Hauffahne et reiterfahne (voy. 1. 1, p. 348, note
2. Gunther, comte de Schwartzembourg, seigneur de la Thuringe, époux de Catherine de Nassau.
b MEMOIRES DE L\ HUGUERYE.
s"^ prince d'Orenge, à recongnoistre la faulte qu'il avoit encores naguères faicted'empescher les moyems de la levée dud. s' duc Casimir pour retourner en France, par l'intelligence qu'il avoit avec led. s"^ Du Plessis pour le roy de Navarre, et eust voulu pour beaucoup qu'il y eust esté avec toutes ses forces, dont nous donnasmes aussy advis aud. s"^ duc Casimir; et, s'il voyoit advenir ce qu'on disoit en Anvers de l'espérance de la descente de l'archiduc Matthias* en Flandres% qu'il ne feroit pas mal défaire d'une pierre deux coups, en servant la royne d'Angleterre : faire congiioistre à l'empereur Rodolphe^ (car Maximilien% son père, cstoit mort presque au mesme temps que l'électeur palatin), le service qu'il luy pouvoit faire en ce voyage ; et (|u'à ce prince-là aultant qu'à la royne d'Angleterre desplairoient tousjours les entreprises
1. Matthias, archiduc d'Autriche, fils de Tempereur Maximilien U, né le 24 février 1557, appelé dans les Pays-Bas par les seigneurs catholiques afin de halancer l'autorité du prince d'Orange, ne sut montrer ni force ni autorité. Il revint en Autriche à la fin de 1580, fut élu empereur d'Allemagne le 29 septembre 1612 et mourut le 20 mars 1619.
2. Matthias partit de Vienne le 3 octobre, et arriva à Lier le 30. Le Bullclin de la commission d'histoire de Belgique (série III, t. V, p. 288) contient un récit de sa fuite. A la Bibliothèque nationale, on conserve une curieuse note du P. Labbe sur cet aventureux voyage (Vc de Colbert, vol. 398, f. 517). Le traité de Matthias avec les États est imprimé dans le Corps diplom. de Dumont, t. V, p. 31 i.
3. Rodolphe, archiduc d'Autriche, fils aîné de l'empereur Maximilieu Il et de Marie d'Autriche, fille de Charles-Quint, ne à Vienne le 18 juillet 1552, roi de Hongrie, roi de Bohème et roi des Romains, empcnnir après la mort de son père, mort à Prague le 20 janvier 1612.
4. MaximiUen II, empereur d'Allemagne, mort à Ratisbonne le 12 octobre 1576.
des Françoys sur ces pais-là, comme à liiy-mesmc, sa maison en estant trop voisine ; ce qu'il feist aussy fort sagement. Et tout cela fut négotié et résolu durant l'hiver, en l'année 1578.
D'aultre part, comme j'ay dict, aulcuns seigneurs des Pais-Bas catholiques, comte de Lalaing et aultres, négotioient tous les jours avec led. s"" duc d'Alençon pour faire entrer dans le Pais-Bas les forces françoyses* ; et le roy , son frère, disoit ne s'en vouloir mes- 1er, bien aise touteffois d'avoir les forces es mains de son frère, pour le double auquel il estoit, à cause de la force dud. s^ duc Casimir, et pour faire ce que le temps et l'occasion luy conseilleroit.
Nous voyons quelquefois les agens dud. duc d'Alençon en Anvers, entre aultres ung nommé Dommartin^, se disant maistre des requestes de son hostel, et ne faisans contenance que de chercher à vendre les terres dud. s' prince. Et leur fismes assez congnoistre le péril auquel il se trouverroit ung jour par telle négociation, ayant affaire au prince d'Orenge, qui ne désire que de se servir de luy et puis le renvoyer par
1. Les catholiques flamands indépendants, irrités de i'insuftisance de l'archiduc Matthias, avaient appelé le duc d'Anjou. Motley a très-bien raconté les intrigues diplomatiques qui précédèrent son entrée en Flandre (Hist. de la fond, des répuhl. unies, t. IV, trad. Guizot, chap. V). Le prince français avait débuté par un coup de maître, la prise de Mons, qu'il devait à l'habileté de sa sœur, Marguerite de Valois. Voyez les Mémoires de cette princesse, édit. Lalanne, p. 93 et suiv.
2. Dammartin ou Dommartin, serviteur du duc d'Anjou, révéla au roi la conspiration de Salcède {Mcm. de Marg. de Valois, édit. Lalanne, p. 223). Il ne faut pas confondre ce personnage avec un capitaine allemand du même nom que nous trouverons dans la suite des Mémoires de La Huguerye.
plusieurs moyems artificieux ; que je ne pouvois d'ailleurs me persuader que l'honneur dud. sf" duc d'Alençon feust propre aux peuples de ces païs-là ; et, d'aultre part, lesd. Estatz n'eurent pas faulte de remonstrances du péril qui leur estoit imminent, de la personne et entreniis(î dud. s*" duc d'Alençon, lequel n'avoit aultre but que d'user de tous moyems pour parvenir au mariage d'une fille d'Espaigne : ou en faisant au roy, son frère, quelf|ue tour de son niestier pour le recouvrement desd. Pais-Bas, ou le forceant à cela par le trouble d'iceux ; joinct l'expérience qu'ils en avoient veu naguères en ses déportemens envers les Fraiiçoys*, (jui par leur sang luy avoient acquis ung si grand appennage. Led. s'" duc d'Alençon, comme il trenchoit des deux costez , oultre led. Dommartin catholique, avoit encores ung aultre embassadeur vers led. prince d'Orenge, qui estoit le s'"des Pruneaux-, de party contraire, qui traictoit avec led. s"" prince d'Orenge pour faciliter sa négociation, sans lequel aultrement il n'eust peu rien faire et non pour amitié qu'il luy portast, comme il parut bien depuis.
Toutes ces considérations-là, fort véritables et de grand prix, eurent tant de force que led. s^ duc d'Alençon receut plusieurs grandes traverses en ses desseings et voyages en Flandres ; de sorte que, luy estant accordé par lesd. Estatz de commender géné-
1. Allusion à l'ingratitude montrée par le duc d'Anjou à répard du parti huguenot, qui lui avait procure les grands avantages du traité de Monsieur.
2. Le s. des Pruneaux, négociateur, tour à tour au service du duc d'Anjou et du roi de Navarre (Lettres de Henri JV, 1. 1, p. 360i. Conférez avec la note de la p. 70 du t. I.
ralement aux forces de la campaigne, quand il y veit led. s"" duc Casimir avec une si belle armée, il n'y osa jamais entrer et feist tousjours son cas à part avec une petite force de Françoys qu'il avoit amené ausd. Pais, où il fut receu par led. s"^ comte de Lalaing à Montz*. Et delà alla assiéger une vicoque^ appellée Beins^, pendant que led. s"" duc Casimir entretenoit don Joan d'Austria à le recongnoistre au passage de la Meuse, et, le voyant trop bien accompaigné, tourner visage vers Mali nés au camp du comte de Bossut"*, lequel il désiroit attaquer avant l'arrivée dud. s"" duc Casimir, qui touteffois feist telle diligence qu'arrivant près Malines, ses gens de pied françoys, entendans l'alarme, au lieu de se loger, y coururent alaigrement, de sorte que tout se passa sans péril. Et fut procédé si avant sur les diffidences^ de la personne dud. s"" duc d'Alençon® que les meilleures provinces, nommément
i. Le 7 juillet 1578, le duc d'Anjou partit de Verneuil, presque seul, à cheval ; en deux jours il se transporta à Bapaume, puis à Arras, puis à Mons (Journal de Lestoile, édit. GhampoUion, p. 101). On conserve à la Bibliothèque nationale, dans le fonds français (vol. 3317), un certain nombre de lettres de ce prince, adressées à d'Humières, et écrites de Mons pendant l'été de cette année.