Mémoires (inédits)
J iTSQuV preseiil on connaissait les circonstances et les déplorables résultats du lo août; mais la main qui dirigea le complot était restée dans l'ombre. L'atidacieux conjuré qui porta ce grand cotip se révèle lui-même dans l'écrit qu'on va lire; et après avoir^été l'ame de la conspiration, il en est l'historien.
Par un triste retour des passions populaires , celui (pii renversa la monarchie sous le canon du lo août , fut une des premières victimes immolées au nom de la réptiblique. Fugitif, et mis hors la loi , il écrivit avec calme les fragmens de son ouvrage , au milieu des horreurs de la proscription; las de cacher ses jours dans les ténèbres, de demander un asile aux forets, aux antres sauvages, il mit sd léte entre les mains de ses bourreaux.
Ses Mémoires ont été recueillis par l'amitié;
^, MÉM. DE nARRAROUX. )
AVKRTISSEMKNT DFS KDFTEÎJRS.
ils soni pul)li(is par la pieté filiale. M. O^e Bail)ar()iix, jeune avocat distingue, ne dans la Pro- Aence, sous ce beau ciel qui échauffe le talent, SU)' celle lerre féconde en orateurs célèbres, a delsirë écrire lui-même la Notice placée en tête de ces Mémoires. Qui aurait pti refuser une si fai])le consolation à sa douleur? En lisant cette Notice il faut écouter le sentiment qui l'a dictée , il fimt se reporter aux temps que retrace le jeune écrivain. Les malheurs même de son ])cre lui rendent ses opinions respectables : coinment n'eùt-il pas trouve quelque chose de noble, de grand, d'héroïque dans la cause qui comptait de pareils martyrs ! Les expressions de M. Ogé Barbaroux ont une chaleur qu'on ne saurait retrouver dans les morceaux du même genre que nous nous efforçons d'écrire habituellement, sans passion, sans haine ou sans faveur. Mais les paroles du jeune avocat conservent un caractère qui justifierait leur exaltation même : c'est un fils qui les prononce sur le tombeau de son père.