‹ Mémoires inédits de Madame la comtesse de Genlis (volume 2)Chapitre 52 sur 63 · I)K M \I)AM E DE CE N LKS · texte numérisé non relu

I)K M \I)AM E DE CE N LKS

Hélas ! de ce crime exécrable Qui de nous peut se dire exempt, Qui de nous n'en est pas couj)able Et fut toujours reconnaissant ?

La miséricorde suprême Pour nous se montre chaque jour, Et par son indulgence extrême Mériteroit tout notre amour.

Pour des biens pleins d'inquiétude, Pour les vains plaisirs d'un moment,

arrivées au haut , elles jettent leurs filets qui s'enfoncent alors dans la terre , y prennent racine et s'élèvent de nouveau, montant et descendant alternativement en s'attacliant aux arbres voisins , et forment une forêt impénétrable. La liane parasite dont il est question dans ces couplets est aussi grosse que le bras : ces lianes étouffent l'arbre qu'elles embrassent , à force de le serrer. Il arrive souvent que l'arbre sèche sur pied, se pourit, se détruit entièrement, et qu'il ne reste que les spires de la liane qui forment une espèce de colonne torse isolée.

(Note de i'aïUeiu-. ;

Sans cesse notre ingratitude Ose offenser le Tout-Puissant.

On dédaigne pour sa figure L'épineux et triste chardon , Et parce qu'il est la pâture Des vils animaux , nous dit-on.

Ils sont bien loin d'être futiles , Ces bons et pauvres animaux; Chaque jour ils nous sont utiles , Nous les accablons de fardeaux.

Sur une épigramme , une fable, Nous jugeons souverainement.

Pensez que rien n'est méprisable Que l'impie ou le fainéant.

Que vois-je ? arbre aux fleurs purpurines , Dont l'aspect était enchanteur ,

DE MADAME DE CExNLIS. OOt

Tes feuilles tombent en ruines , La neige a détruit ta fraîcheur 1

Pressé de briller et de plaire , Et de nous montrer sa beauté , Impatient et téméraire , Il souffre de sa vanité,

Plaignons la malheureuse chance , Du présomptueux amandier , Tâchons d'imiter la prudence Du sage et modeste mûrier.

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Il sait attendre avec courage , Et c'est sans doute un grand talent , Il garde long-temps son feuillage , Son fruit est toujours succulent ^ .

' Le mûrier est l'emblème de la prudence, il fleurit \c dernier des arbres. L'amandier fleurit le premier.

( ISotp tic raiifcur. )

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De ce framboisier rien n'altère De sa feuille la pureté, Et qu'ainsi votre caractère Conserve sa stabilité ^ .

Le baobab, arbre admirable ,

Est le géant des végétaux ;

Il en est le plus secourabte ,

Il couvre de nombreux troupeaux,

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Telle est la grandeur véritable, Toujours dans l'utile bonté , Et l'homme le plus charitable Doit être le plus respecté.

' On appelle en botanique nn vert glauque un vert d eau extrêmement pale; ce vert a la singulière propriété de ne jamais se mouiller; quand on le plonge dans l'eau, on l'en retire parfaitement sec. Les feuilles dn framboisier sont glauques d'un côté, et ce côté ne prend jamais l'eau.

( Note de l'aulcur.)

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Que la fausse magnificence

Du lys de pourpre si brillant

Nous apprenne que l'apparence

Peut nous charmer en nous trompant ^ .

L'étonnante et prompte croissance Du cobéa si diligent Semble exhorter l'aimable enfance A ne pas perdre un seul instant.

Il retrace à notre mémoire Ces enfans fameux et charmans, Et dont même la grave histoire Cite les précoces talens.

* Le lys Saint-Jacques est d'un rouge éclatant parsemé de petits points qui ressemblent à de l'or et en ont l'éclat au soleil.

( Note deraulcur. )

Ces épis sont l'allégorie

Du faste et de la piété ;

Lun plein s'aLaisse et s'humilie,

L'autre se dresse avec fierté.

Pourquoi donc cet épi superbe S'élève-t-il si hardiment Au-dessus des fleurs et de l'herbe ?

C'est qu'il est vide et suffisant.

Et toi j fleur charmante et modeste , Tu n'aimes que l'obscurité , Comme l'âme pure et céleste , Au joui' tu caches ta beauté.

Belle-de-nuit , tu cherches l'ombre , Tu contemples le firmament; Ah ! puissions-nous dans la nuit sombre Le voir avec ravissement !

i)cs plus délicates louanges Redoutons les charmes trompeurs , L'orgueil a perverti des anges , Fiijons le monde et les flatteurs,

]Ne désirons que la présence De notre juge souverain , Car le bonheur ou l'espérance INe se trouve cn^e dans son sein;

La fîcue, de la modestie

Nous prouve encor mieux les douceurs

Elle nous laisse voir sa vie

Et dans son fruit cache ses fleurs.

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A travers ces touffes de mousses Je vois un arbuste charn-c-mt , Dites-vous en pressant ses gousses Le bruit ^ hélas! n'est que du vent U

' \.c baguenaudier.

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