Lier, en Brabant, sur la Nèthe, entre Malines et Anvers
Or cette appréhension des forces et desseings dud. s' duc Casimir ayant esté cause du voyage de la royne mère à Nérac*, vers le roy de Navarre, avec lequel elle y entra en conférence et accorda de délivrer à ceux du party dud. s' roy de Navarre quatorze places, en divers lieux, pour leur servir de seuretez et les contenter, afFm de les empescher de prendre les armes, comme il fut faict^. Quand elle veit ses soupçons passez et led. s"^ Casimir retiré, elle traicta ung nouveau soubzlèvement d'armes artificieux avec led. roy de Navarre, lequel commenceroit, affin de retirer lesd. places par une paix.
Led. s' duc Casimir, voyant l'occasion passée d'aller en France, passa en Angleterre^ pour y rendre compte à la royne de tout ce qui s'estoit passé pendant le séjour de ses forces en Flandres, et à quoy il avoit tenu qu'une si belle force n'eust faict ung meilleur effect
1. La roiiie-mère, on août. 1578, était alloe reconduire la reine de Navarre à son mari et essayer de convertir le Béarnais à la cause royale. Une première entrevue eut lieu à La Réole en août 1578, une seconde à Nérac en février 1579. Les documents inédits sur cette campagne diplomatique sont fort nombreux ; nous ne citerons que les recueils de lettres conservés à la Bibl. nat. dans les vol. 3203, 3247, 3300, 3319, 3345, 3384, 3385, etc., du fonds français.
2. L'accord conclu à Nérac, le 23 février 1279, est signé de Catherine, du roi de Navarre, de Bouchard, représentant du prince de Gondé, et de quelques autres députés huguenots. Il est imprimé dans le Cnrps diplomat. do Dumont, t. Y, p. 336, et dans les Pièces justilicativos do la France proksiank, p. 159.
3. Casimir, contraint par son incapacité de laisser le commandement de Farmco qu'il avait conduite au pillage plutôt qu'à la conquête des Pays-Bas, al)andonna ses troupes, se retira en Allemagne et plus tard on Angleterre (janv. 1579). où il reçut l'ordre de la Jarretière. Voyez la note de la page 12.
que de faire retenir dom Joan d'Austria à Namur et s'y retrancher, où il mourut*, et voir si ceste j)rincesse auroit du cueur de s'opposer à bon escient à l'usurpation que les François pratiquoient desd. Pais-Bas, recongneut qu'elle estoit desjà changée par les propositions du mariage du duc d'Alençon, qui sepromettoit, estant ung avec ceste princesse, de joindre les Païs- Bas à l'Angleterre, ce que la royne ne cherchoit pas, comme chose très malaisée, mays bien de continuera troubler le roy d'Espaigne en cet estat-là, qui est ung cavalier ^ sur son royaume, ayant veu que par la force elle n'y pouvoit rien espérer et aussy peu par les pratiques et négotiations, congnoissant bien la contrariété du but dud. s' prince d'Orenge, duquel l'authorité estoit telle parmy ces peuples-là qu'il l'en empesclieroit tousjours aiséement ; elle ne vouloit aussy en sorte quelconque voir tomber cet estat-là es mains des Françoys; mays s'asseurant bien, à son exemple, que, quelque bonne mine que feist led. s"" prince d'Orenge aud. s' duc d'Alençon, ce n'estoit son intention et l'empescheroit bien de s'y establir, quand bien pour se maintenir il auroit appelle Icd. s' duc d'Alençon, lequel il rejecteroit aussy aiséement qu'il l'auroit introduit et qu'il auroit faict rejecter le roy d'Espaigne, leur prince naturel. De quoy se doublant bien led. s' duc mesmes, tant parce que j'en avois descouvert à ses
1. Don Juan d'Autricho. (t. F, p. 4, note) mourut de la lièvre au camp retranché de Namur, le l^"" octobre 1578. Les emiemis de Philippe II l'ont accusé d'avoir fait empoisonner ce grand capitaine. Rien ne confirme cette accusation. Voyez Motley (trad. Guizot, t. IV, p. 255).