‹ Mémoires inédites (volume 2)Chapitre 26 sur 84 · Il, le prince de Gondé · texte numérisé non relu

Il, le prince de Gondé

2. Le bruit s'était répandu que Condé n'était allé en Languedoc que pour s'y rendre indépendant (Sully, OEconomics ivi/alrs. 1778, t. I, p. 171).

3. Henri de .Montmorency, seigneur de Damville, gouverneur ilu Languedoc, était devenu duc de Montmorency par la mon de son frère aîné, François de Montmorency, décédé sans entants le 15 mai 1579.

résident aud. pais de Languedoc, lequel craignoit de se voir despouillé de son authoritéaud. gouvernement en la présence ordinaire dud. s"^ prince; s'asseurans ces quatre personnes-là que la demeure de ce prince véritable, loyal, populaire et fort aymable rendroit ces trois provinces encores plus difficiles et maltraictables que devant, et que led. s"^ prince attireroit à luy plusieurs aultres places comme desjà il avoit commencé une belle négotiation avec le s' Artevitti^, consul de Marseille, lequel traversa tout le gouvernement pour aller en France soubz son passeport. Et, quant aux assignations dud. Beausemblant, pour ce qu'elles estoient conceus pour debtes particulières dud. s' roy de Navarre, qu'il n'estoit raisonnable d'acquiter des deniers publics, il y pourveut, mays ce fut des deniers de son estât de mille escuz par moys ; contenta le secrétaire Du Jay, qui estoit homme de service au party, mais ne voulut rien faire pour le secrétaire La Marsilière, le haïssant pour ce qu'il estoit de la faction du vicomte de Tureyne, contraire à ses desseins pour le mariage de Madame la princesse de Navarre-, et

1. Probablement Philippe Altoviti, baron de Castellane, qui épousa Renée de Rieux, dite la belle Chasteauneuf, fille d'honneur de la reine Catherine, maîtresse de Henri III. Il fut tué par le duc d'Angoulême dans une querelle oia les deux adversaires se donnèrent la mort, 2 juin 1586 (Journal de Lestoile, édit. GhampoUion, p. 203).

2. Catherine de Navarre, alors âgée de 21 ans, était courtisée par plusieurs ambitieux qui, espérant que Henri de Navarre n'aurait point d'enfants, se flattaient d'hériter après lui du royaume de Béarn. Parmi ces ambitieux, l'histoire signale le prince de Condé, le comte de Soissons, son frère, et Turenne. Voyez les OEcon. roy. de Sully, liv. III.

courratier * des intelligences de son maistre en court; et deist tout hault au conseil que led. La Marsilière ne mcritoit d'estre recongneu des deniers du party, auquel il faisoit de si mauvais offices, à l'occasion desquelz le roy son maistre a voit esté contrainct de luy oster les secretz du party et les mectre es mains du secrétaire Du Pin^ affin de contenter ceux qui s'en plaignoient. Pendant toutes ces choses, on advançoit Taffaire de la levée des deniers, en Languedoc, et ceux de Dauphiné asseuroient led. s' prince que leur somme s'en alloit preste. Et me pressa led. s"^ de Clervant, avant partir pour aller vers led. s'^duc d'Alençon, de sentir encores si, sur le mauvais tour qu'on faisoit aud. s' prince en ceste paix et le juste mescontentement qu'il en avoit, pour éviter à la longueur et incertitude de la levée des deniers qui se faisoit èsd. provinces ou pour y joindre en tout cas et faire les forces plus grandes, led. s*" prince se trouverroil poinct plus disposé qu'en Daulphiné au party de Savoye, dont il me monstra lectres dud. s' de Lesdiguières, portans asseurance d'une bonne somme et coppye des lectres de son agent à Tliurin. Et estoit led. s' de Lesdiguières tort affectionné à cela, prévoyant par une grande prudence, qui a toujours esté en luy, ung grand orage sur luy par la conclusion de ceste paix. Je dis aud. s' de Cler-

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