‹ Mémoires inédits de Charles Nicolas Cochin sur le comte de Caylus, Bouchardon, les SlodtzChapitre 41 sur 46 · A MESSIEURS DE LA VILLE DE PARIS · texte numérisé non relu

A MESSIEURS DE LA VILLE DE PARIS

« L'ouvrage important que j'ai entrepris pour la ville de Paris , et que j'ai actuellement entre les mains , ne cesse de m'occuper , même dans l'état de souffirance et d'infirmité auqUel m'ont réduit des travaux, peut-être au-dessus de mes forces ; plus j'approche du terme où il plaira à Dieu de m'appeler à lui , plus cet ouvrage me devient cher et me fait penser aux moyens de lui donner son entière perfection. Supposé que lors de mon décès il ne fût pas tout-à-fait terminé ; dans ce cas, je supplie très humblement M. le Prévôt des Marchands, et MM. du Bureau de la ville de Paris , de vouloir bien permettre que je leur présente M. Pigalle , sculpteur du roy et professeur de son académie royale de peinture et de sculpture, dont Thabileté est sufisam ment connue; et je les prie de l'admettre et d'agréer le choix que je fais de lui pour l'achèvement de mon ouvrage. Assuré que je suis de sa grande capacité et de l'accord de sa manière avec la mienne, j'espère que ces Messieurs ne me refuseront pas cette dernière marque de leur confiance : je la leur demande sans aucune vue d'intérêt

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et avec Tiastance de quelqu'un qui est aussi véritablement jaloux de sa réputation , qu'il l'est de l'ouvrage même : et je compte assez sur l'amitié de mon cher et illustre confrère, pour oser me promettre qu'il fera pour moi ce qu'en pareil cas il ne doit pas douter que je n'eusse fait pour lui • s'il m'en avoit jugé digne» qu'il se chargera volontiers de terminer ce qui se trouvera manquer à mon ouvrage au jour de mon décès. Je lui en réitère ma prière, et je souhaite, s'il s'y rend ainsi que je Tespère, qu'il s'entende sur cela avec mes héritiers, et que les modèles et desseins que j'ai déjà préparés pour cette fin d'ouvrage, et qu'il estimera lui être nécessaires , lui soient remis , sous le bon plaisir de la Ville , afin qu'il puisse mieux juger de mes intentions , et en les remplissant autant qu'il le jugera à propos , qu'il travaille pour ma gloire et pour la sienne. Car quoique je sois très-<^onvaincu qu'il ne seroit pas difficile de faire mieux , je crois devoir déclarer que dans l'état où j*ai amené l'ouvrage il seroit dangereux d'y rien changer tant par rapport à l'ordonnance générale , que pour la disposition de chaque figure. Aussi est-ce par cette considération et parce que je connois le goût et la façon d'opérer de M. Pigalle , que j'ai principalement jeté les yeux sur lui ; et que sans vouloir faire tort à aucun de mes confrères , dont je respecte les talens , j'ose assurer de la réussite de l'ouvrage de la Ville , du moment que la conduite lui en aura été confiée. Au Roule, le 24 juin 1762. Signé: BOUCHARDON.

TESTAMENT ET CODICILB

du sieur SLODTZ.

35 SBPTBMBRB — 23 OCTOBRE 1764.

(Archive* Nitionalc* Y 59, f* i6 verio).

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