‹ Mémoires inédites (volume 2)Chapitre 37 sur 84 · Famille de la province de Gueldre, dans les Pays-Bas · texte numérisé non relu

Famille de la province de Gueldre, dans les Pays-Bas

3. (lebhard Truchsess, doyen de Strasbourg et chanoine de Cologne, fut élevé à rarclievèché de cette ville le 5 décembre 1577. Il se montra d'abord zélé catholique, mais, en 1582, il épousa secrètement une chanoinesse de Geresheim et embrassa la réforme. Le pape l'excommunia par une bulle du l*^"" avril 1583. Ce fut l'origine de la guerre civile, connue dans l'histoire sous le nom de guerre doctorale. La Ilugueryc reviendra sur ces événements.

4. Gondé avait songé à se rendre dans les Pays-Bas, suivant les conseils de La Huguerye. On conserve dans les 500 de Colbert (vol. 29, f. 450) une lettre du prince d'Orange à Condé, datée d'Anvers, du 2''i décembre 1581, qui nous apprend que le prince français avait déjà l'ait des démarches dans ce sens.

envers ceux de son party, mal contens dud. s"^ roy de Navarre, et le restablir èsd. provinces par la liberté et seureté qu'il leur acquerroit, plus grande que nagucres ilz n'avoient eu, au contraire des négotiations et intelligences dud. s*" roy de Navarre avec le roy, me priant de l'assister en la conduite de cet affaire-là et d'en demander congé aud. s"^ prince, mon maistre ; par lesquelz propos je recongneu plus que devant la continuation de l'amitié dud. s' duc Casimir envers mon maistre, bien que j'apperceusse son but estre d'empescher les desseins dud. s'' duc d'Alençon en Flandres, pour le bien de l'Empire ^

Et sur ce qu'il me deist que de telles choses il ne pouvoit négotier plus secrètement avec mon maistre que par moy, pour ne faire voir aulcun de sa part ny entrer led. s"" roy de Navarre en aulcune défiance, me priant de prendre ceste peine pour le salut du party, l'honneur et conservation de mon maistre, et de l'aller trouver à cet effect à S' Jehan, pour luy en faire l'ouverture de sa part, lorsque je le verrois plus seul et à propos, comme j'en sçaurois bien choisir la commodité, et qu'il me donneroit ses lectres de créance et moyems pour faire le voyage ; de quoy ne me pouvant excuser, je le suppliay seulement me donner loisir de faire quelques affaires que j'avois en Alemaigne, d'où je me retirerois à Sedan, où je séjournerois quelque temps, affin d'oster le soupçon qui naistroit, si je venois fraischement d'auprès de sa personne, que

1. Une lettre de Casimir au comte Jean de Nassau, du 5 avril 1581, nous fait connaître la profonde méfiance que lui inspirait le prince français (Groen Van Prinsterer, Aixh. de Nassau, t. VII, p. 530).

ce feust avec charge de luy; m'asseurant que ce prince ne pouvoit estre si seul qu'il n'y eust tousjours près de luy ou led. Bretainville ou quelque aultre confident dud. s' roy de Navarre, (jui luy en pourroit donner advis, mays qu'ayant séjourné quelques moys à Sedan, je m'achenjinerois, sur le printemps, vers led. s"" prince pour son service, luy rendre compte des affaires de Languedoc et donner ordre à quelques affaires quej'avois avec luy, et, qu'en ce faisant, j'espierois une occasion propre à faire ce qu'il désiroit ; qu'aussy bien les ouvertures qu'il m'avoit faictes ne pressoient pas, et que, pendant mon séjour à Sedan, il m'y pourroit souvent advertir de ce qui luy surviendroit de nouveau sur ce subject, pour m'en instruire plus amplement; ce que led. s' duc et Beutterich trouvèrent bon.

Et peu avant que j'eusse prins congé de luy, il receut advis certain du docteur Junius, son conseiller, estant lors pour son service en Flandres, de Testât au vray des affaires des Pais-Bas et de la résolution prise de recepvoir led. s*" duc d'Aleiiçon pour prince *, du consentement de la royne d'Angleterre % fondée sur une

\. Après la prise de Cambrai (18 août 1581), le duc d'Anjou était passé en Angleterre (30 octobre) (Négoc. du Levant, t. IV, p. 92). Il en revint au commencement de 1582, et prêta serment comme duc de Brabant. le 22 lévrier, dans la grande salle de l'Hôtel de Ville d'Anvers. Sa correspondance pendant la seconde moitié de l'année 1581 est imprimée dans les Mémoires de Nevers, t. I, p. 544 à 569, dans les Mémoires de Castelnau, 1731, t. I, p. 674 et suiv. Nombre de ses lettres inédites sont conservées dans les volumes 3283, 3902 du fonds français.

2. Le duc d'Anjou avait obtenu la signature de la reine d'Angleterre à leur contrat de mariage. Cette pièce, datée du 1 1 juin 1 581 , jointe à une convention sur la célébration du mariage, des

secrète asseurance qu'elle avoit du prince d'Orenge de ce qu'elle en pouvoit craindre, et sui* les déportemens dud. s"" duc d'Alençon, qu'elle congnoissoit parfaictement ; et pour ce n'avoit rien à doubter de son costé, plustost à espérer de parvenir enfin au but où seulement tendoit led. prince d'Orenge, et faire naistre la guerre entre les deux couronnes de France et d'Hespaigne; sans laquelle asseurance Sa Majesté n'eust jamais souffert le royaume de France s'accroistre d'ung tel pais, qui est posé en cavalier sur son estât et garny de toutes les commoditez et advantages pour y entreprendre. Et consentoit lad. dame plus volontiers à cela pour parvenir à la guerre entre les deux couronnes de France et d'Hespaigne , sur les advis certains qu'elle avoit des grandes forces que dressoit le roy d'Hespaigne contre elle S par correspondance du duc de Parme, son lieutenant général en Flandres ; avec lequel, mal content du roy d'Hespaigne à cause de la citadelle de Plaisance et craintif de sa grandeur, estant de la ligue d'Italie, elle dressa une pratique secrète^ pour divertir^ l'orage qu'elle voyoit prest de tomber sur elle. Et se servit en ceste négotiation d'ung

pleins pouvoirs et autres documents, sont imprimés dans Dumont (Cor2)s diplomatique, t. Y, p. 406 et suiv.).

1. U Armada ne mit à la voile que le 29 mai 1588. Ce passage des Mémoires de La Huguerye prouve qu'elle était en préparation dès le commencement de 1582.

2. Philippe II retenait sans droit la citadelle de Plaisance. Le duc de Parme, son lieutenant-général dans les Pays-Bas, ne cessait d'en réclamer la restitution. Il l'obtint enfin au mois de juillet 1585. Cette affaire est exposée avec détails par de Thou (1740, t. VI, p. 568 et suiv.).

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