‹ Mémoires inédits de Madame la comtesse de Genlis (volume 2)Chapitre 4 sur 63 · TOME VIII · texte numérisé non relu

TOME VIII

» le parallèle de la chute du christianisme ;) et de celle du polythéisme. Celui-ci tom- » boit tout entier dés que l'on supprimoit sa » police, ses cérémonies, son culte extérieur : ;) Jupiter et Junon, chassés de TOlympe, ne » pouvoîent y remonter ; leur chute étoit w celle de ces puissances de la fortune , dont )) la crainte ou le besoin ont fait implorer le » secours; il ne restoit rien d'une religion » sans préceptes. Mais c'est en vain que l'on » tenteroit d'ôter au christianisme ses dogmes » et ses pratiques : il conserve sa morale ; w elle est universelle; elle vit dans le fond » des cœurs, et sert dans d'autres temps à le » faire renaître.

» L'histoire moderne, avec ses sociétés uni- » formes, ses institutions médiocres ou op- » pressives , et ses littératures imitées , se- » roit sèche si le christianisme n'y paroissoit » pour adoucir et animer nos caractères ou « barbares ou compassés. C'est ainsi qu'on lui » doit les chevaliers , premiers héros de tous » les temps , Fénelon et Turenne. Sans le » christianisme , sans ses fêtes ' , ses prati-

' On a reproché à l'Église la multiplicité de ses fêtes. A Rome les solennités religieuses étoient en bien plus

» ques , cette histoire n'ofFriroit que les intri- » gués des cours, Tégoïsme des cabinets, le » mécanisme de la guerre ou de l'industrie : >» il relève enfin cette société, triste, vieillie, » trompée, livrée à l'opinion, et privée de » ces idées primitives de poésie et de liberté » des peuples anciens.

» La vie du chrétien, que Bossuet appelle » une éternelle solennité , est surtout sublime » vers sa fin. Les Romains remplissoient leurs ■» testamens d'injures contre leurs ennemis'; » Germanicus mourant exprime son ressenti- » ment contre Pison , et fait jurer à ses amis » de le venger

» C'est à la foiblesse, aux femmes, à l'en-

grand nombre que clans le christianisme. Le calendrier des Romains {Ovide, Fastes), montre onze jours de suite consacrés à des fêtes j les Grecs en avoient peutêtre encore davantage.

(Note de l'auteur.)

■ Cette étrange liberté est peut-être la seule à laquelle Tibère n'osa point attenter; il ordonna qu'on fît, suivant l'usage, lecture publique du testament de Fulcinius Trio , dans lequel celui-ci se répandoit en invectives contre Macron , les enfans de César, et contre Tibère lui-même.

(Note (k' l'aulsur.) I*

)) fance , que celte religion a été secoura- » ble. L'avortemcnt, rexpositiou des enfans, » étoient permis par les lois de Sparte et » d'Athènes; le christianisme, avec ses doux » et chastes mystères , et la nativité tou- )) chante de son divin fondateur, a rendu res- » pectable la minorité des rois et les régences » des reines. Le culte d'une femme , criin » enfant, dut contribuer à ce principe conser- » vateur de nos sociétés , inconnu aux an- » ciens ; les peuples ne furent plus surpris » d'obéir à une majesté au berceau , après » avoir adoré un Dieu dans une crèche. . , . »

» Fleury prétend que la religion ne peut » subsister, sans l'étude et l'instruction qui » conservent la doctrine et la morale ^ . . .

' « Mœurs des chrétiens. CeUe opinion sur la nécessité )) de l'étude étoit encore celle de l'un de ces hommes w que l'on n'oublie point, de M. 1 abbé Duval , ainsi 5) qu'on peut le voir, pages Sy et 206 de l'intéressante ). notice que M. le C. de B. a consacrée au digne émule » des François de Sales et des Vincent de Paul , 1820, ;> en tête des Sermons de M. Tabbé Lcgrîs-Dm'al. »

(Nylc tic Pauicdr.)

)) L'ëruditioii du clergé seroit aujourd'hui

)) surtout un immense bienfait; elle feroit taire

)) cette facilité d'impiété des esprits médio-

» cres ou bornés, calamité de notre époque,

)> et qui produit le scandale dans les villes et la

» barbarie dans les campagnes

» Sentiment indépendant et solitaire, la foi )) peut très l)ien exister chez les peuples comme » chez les individus , avec des erreurs de con- » duite... Bayardj et tous les chevaliers, avec » leurs fragilités, n'avoient-ils que des opi- ' nions et point de foi? La foi est dans la reli- » gion ce que la conscience est dans la mo- » raie; elle peut nous condamner, mais il ne » nous est point donné de la détruire. Toutes » deux sont un don divin , mais elles agis- » sent différemment: la conscience, courbée » vers la terre , produit le remords ; la foi , » toute céleste , produit le repentir. Au derniei' » jour, si la première nous accuse , l'autre » nous soutient et nous console , et c'est l'in- » siinct secret de ce moment inévitable qui » nous porte à conserver notre foi au milieu » même de nos fautes

» La superstition a souvent ëté un moyen » puissant de civilisation. L'enfance des so- » ciétés n'entend point la raison. Numa, par- >» lant au nom de la nymphe Égërie , sou- )) mettoit à ses lois les sauvages de Rome, » qu'une Tusculane auroit laissés barbares... »

» Voltaire, dans un de ses ouvrages les » plus violens contre le christianisme, recon- » noit cependant la nécessité du sacerdoce , et » combat ce beau système de ne le confier » qu'aux pères de famille, a Notre société, telle » qu'elle est , ne permet point un pareil chan- )) gement ; je pense qu'il est nécessaire d'entre- X tenir des prêtres pour être les maîtres des » mœurs. » La théophilanlhropie est une des » sottises révolutionnaires qu'il eût condam- >î nées

» C'est une fausse opinion de croire la phi- » losophie favorable à l'incrédulité. Les philo- » sophes religieux sont partout supérieurs » aux philosophes sceptiques. En Anglew terre, Newton et Clarke réfutent Hohbes, » Collins, Toland et Tindal ; Descartes et

» Pascal sont encore les premiers des philo- » sophes François

» La réalité n'est' que la véri^té d'en-Las, si » Ion peut le dire ; elle est la vérité du peuple , )) de l'enfance ; elle semble physique, fragile , M périssable et bornée. La vérité^st morale, spi- » rituelle/ immense, infinie. .

)) La réalité , qui ne parle qu'aux sens , est » à la portée de l'homme ; la vérité est le plus » souvent inaccessible à son intelligence. . . »

» Vérité de la terre, la réalité est odieuse, » triste et sujette à mille mécomptes; c'est de » la plus enivrante de toutes dont parle le )) sage dans cette réflexion pleine de mélanco- )) lie : « J'ai dit au plaisir : Pourquoi rn as-tu » trompé? )) Aussi tous les peuples la fuient , » et lui préfèrent les illusions mêmes ; ils » haïssent ce qu'ils possèdent , et aiment ce » qu'ils n'ont point. L'Hébreu ou l'Athénien, a au milieu de ses rochers, vante les délices

» et la fertilité de la plaine ; ennuyé de sa » nature cultivée et jarée , TEuropéen de nos n jours va chercher les vallées de la Suisse , » auxquelles pas un voyageur ancien n'avoit » pensé; il visite Tltalie et la Grèce pour étu- » dier ce qui fut et échapper à ce qui est ; et » peut-être aussi que l'instinct secret qui nous » fait aimer les ruines et les tombeaux est un M des effets de ce dégoût de la réalité. Cette y) impression influe jusque sur nos opinions » et nos sentimens ; le publiciste moderne » incline à la république , tandis que les écrin vains politiques de la Grèce sont générale-

y) ment favorables à la monarchie

» La réalité souvent est la fin du bonheur: » notre cœur surtout la craint et la repousse , » et il semble plus heureux par ce qu'il espère » ou même par ce qu'il legrette , que par ce )) qu'il croit posséder.

» Dans les arts même du dessin , qui seni-

» blent Fempire de la réalité , on n'arrive au

» beau qu'en la corrigeant ; son imitation est

» ignoble et hideuse. . . .

ià Tout ce qui vient d'en haut, la religion,

DK MADAMH DE Gli>LlS. 9

» la morale, la liberté, sont des vérités; l'or-

» gueil, l'intérêt, l'ambition , la vanité, sont

>i des espèces de réalités. Les premières inspi-

» rent le génie de Bossuet, de Pascal ou de

» Montesquieu; les autres ne produisent que

» de tristes et secs ouvrages , coriime les livres

» de Larochefoucauld ou de Duclos

» Dans la politique et Tordre social , ce qui » semble réel et défini, le plus souvent, n'est » rien; les constitutions écrites n'appartien- » nent qu'aux peuples opprimés ou livrés aux » sophistes; elles sont foibles , variables et » ignorantes. Les véritables constitutions vi- » vent dans les cœurs ; elles se composent de )) choses morales, des traditions, des mœurs, » des sentimens, et surtout de l'honneur de la » patrie '

» Le génie se sert des systèmes comme » l'architecte de l'échafaud, pour élever son » monument. Tous deux se débarrassent à la » fin de cette charpente inutile , mais qui a >) long-temps été nécessaire

' Que d'idées utiles et religieuses naissent naturellement de ces belles réflexions !

'. >'ote de l'auteur. )

/) L'influence des femmes sur les mœurs

» des sociétés primitives ^ , comme sur Ten-

>♦ fance des individus, naturelle et facile à

» comprendre , puisqu'elle est secourable ,

i) reparoit aussi avec non moins de puissance

» chez les nations fortes et civilisées

w Peut-être Louis XIV domina- t-il moins

■ « D y avoit , dit l'Ecriture , une prophétesse nommée Débora , laquelle jugeoit le peuple. Elle s'asséyoit sous un palmier qu'on avoit appelé de son nom , entre Rama et Bethel , sur la montagne d'Ephraïm; et les enfans d'Israël venoient à elle , pour faire juger tous leurs difFérens. » {Juges ^lY, 4 ^t .yw/V.)Le pouvoir des femmes chez les barbares est connu : Sainte-Foix parle d'un sénat de Gauloises qui délibéroient de la paix , de la guerre , et prononçoient dans les querelles qui survenoient de ville avilie. [Essais sur Paris.) « Les femmes, dit un voyageur excellent , ont la principale autorité chez les peuples de la langue huronne ; en quelques occasions elles ont un orateur, qui parle en leur nom et comme s'il étoit uniquement leur interprète. » {Lettre 18 du Journal du P. Charlevoix , à la suite de \ Histoire de la Nouvelle- France ^ et ailleurs, t. XIV.) Dans quelques nations, la dernière ressource est de s'adresser aux matrones , et elle est presque toujours efficace , mais on n'y a recours quo quand l'afl'aire est dune grande conséquence.

(Note de l'auleur.)

DE MADAME DE GENLIS. Il

>j en Europe par l'ascendant de ses armes et de » sa politique, que par celui des femmes. Alors » des princesses et des grandes dames de » France répandoient nos mœurs chez les » peuples dont elles (jouvernoient les rois , » ^omme nos écrivains faisoient ré(>ner notre » langue et notre esprit. L'empoisonnement » de plusieurs de ces femmes , jeunes et char- » mantes, est aussi une preuve horrible de » leur empire. Cette force morale de la femme » existe encore d'une autre manière dans les » conditions privées, mais où les sentimens » ont conservé quelque délicatesse

» Comme on l'a dit, si les hommes font » des lois, les femmes ont toujours fait les )> mœurs , et l'inadvertance de Duclos , qui a » pu écrire son volume de Considérations sur » les mœurs y et ne prononcer qu'à peine le » mot de femme , est une des preuves nom- » breuses du faux et de la sécheresse des mo- » ralistes du dernier siècle ^

' Dnclos a cru devoir depuis, pour dédommager les femmes , composer des Mémoires sur les mœurs ; récit d'aventures licencieuses , écrit en jargon à la mode de ce temps, et comme toutes les saletés d'alors, avec une cer-

12 MEMOIU£S

» Le faste, le mouvement et le bruit i^ioz » une nation simple, loyale et lente, la ren- » dront moins estimable et surtout moins » heureuse, sans lui donner plus de vivacité » et d'élégance. Cette vérité fut méconnue par » Frédéric , et sa cour philosophe , moqueij^e » et françoise, sa fausse magnificence^ alté- » rérent bien plus le caractère allemand qu'ils » ne durent lui être utile. Par un effet con- » traire, chez un peuple ardent, sociable et » frivole, la sévérité outrée produira la li- » cence. C'est de la fin du régne de Louis XIV, )) dont on a cependant fort exagéré la tristesse, » que datent les pièces les plus libres de notre » théâtre

» La dégradation morale de la société paroît » surtout dans le caractère et la conduite )) des hommes placés au même rang par » leur gloire littéraire. L'auteur du Téléma-

taine prétention au sentiment. Epoque étrange où l'auteur d'un livre de morale offroit aux femmes, en réparation de l'oubli , le scandale !

' Kole tle l'julem.)

• Un homme d es])rit disoit (ju il manquoit toujours n/i petit ccu à toutes ses fêtes.

{ Note de Ifeulciir.)

DE MADAME DE GE.VLIS. l5

■*) que est simple et sublime dans sa dis{jrâce. » Pascal peut dire : Si mon livre est condamné » à Rome, ce que j'y condamne est condamné » dans le ciel ; et ils ne demandent point aux » puissances de la terre, comme l'auteur d'jt- » mile , Diogène nouveau dans la nouvelle » Athènes', des honneurs publics et des sta- » tues. L'inimitié de Racine et de Molière ne » ressemble pas à la haine scandaleuse de Vol- » taire et de Rousseau ; alors le génie se respecte » au milieu de ses divisions, et le grand poète » du dix-septième siècle ne prodigue point , » comme celui du siècle suivant , de grossié- » res et lâches injures à son adversaire. L'op- » position de Port-Royal, prise dans une opi- » nion religieuse, est élevée, courageuse et » pure; elle succombe avec résignation et » noblesse : l'opposition encyclopédique n'est )) qu'un intérêt et un système, elle est vaine, )) insolente , avide et persécutrice ; son triom- » phe est la destruction de la civilisation et » de la patrie

» Le cardinal de Retz cédoit aux prières de » l'amitié , lorsqu'il écrivoit avec mérité et

Diogène avoit demandé un statue aux Athéniens.

(Note (le l'auteur.)

l4 MÉMOIRES

» aux dépens de sa réputation , ses ëton- » naiis mémoires ; mais il n'adressoit point » à Dieu e: aux hommes d'orgueilleuses Con- » fessions

» Un caractère particulier à la royauté mo- » derne , c'est qu elle est une abstraction , » comme l'honneur et la gloire. Le monar- )) que immortel , n'est plus un individu , » mais un principe, et le plus vulgaire in- » spire le même respect et les mêmes sacri- » fices que le grand homme. Assurément lors- >j que Achille de Harlay disoit : Mon âme est y) à Dieu, mon cœur est à mon roi, et mon i) corps entre les mains des méchans ; ce n'é- » toit point Tamour pour Henri III qui den voit l'animer, mais la religion de la royauté. »

» La royauté, sous Louis XIV, est vraiment » absolue par le respect dont elle frappe i) toutes les âmes. Choisy raconte que le duc » de Bourgogne lui demanda, lorsqu'il tra- » vailloit à l'histoire de Charles VI, comment )) il s'y prendroit pour dire que ce prince étoit » fou; cette question du petit-fils de Louis XIV,

DE MADAME DE GENLIS. l5

>) au sujet d'un roi mort, il y avoit plus de

)i deux cents ans, montre tout ce qu'étoit la

» royauté à cette époque

» La royauté , par droit de naissance , n'est

» point anarchique comme la royauté élec-

» tive, et , chose singulière , elle compte même

w plus de i^rands hommes. Le trône de Polo-

» gne fut moins illustré que la plupart des

» trônes héréditaires

» La liberté a toujours paru aux hommes

» de bon sens de tous les temps , aussi utile

» aux princes qu'aux sujets. Dans l'état de

» civilisation actuel , cette haute liberté ne se

» compose que de trois ou quatre droits , de

» la liberté individuelle, de la presse, et de

» l'égalité d'impôt. Le reste n'est plus que

» vains systèmes , superfluités sociales , alchi-

» mie politique , indignes des méditations d'un

)) esprit sage ,

» La liberté chez les peuples long-temps » travaillés par les révolutions, ou corrom- » pus par des sophistes, n'est possible et du-

l6 .VIÉÎVIOIKLS

» rable que lorsqu'elle est donnée par la jus- )i tice et la grandeur : la liberté est un rayon » du soleil, a dit un homme illustre % il doit » venir d'en haut. »

C'est à regret que je termine ces citations ; on peut dire, avec une parfaite vérité , que jamais une immense lecture , une vaste érudition , n'ont été mises en usage , avec plus d'utilité et d'agrément; l'auteur a le talent d'employer toujours son étonnante mémoire d'une manière ingénieuse , qui lui fournit l'occasion de tirer des résultats piquans et moraux, des faits historiques et littéraires ; ces réflexionssontdes pensées nouvelles qui lui appartiennent, et qui répandent l'intérêt le plus attachant sur la lecture de cet ouvrage si digne d'être goûté du public et d'obtenir l'approbation des bons esprits et de toutes les belles âmes.

Combien l'auteur a raison de se plaindre des tristes réalités d'ici-bas! Hélas! il n'en est point qui puisse nous satisfaire pleinement; nous nous blasons toujours sur toutes les jouissances de la vie, les richesses, les

' M. lie Fontaues.

( î^^oN' «le l'auleui .)

honneurs, les louanf];es; nous possédons la santé sans même savoir apprécier ce bien si réel: nos joies sont toujours trompeuses et fugitives, nous ne connoissons la constance que dans la douleur. L'amitié, l'aniour, la fortune, ne nous assureront jamais sur la terre une félicité durable ou du moins également sentie pendant un certain nombre d'années ; l'exaltation de la piété peut seulement donner l'idée d'un bonheur solide et suprême , et cela doit être, puisque, suivant l'expression de l'Écriture sainte, nous ne sommes sur la terre que des voyageurs.

Je me suis promenée aujourd'hui toute seule très- long-temps dans le joli petit jardin de cette maison. Je me suis livrée à de lonp-ues rêveries; j'ai passé plus d'une heure dans un bosquet dont le petit mur, à hauteur d'appui, donne sur )a rue de Saint-Pierre. Je regardois une grande et belle maison que j'avois en face, de l'autre côté de la rue. Je plongeois dans sa cour et dans son jardin; ma surprise fut extrême en ne découvrant dans cette enceinte, ou placées aux fenêtres , que des personnes horriblement bossues et ne marchant qu'avec des béquilles ; je croyois pénétrer dans l'intérieur

Page 1