‹ Mémoires inédits de Charles Nicolas Cochin sur le comte de Caylus, Bouchardon, les SlodtzChapitre 17 sur 46 · TESTAMENT DE COCHIN. I · texte numérisé non relu

TESTAMENT DE COCHIN. I

Je charge mon exécuteur testamentaire, cy-après nommé, de faire achever et perfectionner par M. CbaufiTard , graveur , la planche du port de Rouen , qui m'appartient , pour en remettre le produit avec plus d'avantage dans ma succession, et de faire à ce sujet les avances nécessaires sur ma succession , conmie aussi de tenir compte et payer à M. Deschamps (i), de Rouen, la somme de trois cents livres ou environ dont je lui fus débiteur et qu'il a bien voulu consentir à ne recevoir que sur le produit de cette même planche.

Je donne et lègue à la bibliothèque du roy, le manuscrit de ma main qui se trouvera chez moy intitulé : anecdotes, comme un monument relatif aux arts dont j'ay eus la connaissance,

Je donne et lègue à l'Académie royalle de peinture et de sculpture, comme une marque de mon attachement, le volume in-folio grand aigle , où j'ay collé mon œuvre qui sera complété autant qu'il sera possible avec les estampes dispersées qui se trouveront chez moy et ce tant par les soins de mon exécuteur testamentaire que par ceux de M. Belle, son père , surinspecteur de la manufacture des Goblins.

Plus je donne et lègue à ladite Académie les différents portraits d'aucuns de Messieurs les académiciens que j'ay dessiné.

Plus les volumes où se trouvent collées les estampes que j'ai pu ramasser de l'oeuvre de mon père et de ceux de ma mère , de sa sœur Madame Belle , de leur frère , M. Hortemels.etde leur beau-frère, mon oncle Tardieu.

Je donne et lègue au Cabinet des dessins appartenant au roy dont j'ai eu l'honneur d'avoir la garde , les dessins allégoriques de ma main qui se trouvent faits pour l'histoire métallique du feu roy , et ce afin qu'il reste dans ce dépôt quelque mémoire de mes foibles talents.

Quant au surplus des biens que je laisserai au jour

(1) Probablement le peintre-écrivaîn (Desctmpi) auquel on doit les f^iis des Peintres,

l5o TESTAMENT DE GOCHIN.

de mon décès, en quoi qu'ils puissent consister , je fais et institue pour mes légataires universels , savoir: madite sœur Madelaine-Genevièvre Cochin , quant à l'usufruit et i"" M. Tardieu père, ci-dessus nommé ; 2* le sieur Belle , surinspecteur des manufactures des Goblins ; 3*" M. Belle, son frère • commissaire honoraire au Chatelet; ^ et Madame Bareau, leur sœur, mes cousins et cousines , quant au fond et propriété chacun pour un quart.

Je choisis et nomme pour mon exécuteur testamentaire, ledit M. Belle, commissaire honoraire au Chatelet de Paris, que je prie de vouloir bien en prendre la peine et de me donner cette dernière marque de son amitié pour moi , je veux et entends qu'il conserve cette qualité tout le temps nécessaire pour l'exécution pleine et entière de mes présentes dispositions , à l'effet de quoi je proroge jusqu'à l'expiration de ce temps le délay de la coutume.

Je révoque tout autre testament et dispositions à cause de mort que je pourrais avoir fait avant le présent mon testament, auquel seul je m'arrête comme contenant mes dernières volontés.

Ce fut ainsi fait, dicté et nommé par ledit testateur aux notaires soussignés , et ensuitte à luy par l'un d'eux, l'autre présent, lu et relu, et qu'il a dit avoir entendu et y persévérer.

A Paris, en la chambre sus-désignée : l'an mil sept cent quatre-vingt-dix , le vingt-huilième jour d'avril , sur les six heures après midi,

Et à ledit sieur testateur signé avec les notaires.

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