‹ Mémoires inéditesChapitre 9 sur 92 · C'est-à-dire passer les Vosges · texte numérisé non relu

C'est-à-dire passer les Vosges

assez de besongne taillée, sans penser à la Lorraine. Et quant ausd. colonelz, qu'ilz feissent leurs exceptions accoustumées de l'empire, princes et estatz d'icelluy, au nombre desquelz est led. s"" duc de Lorraine, et chacun colonel son prince souverain, soubz laquelle exception, à cause dud. colonel Dompmartin, led . s' duc de Lorraine seroit aussy tacitement excepté. Et adjouster à cela, en toutes les deux capitulations, que la levée est faite pour aller droict en France, seulement au secours dud. s"" roy de Navarre et de son party, ce qui exciurroit tout service hors le royaume. Mays que je ne voyois meilleur remède que l'article dernier, qu'il faloit coucher en lad. capitulation, que, n'accomplissant les Françoys tous les points d'icelle et chacun d'iceux, lesd. colonelz et leurs gens de guerre feussent aussy délivrez de leur serment et en liberté de se retirer; et que lesd. colonelz faisant bien valoir cet article-là j'en avoys bonne espérance. Que par ces moyems-là led. s"" duc pourroit accortement empescher, sinon la fouie des subjectz, au moings l'usurpation de Testât dud. s^ duc de Lorraine. Mays que, pour en estre bien asseuré, il me sembloit nécessaire de faire naistre là-dessus une bonne négotiation de bonne heure, comme il est contenu en mon discours avec Guitry, et que voyant led. s' duc de Lorraine retenu en ceste poursuitte, qui debvroit sortir de luy par je ne sçay quelz respectz, il estoit convenable à son intérest et amitié d'y pourvoir, selon l'occasion qui s'en pourroit présenter. Desquelz poinctz led. s"" duc me demanda mémoyre, que je luy délivray, me commandant d'en avoir soing, de mon costé, en dressant lad. capitulation.

Et, affin de bien asseurer l'estat dud. s"" duc de Lorraine contre la mauvaise volonté des Françoys, je luy remonstray que, s'il pouvoit obtenir lesd. troys villes de Metz, Thoul et Verdun, laissant pour le respect dud. s"" duc de Lorraine les Trois Eveschez^, qui sont es mains de princes de sa maison et accomodent fort son estât, il feroit ung grand service à l'empire et à sa maison et surtout aud. s*" duc de Lorraine, le deschargeant de la force où il se retrouve, à l'occasion desd. villes, de s'accommoder aux volontez des roys de France, au préjudice de la frontière dud. empire; ce qu'il me deist vouloir aussy faire, comme desjà il en avoit mis les fers au feu. Tous lesquels articles furent couchez ausd. capitulations, notamment en celle qui fut faicte avec led. s"" duc Casimir, que je dressay moy-mesmes ; mays le dernier poinct desd. trois villes ne peult estre obtenu, lesd. embassadeurs ne l'ayans voulu accorder sans pouvoir spécial dud. s"" roy de Navarre; auquel en ayans faict une dépesche, comme ilz asseuroient, et n'en ayant poinct de response, ilz interprétèrent non response pour response de non, et, au lieu desd. villes, donnèrent aultres asseurances, comme il est dict es livres précédens^.

Et après avoir faict toutes les dépesches pour l'advancement de l'armée je fus envoyé en Angleterre^. Je trouvay, à mon retour, beaucoup de choses, du costé dud. s' duc de Bouillon et aultres, contraires aux

1. La Huguerye fait ici une distinction entre les villes capitales et le territoire des trois évèchés de Metz, Toul et Verdun.

2. Sur cet acte de capitulation, voyez la note de la p. 383 du tome II.

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