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En janvier 1576. Voyez t. I, p

2. La Huguerye, dans ses négociations avec les ambassadeurs du duc de Lorraine, semble avoir dépassé la mission qui lui avait été donnée par Casimir. Ce prince, dans une lettre à Ségur, du 4 juillet, proteste contre l'accord fait avec Tantonville, au sujet du passage de l'armée, moyennant une somme de 100 mille fr., payable par le duc de Lorraine (Vc de Colbert, vol. 402, f, 112). Dans une

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et celuy de la neutralité, mays qu'il tint cela fort secret et n'en parlast qu'aud. s"" duc, pour en faire l'ouverture de luy-mesmes. Led. s"^ de Buhy fut fort joyeux, et, sur ce, m'asseura qu'il tenoit l'affaire pour faict, et qu'à quelque prix que ce feust il seroit icy au jour et heure promise, et qu'il cognoissoit tant l'honesteté dud. s"^ duc de Lorraine, qu'il recognoistroit ung si bon office envers moy. G'estoit le dernier mot que j'avois dud. s'" duc Casimir, pour la conservation de Testât dud. s"" duc de Lorraine, que 200,000 escuz n'estoient pas ung escu pour feu de ses subjectz, lesquelz par ce moyem en espargneroient plus de deux millions de dégastz et despenses. Laquelle ouverture je fiz, désespérant aultrement que led. s"" duc de Lorraine vint jusques à la somme de 200,000 escuz et que les François ne la voulussent plus modérer, joinct l'utilité très grande de l'armée, qui en avoit besoing pour payer le moys entier et la faire entrer gagliarde en France.

Après le partement dud. s"" de Tanton ville, nous retournasmes à Quatznen et rencontrasmes en nostre chemin, au dessus de Cratzfeldz', le s"" de Clervant en son coche, qui alloit au cartier, où il avoit fait advancer ses Suisses ; lequel nous compta que, suivant la résolution du conseil, pendant que les payements se faisoient et nous estions à Saverne % le s"" de

seconde lettre, du 12, Casimir se félicite de ce que la nouvelle de l'accord est fausse (ibid., f. 134).

1. Probablement Grastatt, village, à l'ouest de Strasbourg, canton de Marmoutier, sur la route de Saverne (Bas-Rhin).

2. Des Réaux accuse La Huguerye, en négociant avec les représentants du duc de Lorraine, après le passage des Vosges, à

MÉMOIRES DE LA lïUGUERYE. 6*7

Cormont^ mareschal de camp, conduit par le s' de Malroy, son frère, estoit allé visiter la montagne, pour la faire nettoyer et oster les empeschemens qu'on y avoit mys, tant de gros arbres abatuz en travers que de grosses roches roulées, et pourvoir que le passage se feist sans difficulté. Je luy demanday s'il n'avoit aultre conmendement que cestuy-là, qui peust interrompre le bon estât auquel nous venions de laisser la négociation de Lorraine , utile principalement à ses Suisses, comme je luy discouru, suivant ce qu'ils nous avoient asseuré au conseil, à Marlen, où il fut résolu de visiter et nettoyer la montagne ^ Led. s"" de Glervant fut fort aise, pour l'espérance qu'il avoit que ses Suisses s'en sentiroient, et nous asseura qu'ilz n'estoient envoyez que pour nettoyer le passage.

Je prins occasion de luy changer propos et de luy parler d'ung gentilhomme, appelle Espaux'^, venu de l'armée du duc de Guyse vers Guitry ; et, sur le subject de ce voyage, tombant de propos en aultre, il revint à nostre négociation , nous demandant dans quel temps nous en espérions une fin. Je luy respondy que ce debvoit estre samedy prochain , le priant ,

Saverne, d'avoir retardé la marche de l'armée (Mémoire de Des Réaux porté en Allem.agne en février 1588; Vc de Colbert, vol. 401, f. 136).

1. Antoine de Cormont, s. des Bordes (t. II, p. 112), un des quatre maréchaux de camp de l'armée allemande. Les trois autres étaient les s. de Montmartin, de Mouchannes et de Malroy (Estât de l'armée des reitres; f. fr., vol. 704, f. 69).

2. Avant de quitter la petite ville de Marlenheim , le 31 juillet, les reitres avaient pillé et détruit la ville de fond en comble (Nouvelles de l'armée des reitres; f. fr., vol. 4734, f. 275).

3. Le s. d'Espau. Voyez la note 3 de la p. 370 du t. I. Nous reviendrons sur ce personnage.

comme le moins passionné, de tenir la main qu'il ne se feist rien au préjudice de cela, suivant l'asseurance qu'ilz nous en avoient donné et que nous avions aussy donné aud. s"" de Tanton\'ille , affin que, négotians cela de leur gré et consentement et pour leur bien et soulagement, s'excusans de ne le pouvoir faire euxmesmes, à cause des conmendemens contraires qu'ilz avoient receu du roy de Navarre par Beauchamp, nous n'en receussions poinct de blasme.

Sur quoy, sans y bien penser, il luy eschappa de nous dire que ce qu'on avoit faict à Phaltzbourg n'estoit rien. Gela me donna occasion de luy demander que c'estoit. Et ne le nous pouvant plus celer, il nous confessa qu'il venoit du cartier de mons*" de Bouillon, où on avoit amené de grand matin le cappitaine Stephe, gouverneur du chasteau de Phaltzbourg', lequel en estoit sorty sur la parole dud. s'^ de Cormont, qui l'avoit amené aud. s"" duc de Bouillon, sans estimer avoir contrevenu à sa parole et pour apprendre seulement des nouvelles des ennemys. Je luy respondy que nettoyer la montagne et prendre des cappitaines des places dud. s"" duc de Lorraine, sur la parole, estoient choses fort différentes ; que nettoyer la montagne et ne passer pas pourtant ne faisoit point de tort à la négotiation, mays prendre les cappitaines des places et

1. Phalsbourg, arrondissement de Sarrebourg (Meurthe). Cette ville avait été achetée en 1583 par le duc de Lorraine au comte palatin Georges-Jean (Lepage, Lettres et instructions de Charles III, p. 194, note). Une lettre de Ségur au prince Casimir, datée du 25 juillet 1587, prouve que la prise de Phalsbourg n'était pas aussi inutile à l'armée que le prétendait La Huguerye. Ce château avait été fortifié et garni de munitions pour une armée considérable (Vc de Golbert, vol. 40-2, f. 14G).

user d'infidélité contre la parole, les emmener, retenir et interroger estoient actes d'hostilité, contraires à ce qu'ilz nous avoient promis. Dont je craignois ung grand changement en la négotiation, ne doubtant pas que led. s^ de Tantonville auroit eu quelque alarme, à son retour, laquelle il porteroit toute chaude à Nancy; qui pourroit tout gaster, le priant de le faire promptement renvoyer en son chasteau et luy en faire donner avis, en poste, à Nancy, qu'il a esté renvoyé à nostre requeste, sans avoir receu aulcune incommodité ; ce qu'il nous promist de faire sitost qu'il seroit arrivé.

J'adjoustay que nous n'en voulions parler à aultre qu'à luy, comme le plus modeste, mays que si, dedans ce jour-là, nous n'avions advis dud. cappitaine Steffe, mesmes de son restablissement, nous assemblerions tous les colonelz et leur ferions une plainte de ceste infidélité commise en nostre endroict, dont il pourroit arriver tel inconvénient, qu'ilz pourroient bien aller seulz en Lorraine, ce qu'il me pria de ne faire pas. Et continuant, je luy demanday qui des Alemandz avoit esté en ce conseil-là. Il me deist qu'il n'y en avoit poinct. « C'est double faulte, dis-je ; vous sçavez bien que vous ne pouvez rien résouldre sans eux, et que l'avez ainsy juré*. » Il ne savoit que respondre. Je continuay et diz que, si le s^ de Cormont a faict cela

1. Guitry raconte que les séances du conseil étaient rares et courtes, parce que, les quartiers des divers corps d'armée étant toujours très éloignés les uns des autres et les Allemands ne voulant pour aucune raison laisser passer l'heure d'un seul de leurs repas, la plus grande partie de la journée se perdait en allées et venues (Lettre de Guitry à Ligny datée du 26 décembre 1557f. fr., vol. 4142, f. 657). -

de sa teste, il l'en fault chastier et le mettre es mains de mons"" de Lorraine pour en faire telle justice qu'il luy plaira. Il ne respondist encores mot à cela et me pria de reclief de n'en parler poinct, et qu'il i'eroit ce qu'il m'avoit promis.

Et l'ayant laissé aller, nous continuasmes nostre chemin à Quatznen, où je fei le rapport aud. s*" baron de Dhona, tant de Testât de la négotiation que de l'infidélité double commise par les Françoys, pendant que nous y travaillions, contre l'asseurance qu'ils nous avoient donnée et contre la parole donnée au cappitaine Stephe, et qu'il estoit nécessaire d'y pourvoir promptement, comme led. s'" de Clervant m'avoit promis de faire, mays qu'il ne s'y falloit pas attendre, que le seul remède estoit d'appeller les colonelz et les mener à Marlen pour le faire remener, ou protester de les laisser là, comme il dist qu'il féroit, et dès demain matin, au lieu assigné pour faire le logis de l'armée.

Le lendemain, x^ d'aoust, voyant led. s"" baron de Dhona se préparer pour aller aud. lieu assigné, je le fei resouvenir du faict du cappitaine Steffe ', luy remonstrant que, si luy et les colonelz n'y apportoient de leur authorité, je ne gaignerois rien par toutes mes sollicitations et remonstrances et que cette négotiation de Lorraine, tant agréable aud. s"^ duc Casimir et encores plus nécessaire à l'armée, s'en iroit aultrement en fumée; ce qu'il me promist de rechef de faire. Et

1. Le capitaine Stephen, lieutenan-t du duc de Lorraine à Phalsbourg, fut relâché quelques jours après et la ville fut rendue par les reitres (Lettre orig. de Schomberg au roi, du 29 août; f. fr., vol. 4734, f. 271).

cependant j'allay à Marlen, pour avoir les quictances nécessaires aud. s'" duc Casimir des deniers receuz et employez et l'obligation de ce qu'il y avoit mys plus de six vingtz mille florins de sa propre bourse, avec le pouvoir pour la seconde levée. Et trouvant les s" de Guitry et de Glervant desjà partiz pour aller aud. lieu, assigné sur ung hault qui regarde Saverne et le pais des environs, pour faire à l'œil le logis de l'armée le long de la montagne, je les allay trouver; et leur ayant parlé de cet affaire-là, je fei resouvenir led. s"" de Glervant du faict dud. cappitaine Stefle, pour sçavoir s'il estoit renvoyé, comme il me promist hier, sinon [qu'jon le feist remener promptement pour éviter à la routure de l'affaire de Lorraine. Dont ilz s'excusèrent encor, rejectant cela sur le s" de Gormont, en m'asseurant de rechef de le faire remener à leur retour au Cartier. Gela fut cause que j'en parlay aud. s"" de Gormont, lequel m'asseura n'avoir rien faict que par exprès commendement.

Et comme je pressois cet affaire-là de mon costé, le s' de Montlouet \ gentilhomme d'honneur et de vertu, ennemy de telles perfidies, s'aprocha de moy, entendant les plaintes que j'en faisois, et me deist qu'ils ne le vouloient pas rendre, quelque promesse qu'ilz m'en feissent, et ne cesseroient par tels actes de rompre la

1. François d'Angennes, seigneur de Monlouet et de Lisy, septième fils de Jacques d'Angennes, seigneur de Rambouillet, et d'Isabeau Cotereau, dame de Maintenon, se réfugia, après la triste fin de la campagne de 1587, auprès du roi de Navarre {Lettres de Henri IV, t. II, p. 317 et 332) et lui resta fidèle. En 1605 on le retrouve auprès du roi et à Sedan, cherchant à ramener au service de la France le remuant Henri de Turenne, duc de Bouillon (Ibid., t. YI, p. 477).

négotiation de Lorraine, pour engager monsieur le duc Casimir en quelques termes d'inimitié avec led. s"* duc de Lorraine et jusques à irréconciliation, s'il leur estoit possible, faisans entendre en Lorraine par quelques Lorrains à leur dévotion (et c'estoit par led. Dompmartin) que, quelque bonne mine que ieist led. s' duc Casimir et ses serviteurs, il ne tenoit qu'à eux que ce ne feust déjà faict de ceste négotiation-là ; et, s'ils y estoient bien affectionnez ils n'auroient pas, quant à eux, le moyem d'y résister, et que ce qu'ils faisoient au contraire n'estoit que par intelligence avec eux et pour leur servir d'excuse ; et pour preuve de cela divulgans le secret de la capitulation, ilz disoient que tout le fruict de la guerre de Lorraine appartenoit par lad. capitulation aud. s"^ duc Casimir. Je garday cet advis secret, pour ne faire tort à cet honeste seigneur-là, et pour ne mectre les affaires en ung désordre manifeste, par la congnoissance d'ung si meschant artifice qui vérifioit leur but, résolvant pour y remédier de bander au contraire à l'effect de lad. négotiation de Lorraine (joyeux d'avoir mys si à propos en la bouche dud. s' de Buhy l'ouverture que je luy avois faicte, à son partement), ou du moings, si nous en estions empeschez par eux, purger led. s"" duc Casimir et nous de ces irnpostures-là, faire voir aux Lorrains jusques au fondz de ceste négotiation et asseurer, de ce costé-là, l'amitié dud. s'" duc Casimir et ses affaires, aultant qu'il nous seroit possible, et, en tout cas, les empescher du tout de faire séjour et rien posséder en Lorraine. Je diz lors aud. s"" de Montlouet que led. s' duc Casimir seroit bien estonné d'entendre par nos lectres une telle meschanceté. Il repli-

qua qu'ilz s'asseuroient d'avoir ung homme près de sa personne à leur dévotion, qui lui feroit trouver cela bon et toutes aultres choses de leur pièce pendant nostre absence; et c'estoit led. s"" de Beaumont, suivant les lectres dud. s'" de Bèze, et que led. s"^ de Ségur estoit retourné en ceste espérance à Heidelberg. Dont je le remerciay.

Et m'en retournay à Quatznen, où je fei le tout entendre aud. s"" baron de Dhona à son retour, qui en tomba en une extrême cholère, y voulant remédier extraordinairement ; mais je l'en dissuaday, luy remonstrant qu'il estoit seulement besoing que luy avec ses colonelz tint la main à l'effect de lad. négotiation de Lorraine, empeschant bien tout ce qui y estoit contraire, et que, dès ce soir, je ferois une dépesche aud. s"" duc, par laquelle je l'advertirois de l'importance de cet advis, affin qu'il se donnast bien garde des persuasions dud. s"" de Beaumont sur ce faict ; ce que je fei et l'envoyay à Strasbourg pour la faire porter à Heydelberg.

L'unziesme d'aoust, allant de rechef à Marlen passer lesd. quictance, obligation et pouvoir, je leur fei entendre que nous retournerions, après disner, à Saverne, pour faire une fin de lad. négotiation de Lorraine avec led. s"" de Tantonville, qui nous avoit asseuré de s'y trouver demain samedy de grand matin avec bonne espérance, veu ses offres de mercredy, pourveu qu'ilz n'eussent rien gasté, et, en rabillant le faict de Phaitzbourg, [qu'Jilz eussent renvoyé led, cappitaine Steffe ; comme ilz m'asseurèrent et jurèrent plusieurs fois avoir faict. Et, estant de retour à Quatznen, nous allasmes, le baron de Podlitz et moy,

à Saverne, pour y trouver ou attendre led. s»" dcTantonville, lequel ne vint poinct ce jour-là, ny led. s'"de Buhy, qui nous a voit promis d'y estre au soir; ce qui nous feist doubler de quelque altération survenue à cause de l'entreprise de Phaltzbourg, dont led. s"" de Tantonville pouvoit avoir eu congnoissance en repassant la montagne au mesme temps, et porté l'advis aud. s"" duc, son maistre. Et l'attendans, nous conférasmes, résoluz de faire ce jour-là, s'il venoit, ou demain, une fin de la négotiation, à quelque prix que ce feust, au contentement desd. s" duc de Lorraine et duc Casimir, jugeans ung grand bien en ce passage amiable, par estappes, pour entrer fraiz en France et éviter les maladies, qui aultrement se fourreroient dans l'armée et la diminueroient beaucoup, et de pouvoir donner quelque chose aux Suisses que nous avions trouvé, en venant à Saverne, logez à Gratzfeldz, assez mescontens.

Lesamedy, xii% nous attendismes encores à Saverne, led. s'" dePodlitz et moy, sans avoir aulcunes nouvelles dud. s"" de Tantonville ny dud. s' de Buhy, sinon ung petit mot de lectre qu'il nous escripvit et receusmes environ les xi heures, nous promettant d'estre avec nous à midy ; mais il n'y peut satisfaire, estant retenu par les François qui avoient passé la montaigne, les principaux desquels vindrent vers nous sur le midy, pour comniquer avec nous de leur volonté de passer dez ce jour-là. Mays nous leur remonstrasmes que nous n'avions poinct encores de nouvelles dud. s"" de Tantonville et que led. s"" de Buhy nous avoit asseuré par lectres d'estre icy à midy, que nous actendrions tout ce jour-là, encores que nous eussions grande

double que led. s*" de Tantonville feust diverty de son retour par le faict de Phaltzbourg et que led. s' de Buhy feust empesché de venir, au grand préjudice de la négotiation et de l'armée ; et, veu ce que nous avions traicté mercredy, sans doute tout eust esté conclud cejourd'huy, m'estonnant bien fort de telz empeschemens, veu qu'ils pouvoient bien recongnoistre que l'armée n'estoit pas disposée à exécuter leurs volontez en Lorraine ; et que se trouvant, par ce moyen, privez du fruict de leur intencion, ilz privoient aussy volontairement et de gayeté de cueur, par mille mauvais moyens, toute l'armée d'ung grand bien qu'elle recepvroit de l'effect de lad. négotiation. Ce qui fut cause que, n'estant pas encores leur passage bien prest ny l'artillerye arrivée au cartier des Suisses pour leur délivrer et la faire monter avec eux, ilz dilayèrent jusques au lendemain dy manche.

Ce jour, xiif d'aoust, comme les Suisses et l'artillerie passoient devant Saverne pour monter la montagne, led. s"" de Podlitz et moy, les regardant passer à la porte, je vei le s»" Érard, ingénieur dud. s"" duc de Bouillon , avec quelques soldatz françoys , auquel je parlay, luy demandant qui estoient ceux de sa compagnye; qui me feist response que c'estoit led. cappitaine Steffe, qu'ilz menoient encores à Phaltzbourg, contre leurs promesses. Et n'ayant poinct de nouvelles desd. s""^ de Tantonville et Buhy, trouvasmes bon d'aller à Phaltzbourg pour voir si nous en apprendrions quelque chose ; où nous trouvasmes le cappitaine Du Tros, que le s"" de Guitry avoit laissé dans le chasteau, duquel ilz s'estoient saisy sans nous dire mot, qui nous deist qu'il n'avoit poinct veu led. s'" de

Buhy ; aultant nous en deist le chaffener*. Et ne pouvans aller à Lixen-^, à cause de la nuict qui estoit proche, nous demeurasmes à Phaltzbourg.

Le lundy xnii% nous allasmes à Lixen, où nous séjournasmes le xv®, pendant que l'armée passoit. D'où led. s*" de Podlitz résolut de s'en retourner, puisqu'il n'avoit aulcunes nouvelles dud. s" de Buhy, que nous sceusmes depuis avoir esté arresté par les François, l'empeschant de venir à nous. Et, affin de faire congnoistre aud. s"" duc de Lorraine le debvoir auquel il s'estoit mys, de la part de son maistre, je fuz d'advis de luy en escripre une bonne lectre, que je dressay de telle forme et substance que led. s"" duc de Lorraine peust clairement voir qu'il n'avoit tenu à nous de conclure la négotiation du soulagement de ses terres et subjectz, que je n'insère icy, pour estre longue, laquelle je fei tenir à Nancy par le s"^ de Lutzbourg, gouverneur de Sarrebourg, auquel je l'adressay. Et affin de voir comme nous estions résoluz de conclure, j'insèreray icy Testât des vivres, nécessaires par chacun jour pour la nourriture de l'armée, que j'avois dressé, à la prière dud. s"^ de Tantonville :

1. Au duc de Bouillon, lieutenant gêné- 800 livres pains, rai du roy de Navarre, par provision, 400 livres chair,

pour sa maison et suitte, ses gardes 4 queues vin.

et sa cornette, avec le conseil, 400 bouches à 2 livres de pain par jour et 1 livre chair.

A 400 chevaux, 36 raiseaux avoyne 36 raiseaux-^avoyne. et le foing et paille nécessaires.

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