : le Mitla-Mitta, l'Ovens, le Goulburn et le Loddon. Du côté de la Nouvelle-Galles du Sud, il reroit les eaux du Morrumbidgee grossi par le Lachlan et celles du Darling. On peiU donc coosidérer le vaste bassin du Murrîiy comme la ligne vers laquelle s'inclinent les gisements aurifères.
baie d'Encounter, où vont ue décharger ses eaux. C'est dans la lac. Alexandrina ( Victoria) que le fleuve Murray a son embouchure.
4 4. L'Australie étant un pays de si grande étendue et si voisin de Téqua* teur, il sera facile de comprendre que la nature dU climat doit varier selon les différentes zones et selon l'élévation des latitudes.
Dans les parties les plus septentrionales les chaleurs sont dévorantes et très-insalubres , les tremblements de terre fréquents , les ouragans trèsdangereux et comme périodiques; et le sol ainsi que le climat totalement contraires à la constitution physique des Européens. Vers le tropique, c'est-à-dire du 20° au 27° de latitude méridionale, le climat est assez tempéré; il est très-agréable depuis le 27° jusqu'au 39® de la même latitude, soit sur la côte orientale, soit sur la côte méridionale.
Le mois de décembre et celui d'avril sont dana le nord les deux saisons pluvieuses, tandis que dans les contrées méridionales , en décembre est le fort de l'été ; et en avril il tombe à peine quelques gouttes de pluie pour rafraîchir et humecter la terre. Dans le nord les saisons ne se distinguent pas. On subit dans la même journée les variations des quatre saisons ensemble ; ce qui cause môme aux sauvages beaucoup de maladies dangereuses. Dans les contrées du sud le passage des saisons est sensible , à peu de chose près, conune en Europe.
Les vents sont périodiques dans le nord, c'est-à-dire que six mois ils soufflent de l'ouest, et pendant six autres mois du point opposé ; mais, en dehors des tropiques, ils soufQent dans toutes les saisons de Tannée, soit du midi, soit du levant, soit du couchant^ etc. (a).
Dans les latitudes australes, on éprouve généralement un froid beaucoup plus sensible et plus intense que sous les degrés correspondants de Thémisphère boréal ; mais. ceci a lieu surtout pendant les heures de nuit, vu que la température de l'Australie est beaucoup plus douce après le lever du
{a) Dans la description de Sydney , page 36 , Tauteur parle de vents brûlants qui, en été, à certaines heures du jour, produisent un partie des cfTets du simoun d'Afrique. Il ajoute que « la raison de ce phénomène est jusqu'ici inconnue. » Ceci peut être exact pour quelques circonstances de phénomène ; mais quant au fait considéré en gros, nous pensons que l'explication en est donnée d'uue manière plausible par les géographes qui ont dit : « Quoique ces vents varient en intensité et en durée, ils sont uniformes quant à leur direction. Dans la Nouvelle-Galles du Sud et dans la colonie du Port-Phillip, particulièrement dans celle-ci , ils viennent du nord-ouest ; à Adélaïde ils viennent du nord ; ])1us loin, toujours le long de la côte méridionale , ils soufilent du nord-est ; et sur la côte occidentale, ils viennent directement de Test. Il est donc probable que la cause originaire est dans les plaines de sable brûlant qui doivent occuper le centre de TAustralie. A raison de la chaîne de montagnes qui couvre Sydney , l'influence de ces vents brûlants y est tempérée mais non complètement anéantie. »
soleil, au cœar de Tbiver, qu'elle ne Test au printemps dans les parties les plus méridionales de l'Europe. La chaleur de la zone tempérée en Australie n'est ni accablante, ni insalubre (a).
Les jours d'été, dans la partie occidentale, par 3S® de latitude, ne se prolongent pas autant que ceux d'Angleterre; c'est tout Topposé pour les jours d'hiver.
Ce continent étant situé dans l'hémisphère austral, il en résulte que le mois de janvier, en Europe, correspond à celui de juillet en Australie^ et Tété d'Europe à l'hiver austral. Les vents du nord, froids en Europe, sont brûlants en Australie; et, dans la môme proportion, ceux du midi, chauds en Europe, sont froids dans ces contrées.
45. De la différence qui existe entre le méridien de Londres et celui de Sydney, il résulte que lorsqu'il est midi à Londres, à Sydney il est déjà dix heures du soir; et quand, dans cette dernière ville, il est midi, à Londres il n'est encore que deux heures après minuit.
46. Un grand nombre de constellations, situées dans l'hémisphère septentrional, ne sont pas visibles en Australie ; on y aperçoit pourtant la Voie lactée, les Pléiades, Orion, les Hyades et beaucoup d'autres. V Epsilon et le Bêta du Cygne sont aussi visibles, mais non V Alpha, le Gamma et le Delta ; comme aussi on y observe le Béta et les autres étoiles de VAndrtymède, à l'exception pourtant de Y Alpha et du Gamma.
D'après les observations faites de 4829 à 48S6 à l'observatoire de Paramatta, ville distante de 48 milles à l'ouest de Sydney, il résulte que des 7,385 étoiles qui ornent la sphère céleste, la plus grande partie est située dans l'hémisphère austral.
17. On observe aussi sur ce continent le phénomène de l'aurore australe, à peu près semblable à celle du pôle boréal ; elle présente une masse de lumière blanchâtre et faible qui rase l'horizon, mais rougeâtre et plus lumineuse quelques degrés plus haut. Un soir, je m'occupais à tracer un plan topographique, lorsque, quittant mon travail à l'occasion de l'agitation extrême de l'aiguille de ma boussole, je m'entendis appeler par quelques sauvages qui me disaient qu'une grande partie du pays était en feu. Dans la crainte que cela ne fût malheureusement vrai, car c'est une calamité qui n'est que trop fréquente dans ces contrées, je sortis pour aviser à ce qu'il y aurait à faire en cas de danger imminent. A peine avais-je mis le pied hors de la porte, que j'observai non la clarté d'un incendie lointain, mais l'aurore australe, qui, comme un volcan, semblait envoyer des flammes vers le ciel. Alors je dus comprendre que la forte
(a) Cet avantage est dû à l'extrême siccité de l*air. C'est aussi pour la même raison qu'on peut coucher à la belle étoile, une bomie partie de l'anuée, sans avoir à craindre aucune suite fâcheuse.
électricité de ce rare phénomène était sans doute la cause de rinstabilité de Taiguille de ma petite boussole (a).
(a) Pour compléter les notions géographiques données sur l'Australie par le R. P. Salvado, nous parcourrons rapidement les divisions actuelles de ce continent adoptées par le gouvernement anglais. La carte d'Australie présente d'ordinaire cinq grandes divisions : Australie du Nord, Australie de l'Est ou Nouvelle- Galles du Sud, capitale Sydney ; Australia Félix, sive Victoria, ou vulgairement Port-Phillip, capitale Melbourne ; Australie méridionale, capitale Adélaïde ; et Australie occidentale, capitale Perth.
Depuis la suppression de Port-Essington (Port-Yictoria) , on peut dire que l'Australie du nord est à l'état d'étude et de projet. Il est néamoins assez probable que tôt ou tard le gouvernement anglais trouvera le moyen de former un établissement sur quelque point du golfe de Carpentarie.
L'auteur a donné, page 12, les limites de la NouveUe^alles du Sud, Mais dans l'usage ordinaire et sur les cartes anglaises, les limites réelles de cette colonie en remontant du sud au nord ne dépassent pas le 26<» de latitude sud. Les concessions de territoire faites par le gouvernement ne vont pas au delà. Du reste, même dans ces limites réelles, ainsi que l'auteur le fait observer, la Nouvelle-Galles du Sud présente à elle seule une superficie plus vaste que l'Italie entière. Cette superficie se sousdivise en 46 comtés. Celle de ces sous-divisions où se trouve Sydney porte le nom de Cumberland.
Les limites de la colonie de V Australia Félix (colonie de Port*Phillip ou de Victoria) ont été données page 39* L'auteur a comparé son étendue à celle de la Grande-Bretagne réunie à l'Irlande. Elle est divisée en 23 comtés : celui où se trouve Melbourne porte le nom de Bourke.
Les limites de l'Australie méridionale sont indiquées page 53. L'auteur fait observer que sa superficie est plus que le double de celle de l'Angleterre et de llrlande réunies ensemble. L'Australie méridionales a été divisée en 11 comtés, dont le premier porte le nom de la capitale, Adélaïde.
L'Australie occidentale, dont les limites sont données page 61, se sous-divise, quant à la partie déjà explorée, en 26 comtés : celui où se trouve Perth porte le nom de cette capitale ; celui où se trouve la Nouvelle-Nursie porte le nom de Melbourne. En général les auteurs et les journaux anglais s'occupent très-peu de l'Australie occidentale, si ce n'est pour la déprécier autant que possible. Tant mieux sans doute pour les pauvres Australiens !