‹ Mémoires inédits de Madame la comtesse de GenlisChapitre 26 sur 38 · TOME III. in · texte numérisé non relu

TOME III. in

hier les états généraux. Il n'y a rien de pis que de demander des conseils en demandant de l'argent, car on reçoit toujours alors des conditions fort dures. Quelques personnes dans la société prévirent des troubles et des orages , mais en général la sécurité alla jusqu'à l'extravagance. M. le duc d'Orléans et M. de Lauzun étant un soir chez moi ( l'assemblée des notables étoit déjà réunie ) , je dis que j'espérois que ces assemblées réformeroient beaucoup d'abus; M. le duc d'Orléans prit la parole, et soutint qu'on ne supprimeroit seulement pas les lettres de cachet ; M. de Lauzun et moi nous soutînmes le contraire : un pari s'engagea entre M. le duc d'Orléans et M. de Lauzun ; ils l'écrivirent , et m'en firent dépositaire ; je l'ai gardé pendant plus de quinze ans. Ils parioient cin- (|uante louis. Et M. le duc d'Orléans soutenoit, comme je l'ai dt^à dit, contre l'opinion contraire de M. de Lauzun, que l'assemblée des états ne produiroit la réforme d'aucun abus, pas même celui des lettres de cachet. J'ai montré cet écrit successivement à plus de cinquante personnes, et ces idées de M. le duc d'Orléans étoient celles de presque tous les

DE MADAME DE GEXEIS, o.^H)

p-eiis (le la société. On rejjardoil iiiic icvoiiitioii comnn" une oliosc impossible. Cefte sécurité a été bien funeste, elle a empêché de prendre les précautions qui auroient pu la prévenir.

Dans les commencemens de la révolution , M. l'abbé Gérutîi ' vint chez moi, me demander de donner de temps en temps quelques morceaux de moi, pour un journal intitulé , la Feuille villageoise , dont il étoit rédacteur. Il m'assura que cette feuille étoit faite dans les sentimens les plus pacifiques et les plus moraux. Je consentis à y travailler, et je donnai plusieurs morceaux, sous le titre de Lettres de Marie-y^ime ;m3ih, comme ces lettres étoient fort religieuses, l'abbé Cérutti revint pour me demander de me contenter de parler de morale, et de ne pas faire mention de la religion. Je connoissois cette phrase, je. savois ce qu'elle vouloit dire ; je répondis fort

' Cet abbé italien, aujoui'd'bui presque oublié, eut en son temps une célébrité assez grande. H avoit , trè.sjeune encore , obtenu dans une même année trois palmes académiques, à Montauban, à Lyon, à Toulouse. L'abbé Cérutti mourut au mois de mars 1792. Il étoit né à Turin en juin 1^58.

v Note Je léditeur.

26o MÉMOIRES

sèchement que je ne donnerois plus rien à la Feuille i^illageoise, et de ce moment je cessai d'y travailler. Je donnai successivement mes Discours moraux sur l'éducation de monseigneur le dauphin; sur les écoles cloîtrées, que je proposois pour remplacer les couvens de reli/jieuses, dont je déplorois la perte; sur l'Éducation du peuple; sur la Gymnastique appliquée à l'éducation; sur l'Éducation publique ^ etc., etc. Tous ces Discours parurent dans le cours de l'année 1790; ils sont réunis en un volume, et se trouvent dans mes œuvres '.

Je n'étois d'aucun parti, que de celui de la religion. Je désirois la réforme de certains abus , et j'ai vu avec joie la démolition de la Bastille, l'abolition des lettres de cachet et des droits de chasse : c'étoit tout ce que j'avois désiré, ma politique n'alloit pas aa delà de celav En même temps personne plus que moi n^a vu avec douleur et horreur les excès qui ont été commis, dès les premiers momcns de la prise de la Bastille, dont, comme je Tai dit, je n'ai aimé que la démolition. Je n'en pensai pas

' Sous le titre de Discours moraux.

( Noie de Fauleur.)

DE MADAMK DK Gi:\LlS. jGi

moins (}iie cet acte arbitraire du peuple étoit un attentat à la souveiaineté Ic'-gitime ; mais je ne pus me défendre d'une vive émotion , en voyant la démolition de ce ferribl<^ monument, dans lecpiel a voient été renfermées et même avoient péri, sans aucunes formes judiciaires, tant de victimes innocentes '.

Le désir de faire tout voir à mes élèves (ce qui , dans cette occasion , m'entraîna dans une démarche imprudente) m'engagea à revenir de Saint-Leu, passer quelques heures à Paris, pour voir, du jardin de Beaumarchais, tout le peuple de Paris se relayer pour abattre et démolir la Bastille. 11 est impossible de se faire une idée de ce spectacle ; il faut l'avoir vu , pour se le représenter tel qu'il étoit : ce redoutable fort étoit couvert d'hommes , de femmes et d'enfans travaillant avec une ardeur inouïe, et jusque sur les parties les plus élevées du bâtiment et de ses tours. Ce nombre étonnant d'ouvriers volontaires, leur activité, leur enthousiasme, le plaisir de voir tomber ce monument affreux du despotisme % ces mains

' Voyez les Mémoires de Dangeau.

(Noie de l'auleur.)

' On sait que la plupart de ces emprisonnemcns

vengeresses, qui sembloient être celles de la Providence , et qui anéantissoient avec tant de rapidité Touvrage de plusieurs siècles, tout ce spectacle parloit également à l'imagination et aif cœur. Personne n'a été plus épouvanté que moi des excès commis à la prise de la Bastille; mais, comme aussi j'ai été témoin, pendant plus de vingt ans, des emprisonnemens arbitraires; comme je n'avois jamais jeté les yeux, sans frémir, sur cette citadelle, j'avoue que sa démolition m'a causé l'émotion et la joie la plus vive. J'eus aussi la curiosité de voir le club des Cordeliers; j'en ai fait la description la plus fidèle dans les Parvenus '.

avoient lien sans que le roi en eut connoissance , et que \a. griffe d'un ministre malintentionné suflisoit pour donner à une lettre de caclict toute son extension.

( Noie Je l'auleur.)

' Nous allâmes aux Coi-deliers ; je vis là des orateurs savetiers et porte-faix, et même leurs épouses et leurs amantes^ monter dans la tribune, et parler avec une grande foico de poitrine contre les nobles , les prêtres , et même avec plus de veive encore contre les riches. Je remarquai entre auties une poissarde qui répéta plusieurs fois qu'il ne fallait plus souffrir de préjugés mobilières (elle vouloit dire nobiliaires); mais personne de la société ne fit attention à cette petite

nii MADAME DE GEM.IS. nGS

Dans CCS premiers temps de la rëvolutioii , laine de nies élèves eut nn premier mouvemenl de générosité et de grandeur d'àme , que je ne puis passer sous silence : il apprit, en ma présence , qu'un décret venoit d'annuler les droits d'aînesse; aussitôt il embrassa M. le duc de JMontpensier, en s' écriant : m Ah ! que cela me fait plaisir ! » Il fut reçu au club des Jacobins par la volonté de M. le duc d'Orléans, et non assurément par la mienne ; et cependant il faut se rappeler que cette société n'étoit nullement alors ce qu'elle a été depuis :

méprise , et la harangueuse n'en fut pas moins applaudie. Au reste, j'observois que le plus grand plaisir de tous ces personnages étoit de contrefaire sérieusement le président et les membres des grandes assemlilées. Tous ces artisans , rassemblés là pour déraisonner à l'instar des chefs de la réi^ublique , me représentoient des eufans mal élevés, et livrés à eux-mêmes , jouant à un \ilain jeu , dont la forme les divertissoit et les occupoit beaucoup plus que le fond , et se croyant hors de l'enfance parce qu'ils imitoient ridiculement quelques manières des personnes qui les gouvernoient. Si on leur eût retranché la tribune, leur président et sa sonnette, et les formules de police établies à la Convention et aux Jacobins , ils auroient trouvé fort peu dintérèt dans leurs assemblées.

( Les Parvenus , ou les Aventures de Julien Celmours. )

264 MÉIVIOIKES

néanipoiiis ses sentijuens étoient déjà fort exagérés; je Tavois fait recevoir, un an auparavant , de la Société pliilanthropique , dont M. de Charost ' étoit le président; mais, comme je viens de le dire, je ne l'ai point fait recevoir de celle des Jacobins. Cependant ce fut là le prétexte qu'on employa pour éloigner de mpi ïpadame la duchesse d'Orléans.

Dés que M. le duc de Chartres eut atteint sa dix- septième année, M. le duc d'Orléans me déclara que son éducation étoit finie, et

• Armand-Joseph de Béthune , duc de Charost , né le 1". juillet 1728 , fut un de ces hommes rares , qui ne semblent vivre que pour les autres , et dont l'existence entière fut un long acte de bienfaisance , une charité toujours active, et qui ne s'est jamais interrompue.il établit des ateliers de charité ; fonda , pour les femmes en couches, pour les orphelins, pour les paysans ruinés par la grêle ou l'incendie , des ctahlissemens de bienfaisance, soutint un grand nombre d'écoliers indigens , qui, par ses secours, devinrent des citoj'^ens utiles. Il perça dos routes , et favorisa le développement de l'agriculture. M. de Charost prit la petite-vérole en continuant de visiter l'institut des Sourds-]\Iuets , où elle exerçoit ses ravages, et dont il étoit un des administrateurs. Cette maladie l'enqwrta , le uy octobre 1800, à l'âge de soixante-douze ans.

(Note Je reilileur. )

I)K MADAME nii GF.M.IS. 2^5

l'on forma sa maison ; mais M. le duc de Chartres (Ut assez de raison et, d'attachement pour moi, pour me dire qu'il viendroit, tous les jours, jusqu'à l'âge de dix-huit ans, prendre ses leçons à Belle- Cliasse, et il n'y a jamais manqué ; ce qui est admirable dans un jeune homme qu'on avoit rendu son maître, \oici les hommes distingués que j'avois attachés à son éducation, et qui le restèrent à sa personne : M. Pieyre % dont le mérite seul et les talens m'engagèrent uniquement à demander une place pour lui , qu'il n'avoit point sollicitée, et je ne le connoissois pas personnellement; mais nous avions été à la première représentation de sa pièce intitulée , V Ecole des Pères ; et l'estime pour l'ouvrage m'en donna une telle pour l'auteur, qui étoit alors fort jeune , que je désirai vivement qu'il fût attaché à mon élève, non comme instituteur, mais en qua-

■ L'Ecole des Pères, première pièce de cet auteur, eut quarante représentations dans la même année. Cette pièce fut souvent reprise , le public l'a toujours revue avec plaisir, et elle est restée au répertoire. Le roi Louis XYI donna à M. Pieyre , au sujet de celte pièce, un témoignage flatteur de sa bienveillance , en lui envoyant une belle épée.

( rv'ole de l'éditeur. )

■jÔC) ,u EMOI kl s

lité de secirlairo des comraandernens ; j'en pailai à M. le duc d'Orléans , et cela fut fak tout de suite. Je n'ai eu lieu que de m'en applaudir, à tous égards, ayant toujours trouvé en M. Pieyre autant d'amitié pour moi, d'attachement pour M. le due de Chartres, et de perfection de conduite durant l'éducation , (pi'il a de vertus et de qualités sociales '. 11 mit beaucoup d'agrément dans notre intérieur, par ses talens et son amabilité,- loi-sque nous donnions de petites fêtes , il les embellissoit par des couplets et des vers charmans : il en a fait beaucoup pour moi. Je citerai la pièce suivante ( qui n'a jamais été imprimée), paiTC qu'elle prouve particulièrement son amitié pour moi :

Lorsque de sa morale et sublime et toucliante. Que des traits de vertu dans ses écrits semés.

Mon cœur et mon esprit charmés, Admiroient Sillery, mais l'admiroient absente , J'ctois loin d'espérer qu'à mes vœux complaisaute , La Fortune voulût m'en rapprocher un jour, Et (^u'iieureux habitant de ce riant séjour. J'y cueillerois les fleurs que ma main lui présente.

' J'cMi sais une, enUe autres (et non j)arhii), qui est véritablemenl admiial)le ; cY\sl une espèce de secret que sa modestie me dclcud de révéler.

; î*ote de l'auleiu-)

Que j'aime cet asile où , riches en talens.

Les neveux de nos rois sont autant do modèles ,

Où tous les dons les plus lirillans Ne se montrent qu'ornés des grâces naturelles !

Sous votre nom, le dieu du goût

Y lègle l'emploi des journées; Par les beaux-arts et l'étude enchaînées, Sans un moment perdu, sans le moindre dégoût,

Les heures coulent fortunées.

Dans ces lieux enchantés, qu'habitent la candeur,

La gaîté pure , et l'aimable innocence, Te trouve la raison sous les traits de l'enfance , Et je vois la vertu décorant la grandeur. O vous qui, renonçant, dans la fleur de votre âge, A la pompe des cours, à l'attrait des plaisirs. Qui, faite pour briller et fuyant tout hommage, A d'utiles talens consacrez vos loisirs , Qui , par l'art de penser, par les grâces du style, Entre Locke et Rousseau vous assurez un nom, Et joignant aujourd'hui l'exemple et la leçon. Nous faites voir aisé ce qu'on crut difficile. Jouissez du bonheur que préparent vos soins Aux brillans rejetons d'une tige chérie : Ils seront les soutiens, l'amour de la patrie. Déjà de leur mérite on voit mille témoins Célébrer votre gloire, et terrasser l'envie. Bientôt vous entendrez tout le peuple françois, Joyeux de voir combler une douce espérance, Exalter votre nom, dans sa reconnoissance. Et, de vos longs travaux recueillant les succès, Offrir à votre cœur sa digne récompense.

M. Merys, dont j'ai déjà parlé;, et qui fut

secrétaire des commandemens ^ après avoir çlé beaucoup trop passionné pour moi, a fini, comme plusieurs autres, par une grande aversion , et beaucoup d'ingratitude. Je plaçai aussi auprès de M. le duc de Chartres un parent de M. de Bonnard, nommé M. de Broval, que me recommanda madame Necker, et qui fut agréé, à ma seule recommandation. Je fis donner les grandes places à MM. de Grave et de Saint-Blancard. M. d'Avarey, que j'avois beaucoup vu à Spa, et qui étoit si distingué par son esprit et les qualités de son cœur, me demanda de m' intéresser pour le chevalier de Grave ; je promis , et je tins parole. M. d'Avarey me l'amena à Belle-Chasse, je formai avec lui une liaison fort intime. Je travaillois, dans ce temps, à ma botanique de ileurs artificielles ; il me demanda un arbuste de mon ouvrage ; je lui donnai , dans une caisse , un grenadier ' ; il eut l'air d'attacher le plus grand prix à ce don d'amitié : je le comptois de bien bonne foi au rang de mes amis, et depuis la restauration je n'ai pas entendu

' Dans l'antiquité, cette fleur étoit consacrée à l'amitié.

(Note de rauteui-.)

DE MA DAM H DE GEM,IS. sCq

parler de lui! Cette conckiite ne m'empêchera pas de rendre justice à ses bonnes qualités : il en a d'excellentes , sa tendresse pour sa mère a été touchante et parfaite, ses mœurs ont toujours été irréprochables '.

Un trait d'ingratitude que j'ai éprouvé , et qui surpasse tous les autres , est celui-ci : J'ai dit que MM. de Queissat avoient un quatrième frère , qui , absent lors de leur malheureuse affaire, n'y fut point compris; il étoit à Paris et libre, tandis que ses frères étoient en prison. Il venoit tous les jours au Palais-Royal me donner de leurs nouvelles, et prendre mes commissions pour eux, et pour Gerbier, leur avocat; il n'alla point en Corse, et resta à Paris. Deux ou trois ans avant la révolution , il voulut se marier à une jeune personne de Bordeaux, et, comme protestant, il éprouva beaucoup de difficultés de la part de l'archevêque de Bordeaux , qui étoit M. de Cicé. Il eut recours à moi, et vint me prier d'écrire à l'archevêque, qui étoit dans ce moment à' Paris; quoique je ne l-e connusse point, je fis ce qu'il désiroit. L'archevêque eut la

' Tout ceci étoit écrit long-temps avant sa mort.

(Note de l'auteur. )

bonté de venir à Belle-Chasse , nous causâmes de cette affaire, toutes les difficultés s'aplanirent, et le mariage se fit. Dans la première année de la révolution , M. de Queissat s'attacha particulièrement à ^I. de La Fayette , qui passoit alors pour haïr M. le duc d'Orléans. Que cela fût ou non, M. de Queissat crut lui plaire, en me dénonçant comme ayant un amas d'armes à Belle-Chasse ; sur cette dénonciation extravagante , M. de La Fayette envoya des alguasils à Belle-Chasse, pour y faire une visite de la cave au grenier. Tous mes élèves ont été témoins de ce fait ridicule ,• ils étoient tous rassemblés autour de moi , et nous faisions une lecture, quand on vint m'annoncer cette étrange visite et son motif. Sans montrer le moindre étonnement, je donnai l'ordre de faire entrer, et je continuai ma lecture : on entra , le chef de la bande s'approcha de moi pour m'exhibcr son ordre d'un ton fort emphatique et pour me demander les clefs de mes armoires ; j'en a vois deux dans ma poche, je n'interrompis ma lecture que pour écouter sa phrase, et je lui répondis laconiquement : Cherchez. Je lui donnai mes deux clefs; mais je ne me retournai point

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vers lui, jo no le ir;;arclai point ot je oonlinuai ma lecture. J'éprouvai , dans ce moment, que l'indij^nation, ([ui va jusqu'au dernier degré de mépris, peut donner le calme et le sang-froid le plus parfait. Ces exécuteurs du despotisme révolutionnaire furent outrés de ce dédain : ce c{u'ils montrèrent par la icchercho la plus ridiculement minutieuse. EnHii ils s'en allèrent sans avoir pu trouver d'autres armes que deux ou trois fleurets, un carquois et des flèches, qui appartenoient à mes élèves.

Avant de terminer ce qui me reste à dire sur l'éducation de mes élèves , je dois rendre un compte rapide des différens moyens que j'ai employés pour former également leur cœur et leur esprit. J'ai déjà dit qu'outre le journal de M. Lebrun , écrit par lui chaque jour, et contenant tout ce qui se passoit soir et matin , dans mon absence, journal sur lequel j'inscrivois, à la marge, mes observations; j'écrivois uniquement pour mes élèves et pour leurs père et mère (qui n'ont jamais voulu les lire) , des extraits détaillés de ce journal, dont chaque article étoit signé par les princes et Mademoiselle. Ils se trouvent dans les Leçons

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d'une Gouvernante , que je fis imprimer en 1790, sous les yeux de M. le duc etdeM'"^ la duchesse d'Orléans. Ainsi, rien n'est plus authentique '. Je crois devoir donner ici (juelques morceaux détachés de ces extraits. Il faut savoir d'abord que je leur donnois presque tous les jours des sujets de composition , que je faisois aussi de mon coté , pour les leur communiquer quand ils m'avoient lu ceux qu'ils m'apportoient.

Voici quelques-unes de mes compositions :

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