‹ Mémoires inéditesChapitre 5 sur 92 · Le comte de Westerbourg (t. II, p. 195, note · texte numérisé non relu

Le comte de Westerbourg (t. II, p. 195, note

Casimir, sans lequel il ne pouvoit rien faire , advisa d'en faire faire l'ouverture par les s""^ de Ségur, Guitry et Clervant, ses embassadeurs en Aliemaigne, assistez du s'" Horatio Palavicini, embassadeur de la royne d'Angleterre, pour fournir aux fraiz et advancer lad. levée (laquelle avoit changé la bonne volonté qu'elle portoit aud. s"" duc de Lorraine, comme Sa Majesté me dist depuis, à cause de lad. ligue et des affaires de la feue royne d'Ecosse), et de pratiquer led. s"" duc Casimir par son intérest et grand advantage et par mesme moyem le faire passer pardessus beaucoup de grandes difficultez que led. s"" duc Casimir faisoit d'entrer en la négotiation de ceste levée.

Je ne veux pas nier que le voisinage, qui doibt aussy servir à l'entretenement d'une bonne amitié entre princes voisins, n'engendre le plus souvent des effectz contraires, tant par plusieurs différendz qui surviennent ordinairement entr'eux, pour les droictz et bornes de leurs frontières, que par le venin de l'ambition qu'ilz apportent du ventre de leurs mères et succent avec le laict de leurs nourrices, pour ne laisser passer une seule occasion de s'accroistre aux despens de leurs voisins ; mays, quand le voisinage est conjoinct avec les trois premières causes et avec la dernière, qui est l'intérest, lequel dispose aujourd'huy entièrement des cueurs et affections des princes, de sorte que la ruine de l'ung en ung affaire soit la veille de la désolation de l'aultre, c'est lors que l'amitié faict ses effectz entiers, s'ilz sont requis de l'amy, de bonne heure, comme il appartient; estant le moings qu'on puisse et doibve faire, en tel danger, que de rechercher son amy pour son soulagement et conservation ;

et si, par quelque subject il est retenu de le requérir, ou par je ne sçay quelle opinion de grandeur, ou par intérest en aftaire contraire, ou aultrement, il n'est pas pourtant défendu au prince, son amy, de pourvoir tant qu'il luy est possible, à la conservation de lestât du prince, son voisin et amy, sans qu'icy nomméement son estât court un pareil danger, et ce, nonobstant tout l'avantage et grandeur qui fut lors proposé aud. s"" duc Casimir, qu'il recueilloit de la ruine dud. s"" duc de Lorraine, comme il s'ensuit cy-après.

Pour la conservation de laquelle amitié est grandement à louer le soing spécial que je sçay avoir eu led. feu s'^ duc Casimir de pourvoir, tant qu'il luy estoit possible, à ce que led. s"" duc de Lorraine ne tombast au péril qu'il prévoyoit luy pouvoir arriver des entreprises de feu mons"" le duc de Guyse, s'il s'en mesloit, par la congnoissance qu'en avoit led. s"" duc Casimir, tant de la part mesmes dud. feu s"" duc de Guyse, traictant avec luy par les s""^ de Malroy, comte de Vignory et aultres, plus de quatre ans auparavant ceste levée, pour la pratiquer et gaigner^ que par les advis certains, qu'il avoit de Flandres, du fondz des négotiations dud. s*" duc de Guyse avec mons"" le duc de Parme ^; ce qui avoit meu led. s"^ duc Casimir, aultant de fois que depuis ce temps-là je fuz envoyé par led. feu s' prince de Condé, lors mon maistre, vers luy, de me prier tousjours, soubz divers prétextes, de repasser par Nancy et porter de ses lectres de créance

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