Geintrey (Meurthe), à 22 kilomètres de Nancy
3. ïonnoy (Meurthe), à 21 kil. de Nancy. — Haroue (Meurthe), à 30 kil, de Nancy.
mays une remonstrance que je leur fei, après leur avoir empesché l'usage de l'artillerie, d'arrester l'armée à des effectz de si petite conséquence et qui seroient plus nuisibles qu' utiles ausd. François, desquelz on pouvoit aussy démolir et brusler les maisons en France, empescha ce dessein.
Et comme nous advancions, à la queue des Suisses et artillerie, pour les soustenir, estans à my-chemin de Cintray, où nous allions loger, arriva ung reistrc venant au grand galop vers led. s' baron de Dhona, envoyé par led. s' feld mareschal RumpfF, qui estoit allé devant pour faire les logis selon sa coustume, donnant advis aud. s^ baron de s'advancer en diligence, d'aultant qu'ilz avoient trouvé l'ennemy à Cintray, lequel ilz poursuivoient. Les régiments de l'avant garde marclioient devant nous. Et feist led. s' baron advancer ceux de la bataille, ayant préalablement adverty le colonel Tilman^ lequel marchoit avec son régiment de Bern, à nostre main gaulche, de faire haster tous les Suisses et l'artillerie, en toute diligence, pendant qu'il s'advançoit pour soustenir ceux qui estoient à la poursuite de l'ennemy et l'entretenir.
En marchant au trot nous trouvasmes led. s' duc de Bouillon arresté avec ses cornettes en la plaine au devant de Cintray, vers lequel led. s"^ baron m'en-
1. Bernard Thielmann, colonel des Suisses de Berne, comme représentant de letat de Berne, avait signé, avec Glervant, représentant du roi de Navarre, l'accord en vertu duquel il s'engageait à lever 40 enseignes de 300 hommes, etc. (f. fr., vol. 3975, f. 50). Il mourut pendant la campagne, à la lin de septembre (Mémoires de la Ligue, t. II, p. 217).
voya pour l'advertir de ce que led. feld-mareschal luy avoit mandé et qu'il s'advançoit pour le soustenir, estant son ad vis que led. s' duc de Bouillon fëroit très bien de faire acheminer les Suisses et l'artillerie et le reste de l'infanterie françoise avec luy, pour le suivre de plus près qu'il pourroit, affin d'engager l'ennemy au combat qu'il recherche tant et prendre l'occasion aux cheveux, si elle se présente à propos. Et, au lieu de suivre cet advis, qui estoit le meilleur, il laissa les Suisses et le régiment du colonel Villeneufve et suivit led. sMiaron ; lequel s'advançant tousjours, trouva que l'ennemy (qui pensoit prendre l'armée à la queue et l'avoit rencontré en teste) avoit desjà esté chassé de Gintray, Puligny^ et Acraigne^ n'ayant eu le loisir de manger ce qui estoit prest sur la table, où plusieurs furent pris et tuez. L'ennemy, depuis Puligny, s'estoit retiré le long des bois, à la main droicte, jusques au bout d'iceux, joignant la rivière de Madon% où ilz l'avoicnt passée au gué, et demeura en bataille de l'aultre costé de l'eaue. Et estant toute nostre cavalerie arrivée sur l'aultre bord, du costé d'Acraigne, entre led. Acraigne et les bois, et en bataille sur le hault, le s' de Mouy, avec quelque nombre de soldatz de son régiment, attaqua l'escarmouche, pour entretenir l'ennemy, pendant que toute l'armée s'advançoit comme nous l'espérions.
Et si, à cet effect, led. s' de Bouillon feust demeuré