‹ Mémoires inédites (volume 2)Chapitre 63 sur 84 · Que je fuz adverty, dont je fus averti · texte numérisé non relu

Que je fuz adverty, dont je fus averti

2. Nous connaissons deux récits de la dernière maladie du duc d'Alençon ; l'un écrit par Jacques Besson, prédicateur du prince, est imprimé dans le tome X (p. '201 et suiv.i àos Archives curieuses de Cimber et Danjou, l''^ série; l'autre, que nous croyons inédit, est du s. de La Fougère (F. fr., vol. 390-2, f. 283).

en leur précipitation, n'ayant pas sceu entretenir l'amitié du roy, dont ilz avoient auparavant disposé à baguette, laquelle amitié seule, avec patience bandée à l'accoustumée contre le roy de Navarre et mon maistre, leur faisoit indubitablement tomber toute authorité en la main ; l'aultre faulte fut en ce que pour entretenir l'amitié du roy, recongnoissant bien qu'avec l'amitié de la royne mère, qui estoit leur alliée et confidente, la faveur des deux mignons du roy leur estoit nécessaire, ayant bien pratiqué celle du duc de Joyeuse' par le mariage d'une seur de la royne % ilz ne feirent pas de mesmes du duc d'Espernon% qui estoit le cueur du roy, quand on luy refusa pareille alliance qu'il recherchoit en la maison du duc de Lorraine après la mort de celle qui luy avoit esté promise 'S

1. Anne de Joyeuse, d'une ancienne et illustre maison du Languedoc, était un des favoris de Henri III. Duc et pair en 1581, amiral de France en 1582, chevalier des ordres en 1583, il reçut en 1586 le commandement de l'armée royale envoyée en Guyenne. Le 20 octobre 1587, il livra bataille au roi de Navarre près de Goutras et y fut vaincu et tué. On conserve dans les 500 de Colbert (vol. 29, f. 480 et suiv.) un Inventaire de pièces important pour la généalogie et l'histoire du duc de Joyeuse. Cette pièce provient du cabinet de l'historien de Thou.

2. Le 24 septembre 1581, le duc de Joyeuse épousa, au Louvre, Marguerite de Lorraine, sœur de la reine. Ce mariage fut la cause de fêtes et de folies coûteuses, dont le souvenir resta dans l'esprit de tous les contemporains. Voyez le Journal de Lestoile, édit. ChampoUion, p. 137.

3. Jean-Louis de NogaretdeLa Valette, duc d'Espernon (1581), né au mois de mai 1554, d'une ancienne famille de Languedoc, mort le 13 janvier 1642. Il s'était d'abord attaché au roi de Navarre et le suivit dans sa fuite (Aubigné, Hist. univ., 1626, col. 776). Bientôt il passa au parti du roi, dont il partagea la scandaleuse faveur avec Joyeuse. Il fut le négociateur le plus autorisé de la réconciliation de Henri lU et de Henri IV.

4. Christine de Lorraine, iille de Nicolas de Lorraine, duc de

estant sans doubte que ces deux maisons-là, bien asseurez par telles alliances, feroient avec l'authorité de la royne mère ce qu'ilz vouldroient du roy qui n'avoit et n'espéroit poinct d'enfans * ; au contraire de laquelle prudence ilz se picquèrent contre led. duc d'Espernon et l'irritèrent tellement qu'ilz le contraignirent de tourner le visage vers led. s*^ roy de Navarre, avec lequel il n'estoit pas bien (luy ayant aultresfois refusé une place d'escuyer en sa maison), et la maison de Mommorency, où il print alliance-, et depuis ne cessa d'altérer le cueur du roy contre eux et ruiner leurs affaires; ayant d'advantage apprins de plusieurs personnes d'estat que le petit Espernonnet^, s''de Fontenay, parisien, fîlz du s'^deFontenay, maistre des comptes, allié et serviteur de la maison de Mommorency, avoit beaucoup servy à aliéner led. duc d'Espernon de ceux de Guyse pour le retirer en lad. maison de Mommorency.

Ayant recongneu ces fondemens-là, je passay ouUre par Chartres pour y donner ordre à mes petitz affaires, et de là, tenant mon cliemyn ordinaire, qui n'estoit jamais par les grandz chemins, j'arrivay en ung gros village sur la rivière de Boutonne, près S' Jehan d'Angely, assez tard exprès, affm d'avoir subject d'y demeurer la nuict; et, le lendemain, de grand matin,

Mercœur, et de Renée de Bourbon-Montpensier, morte en bas âge.

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