‹ Mémoires inédites (volume 2)Chapitre 64 sur 84 · Sur ce point, voy. plus loin p. 303, note · texte numérisé non relu

Sur ce point, voy. plus loin p. 303, note

2. Il épousa, le 25 août 1587, Marguerite de Foix, comtesse de Gandale, iille de Henri de Foix et d'une fille du connétable de Montmorency.

3. On trouve dans les Lettres de Iknri IV un s. de Fontenay, messager du roi au duc d'Épernon et signalé comme un ami de ce seigneur (t. IV, p. -200).

j'envoyay ung mien serviteur aud. S' Jehan pour recongnoistre qui estoit près dud. s*^ prince et parler à luy, à part, comme si je l'eusse envoyé seul de Sedan. Et sceu dud. s"" prince que près de luy estoit arrivé le s"^ de Glervant, qui de là debvoit passer en court de la part du roy de Navarre ; deist led. s'" prince à mon homme que led. Glervant ne m'aymoit pas et que pour ce il désiroit que je feusse près de luy, avant qu'il en partist, pour parler à luy et luy respondre hardiment en sa présence plustost que de le rencontrer en chemyn. A quoy j'obéy si tost que mon homme fut de retour.

Et arrivay le premier de may aud. an 1584 aud. S' Jehan, au disner de mon maistre, où je ne fei pas grand semblant d'avoir aulcune charge; et luy présentay seulement les lectres dud. s"" duc de Bouillon, à mesme fin que les précédentes \ et ung jeune soldat pour estre, en sa faveur, de ses gardes. Et luy diz en l'oreille que je venois de la part dud. s' duc Casimir, à présent tuteur et administrateur de l'Electorat et Palatinat, son bon amy, ayant aussy charge de passer vers le roy de Navarre par son advis, à ma discrétion touteffois, si je voyois que bon me feust. Il me deist que je dissimulasse ceste charge-là jusques à ce que j'aurois veu la contenance dud. Glervant, lequel, sai-

1 . La Huguerye était porteur d'une lettre de Casimir de Bavière au prince de Gondé, datée du 6 décembre 1583, dans laquelle le prince allemand, s'adressant à Condé, lui déclarait qu'il désirait « surtout vivre en une si estroite correspondance avec le roy de Navarre et vous qu'il n'y ait rien qui vous concerne que je ne l'estime appartenir à moy-mesmes. » Cette lettre contient un grand éloge de La Huguerye. L'original est conservé dans les V<= de Golbert, vol. 29, f. 739.

chant que j'estois arrivé, s'en vint en la chambre de mon maistre, où je n'estois pas lors, m'estant allé faire desbotter, et feist aud. s"" prince grandes plaintes contre moy, ne saichant touteffois dire aultre chose sinon que je traversois ses affaires en Alemaigne.

Mon maistre m'advertit; et je vins et diz aud. Glervant que, s'il ne parloit plus particulièrement, je ne luy pourrois respondre; que, quand j'estois ou près de mon maistre ou près dud. s'^duc Casimir, estant requis de dire mon advis de quelque affaire en conseil, je le disois syncèrement et librement, sans regarder derrière moy, et en bonne conscience ; qu'en ce faisant je ne sçavois pas s'il se pourroit estre offensé, parlant hardiment comme mon maistre m'avoit commendé; lequel, prenant la parole, deist que s'il n'y avoit aultre chose à démesler que cela, que ce n'estoient que termes généraux qui ne le pouvoient offenser, s'il ne venoit aux particularitez, et que si, en faisant son service, j'avois dict, pour le bien de ses affaires, quelque chose qui luy despleust, que pour cela encores moings, et que j'avois telle obligation à son service que je ne debvois rien craindre pour m'en acquitter et qu'il estoit bon maistre à ses serviteurs pour les garentir.

Led. Clervant feist mine d'estre marry de ces propos de mon maistre, comme s'il doubtoit qu'il ne luy feust serviteur; et passant au particulier deist que j'avois esté cause envers le duc Casimir de faire sortir des mains de Malroy, son frère, une négotiation, pour ce, disois-jc, qu'aussytost son frère la luy descouvriroit, comme il présumoit que c'en estoit la cause. Sur quoy je diz qu'avant que luy respondre je désirois dire ung mot à part à mon maistre; auquel je déclaray

tout, comme il est discouru cy-devant, l'asseurant que c'estoit la vérité du faict, que je ne répète pour briefveté, et que je n'en voulois aultres tesmoings que led. s"" duc Casimir et Beutterich, et que je luy avois voulu déclarer cela avant que respondre, afïin de me gouverner après, selon sa volonté; et quant à moy cjue la vérité ne me coustoit rien à dire. Sur quoy mon maistre me deist que j'avois faict sagement et qu'il en vouloit respondre pour moy. Et lors, se retournant vers Clervant, luy deist : « Si mes affaires estoient communicables à tout le monde, La Huguerye me vient de déclarer une raison qui le descharge envers vous, Mons'"de Clervant ; mays je ne fais part de mes affaires qu'à ceux qui me sont serviteurs et obligez et domestiques, et pour ce je vous déclare que ce qu'il a faict en cela a esté pour mon exprès service et que vous n'avez poinct intérest, si vostre frère Malroy a part ou non en ung affaire, si vous n'avez quelque secret avec luy, que je n'entendz pas. » Et pour ce poinct-là qu'il m'en deschargeoit et me maintiendroit comme son serviteur, en faisant son service.

Sur quoy Clervant ne saichant que dire se print à mectre en avant une aultre maladie en ses affaires, que je le mectois mal avec ses reistres; à quoy je respondy tout hault, en présence dud. s^ prince et de toute la compaignye que, si ses reistres l'avoient proclamé par affiches par toutes les villes impériales comme un schehn^ pour n'avoir satisfaict à ses promesses et obligations, que je n'en estois pas cause, et qu'au contraire en me voyant et demandant de ses

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