I. Confluence, Coblentz (Conflucntes
son régiment françoys, s'establir en la tutèle et administration de l'Electorat et Palatinat et recepvoir en ceste qualité les sermens des subjectz; que telle authorité et reng en l'Empire luy avoit apporté plus de moyem que jamais de leur servir et d'advancer les affaires dud. s"" électeur de Golongne (pour lequel, à la vérité, je faisois volontiers ceste charge, et luy en escripvy de Sedan, pour luy donner courage) ; mays que pour toutes ces raisons il estoit aussy raisonnable, tant au faict de la religion que de l'Estat, qu'ilz s'y employassent vifvement avec luy comme ilz pourroient faire aiséement, faisant lever doucement et embarquer par petites trouppes, sans bruict ny alarme, et comme pour le secours de Rolande, une bonne trouppe de gens de pied et de cheval françoys, lesquelz seroient receuz en Holande et favorisez de batteaux et vivres , pour monter le Rhin jusques en l'électorat de Golongne, ou bien par terre comme il seroit requis pour la seureté de leur chemyn, quand ilz vouldroient monter en Clèves pour joindre led. s"" Electeur; que faisant cela, de leur costé, et led. s"" duc sa poursuite envers les aultres princes protestans, comme il y avoit travaillé et continué, avec son authorité électorale il feroit résouldre une nouvelle levée pour descendre aud. électorat de Golongne et joindre les forces françoises , ou en personne, si les affaires de sa maison luy permettoient, ou par ung prince duquel il se fîeroit comme de luy-mesmes, mays que son désir estoit d'y estre en personne; et, qu'en establissant led. s'" électeur de Golongne et faisant teste à l'Espaignol de ce costé-là avec les Holandois, ilz l'empescheroient bien d'entrer en France, et, n'y entrant pas, ceux de Guyse demeu-
reroient courts en leurs desseins et n'y feroient pas l'effect qu'ilz prétendoient, comme il sçavoit très bien et d'eux-mesmes ; mays qu'il estoit besoing de diligence. El, pour faire voir aud. s"" roy et à mon maistre le danger évident de ceste frontière par l'entreprise des Espaignolz non seulement à l'Empire, mays à la France, led. s"" duc fut d'advisque je feisse une charte*, abrégée du cours du Rhin, depuis Wesel jusques à Basle, pour leur faire congnoistre à l'œil l'intention de l'Espaignol de monter le Rhin jusques en Alsatz, qui est de la maison d'Austriche, dès Haguenau, par intelligence avec les évesques, qui se disposent à leur protection, et par souffrance de l'Empereur, au préjudice de la maison palatine et de la Lorraine, en fermant ce passage-là aux François pour aller en Alemaigne. Et particulièrement led. s"^ duc m'avoit chargé de dire à mon maistre qu'en ceste guerre-là il y avoit beau moyem de faire quelque chose pour luy en traictant le mariage de Bouillon, des affaires de laquelle maison il avoit eu et auroit soing, comme je luy pourrois déclarer, saichant son intention au pais de Glèves, dont le duc prend alliance avec l'enneiny dud. s"" électeur de Colongne , espousant sa niepce de Baden , ce qui réussiroit enfin à sa grandeur particulière, et qu'à cet effect, s'il estoit possible que led. s"^ prince eust la charge ùesd. forces françoyses, ilz feroient eux deux ensemble en cela ung grand coup, ne laissant pourtant d'entretenir ceux de Guyse pour tascher à iaire quelque chose de bon, sinon, au moings, apprendre de leurs affaires.