DES MAMMIFÈRES QUI SE TROUVENT EN AUSTRALIE
4. Certaines pétri6cations, découvertes en 4S34 par le chevalier G. Ratting, dans une cavité de roches calcaires, vers les côtes occidentales, ont été recoTinues par G. Guvier pour être des os de jeunes éléphants. Ce qui me porterait à croire, sur la foi d'une autorité aussi imposante, que dans des temps très-reculés cette espèce a pu vivre sur le continent australien. Peut-être même aujourd'hui se conserve-t-elle encore dans ces immenses contrées de Tintérieur, qui nous sont si inconnues.
La présepce des éléphants sei'aij; pourtant d'autant plus extraordinaire, que les Européens, jusqu'à cette heure, n'y ont découvert aucune espèce d'animaux de la nature des lions, des tigres, des panthères, des loups, mais uniquement le chien dingo, que pendant longtemps on regarda comme le seul quadrupède de l'Australie qui p'appariint pas à la classe des marsupiaux (a).
La science nous fait d'ailleurs connaître que, dans l'Australie et |es Iles qui en dépendent, se trouvent beaucoup d'autres animaux non marsupiaux qui sont répartis dans le tableau suivant :
Primates,
, . (primates) (h).
Ferœ,
. . ^carnassiers).
G lires, ,
, . (rongeurs).
Cete,
. . (cétacés). .
Total.
espèces.
espèces.
Marsupiaux. {Dicfelphidœ) (c), . • • 71 MoQotrèmes. ••....... 3
Total. • . 97
(a) Ou appelle marsupiaux des mammifères qui ont vers le bas-ventre une bourse extérieure dans laquelle ils portent leurs petits.
(^) On ne doit pas être surpris que l'auteur, comme beaucoup d'étrangers, ait conservé une bonne partie de la nomenclature de Linné. Ainsi il a pu comprendre sous !a dénomination de primates les chauves-souris, etc. Mais il faut bien se garder de croire qu'aucune des 8 espèces de primates qu'il assigne à TAustralie, comprenne des singes. Il est notoire que l'Au&traliene possédait aucune espèce de quadrumanes, pas plus que de pachydermes, ni de ruminants.
(c) Sous le rapport du mode de gestation, les mammifères sont divisés en monodelphes, en didelpheset en ornithodelphe^. Les marsupiaux sont appelés didelphes, parce que le séjour des petits dans la bourse est assimilé à une seconde gestation. Les monotrèmes sont appelés ornithodelphes par ceux qui les regardent comme ovipares. Ainsi didelphes traduira le didelphidœ de Linné.
MAMM1FÈR|:S. 3M
Sur ce nombre d'espèces, 1% appartiennent en propre au ccoUoent austral. Je vais esquisser Thistoire de quelques-unes.
2. Le chien (canis^ dingo), de la famille des Felidm (a), diffère di| oQ^ par les caractères qui lui sont communs avec le renard.
Son corps atteint généralement deux pieds anglais de bauteur et df^ui; pieds et demi de longueur. Il a les oreilles petites et droites, le muses^u loug et aigu, la queue longue et riche de poils. Ces chiens varient de couleur, mais ils sont presque toujours d'un brun roussâtre. Ils ne jappent pas comme nos chiens ; ils ne font que hurler d*une manière lugubre. Le dingo a cela de commun avec le renard d'Europe, qu'à la r$i« pacité de sa nature sauvage il joint une astuce singulière. Il dresse d^ embûches aux brebis comme à la volaille ; il qiord et fuit lorsqu'il q^ peut [tas dévorer ou entraîner sa proie. On l'a vu plusieurs fois s'avancer et blesser une brebis, ensuite se cacher, attendre que la perte de son sang et la gravité de la blessure la fit demeurer en arrière du troupeau ; et soudain l'attaquer de nouveau et la dévorer, en troippant la vigilance du berger et des chiens d'Europe. S'il peut réussir à s'introduire de nuit au milieu d'un troupeau, il en fait un horrible carnage. Quapd il attaque le kanguroo, qui est plus petit que lui, il le fait toujours par surprise ^ si le kanguroo lui résiste, il se retire lâchement, et le laisse poursuivre son chemin ; ensuite il l'attaque de nouveau, et de la même manière, jusqu'il ce que le kanguroo, comme il arrive presque toujours, finisse par succomber. Il est doué d'une grande vigueur et il a la vie très-dure. Il craint les chiens d!Europe , mais il élude souvent leur poursuite. Il fuit à l'aspect de l'homme, mais non de l'espèce bovine et autres bétea à cornes. Il n'est pas difficile de l'apprivoiser, quoiqu'il ne perde jamais ses instincts féroces. Les sauvages, ou naturels occidentaux, l'appelleut durda. Ils l'apprivoisent, et il leur est d'une grande utilité pour la chasse* Me trouvant plus d'une fois seul endormi au milieu des bois, je fus réveillé, à l'aube du jour, par les îristes hurlements de nombreuses troupes de ces chiens, qui, à une certaine distance et en diverses directions, m'attendaient en embuscade, comme si j'avais dû devenir leur proie ; mais à peine j'abandonnais mon feu et je me mettais en marche, qu'ils devenaient muets et fuyaient en toute hâte ; jamais, en pareil cas, il ne m'arriva d'en rencontrer aucun à quinze pas de distance.
3. Entre les animaux carnassiers de l'Australie, le chien occupe le premier rang ; le second et dernier rang appartient au phoque, appelé par les uatu-
(a) Cette classification ne peut être admise, au jugemeQt de plusieurs célèbres zoologistes. La famille des felidœ ouféliens ne comprend que deux genres, savoir ; V les chats à ongles rétractiles ; 2" les chats à ongles non rétractiles. Les prepiiers composent le genre yê//^ ; dans la seconde division se trouve le guépard ou cjrno' feiis. Il ne parait pas y avoir ici place pour le dingo. Ce dernier présente les caractères essentiels du genre canis; sa construction anatomique le rapproehedu loù'p.'
ralistes Otaria de Péron (a) (de la famille des phocides), A raisoa de la chasse conlinaelle que lui ont faite les Européens, cet animal amphibie a presque entièrement abandonné les plages méridionales , sur lesquelles seulement on le trouvait. Sa tête est ronde, son regard doux ; il a le front étevé , le museau carré et court , orné de moustaches semblables à celles du chat; et la lèvre supérieure dépassant Tinférieure. Ses dents canines sont médiocres. Les pattes de devant sont garnies de doigts séparés; celles de derrière se prolongent comme deux grandes nageoires. Le corps du phoque dans l'âge adulte atteint de sept à dix pieds de longueur; la peau dans la partie supérieure est de couleur gris-cendré ; le menton, les nageoires et les flancs sont rouges ; les parties postérieures sont à peu près noires ; et les parties antérieures sont de couleur rougeâtre-obscur. Les poils de la tète et du cou sont longs et soyeux. Ceux des autres parties sont courts et plus épais. Les jeunes phoques sont noirs ; ils s'apprivoisent facilement et se montrent familiers et officieux comme de petits chiens. Us ont un bêlement assez semblable à celui de la chèvre; ils viennnet prendre leur nourriture dans la main de celui qui les appelle. Les phoques vivent en familles nombreuses, toujours dans le voisinage des côtes , et se nourrissent principalement de poissons. Sur la terre, où ils font assez souvent séjour, ils marchent avec une grande agilité ; dans l'eau ils plongent avec une rapidité extrême, et nagent avec célérité. Leur peau est très estimée dans quelques contrées du nord de l'Europe. C'est du phoque probablement que les mithologues grecs avaient emprunté la forme de ces fameuses divinités enchanteresses , des sirènes. Les navigateurs modernes leur donnent les noms de veau marin, de vache marine (b), d'ours marin. 4. Le chat australien est un animal Carnivore, très ressemblant au chat commun (c)^ il est appelé par les naturalistes dasyntus-maugei. Dans sa forme il est moins parfait que le nôtre : il a la tête grande; le corps long,
(a) On sait que les phoques sont divisés en phoques proprement dits, ou privés de la conque extérieure de l'oreille, et en otaries qui sont pourvues de cet organe externe.
{b) Le nom de vache marine a été peut-être plus souvent donné aux lamantins ou aux morses.
(c) Nous devons avertir le lecteur que cet animal n'est pas un chat ; c'est un didelphe ou animal à bourse. Il se fait remarquer par les caractères suivants : dents au nombre de 4i, 6 molaires à chaque mâchoire, 4 canines, 8 et 6 incisives tranchantes ; museau allongé, garni sur les côtés de la mâchoire supérieure de fortes moustaches ; pieds à 5 doigts antérieurement , et 4 postérieurement, tous munis d'ongles fouisseurs ; queue de longueur moyenne. Cet animal ressemble assez pour la forme à nos genettes et à nos fouines ; il en a les habitudes. Nous nous en rapporterons du reste au R. P. Salvado, témoin oculaire, plutôt qu'à certain naturalistes qui refusent au dasyure la faculté de grimper aux arbres.
MAMMIFERES. 365
aussi bien que la queue , et les pâlies courtes. 11 n'a pas de pouce ; mais les griffes sont semblables à celles du chat ; ce qui fait qu*il grimpe facilement jusqu'à la cime des arbres, dans la cavité desquels il se cache durant le jour. Il sort de nuit pour chasser aux oiseaux , dont il se nourrit exclusivement et les surprend dans leur sommeil. La couleur de sa robe est gristigré. Gomme il ne sort que la nuit, on a difficilement occasion de Texaminer. Je n'en ai vu qu'un seul.
5. L'opossum, ainsi appelé par les Anglais, et phalang%8tcH)ulp%na par les naturalistes, ayant été le premier animal entre les marsupiaux qui fût connu des Européens, fixa sur lui seul pendant longtemps toute Tattention des physiologistes par la singuhère conformation de son ventre (a). L'opossum porte ses petits pendant vingt-six jours , enfermés dans l'utérus. Mais avant d'arriver à son entière formation , le fétus, par un conduit intérieur et momentané , tombe de l'utérus dans la bourse sous laquelle se cachent les mamelles , et il s"y attache avec tant de ténacité qu'il semble Identifié avec celle qu'il a saisie. Un petit opossum long de cinq pouces a les yeux fermés, et il ne présente encore aucune) apparence de poil. Une fois qu'il est passé dans la bourse, il y reste environ cinquante jours.
L'opossum porte deux ou trois petits chaque fois : il dort de jour, et la nuit il monte sur les arbres, pour s'y nourrir de feuilles ; il mange aussi du pain, de la farine, du sucre, et autres choses semblables: il est avide de lait au delà de toute idée, et il boit en lapant comme les chats. Son corps n'est pas aussi long que celui d'un chat commun. Les pattes sont petites , garnies de cinq doigts. Sa queue , assez longue , lui est d'une grande utilité pour se suspendre dans les passages difficiles , jusqu'à ce qu'il se soit accroché ailleurs avec les pattes de devant. Il est docile, timide, et inoffensif, à moins qu'il ne soit maltraité. Il s'apprivoise facilement et joue sans blesser. J'en ai eu plusieurs ainsi apprivoisés dans l'habitation de notre mission de la Nouvelle-Nursie. Les Australiens l'appellent cumal,
6. La singularité d'un autre animal, appelé écureuil volant, consiste en ce qu'il vole sans ailes ; c'est-à-dire qu'en se lançant d'un arbre à l'autre , il élargit ses pattes , et peut distendre la peau du ventre d'une manière si étrange que le spectateur le prendrait moins pour un animal volant que pour un cartilage que le vent agite. Cet animal curieux se
(a) Les premiers marsupiaux qui ont été connus en Europe, quoiqu'ils aient pu recevoir le nom d'opossums, différaient quelque peu des phalangistes australiens. Ceux-ci ne sont ni du même genre, ni de la même famille que les sarigues de TAmérique. Ils n'en ont pas la formule dentaire; et leurs pattes elles-mêmes diffèrent notablement. Le phalangisla vulpina est le bruno^ le didelphis perêgrlnus àe Vicq d'Azyr.
ralistes Otaria de Péron (a) (de la famille des phocides). A raison de la chasse continuelle que lui ont faite les Européens, cet animal amphibie a presque entièrement abandonné les plages méridionales , sur lesquelles seulement on le trouvait. Sa tête est ronde, son regard doux ; il a le front élevé , le museau carré et court , orné de moustaches semblables à celles du chat; et la lèvre supérieure dépassant l'inférieure. Ses dents canines sont médiocres. Les pattes de devant sont garnies de doigts séparés; celles de derrière se prolongent comme deux grandes nageoires. Le corps du phoque dans Tâge adulte atteint de sept à dix pieds de longueur; la peau dans la partie supérieure est de couleur gris-cendré ; le menton, les nageoires et les flancs sont rouges ; les parties postérieures sont à peu près noires ; et les parties antérieures sont de couleur rougeâtre-obscur. Les poils de la tète et du cou sont longs et soyeux. Ceux des autres parties sont courts et plus épais. Les jeunes phoques sont noirs ; ils s'apprivoisent facilement et se montrent familiers et officieux comme de petits chiens. Us ont un bêlement assez semblable à celui de la chèvre; ils viennnet prendre leur nourriture dans la main de celui qui les appelle. Les phoques vivent en familles nombreuses, toujours dans le voisinage des côtes , et se nourrissent principalement de poissons. Sur la terre, où ils font assez souvent séjour, ils marchent avec une grande agilité; dans l'eau ils plongent avec une rapidité extrême, et nagent avec célérité. Leur peau est très estimée dans quelques contrées du nord de l'Europe. C'est du phoque probablement que les mithologues grecs avaient emprunté la forme de ces fameuses divinités enchanteresses , des sirènes. Les navigateurs modernes leur donnent les noms de veau marin, de vache marine (b), d'ours marin. 4. Le chat australien est un animal Carnivore, très ressemblant au chat commun (c) ^ il est appelé par les naturalistes dasyurus'maugei. Dans sa forme il est moins parfait que le nôtre : il a la tète grande ; le corps long,
(a) Od sait que les phoques sont divisés en phoques proprement dits, ou privés de la conque extérieure de Toreille, et en otaries qui sont pourvues de cet organe externe.
{b) Le nom de vache marine a été peut-être plus souvent donné aux lamantins ou aux morses.
(c) Nous devons avertir le lecteur que cet animal n'est pas un chat ; c'est un didelphe ou animal à bourse. Il se fait remarquer par les caractères suivants : dents au nombre de 42, 6 molaires à chaque mâchoire, 4 canines, 8 et 6 incisives tranchantes ; museau allongé, garni sur les côtés de la mâchoire supérieure de fortes moustaches ; pieds à 5 doigts antérieurement , et 4 postérieurement, tous munis d'ongles fouisseurs ; queue de longueur moyenne. Cet animal ressemble assez pour la forme à nos genettes et à nos fouines ; il en a les habitudes. Nous nous en rapporterons du reste au R. P. Salvado, témoin oculaire, plutôt qu'à certain naturalittes qui refusent au dasyare la faculté de grimper aux arbres.
aussi bieo que la queue , et les pattes courtes. H n'a pas de pouce ; mais les griffes sont semblables à celles du chat; ce qui fait qu*il grimpe facilement jusqu'à la cime des arbres, dans la cavité desquels il se cache durant le jour. Il sort de nuit pour chasser aux oiseaux , dont il se nourrit exclusivement et les surprend dans leur sommeil. La couleur de sa robe est gristigré. Comme il ne sort que la nuit, on a difficilement occasion de l'examiner. Je n'en ai vu qu'un seul.
5. L'opossum, ainsi appelé par les Anglais, et phalang%8tcM)ulp%na par les naturalistes, ayant été le premier animal entre les marsupiaux qui fût connu des Européens, fixa sur lui seul pendant longtemps toute l'attention des physiologistes par la singuhère conformation de son ventre (a). L'opossum porte ses petits pendant vingt-six jours , enfermés dans l'utérus. Mais avant d'arriver à son entière formation , le fétus, par un conduit intérieur et momentané , tombe de l'utérus dans la bourse sous laquelle se cachent les mamelles , et il s"y attache avec tant de ténacité qu'il semble Identifié avec celle qu'il a saisie. Un petit opossum long de cinq pouces a les yeux fermés, et il ne présente encore aucune', apparence de poil. Une fois qu'il est passé dans la bourse, il y reste environ cinquante jours.
L'opossum porte deux ou trois petits chaque fois : il dort de jour, et la nuit il monte sur les arbres , pour s'y nourrir de feuilles ; il mange aussi du pain, de la farine, du sucre, et autres choses semblables: il est avide de lait au delà de toute idée, et il boit en lapant comme les chats. Son corps n'est pas aussi long que celui d*un chat commun. Les pattes sont petites , garnies de cinq doigts. Sa queue , assez longue , lui est d'une grande utilité pour se suspendre dans les passages difficiles , jusqu'à ce qu'il se soit accroché ailleurs avec les pattes de devant. Il est docile, timide, et inoffensif, à moins qu'il ne soit maltraité. Il s'apprivoise facilement et joue sans blesser. J'en ai eu plusieurs ainsi apprivoisés dans Thabitation de notre mission de la Nouvelle-Nursie. Les Australiens l'appellent cumal.
6. La singularité d*un autre animal, appelé écureuil volant, consiste en ce qu'il vole sans ailes ; c'est-à-dire qu'en se lançant d'un arbre à l'autre , il élargit ses pattes , et peut distendre la peau du ventre d'une manière si étrange que le spectateur le prendrait moins pour un animal volant que pour un cartilage que le vent agite. Cet animal curieux se
(a) Les premiers marsupiaux qui ont été connus en Europe, quoiqu'ils aient pu recevoir le nom d*opossums, différaient quelque peu des phalangistes australiens. Geux-d ne sont ni du même genre, ni de la même famille que les sarigues de TAmérique. Ils n'en ont pas la formule dentaire; et leurs pattes elles-mêmes diffèrent notablement. lj& phalangîsta vvlpina est le Bruno ^ le dUelphis perêgrinus àe Vicq d'Azyr.
que le corps lui-même avec des poii rares et allongés vers la base, riches et touffus vers l'extrémité; cette queue est longue de neuf pouces; tandis que le corps n*en a que sept. Il ne sort que de nuit ; et je n'ai jamais pu en avoir et en prendre qu'un seul.
4 1 . Entre les diverses espèces de rats , il s'en trouve quelques-unes de grandeur notable, et qui servent de nourriture aux indigènes. Celles de la petite espèce cachées dans les habitations des colons, font sentir à tout moment la grande utilité d'un bon chat d'Europe. L'espèce dite mus gregii, a les poils noirs dans la partie supérieure, jaunes au cou et dans les parties inférieures, et d'un jaune plus foncé sur les flancs; les pieds sont de couleur blanche; elle habite comme toutes les autres espèces dans les cavités des arbres et dans des trous souterrains.
Les rats d'eau (water-rat) se trouvent en diverses localités de l'Australie.
42. L'échidné {ecquidna aculeata)^ de la famille des dasypides (a), est une des espèces intermédiaires qui ont longtemps exercé les recherches physiologiques des naturalistes. Cet animal ressemble au hérisson et au fourmilier : il a le corps couvert de piquants et la faculté de se recoquiller comme le premier; il a le museau long, effilé et terminé par une sorte de petit bec comme le second. Il est aussi armé de fortes griffes, dont il se sert pour se terrer promptement. Dépourvu de dents, il prend et retient sans efforts les insectes avec sa langue, qui est longue et très-élastique. On trouve ce petit et singulier animal daosl'intérieurde la partieorientalede l'Australie.
43. C'est un animal tout à fait étrange que l'ornithorynque (ormï^or^fichu8 platypus) et dont on peut dire qu'il tient du quadrupède, de l'oiseau, du reptile et du poisson. Il a la peau couverte de poils ; par son bec et ses pieds antérieurs, qui sont palmés, il ressemble au canard; les pattes de derrière sont armées de fortes griffes à cinq doigts.'.Comme dans quelques-uns de ces animaux on a trouvé des glandes abdominales gonflées de lait, et dans d'autres un ovaire , les naturalistes les classent tantôt parmi les mammifères, tantôt parmi les ovipares, ou les décrivent comme appartenant aux deux genres. M. Shaw les a placés dans l'ordre auquel il donne le nom de brutes (b), dans le voisinage du genre myrmecophage, La longueur de l'ornithorynque ne dépasse pas généralement un pied et demi anglais; il se nourrit d'insectes fluviatiles, de petits poissons et quelquefois aussi d'algues marines. Il est excessivement avide de pain ramolli dans l'eau
(a) L*échidaé est classé^ il est vrai, dans l'ordre des édentés. Mais dans cet ordre nous ne voyons que le tatou qui soil qualifié de dasypien ; il est convenable de ne pas rapprocher Téchidné du tatou, qui n'appartient pas comme lui à la division des monotrèmes. Nous remarquerons en passant que le tatou est chlamydophore. ou revêtu d'une sorte de test osseux, divisé par compartiments, et l'échidné est armé de piquants comme le hérisson.
(b) Dans la nomenclature linnéenne les brutes sont à peu près synonymes ûvt, édentés de Cuvier.
ou dans le lait, pour lequel il n'a pas d'ailleurs de prédilection ; il est aussi avide d*œufs, ou de viande hachée menu. Le sable qui bien souvent a été trouvé dans son estomac a fait supposer qu'il lui sert à faciliter la digestion. Dans la proximité des fleuves , il préfère les rives couvertes et où se trouvent des touffes épaisses de plantes aquatiques, pour y nicher en toute sûreté. Au moindre bruit il prend la fuite, et plonge précipitamment dans l'eau voisine, d'où il lève ensuite quelque peu la tête de loin en loin, pour s'assurer si le danger le menace encore, et ainsi plusieurs fois de suite. Si le chasseur ne vise pas son coup au moment où l'ornithorynque sort la tête hors de l'eau, il lui est difficile d'en faire sa proie, à moins qu'avec la perspective d'un succès très-douteux il ne se mette à démolir quelques-uns des souterrains qui s'étendent quelquefois à plus de cinquante pieds. C'est sans contredit l'animal le plus extraordinaire de toute l'Australie. On le trouve dans la partie est de ce continent, précisément à l'ouest des Montagnes-Bleues. Les indigènes mangent sa chair avec délice.
14. On trouve enfin eu Australie quelques espèces de mammifères non marsupiaux, par exemple, de ceux que les naturalistes nomment rhinolo^ plius(a) et pteropus (6), lesquelles sont communes à différentes contrées de l'Australie, C/Omme elles le sont à certaines parties de l'ancien monde. D'autres espèces telles que le canis , le mus, le scotophilus (c), le molossus {d), sont communes à toute l'Australie et aux deux hémisphères. Beaucoup d'autres enfin appartiennent au continent australien exclusivement.
i 5. Avant de terminer ces esquisses zoologiques , touchant les mammifères, je parlerai du plus grand de tous, la baleine. On trouve en grand nombre sur les côtes d'Australie, les baleines connues des naturalistes, sous les noms de balœna physalus (e) et de delphino-rhyncu»
(a) Les rhinolophes, les ptéropes, les scotopbiles et les molosses sont différentes sortes de chauves-souris. Le rhinolophe est donc un mammifère cheiroptère, tribu des insectivores, genre à feuille ou membrane nasale.
(h) Les ptéropes appai tiennent à la tribu des chéiroptères frugivores, genre roussette, *
(c) Les scotopbiles forment une tribu de chéiroptères insectivores dont l'adoption fut proposée par le naturaliste anglais Leacb (Trans. Linn. soc. 1823).
(d) Les molosses, tribu de chéiroptères insectivores, genre à museau non surmonté de feuilles ou membranes quelconques.
(e) Communément les auteurs désignent sous le nom de balœna physalus, les baleinoptères connus des baleiniers sous le nom de finna-Jlsch et de win» vitale. Ils se distinguent de la baleine proprement dite ou baleine franche par Texisteuce d'une nageoire dorsale, courte, simple ,* cartilagineuse , de forme pyramidale. Quoique moins productives pour Tbuile que les baleines franches, les baleines physales sont assez recherchées. Comme l'auteur parle plus bas du cachalot, il se pourrait peut-être absolument qu'il eût indiqué ici le genre Physale donné par Lacépède ; mais ce genre de cachalot n'est plus admis par les naturalistes.
pernettensis (a), particulièrement dans les saisons où elles effectuent leur passage du sud au nord et vice versa,
La baleine physale atteint jusqu'à i 05 pieds anglais et pèse plus de 800 tonneaux, c'est-à-dire plus que le poids de 420 gros bœufs*, à Fremantle, ville maritime située à neuf milles de Perth, i*eus occasion de mesurer la largeur de la queue d'un de ces monstres marins, et je trouvai qu'elle était de vingt pieds ; assez souvent elle dépasse vingt-cinq pieds.
Entre les diverses espèces de baleines, on remarque celle qui a la tète excessivement volumineuse, et qui a les mâchoires inférieures garnies d'un rang de dents cylindriques, lesquelles, quand la bouche est fermée, entrent dans les cavités correspondantes de la mâchoire supérieure , totalement dépourvue de dents (fi). Ce monstre peut tout à son aise engloutir une petite barque longue de quarante pieds ; il n'en fait que deux bouchées , mordant au travers avec la même facilité qu'un couteau tranche la pulpe d^un fruit.
Une autre espèce (c) a le palais fermé par un crible, qui l'empêche d'avaler aucun corps plus volumineux qu'un petit poisson, quoique sa gueule puisse
(a) Les delphino-rhyoques appartiennent à la classe des dauphins. Les dauphins sont, il est vrai, des mammifères, des cétacés; mais ils sont caractérisés par les deux mâchoires supérieure et inférieure garnies de dents, etc. etc. Ils ne peuvent en aucune sorte être rangés dans la classe des baleines. Quant au delphino-rhinque de Pernetti en particulier, cette espèce est encore douteuse, au jugement des plus savants naturalistes. Du reste nous apprenons par les voyageurs, notamment par MM. Quoy et Gaimard , que plusieurs espèces de dauphius fréquentent les côtes d^ Australie. Certaines espèces, comme le dauphin couronné, atteignent jusqu'à 30 et 35 pieds de longueur sur 15 de circonférence ; nous ignorons s'il s'en trouve dans les mers de l'Australie. Les autres dauphins varient de grandeur selon les espèces depuis 2 ou 3 pieds, jusqu'à 5 et 6, ou tout au plus 9 et 10. Ainsi, sous le rapport des dimensions non plus, il ne convient guère de les rapprocher des baleines.
(b) C'est évidemment un cachalot que l'auleur a décrit. On sait que les cachalots diffèrent de la baleine en ce que leurs évents rapprochés n'ont qu'un orifice commun ; ils ont des dents à la mâchoire inférieure ; pas de fanons , etc. Du reste plusieurs naturalistes soupçonnent d'exagération ce qu'on dit de leurs effrayantes déglutitions.
(c) L'auteur n'ayant parlé que du cachalot dans l'alinéa précédent, aurait du nous dire si par cette autre espèce il entend seulement la haleine franche y ou s'il y comprend aussi les baleinoptères. Au surplus, la baleine franche surtout a le pharynx, ainsi que l'œsophage, très-étroit ; d'après Eggède, cité par Ch. Cuvier, il n'aurait pas plus de quatre pouces. Quant au crible par lequel l'auteur dit que le palais est fermé, nous supposerons qu'il veut parler des plus petits fanons, qui selon Eggède, <c semblent entrer dans le gosier ; » et qui , d'après Th. Cocteau, « donnent au palais un aspect velu. » Du reste les six à sept cents fanons au travers desquels se tamise l'eau, quand la baleine a fermé sa gueule, sont distribués en deux séries ou rangées, chacune de plus de trois cents fanons, et suspendus aux deux côtés de la mâchoire supérieure, donnant ainsi au palais la forme d'une voûte.
contenir facilement une petite barque avec neuf ou dix personnes dedans. Cet animal nage avec sa monstrueuse bouche toujours ouverte, pour se nourrir ainsi des petits poissons qui se rencontrent sur sa route.
Les baleines, dépourvues de dents, ont à leur place dans la mâchoire supérieure des fanons, c est-à-dire des lames longues de six à sept pieds, formées d'une sorte de matière cornée fibreuse, et assez flexible. Ce sont ces lames qui, dépecées, se vendent sous le nom de baleines.
Ce monstre énorme n*a de poisson que la forme du corps. Son sang est ohaud et possède une température plus élevée que celui de Fhomme. Il ne peut pas respirer sous Teau, et lorsqu'il a besoin de reprendre haleine, il élève au-dessus de la superficie de la mer son seul piuseau ; alors, par les trous des narines , il lance verticalement à la hauteur de trente pieds et plus , une colonne d'eau , dont la chute ^'entend à plus de trois mill^ d§ distance. Il n'a pas d'écaillés ; il allaite ses petits, et c'est pour cela qu'il est classé parmi les mammifères. Ses yeux sont petits par rapport à sa stature, et de la dimension de ceux des bœufs ; il a en guise d'oreilles deux troifs sous la peau, qui lui recouvre le crâne (a). L'ouverture de la gueule n'est pas généralement moindre de seize pieds de longueur, sur huit de large; les lèvres seules donnent quelquefois plus de 4000 livres d'huile. La graisse, d'où s'extrait l'huile, est répandue dans tout le corps ; mais dans certaines parties du corps elle n'a que huit pouces d'épaisseur, tandis que (Jains d'autres elle eu a jusqu'à vingt. On a retiré d'une baleine quelquefois jusqu'à 420 tonnes d'huÙe. La baleine nage avec une extrême célérité, qaais souvent il arrive que les bourrasques , à raison de l'immense volume de son corps, la jettent à la côte, et la laissent dans des |)as-fonds où elle périt, comme il est arrivé le long de la côte occidentale, où l'on en a trouvé un assez grand nombre de mortes, par suite d'accidents semblables. La baleine est timide; quoique, lorsqu'elle entre en fureur, elle fasse d'un seul coup de queue (6) retentir les eaux de la mer comme si c'était un coup de canon. 16. Les baleines ont aussi leurs terribles ennemis; dans le sein dç |a mer ce sont les poissons excessivement voraces copnus des Anglais sous le nom de sharks, chiens de mer. Ces poissons unis par troupes attaquent seulement les baleines qui sont dépourvues de dents et ne peuvent se défendre qu'avec la queue ; mais les chiens de mer connaissent parfaite-
(a) Le conduit auditif est privé d'appareil extérieur pour la réunion des rayoas sonores ; mais , selon Ch. Cocteau , il va s'ouvrir près des évents par un drifiee garni seulement d'une valvule. Bien que les organes de la vue et de l'ouïe ne soient pas très-développés, ils jouissent d'une finesse remarquable.
(^) On sait que les cétacés, à la différence des poissons, ont la queue terminée par une nageoire horizontale, ce qui explique le fracas avec lequel la baleine frappe les eaux ; d'autant plus que l'organe de la queue est pourvu d'appareils osseux et mus-» culaires d'une énorme puissance.
37i APlPENDlCE.
2. Parmi les nombreux oiseaux qui appartiennent à Tordre des rapaces, on doit mettre au premier rang le falco-hypoleucos, le melanogenys et le fràrUatus, le milvés isurus, et Vaquila fucosa (a). Ce deirnier, piincipai tyt)e de Tordre des rapaces, habile l'intérieur des forêts, et ne s'y montre pil§ ihtimidé à Tapprochë de Thomme. Il est aussi grand que Yaigle rbyàl; sa couleulr est noirâtre foiicé. Ses fortes serres et son bec se font redouter des oiseaux , coihme des reptiles et des quadrupèdes ; un seul coup dé son bec est plus que suffisant pour étendre mort un agiièàn de àbt où sept knois. Il a ékèei de force dans les ailes pour enlever et porter dans soh aire lih agneau du ^6ids de quinze livres et plus. J'en at vii dn enlever un kahgilroo-rat qui fuyait devant moi. Les indigènes lui dotihëht le note de ualge (6).
3. Parmi les oiseaux carnivores sont les corbeaux, qui font aiissi d'horribles dégâts dans les terres labourées* Ils se trouvent quelquefois en troupes de sept à neuf cents. Ils n ont pas le corps très-grand ; et ils nichent dànà les cavités dbs àlrbreâ. Lorsqu'ils sont jeunes , leur chair est tendre et n'a pas mauvais goût. Si on leur cbmpirime le bas-ventre (]uand ils sont inorts, il sort de là cavité thoracique un soh de voix semblable au cri de ceux qui sont en vie. La grande différence entre le corbeau d'Australie e^ le liôtre, est que celui d'Austiralie, quand il se pose siiir un arbre, se tnet à chàiitei' d'une manière si étrange , avec certains demi-tons et en allongeant considérablement la finale, qu'il semble par son chant se moquer de celui qui le regarde. Les hommes du pays Tappellent uara^ et les savants : corvus coronoïdes.
Les espèces de perroquets sont si nombreuses et si variées, qu'il serait
sous 38 familles. Sur ce nombre d'espèces, il en assigne 36 comme particulières à l'Australie occidentale ; il en compte néanmoins 243 eu tout qui ont leur habitation dans cette partie du continent.
(a) Les trois genres de faucons ici mentionnés sont notablement inférieurs pour les dimensions du corps à Vaquila fucosa, "Le falco-hypoleucos est l'analogue du gerfaut d'Europe ; il est remarquable par son plumage gris-de-fer plus pâle sous le ventre. Le melanogenys, qui a le dessus du corps brun-noirâtre, a le dessous d'une belle couleur ventre de biche tirant au rouge- grisâtre strié de noir. Le frontatus est remarquable par son front blanc-grisâtre, ses ailes gris-brun, le dessous du corps fauve-clair strié de noir. Le mihus isurus est un milan à queue carrée.
(ù) Ceux qui se plaisent à multiplier les contrastes ont parlé de l'Australie comme possédant des aigles blancs. L'aquila fucosa et l'aquila morphnoïdes^ beaucoup plus petits que le fucosa, sont les deux seuls genres d'aigles véritables qui se voient en Australie. Il y a bien ensuite des ichtyaëtes à tête, ventre et partie de queue blancs, des halyasturs à poitrine et tête d'un blanc de lait avec le reste du plumage marron ; mais, en fait de rapaces complètement blancs, nous ne trouvons guère que l'autour de la Nouvelle-Hollande (white goshawk) que Gould inclinait à considérer comma un albino^ c'est-à-dire un être maladif de son espèce.
ORNITHOLOGIE. S7fc
souverainement fastidieux de parler de toutes. Le perroquet blanc, appelé par les miuT^Wsies plyctolophus galeritus, est de la grandeur d'une poule commune. Ces oiseaux vont en troupes, de deux ou trois mille parfois, et presque toujours de plusieurs centaines. Quand ils sont à la pâture, ils posent toujours des sentinelles dans diverses directions, et ceux qui sont ainsi placés en vedette ne cessent tout le temps de faire entendre un cri strident et désagréable, comme s'ils ne s'acquittaient de leur emploi qu'à contre-cœur. Ils dévastent complètement les champs ensemencés ; ils font leurs nids dans le creux des arbres ; ils ont une grande force dans le bec et dans les serres. Ils s'apprivoisent facilement, et apprennent à parler et à imiter la voix des autres animaux. Ils ont les uns pour les autres un attachement tel, que si l'un d'entre eux se sentant blessé fait un cri, tous les autres accourent, comme s'ils voulaient le défendre et lui prêter secours. Jeunes, ils sont excellents à manger rôtis ; vieux, leur chair donne un bon bouillon.
Quelques autres perroquets de la môme couleur, mais qui appartiennent à une espèce différente, ont sur la tête liriè crête superbe, blanche à Textérieûr, rouge en dedans, laquelle leur donne un air tout à fait majestueux. Ils ne redressent cette crête que lorsqu'ils sont irrités. Ils ont les mêmes mœurs que les précédents, auxquels ils ressemblent même pour les dimensions du corps. On en rencontre rarement, et jamais en troupes nombreuses.
Les perroquets noirs à queue blanche (calyptorhyncus naso), aussi bien que les noirs à queue rouge (calyptorhyncus baudinii), sont d'un natuirel beaucoup plus sauvage et plus difficiles à apprivoiser que les précédents. Ils nichent dans le creux des arbres ; ils se nourrissent d'herbes et sont peu nombreux. Ils sont de plus petite stature que les précédents.
On en trouve quelques-uns décodeurs mélangées et de la grandeur d'iiii merle, qui apprennent facilement à siffler tous les airs qu'ils entendent.
Les perroquets verts, qui sont les plus petits, ne dépassent pas là taille d'un passereau ; ils ne parlent pas, mais sifflent. En somme, les nombireuses esJ3èces de celte famille, toutes plus ou moins riches en belles couleurs et plus ou moins faciles à apprivoiser, forment, par leur grandeur et leur beauté, comme une chaîne, dont les perroquets verts sont le dernier anneau et les perroquets blancs le premier.
5. L'oiseau connu de nous sous le nom d'ote est appelé, en Australie, par les Anglais wUd-turkey (a), et par les indigènes bibiglia, La couleur de son plumage varie comme celle des oies d'Europe. Il dépose et couve un petit nombre d'œufs à la fois dans des nids faits avec des racines dans quelque recoin à l'écart. Il ne se laisse pas approcher, même à la distance de mille pas ; il semble pourtant qu'il n'ait pas peur de l'homme à cheval,
(a) Des voyageurs assurent que ce ne sont pas les oies, mais des oiseaux de la famille des mégapodidées qui sont ajppelées par lès colons wil(('turhey , dindons
car il m'est arrivé bien des fois, étant à cheval, de passer assez près sans les effrayer. J'ai observé la même particularité soit pour lekanguroo, soit pour l'émou, dont je parlerai plus bas. Ces oies pèsent généralement de quinze à dix-sept livres ; elles ont six à sept pieds d'envergure.
6. J^s Australiens appellent udda et les colons européens pigeon, un oiseau qui, pour la grandeur du corps» se rapproche de notre perdrix, avec laquelle il a aussi du rapport par son vol court et rapide, par ses mœurs et par le fumet de sa chair. En été, on les trouve en grand nombre près des eaux où ils vont se désaltérer. Il n'est pas rare qu'ils passent au vol près des voyageurs à la distance de six ou sept pieds seulement ; à leur rapidité, on les prendrait plutôt pour des pierres lancées de la main d^un homme que pour des oiseaux. Quand par hasard on ne passe pas à plus de deux pas de leur gîte, ils ne s'envolent pas , mais se blottissent à terre de leur mieux pour être moins facilement aperçus.
7. Après les autruches d'Afrique (a), le plus grand oiseau connu est l'émou. Cet étrange oiseau, appelé par les indigènes uechie et par les naturalistes rhea Novœ Hollandiœ, égale l'homme en hauteur, et quelquefois il le dépasse, car sa taille s'élève jusqu'à sept pieds. Il a les jambes et le cou de longueur proportionnée ; mais ses ailes ne sont pas plus grandes que celles d'une poule, ce qui le rend tout à fait inhabile au vol. Il ne porte pas de croie, ni aux ailes certaines plumes en guise de piquants comme les casoars, oiseaux de la même famille, qui habitent l'archipel Indien. Ses plumes ont un caractère étrange; elles sont longues de cinq à six pouces, subtiles, rares, et disposées de manière qu'elles couvrent mal le corps de l'oiseau ; à peu près à la hauteur de deux pouces en dehors de la peau, le tuyau se bifurque en formant deux plumes absolument égales. Une touffe de ces plumes, mais un peu plus longues et pendantes^ tient lieu de queue. Les œufs sont à peu près de la grosseur des œufs d'autruches. L'émou en pond huit ou dix chaque fois ; chacun de ces œufs équivaut à vingt œufs de poule. La coque est très-dure et de couleur bleu-mourant. Le meilleur cheval ne peut tenir pied à l'émou ; les chiens les plus agiles et les plus rusés ne peuvent le joindre qu'à grand' peine. Il arrive plus d'une fois que le chien, au moment de le saisir à belles dents, demeure sur le terrain tué d'un coup de patte de Toiseau.
Ils vivent et vont à la pâture par troupes de quinze à vingt; mais plus
sauvages. Quoi qu^il en soit, nous ne trouvons dans Gould que deux sortes d'oies qui pour les dimensions approchent de nos oies d'Europe, bien qu'elles en diffèrent assez sensiblement à plusieurs égards, le céréopsis et l'anatigralle ou anseranas {semipalmated goose). Ni l'une ni l'autre'n'a une envergure aussi considérable que celle qui est indiquée par l'auteur; elles sont même plus petites que les oies d'Europe. (a) L'autruche d'Afrique est caractérisée par la tète chauve et deux doigts seulement aux pieds; l'autruche d'Amérique ou rhéa, par la tète parfaitement emplumée ^t trois doigts aux pieds. L'émou a dû être classé à côté de ceux-ci.